ANOMALIES DU MUSCLE SCALÈNE ANTERIEUR
Le muscle scalène antérieur se détache en haut, par quatre languettes tendineuses distinctes, des tubercules antérieurs des 3% 4", 5" et 6^ vertèbres cervicales. Ces quatre faisceaux d'oiigine se fusionnent bienlôt çn un corps charnu unique qu' vient se fixer, à l'aide d'un tendon arrondi, sur le tubercule de la face supérieure de la 1'''^ côte. Aplati dans le sens transversal à son origine, dans le sens anléro-postérieur à son extrémité costale, ce muscle porte sur sa face antérieure le nerf phrém'que. Dans un cas décrit par Moser ce nerf traversait le muscle.
§ I. — Variations des insertions du scalène antérieur. —
On a vu le scalène antérieur s'attacher aux quatre dernières cervicales. M. Sappey considère ce mode d'insertion comme normal. On l'a vu remonter jusqu'à l'axis, et, dans un cas inverse, perdre son faisceau supérieur. Sur un sujet pourtant lien musclé que j'ai disséqué en 1881, le scalène antérieur s'insérait sur les G*^ et 5^ cervicales, par des faisceaux volumi-
MUSCLE SCALÈNE ANTÉRIEUR. 227
neux, et sur la 4" par un faisceau excessivement grêle. Toutes ces dispositions se rencontrent dans les espèces animales.
Quelques analomistes ont observé sur les 3 ou 4 premières côtes un muscle rubanné, suivant la direction du scalène antérieur et prenant naissance sur la première côte, au point précis où se termine ce dernier muscle. Bien que ce faisceau surnuméraire ne se continue pas manifestement avec le scalène et qu'il n'y ait pas lieu de le considérer toujours comme une dépendance de ce dernier, je crois devoir le rappeler ici en raison de ses rapports intimes avec le scalène. Je l'ai déjà décrit et interprété dans la 1'^ partie de cet ouvrage, sous le nom de muscle supra-costal. (Voyez ce muscle, p. 68.)
Nous devons placer ici le fait de Theile, qui a vu, des deux côtés du corps, un faisceau en grande partie tendineux se rendre du bord interne du muscle scalène antérieur au bord supérieur de la 2'^ côte, en passant par dessus la première. Ce fait ne rappelle-t-il pas ces faisceaux anaslomoliques que j'ai déjà signalés, d'après les dissections de Wood et de Humphry, chez la panthère et le phoque, et qui, se détachant du scalène antérieur, franchissaient la première côte et venaient, au niveau de la seconde, renforcer le muscle supra-costal?
§ II. — Absence du scalène antérieur. — Un fait de celte nature a été rencontré par Macalister; déjà, en 1782, Isentlamm avait observé, chez un bossu, l'absence non seulement du scalène antérieur, mais aussi du scalène postérieur. Il est inutile d'ajouter que dans ces deux cas la veine sous-clavière était directement en contact avec l'artère du même nom.
Anatornie comparée. — Cette disposition s'observe normalement chez un grand nombre de mammifères, notamment chez Vaï, le tatou, le fourmilier, le porc-épic, la marmotte, la sarigue, etc. Le scalène antérieur fait également défaut dans la plupart des carnassiers, Vhyène, le chien, le chat, ïours, le blaireau, etc.
BischofT n'a pas rencontré de scalène antérieur chez Vorang qu'il a disséqué; d'autres anatomistes cependant et moi-même
238 LES ANOMALIES MUSCULAIRES CHEZ l'hOAIAIE.
avons observe ce muscle chez cet anlhropoïde, et je dois considérer le fait de Bisclioff comme une variation individuelle.
§ III. — Insertion du scalène antérieur a la clavicule. —
«Je considère, dit Theile, comme duplication du muscle scalène antérieur, l'anomalie suivante que j'ai rencontrée sur le côté droit d'un homme : des apophyses transverses de la 4" et de la 5® vertèbre cervicale naissait par des fibres charnues et tendineuses, un muscle qui se dirigeait en bas et en dehors, passait au-devant du ventre inférieur de l'omoplato-hyoïdien, et s'attachait, dans l'étendue d'un pouce, au milieu du bord supérieur de la clavicule, en dehors du slerno-cléido-masloïdien. » A propos de deux faits analogues qu'il a observés lui-même, le professeur Gruber, adoptant les idées de Theile, considère ces faisceaux transverso-claviculaires comme des « scalènes qui se seraient égarés sur la clavicule » . Je ne partage nullement l'opinion de ces deux anatomistes : si les muscles doivent réellement être définis par leurs insertions, les deux scalènes, l'antérieur en particulier, sont des muscles costo- Iransversaires, et on ne saurait raisonnablement leur assimiler un faisceau musculaire qui vient s'attacher à la clavicule.
Les faisceaux anormaux, observés par Theile et par Gruber, rentrent tout naturellement, comme je l'ai déjà établi, dans un autre chapitre (T" partie, chap. II, p. 97 et 104), dans le groupe des faisceaux cléido-transversaires.
§ IV. — Division du muscle en faisceaux distincts. — Les
faisceaux d'origine du scalène antérieur sont primitivement distincts, et l'on conçoit sans peine que cette séparation normale des faisceaux d'origine, descendant plus bas qu'à l'ordinaire, puisse donner au scalène antérieur l'apparence d'un muscle divisé en 2i, 3 ou même 4 corps charnus. De pareilles dispositions sont sans importance.
Quelques anatomistes considèrent comme un faisceau surnuméraire du scalène antérieur le petit muscle que l'on rencontre quelquefois entre l'artère sous-clavière et le plexus
MUSCLE SCALÏÏÎSE POSTÉRIEUR. 229
brachial et qui, parlant de la l""* côte, vient s'attacher à l'apophyse transverse de la 6'^ ou de la 7^ vertèbre cervicale. Ce faisceau constitue pour nous un muscle propre, ayant son homologue chez quelques mammifères. Aussi lui réservons-nous un article à part. (Voyez article VI, 31. scalènes surnuméraires.)
Bibliographie :
Theile. Encyclop. anatoin , t. III, p. 152. Macalister. Transact. of Roy. Irish Academy, 1871. MosER. Meckel's Arch., vol. VII, p. 226. Henle. Muskelichre, 3" édit., p. 114.
WooD. Proc. of Roy. Soc. of London, t. XVI, p. 490. Gruber. Ein Musc, cleido-cervicalis imus (Jahrcsb. f. Anat. u. Phys., 1877).
ARTICLE V
ANOMALIES DU SCALÈNE POSTERIEUR.
Tandis que les auteurs français ne décrivent, en arrière de l'artère sous-clavière et du plexus brachial, qu'un seul muscle scalène, le scalène postérieur, la plupart des anatomistes étrangers, Theile, Quain, Henle entre autres, en décrivent deux : l'un placé en avant (scalène moyen) s'attachant à la côte, l'autre placé en arrière (scalène postérieur) descendant jusqu'à la deuxième. Si ces deux faisceaux sont nettement séparés au niveau de leur insertion costale, si cette séparation se continue à la région cervicale, dans une certaine hauteur, il faut bien reconnaître qu'au niveau des apophyses Iransverses il est absolument impossible, dans la majorité des cas du moins, d'isoler bien distinctement deux corps musculaires. Je ne crois donc pas qu'il faille séparer, dans une description, ce que la nature a si intimement uni, et, adoptant sur ce point la nomenclature française, je n'admettrai qu'un seul muscle, et réunirai dans un même article toutes les variations analomiques qui se rattachent soit au scalène moyen, soit au scalène postérieur.
Le muscle scalène postérieur, naissant en bas par des faisceaux sur les deux premières côtes, vient se fixer en haut sur les tubercules postérieurs des apophyses Iransverses des
7 vertèbres cervicales. On ne peut formuler aucune règle relativement au volume respectif des deux faisceaux d'origine; le faisceau postérieur est tantôt plus volumineux, tantôt plus petit que le faisceau antérieur.
§ I. — Variations des insertions vertébrales. — Elles sont peu importantes; elles se réduisent à un ou plusieurs faisceaux d'origine en moins. Ceux qui manquent le plus souvent sont le le S'' et le 3^
Anatomie comparée. — Les insertions vertébrales du scalène postérieur sont généralement moins étendues chez les animaux que chez l'homme : chez le Troglodytes Auhnji, Gratiolet et Alix l'ont vu s'attacher aux 2®, 3®, i*' et 5^ vertèbres cervicales. Il s'insère chez le cheval aux 3 ou 4 dernières vertèbres cervicales seulement (Chauveau); chez le mouton, aux 5**, 6*^ et 7®; chez le cochon, aux 3 dernières cervicales; chez les Makis, aux 4 premières vertèbres cervicales (Meckel).
§ II. — Variations des insertions costales. — J'ai vu dans un cas le scalène postérieur descendre jusqu'à la 3*" côte et s'y fixer. Macalister, Theile, Shepherd ont signalé des faits semblables. M. Bouchard mentionne des faisceaux du scalène postérieur s'étendant sur les 4 premières côtes.
Anatomie comparée. - — Dans la plupart des mammifères, le scalène postérieur prend sur le thorax des insertions plus étendues que celles que nous trouvons dans l'espèce humaine. Chez le cochon, le scalène postérieur s'insère aux 3"^ et 4*^ côtes; il descend jusqu'à la ^'^ côte chez le plus grand nombre des Rongeurs, jusqu'à la G" chez le daman, jusqu'à la 4" chez le coati et les Makis, jusqu'à la 5" chez le papion, jusqu'à la 6" chez Valèle. Je l'ai vu moi-même occuper les 4 premières côtes chez la guenon, les 4 premières également chez le rat, les 7 premières chez YUrsus americanus.
§ 111, — Division du muscle en faisceaux distincts. — On
rencontre quelquefois une séparation complète entre le faisceau
MUSCLE SCAIÈNE POSTÉRIEUR. 231
qui part de la première côte et celui qui prend naissance sur la seconde. La nomenclature allemande est alors justifiée ; il existe réellement dans ce cas deux muscles distincts : un scalène moyen et un scalène postérieur.
- Anatomie comparée. — Celte disposition, qui est regardée comme normale par quelques anatomistes, s'observe constamment dans un grand nombre d'espèces animales, notamment chez les Carnassiers, les Ruminants, les Solipèdes, les Singes (Meckel). Devis chez la civette, Milne-Ewards chez les Indrisinés, Maisonneuve chez la chauve-souris décrivent également un scalène moyen et un scalène postérieur.
Strauss-Durckeira décrit même, chez le chat, au groupe musculaire qui représente le scalène postérieur de l'homme, sept divisions distinctes, désignées par lui sous les noms de 2% 3", 4®, 5", 6*^ et 7^ scalène. Nous trouvons assurément dans un de ces faisceaux le représentant du scalène latéral de Sœmmering, faisceau plus ou moins distinct du scalène postérieur, sur la face externe duquel il est situé et qui, naissant des apophyses transverses des vertèbres cervicales inférieures, vient s'attacher à la 2" côle.
§ IV. — Union avec quelques muscles voisins. — a) J'ai
déjà signalé, à propos des muscles surcoslaux, la fusion du premier surcostal avec le scalène postérieur.
(S) — J'ai signalé également, à propos de l'angulaire, l'exis-. tence possible d'un faisceau anastomotique entre ce dernier muscle et le scalène.
y) — Macalister a vu ce muscle contracter des rapports intimes avec le muscle transversaire cervical, à l'aide de ses faisceaux d'origine transversaires.
S) — On a observé enfin (Wood, Theile) des faisceaux anaslomoliques allant du scalène antérieur au scalène postérieur, et vice versa du scalène postérieur au scalène antérieur.
§ V. — Scalène postérieur traversé par des nerfs. — Dans les conditions anatomiques normales, les branches nerveuses
dont l'ensemble constitue le plexus brachial sont appliquées sur la face antérieure ou interne du scalène postérieur. Macalister signale un cas où quelques branches de ce plexus perforaient le muscle; le scalène postérieur entrait ainsi dans la classe des muscles perforés, à côté du sterno-cléido-mastoïdien et du coraco-brachial.
J'ai observé, en février 1881, une disposition analogue chez un cercopithèque du Sénégal : chez cet animal, le scalène postérieur descendait jusqu'à la 4" côte, en prenant successivement des points d'attache sur la face externe des l""^, 2% 3^, et 4^ côtes; il s'entre-croisait là et semblait se confondre (il y avait cependant un interstice) avec le faisceau le plus élevé du muscle grand droit de l'abdomen. Le nerf du grand dentelé, provenant du plexus brachial, entre les deux scalènes, perforait d'avant en arrière le scalène postérieur et venait ensuite se perdre dans le grand dentelé, ou du moins dans sa partie inférieure, car sur les faisceaux supérieurs fusionnés avec ceux de l'angulaire, j'ai trouvé trois tilets nerveux émanant du plexus cervical profond.
Bibliographie :
Theilk. Encrjcl. anat., t. III, p. 153. *
Macalister. Transact. of Roy. Irish Acadeniy, 1871.
WOOD. Proc. of Roy. Soc. of London, t. XV, p. 522, et t. XVI, p. 490.
Bellamy. /. of Anat. a. Pliys., t. IX, p. 186.
Devis. The myology of Viverra civetta {Journ, of Anat. and Pliys., 1863, p. 210).
Bouchard. Ai^t. Scalènes du Dict. encyclop., 3^ série, t. VII, p. 192. Shepherd. J. of Anat. a. Pliys., t. XV, p. 294. Gratiolet et Aux. Rcch. sur fanât, du Troglodytes Aubryi, 186G. Maisonneuve. Ostéologie et myologie du Vespertilio murinus, 1878. Strauss-Durckeim. Anat. du chat, t. II, p. 270.
AETICLE VI
MUSCLES SCALÈNES SURNUMERAIRES.
§ I. — Scalène latéral. — Décrit par Albinus et observé après lui par d'autres anatomistes, notamment par Sœmmering et par Meckel, le scalène latéral n'est qu'un faisceau plus
MUSCLES SCALÈNES SURNUMÉRAIRES. 233
OU moins distinct du scalène postérieur sur la face externe duquel il est situé. (Voyez ce muscle.)
§ II. — Scalène intermédiaire (Testut) ou petit scalène [scalenus minimus d'Albinus et de Sœmmering). — Entre les deux scalènes s'étend un espace triangulaire à base inférieure occupé par l'artère sous-clavière et par les branches d'origine du plexus brachial. Ces dernières, placées en arrière de l'artère, ne sont séparées de ce vaisseau, dans la grande majorité des cas, chèz l'homme, que par un tissu cellulaire plus ou moins surchargé de graisse.
1° Chez le Troglodijtes Aubryi, il existe un faisceau surnuméraire qui, partant de l'apophyse costale (tubercule antérieur) de la 6*^ vertèbre cervicale, vient se porter obliquement sur la première côte; ce petit muscle, auquel je donne le nom de muscle intermédiaire, divise le triangle précité en deux régions distinctes : la première, placée immédiatement en arrière du scalène antérieur, loge l'artère sous-clavière; l'autre, située en avant du scalène postérieur, est occupée par le plexus brachial. Le paquet nerveux se trouve ainsi séparé de l'artère par le muscle scalène intermédiaire.
Ce muscle intermédiaire serait, d'après M. Alix, commun à tous les singes. Il en a constaté l'existence chez le gorille, chez Vorany, chez le gibbon, chez le papion.
Je l'ai observé moi-même, chez le Troglodytes niger, sous la forme d'un faisceau aplati qui partait de l'apophyse costale de la 7*' cervicale et venait se fixer sur la l""^ côte, un peu en avant du point d'attache du scalène postérieur; en arrière de ce faisceau passaient les branches cervicales du plexus brachial ; en avant se trouvaient l'artère et le rameau nerveux que la première paire dorsale envoie au plexus.
%° M. Alix fait du muscle scalène intermédiaire un muscle caractéristique des espèces simiennes, et il a raison; l'homme, à l'état normal, ne le possède pas; mais ici, comme pour bien d'autres organes, l'anatomie anormale vient combler les distances qui séparent l'homme des singes : le muscle intermé-
23 i. LES ANOMALIES MUSCULAIRES CHEZ l'hOMME,
diaire réapparaît . en effet, de temps à autre, dans l'espèce humaine.
Je l'ai observé pour ma part chez un sujet placé bien bns dans l'échelle ethnologique, chez un Boschiman. L'anomalie n'existait que du côté droit : le muscle intermédiaire était constitué par un faisceau aplati, large de 6 millimètres, épais de 3, qui, partant du bord concave de la 1'"'' côte, venait se fixer par des tendons distincts sur les tubercules antérieurs des 6^ et 7'' cervicales. Ce petit musc!e reposait exactement, par sa face postérieure, sur le cul-de-sac supérieur de la plèvre ; en avant de lui se trouvait l'artère axillaire, en arrière les cordons nerveux du plexus brachial. En dedans de ses faisceaux d'origine transversaire se trouvait l'artère vertébrale, qui passait entre les apophyses transverscs des 6*^ et 7'' vertèbres cervicales pour gagner son canal.
Ce petit muscle, on le voit, est la reproduction exacte du muscle scaVene intermédiaire des singes anthropoïdes.
C'est vraisemblablement à cette anomalie fju'il faut rattacher la disposition rencontrée deux fois par Henle, dans laquelle le scalène antérieur, se divisant en deux faisceaux, venait s'attacher à la fois en avant et en arrière de l'artère.
§ III. — Muscle pleuro-transversaire. — Je désigne sous ce nom un faisceau musculaire mentionné par M. Bouchard et par quelques autres anatomistes et qui, partant du cul-de-sac supérieur de la plèvre, va se fixer sur l'apophyse transverse de la 7" cervicale. Ce faisceau n'est qu'une forme incomplète du précédent.
§ IV. — Scalène accessoire de Macalister. — C'est un petit muscle, situé au-dessous du scalène moyen (portion antérieure de notre scalène postérieur), dont il est cependant séparé par une lame de tissu cellulaire et quelques branches du plexus brachial; ce faisceau musculaire se détachait, dans le cas observé par Macalister, du tubercule postérieur des apophyses transverses des 4", et Ô"" vertèbres cervicales et venait se
MUSCLES SCALÊNES SURNUMÉRAIRES. 2l3o
fixer, par son extrémité inférieure, sur la l""^ côte. Ce faisceau, isolé du scalène postérieur par des branches du plexus brachial, nous ramène à l'anomalie décrite dans le paragraphe V de l'article précédent. Ce n'est qu'une portion détachée du scalène postérieur, se comportant à l'égard de ce dernier muscle comme le muscle intermédiaire se comporte à l'égard du scalène antérieur : par ses insertions aux tubercules postérieurs il appartient manifestement au système du scalène postérieur; aussi proposerai-je, pour bien rappeler cette dernière particularité, d'ajouter un mot à la dénomifialion sous laquelle l'a désigné Macalister et de l'appeler scalène postérieur accessoire.
§ V. — M. transversalis cervicis médius; miisculus transversalis cervicis anterior. — Tôrnbloni a décrit, sous ce litre [Meiicinskt Archiv, Stockholm, 1865), un muscle situé entre le scalène moyen et le scalène postérieur, prenant naissance sur les apophyses transverses des 2% S*' et 4*^ vertèbres cervicales, et venant se terminer sur les apophyses transverses des 6® et 7^ vertèbres de la même région. M. Bouchard, d'accord avec Henle, décrit ce muscle comme « des faisceaux intertransversaires dépendant des scalènes qui, au lieu de gagner les côtes, s'arrêtent aux apophyses transverses des 6*^ et 7" vertèbres cervicales. » Je considère pour ma part les faisceaux observés par l'anatomiste suédois comme de vrais inlertransversaires qui au lieu de se fixer, suivant la règle, sur l'apophyse transverse voisine de celle qui lui a donné naissance, la franchit pour venir s'insérer plus loin, mais sur des éléments osseux similaires (longs interiransversaires) . Nous aurons donc à revenir sur ces faisceaux aberrants, à propos des muscles inlertransversaires cervicaux.
ïôrnblom ajoute que le muscle transversalis cervicis est très développé chez le rat, le chien, ]e chat. C'est vraisemblablement l'homologue des faisceaux musculaires que Slrauss-Durckeiîn a décrit chez ces derniers animaux, sous les noms de 1'"'', 2*^ et 3® isocèles.
Je rapprocherai du muscle décrit par Tôrnblom le trans-
versalis anterior de Relzius, qui s'étend des apophyses transverses des 4®, 5' et 6" cervicales aux apophyses transverses des 3^, 2" et l*"^ vertèbres de la même région {Forhandlinger ved der Skandinavisk Naturforsk, 1841, p. 767).
Bibliographie :
Theile. Encrjçl. anat., t. III, p. 154. Bouchard. Ai-t. Scalènes, Dict. encycL, 3» série, p. 192. Macalister. Trans. of Roy. Irish. Acad., 1871. Henle. MuskcllchrCj 2^ édit., p. 130.
Alix. Discussion sur le Transformisme (Bull. Soc. d'Anthr., 1869, p. 555).-
— Rcch. sur l'anat. du Troglodytes Aubryi, 1866. Testut. Contribution à l'anatomie des races nègres; dissection d'un
Boschiman (en préparation).
Retzîus. Forhandlinger ved der Skandinaolsk Naturforsk, 1841, p. 767. TôKNBi.OM. Medicinskt Archiv, Stockholm, 1865. Strauss-Durckeim. Anatomie du chat, t. II, p. 293.