ANOMALIES DU MUSCLE LONG DU COU
Depuis l'intéressant mémoire de Luschka, publié en 1854, dans les Archives de Millier, il est d'usage de décrire au long du cou trois portions distinctes : 1" une portion oblique descendante [obliquus superior colli de Luschka), prenant naissance sur le tubercule antérieur de l'atlas et venant s'insérer, par quatre
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digitations distinctes sur les tubercules antérieurs des 3% 4*, ô** et 6® vertèbres cervicales; 2° une portion oblique ascendante [ohliqum inferior colli de Luschka), se détachant des corps des 2® et 3^ vertèbres dorsales et se terminant, par deux ou trois digitations distinctes, sur les apophyses transverses des 6", o" et 4® cervicales; 3" une portion longitudinale enfin [reclus colli de Luschka, faisceaux épineux de Cruveilhier), couchée en dedans des précédentes, de chaque côté de la ligne médiane et prenant successivement des insertions sur les corps des
3 premières dorsales, des 3 ou 4 dernières cervicales, sur la crête de l'axis et quelquefois sur le tubercule antérieur de l'atlas.
La description qui précède est basée sur des moyennes, car le développement du long du cou varie pour ainsi dire avec chaque sujet. C'est ainsi que l'oblique supérieur peut avoir 2, 3, 4, 5 ou même 6 faisceaux, que l'oblique inférieur qui n'en a généralement que 2, peut se réduire à un seul ou en présenter 3 ou 4. De même la portion longitudinale qui affecte, sur bien des sujets, l'aspect d'un muscle bien nourri, n'est constitué, sur certains autres, que par quelques languettes fort grêles. Somme toute, les anomalies du long du cou se réduisent à des variations de développement, entraînant comme conséquence des variations de volume, des variations dans le nombre de ses faisceaux constitutifs et aussi des variations dans l'étendue verticale du corps musculaire.
Anatomie comparée. — Les mêmes dispositions s'observent chez les animaux. Le long du cou s'attache en haut, chez le Troglodytes Aubryi, sur les 5 premières cervicales et descend en bas jusqu'à la 4^ dorsale inclusivement; il occupe également les
4 premières dorsales chez l'ornithorynque et chez le chameau. Dans cette dernière espèce, il est remarquable par le grand nombre de ses faisceaux cervicaux, disposition en rapport avec kriongueur et la flexibilité du cou de ces animaux (Meckel). Il se détache même des 6 premières dorsales, chez le cheval, d'après Chauveau.
J'ai déjà mentionné les relations plus ou moins intimes que
peut présenter le long du cou avec quelques muscles voisins, nolamraent a\'ec les intertransversaires, le grand droit antérieur et aussi avec le scalène antérieur, ce qui a fait dire à quelques observateurs que le long du cou pouvait envoyer quelques faisceaux à la première côte.
Meckel et Theile parlent de la possibilité pour le muscle long du cou de s'attacher jusque sur l'apophyse basilaire de l'occipital. Gruber en signale deux faits : dans l'un d'eux cependant le faisceau aberrant s'arrêtait sur la membrane atloïdo-occipitale. Dans un autre cas, le faisceau occipital se réunissait, avant d'atteindre le crâne, à un muscle surnuméraire que nous étudierons, dans l'article suivant, sous le nom de muscle axoïdobasilaire. Celte insertion du long du cou à l'occipital paraîtra toute naturelle si l'on songe, d'une part, que ce muscle prend naissance par ses trois portions sur les corps vertébraux de la région cervico-dorsale et, d'autre part, que l'apophyse basilaire représente au crâne le corps de la 1'^'^ vertèbre ou vertèbre occipitale.
ARTICLE IV