ANOMALIES DU MUSCLE SOUS-SCAPULAIBB
Le muscle sous-scapulaire remplit en totalité la fosse de même nom. Il prend naissance, en dedans, sur la lèvre interne du bord spinal de l'omoplate, à côté du grand dentelé, sur les trois crêtes de la fosse sous-scapulaire et dans les gouttières qui les séparent, sur la lèvre antérieure du bord axillaire. Les divers
MUSCLE SOUS-SCÂPULAIRE.
faisceaux musculaires qui se détachent de cette vaste surface d'insertion convergent vers le côté interne de l'articulation de l'épaule et se fixent, soit directement (faisceau inférieur), soit à l'aide d'un tendon de 3 à 5 centimètres (faisceau moyen et supérieur), sur la capsule articulaire, sur la trochlée et aussi sur le col de l'humérus.
Les insertions de ce muscle aux crêles sous-scapulaires se font par l'intermédiaire d'aponévroses souvent très résistantes qui cloisonnent le muscle et le divisent pour ainsi dire en trois portions distinctes. Une telle disposition nous explique déjà les faits anormaux caractérisés par une division du muscle en deux ou trois faisceaux plus ou moins isolables. Dans un cas observé par Macalisler, le muscle sous-scapulaire était divisé en deux portions, suivant une ligne qui, partant de la petite tubérosité ou trochin, aboutissait à la réunion du tiers moyen avec le tiers inférieur du scapulum. Dans un deuxième cas, dont nous devons encore la relation au professeur de Dublin, deux faisceaux du sous-scapulaire, détachés de la partie inférieure du bord spinal, dans le voisinage de l'angle, étaient isolés du reste du muscle par le nerf circonflexe.
Il n'est pas rare de rencontrer, chez les Mammifères inférieurs, un sous-scapulaire plus profondément divisé que celui de l'homme.
Le docteur Knott décrit, sous le nom de tensor fasciœ et cutis foveœ axillaris, un faisceau qui se détache du bord inférieur du tendon du sous-scapulaire et vient se perdre, d'autre part, sur l'aponévrose et la peau du creux axillaire. Il me paraît rationnel de rattacher ce faisceau au panniculus carnosus qui vient souvent, on le sait, prendre une insertion à l'aide d'un tendon plus ou moins grêle, sur l'humérus, dans le voisinage du tendon du grand dorsal et de la région trochinienne; c'est sur le trochin lui-même que s'insère, d'après Ghauveau, le dermo-huméral des aniiuaux domestiques.
Il n'est pas rare de voir le faisceau musculaire qui prend naissance sur le bord axillaire, se séparer plus ou moins complètement des faisceaux plus élevés et gagner ainsi isolément
l'humérus. Ce petit muscle ainsi différencié qu'on a décrit, en raison de sa situation, sous les noms de sous-scapulaire accessoire, de petit sous-scapulaire, n'appartient nullement, comme j'espère le démontrer bientôt, au muscle sous-scapulaire lui-même. Je me sépare donc en cela de tous les anatomisles qui se sont occupés des anomalies musculaires et je renvoie l'étude de cette intéressante formation à un article ultérieur (Voir p. 353.)
Bibliographie :
Henle. Muskellehrc, zweite Auflsege, 1871, p. 182.
Macalister. Transact. of Roy. Ir. Acad., 1871.
Macalister. Journ. of Anat. and Physiol., 1867, p. 316.
Chauveau. Anatomie comparée des animaux domestiques, 2^ édit., p. 201.
Theile. Encycl. anat., t. III, Myolog'ie, p. 214.
Grubee. Die Musc, subscapulares und die neuen Se hutte rniuskctn (Mém. des Savants étrang. de Saint-Pétersb., 1857).
ARTICLE IV
MUSCLE SURNUMÉRAIRE HUMÉRO-TRANSVERSAIRE
{Cervico-costo-humeralis de Gruber).
Le professeur Gruber a rencontré sur un marin, en 1857, un petit muscle rubané, charnu dans toute son étendue, prenant naissance, en haut, sur l'apophyse transverse de la vertèbre cervicale, ainsi que sur la première côte, et venant se terminer en bas sur l'humérus, au-dessous du deltoïde.
Macalister, auquel j'emprunte la relation de ce fait, n'a trouvé nulle part, soit sur le cadavre, soit dans les auteurs, de muscle analogue et il avoue que sa nature et son homologie sont encore fort obscures.
Après avoir longuement réfléchi sur le faisceau cervico-costohumeralis, observé par Gruber, je crois pouvoir l'interpréter comme suit : le grand psoas, qui réunit au tronc le deuxième segment du membre pelvien, s'insère, d'une part, au petit trochanter fémoral, d'autre part, sur la face latérale du corps de la 12" dorsale et des quatre premières lombaires, ainsi que
MUSCLE SURNUMÉRAIRE HUMÉRO-TRANSVERSAIRE.
sur les apophyses transverses (appendices costiformes) de ces mêmes vertèbres.
M. Sabatier a établi que l'homologue de ce muscle au membre thoracique était bien réellement le groupe musculaire constitué : a) chez les animaux non claviculés, par le masloïdohuraéral et l'acromio-transversaire (voyez ce muscle, p. 97); /3j chez les claviculés, placés au-dessous de l'espèce humaine, par le cléidoou omo-transversaire, la portion claviculaire du trapèze et la portion claviculaire du deltoïde. Chez l'homme, le cléidotransversaire a totalement disparu; seuls, le trapèze-claviculaire et la portion claviculaire du deltoïde représentent, chez lui, le muscle psoas.
Je n'hésite pas à voir dans le muscle huméro-transversaire un faisceau additionnel de ce système. Il y a en effet, entre ce faisceau et le mastoïdo-huméral, interrompu ou non par une clavicule, de même qu'avec le psoas, homologie de trajet, de rapports et d'insertions :
Grand psoas
Mastoïdo-huméral
Huméro-transoersaire.
ISSBKTION SUPÉRIBUEE.
Apoph. transverses de la région lombaire.
Apoph. transverse de la 26 vertèbre crânienne.
Apoph. transverse de la 6« vertèbre cervic.
INSBETION IMTÉEIEUEE.
Petit trochanter du fémur.
Crête deltoïd. (homologue du petit trochanter).
Crête deltoïd. (homologue du petit trochanter).
Ces trois muscles sont donc, au même titre, des faisceaux à insertion transversaire, rattachant à la colonne vertébrale le deuxième segment des membres ; d'autre part, la seule différence qui existe entre les deux derniers, réside dans la hauteur différente des éléments vertébraux qui leur donnent naissance. Ces éléments sont du reste similaires, l'apophyse mastoïde, comme j'ai déjà eu bien des fois l'occasion de le rappeler, n'étant qu'une apophyse transverse de la région crânienne.
Du reste, le vaste intervalle de six vertèbres qui existe, chez l'homme, entre le point d'implantation du mastoïdo-huméral (trapèze claviculaire et deltoïde claviculaire) réunis et la région où prenait naissance le faisceau surnuméraire de Gruber, est
grandement atténué, comblé même d'une façon complète par la disposition qu'affecte ce premier muscle chez quelques Mamiuifères. Le mastoïdo-huméral s'insère en effet, chez les Ongulés, d'après M. Lannegrace, à la fois sur l'apophyse mastoïde, sur la crête mastoïdienne et sur les apophyses transverses des cinq premières vertèbres cervicales. Chez le cheval, Chauveau et Arloing décrivent un mastoïdo-huméral profond se détachant, en haut, des apophyses transverses des quatre premières cervicales et venant s'insérer, enbas, sur l'humérus. Le mastoïdo-huméral du dromadaire s'attache également sur les apophyses transverses du cou.
On peut facilement isoler, chez ce dernier animal, l'un des faisceaux inférieurs de son mastoïdo-huméral, devenu un trachélo-huméral : on aura alors sous les yeux la reproduction exacte du' faisceau cervico-costo-humeralis de Gruber, que je propose d'appeler, en raison de ses attaches et de son degré de parenté avec le cléido-transversaire, le muscle humérotransversaire.
Bibliographie :
Macalister. Transact. of Royal Irish Acadciwj, 1871. Gruber. Mcin. de l'Acad. imp. de Saint-Pétersbourg, 1860. Bkaunis et Bouchard. Nouveaux éléments d'Anatomie descriptive, 3« édit., p. 841.
Lannegrace. Mr/ologic comparée des membres, p. 77.
Chauveau et Arloing. Anat. comp. des animaux domestiques, 1871, p. 209.
ARTICLE V