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ANOMALIES DU PETIT COMPLEXUS ET DU TRANSVERSAIRE

§ I. — Anatomie humaine. — Les auteurs des Traités classiques d'anatomie décrivent séparément le petit complexus et le transversaire. Le premier, situé en dehors du grand complexus, prend naissance, par autant de digitations, sur les apophyses transverses des 4 ou 5 dernières cervicales et souvent de la première dorsale et vient s'attacher sur le bord postérieur de l'apophyse mastoïde. C'est le mastoïdien latéral, de Winslow, le longissimus capitis de Henle, le trachélo-mastoidien des zootomistes en général, le transversalis capitis d'Arnold, etc. Le second, situé entre le précédent et la portion cervicale du sacrolombaire, se détache des apophyses transverses des 5 ou 6 premières vertèbres dorsales et se termine en haut, par autant de faisceaux distincts, sur les tubercules postérieurs des apophyses transverses des 6 dernières cervicales; le faisceau cervical inférieur peut faire défaut, comme aussi il peut y en avoir un surnuméraire pour l'atlas {longissimus cervicis de Henle, transversalis cervicis d'Arnold).

Mais en assignant à chacun de ces muscles une description distincte, la plupart des anatomistes s'empressent de signaler, entre eux, des faisceaux charnus chargés de les réunir, ou, si l'on veut, de mettre en évidence la tendance qu'ont ces deux muscles à se fusionner en un seul, comme s'ils ne se décidaient

qu'à regret à séparer deux organes si intimement connexes, au triple point de vue de leur origine, de leur trajet et de leur terminaison.

Meckel : « Le petit coraplexus ne devrait point à la rigueur être séparé du transversaire dont il n'est en effet que la partie interne et supérieure. »

Theile : « Le muscle transversaire cervical est une répétition du petit complexus pour une région plus profonde de la colonne vertébrale. »

Hyrtl : « Il piccolo complesso e situato fra il grand complesso, e il transversale cervicale e espesso non puô essere separato da quest' ultimo. »

Quant à Cruveilhier, il regarde l'un et l'autre de ces deux muscles comme de simples faisceaux de renforcement du long dorsal.

Pourquoi donc conserver dans les descriptions une distinction qui n'existe pas sur le sujet? J'estime, pour ma part, qu'il convient de réagir contre ce que j'appellerai volontiers les exigences d'une tradition classique et d'admettre, au lieu et place du transversaire et du petit complexus, un muscle unique auquel on donnera un nom quelconque, celui de long transversaire de la nuque par exemple. Ce muscle pourrait être décrit de la façon suivante : il prend naissance en bas, par des faisceaux distincts (faisceaux d'origine), sur les apophyses transverses des 5 ou 6 premières dorsales et des 4 ou 5 dernières cervicales ; il se porte de là verticalement en haut et se termine par de nouveaux faisceaux (faisceaux de terminaison): 1° sur les tubercules postérieurs des apophyses transverses des 6 dernières cervicales; 2° souvent sur l'apophyse transverse de l'atlas, et enfin 3°sur l'apophyse mastoïde,qui n'est elle-même qu'une apophyse transverse d'une des vertèbres crâniennes.

Ce muscle peut dès lors être divisé au point de vue descriptif en deux portions : une portion cervicale et une \)orl[on crânienne , ayant l'une, par rapport à l'autre, les mêmes rapports que, dans un muscle plus superficiel de la même région (le splénius) , le splenius capitis et le splenius colli.

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