MUSCLE ÉLÉVATEUR DU CORPS THYROÏDE
prolongement du corps thyroïde que Lalouette avait déjà décrit en 1750 sous le nom de pyramide, et il a pu se faire que Sœmmering, malgré son habileté dans la dissection, ait pris quelquefois pour un muscle ce qui n'était en réalité qu'une portion du corps thyroïde lui-même. Mais on serait mal fondé à généraliser cette accusation pour tous les cas et à affirmer avec Theile que le muscle élévateur du corps thyroïde « n'est autre chose que le prolongement de la glande thyroïde, désigné sous le nom de pyramide,... » que « le microscope n'y fait découvrir aucune trace musculaire et n'y montre que de la substance glanduleuse. »
Dès 1847, J. Godart s'était élevé contre l'assertion trop exclusive de Theile et avait montré, à la Société Analomique de Paris, une pièce se rapportant parfaitement à la description de Sœmmering et offrant un exemple incontestable du muscle de la glande thyroïde. M. Bouchard, dans une communication verbale, a bien voulu nous affirmer qu'il avait rencontré quelquefois le muscle thyroïdien de Sœmmering et que toujours le microscope lui avait révélé sa nature musculaire.
L'existence du muscle élévateur du corps thyroïde nous paraît donc désormais hors de doute. Du reste, depuis la communication de J. Godart, de nouvelles observations relatives à ce muscle ont été rapportées par des anatomistes d'une autorité incontestable, notamment par M. Gruber, par Walsham, par Macalister. Ce dernier auteur a même vu, dans un cas, le muscle élévateur thyroïdien s'attacher sur le sommet de la pyramide de Lalouette.
Le muscle élévateur de la glande thyroïde peut être bilatéral ou n'exister que d'un seul côté. De plus, il présente quelquefois dans sa constitution des faisceaux multiples, témoin le fait suivant qui a été observé par Gruber; le muscle élévateur comprenait trois faisceaux distincts : le premier prenait naissance sur le bord inférieur de la grande corne de l'os hyoïde du côté droit et venait aboutir à la région de l'isthme; le second se séparait du muscle thyro-hyoïdien et se terminait sur le lobe du corps thyroïde; quant au troisième, il se détachait également de
la portion postérieure du muscle thyro-hyoïdien, ainsi que du Ihyro-pharyngien.
Quant à sa nature, j'ai déjà établi, à plusieurs reprises, que le muscle Levalor glandulœ thyroïdeœ n'était qu'un faisceau aberrant ou incomplet des muscles droits, compris entre l'os hyoïde et le sternum ; nous en avons la preuve dans les connexions par trop significatives que ce faisceau anormal présente avec les muscles précités : « des faisceaux du thyro-hyoïdien, dit Macalisler, peuvent former un Levalor, » et je rappellerai cette observation si intéressante de Walsham, dans laquelle, la portion moyenne du muscle sterno-hyoïdien faisant défaut, la portion inférieure s'attachait sur la gaine des vaisseaux du cou et la portion supérieure venait se fixer sur le lobe gauche du corps thyroïde, constituant ainsi un exemple typique du muscle anormal que nous venons de décrire.
Bibliographie :
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MUSCLE DIGASTRIQUE.