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CHAPITRE V

Muscles surnuméraires de la région antérieure de i'avant-bras.

Je comprendrai, sous ce titre, cinq formations musculaires qui apparaissent parfois dans la région antérieure de I'avant-bras et dont les noms seuls rappellent suffisamment la nature et les insertions, savoir : 1° le muscle radio-carpien, 2° le muscle cubito-carpien, 3° le muscle radio-cubito-carpien, 4° le muscle radio-palmaire, 5° le muscle tenseur de la gaine des fléchisseurs communs des doigts.

ARTICLE PREMIER

(Tibial postérieur de l'avant-bras de A. Richard, RadiaUs inlernus 6rews de Gruber, Flexor carpi radialis brevis velprofundus de Wood).

§ I. — Historique. — C'est à M. Fano que nous devons la première description de ce muscle. En 1851, aide d'anatomie à la Faculté de médecine de Paris, il présenta à la Société anatoraique «un muscle qui s'insérait, d'une part, au tiers inférieur de la face antérieure du radius et se fixait, en bas, par un tendon à l'os trapèze. Un filet du nerf interosseux se rendait à ce muscle, qui ne se retrouvait qu'à un des membres supérieurs. » C'est bien là la description sommaire, mais complète, du muscle radio-carpien. On a peine à comprendre, après un texte si clair, que le professeur Gruber soit venu réclamer avec tant d'insistance la priorité de la découverte. La question me paraît pourtant bien facile à résoudre : la première note publiée par Gruber sur le muscle radio-carpien a paru, en 1859, dans les Bull, de l'Académie des Sciences de

Saint-Pélersbourg (n° XXVÏII, p. 439) et dans les Mélanges biologiques (t. III, livre II, p. 184, fig. 1 et 2). Dans cette note, Griiber nous apprend qu'il avait déjà rencontré ce muscle dans ses dissections de 1854, ce que je lui accorde bien volontiers. Or, la communication précitée de M. Fano remonte au mois de novembre 1851 : ce dernier connaissait donc, pour l'avoir disséqué lui-même, le muscle radio-carpien, trois ans au moins avant l'anatomiste russe. Il est un autre mémoire, publié en France en 1852, et laissé complètement dans l'ombre par Gruber, où le muscle radio-carpien est décrit et même figuré avec tous les détails désirables; il est écrit par Adolphe Richard, ancien prosecteur de la Faculté de Médecine de Paris, et inséré dans le tome XVIII des Annales des Sciences naturelles de M. Milne-Edwards. Deux anatomistes français au moins avaient disséqué et décrit, avant Gruber, le muscle surnuméraire que le professeur russe veut, à tout prix, avoir découvert.

Depuis sa première note, Gruber a retrouvé plusieurs fois le radio-carpien et publié, sur ce muscle surnuméraire, deux nouveaux mémoires, fort détaillés comme d'habitude, l'un en 1868 dans les Bull, de r Académie des Sciences, l'autre en 1872i, dans le même recueil.

Mais déjà le muscle de Fano avait été signalé à nouveau, en Angleterre et en Allemagne, par bon nombre d'anatomistes, notamment par Wood qui le décrit sous le nom de « flexor carpi radialis brevis » , par Zaaijer, par Friedlowsky, par Theile, etc. Plus récemment, les Recueils scientifiques nous ont apporté les nouvelles observations de Zaaijer (1873), de Nordlung (1878) et de Knott (1880). J'ai rencontré pour ma part, deux fois seulement, le muscle radio-carpien, l'un en 1879, l'autre en 18821. C'est à ces divers travaux et aussi à mes propres observations que j'emprunte les éléments de la description qui suit.

§11, — Description anatomique du muscle radio-carpien. \^ Morphologie générale. — Le muscle radio-carpien, très

variable en volume, mais généralement bien nourri, affecte, dans la majorité des cas, une disposition penniforme. Il est, suivant les cas, triangulaire à base supérieure, rubané, losangique. Il est le plus souvent aplati dans le sens antéro-postérieur, mais on l'a vu aussi, sur certains sujets, se rapprocher de la forme cylindrique. Constitué en haut par des faisceaux charnus, il se fixe sur la région carpo-métacarpienne, à l'aide d'un tendon presque toujours très court et très résistant. J'ai vu, dans un cas, le muscle radio-carpien présenter une disposition fusiforme et se terminer, à chacune de ses deux extrémités, par un tendon cylindrique.

On le rencontre sur le côté antéro-externe de l'extrémité inférieure de l'avant-bras, au-dessous du grand palmaire qui lui est sensiblement parallèle (cas le plus rare) ou qu'il croise à angle plus ou moins aigu (cas le plus fréquent). Le radiocarpien croise également la face antérieure du carré pronateur ; quelques-unes de ses fibres peuvent même se confondre avec les faisceaux d'origine du dernier muscle.

Le muscle radio-carpien prend naissance soit sur la face externe, soit sur la face antérieure, soit sur le bord antérieur du radius, le plus souvent dans sa moitié inférieure ou même son tiers inférieur. C'est à tort que Gruber assigne toujours à ce muscle, comme surface d'insertion, la face externe (face latérale de Henle) de cet os. Quelques faits bien constatés de Macalister et de Wood démontrent nettement que ce muscle peut s'attacher sur la face antérieure du radius un peu plus haut que d'habitude, au-dessous du rond pronateur, en arrière du fléchisseur superficiel des doigts. J'ai observé moi-même un fait analogue en 1882 : le muscle se détachait du radius dans le point indiqué ci-dessus, à l'aide d'un tendon plutôt cylindrique qu'aplati ; il devenait charnu à la partie moyenne de l'avant-bras et se terminait en bas, à l'aide d'un nouveau tendon, sur le trapèze et le deuxième métacarpien.

Le muscle radio-carpien est toujours situé en dehors du long fléchisseur propre du pouce. D'après une observation de Macalister, il pourrait également occuper le voisinage du bord cubi-

tal du radius; mais le fait rapporté par le savant anatomiste de Dublin est-il bien un radio-carpien analogue à celui de Fano, à ceux de Gruber et de Wood. Ne pourrait-on pas le considérer comme un de ces faisceaux anastomoliques que le long fléchisseur propre du pouce envoie parfois au fléchisseur profond, et qui au lieu de se jeter dans les tendons de ce dernier muscle se serait arrêté sur les os du carpe? J'ai déjà rapporté plus haut un fait de Wagstaffe où l'on voyait, de même, le tendon du fléchisseur propre du pouce venir s'insérer sur la région osseuse carpo-métacarpienne.

Il résulte d'une observation, appartenant encore à Macalister, que le muscle radio-carpien peut s'attacher à la fois sur le radius et sur l'épitrochlée. Dans le cas auquel je fais allusion, le muscle, possédant ainsi deux têtes, venait se fixer en bas sur la face profonde du ligament annulaire antérieur du carpe. Ce n'est peut-être pas encore là un radio-carpien d'une pureté irréprochable ; et l'on pourrait peut-être, avec autant de raison, le rapprocher de ces faisceaux radio-palmaires qui s'étendent, au-dessous du fléchisseur superficiel, de la face antérieure du radius au ligament annulaire ou à l'aponévrose palmaire et suppléent le petit palmaire absent ou lui servent d'accessoire. (Voyez ce muscle, p. 507).

Signalons enfin le renforcement du muscle radio-carpien par un faisceau parti du cubitus et la constitution, par ce fait, du muscle plus complexe radio-cubito-carpien. Nous aurons l'occasion de décrire cette formation anormale, dans un des articles suivants.

2!° Fréquence. — Quelle est la fréquence du muscle radiocarpien? Wood l a rencontré 4 fois sur 34 sujets en 1866, 2l fois sur 36 sujets en 1869 et % fois encore sur le même nombre de sujets en 1868; soit un total de 8 sur 106 ou bien 1 sur 13. De son côté, Macalister a trouvé le muscle radio-carpien : en 1866, 2 fois sur 53; en 1867, 1 fois seulement sur 60 sujets; en 1868, 4 fois sur 64 sujets, soit un total de 7 fois sur 177 sujets, ou bien 1 sur 215. En réunissant ces deux statistiques on arrive à la fraction 1/19, comme indiquant approximativement le degré de fréquence du muscle radio-carpien.

MUSCLE SURNUMÉRAIRE RÂDIO-CÂRPIEN. 501 3° Variations de ses insertions inférieures. — A ne considérer

que son nom, on prendrait le radio-carpien comme un faisceau musculaire s'arrêtant toujours sur le carpe ; mais il peut s'attacher également bien sur les métacarpiens ; il est même des cas, où il se fixe en même temps sur le carpe et le métacarpe. Nous sommes donc autorisés à enrichir, sur ce point, la terminologie des anomalies musculaires et à admettre, à côté du faisceau radio-carpien, des faisceaux radio-métacarpiens ; je résume comme suit les divers modes d'insertions inférieures de ces faisceaux surnuméraires :

oc) — M. radio-carpien. Il a été vu s'attachant : sur le trapèze (Fano, Theile, Testut); à la gaîne fibreuse du grand palmaire (Wood); sur le scaphoïde et le grand os (Gruber); sur le trapèze et le grand os (Gruber); sur le grand os (Wood); sur le trapèze et le trapézoïde (Calori); sur le grand os et le ligament antérieur des os du carpe (Gruber); sur le trapèze, le scaphoïde et le grand os (Gruber); sur le tubercule du scaphoïde et le trapèze, avec expansion latérale sur les os de la deuxième rangée du carpe (A. Richard).

/3J — M. radio-métacarpien. On l'a vu s'insérer : à la base du deuxième métacarpien (Wood, Nordlung, Knolt, Gruber); sur le troisième (Macalister).

y) — M. radio-carpo-métacarpien. On l'a vu se fixer : sur le trapèze elle deuxième métacarpien (Gruber, Testut, Luschka?); sur le trapèze et sur les 2®, 3®, 4^ métacarpiens (Zaaijer); sur le scaphoïde et le deuxième métacarpien (Friedlovvski); sur le grand os et le troisième métacarpien (Wood, Norton).

4" Transformation fibreuse du radio-carpien. — Gruber a fcn-

contré, en 1870, un faisceau de fibres tendineuses situées au heu et place du radio-carpien ; il naissait du bord antérieur et de la face externe du radius, un peu au-dessus du carré pronateur, et se fixaitenbas sur le canal fibreux qui donne passage au tendon du grand palmaire. J'ai rencontré moi-même et fait dessiner, pour mon atlas, une formation analogue : c'était un fort hgament triangulaire, dont la base dirigée en haut et large de deux centimètres s'attachait solidement au bord antérieur du radius, en

regard des faisceaux les plus élevés du carré pronaleur, et dont le sommet tronqué venait se perdre, au-dessous du carré pronateur, sur le ligament antérieur de l'articulation radiocarpienne.

§ III, — Sig:nification et anatomie comparée. — A. Richard insiste avec raison, dans son mémoire, sur l'analogie frappante qui existe entre le radio-carpien, formation surnuméraire du membre thoracique, avec le tibial postérieur, formation normale du membre pelvien et homologue, quoique modifié dans quelques-uns de ses caractères, de notre grand palmaire. De là le nom de « tibial postérieui^ de V avant-bras » qu'il a cru devoir donner au faisceau radio-carpien, que la dissection lui a mis sous les yeux. L'insertion supérieure des deux muscles, leur mode d'atlache sur le carpe et le tarse, leur situation profonde, la direction de leurs fibres, voir même leur constitution anatomique, tout autorise un pareil rapprochement.

Il sufiil, d'autre part, de lire en détail les diverses observations qui nous ont été données du muscle radio-carpien, pour constater qu'il existe entre ce faisceau anormal et le grand palmaire des connexions indéniables. Les insertions inférieures du radiocarpien sont sans doute fort variables, comme je viens de le dire ; mais n'avons-nous pas vu de même le grand palmaire promener son tendon terminal sur la plupart des os du carpe et du métacarpe? On voit souvent le tendon du radio-carpien se juxtaposer à celui du grand palmaire; et les faits sont loin d'être rares ou ces deux tendons se fusionnent entièrement, au niveau de leurs insertions.

Le muscle radio-carpien constitue ainsi un accessoire du grand palmaire, ou, si l'on veut, un deuxième grand palmaire qui s'arrête au radius, au lieu de remonter jusqu'à l'épitrochlée; de là, la dénomination de aradialis internus brevis )^ (Gruber), de « flexor carpi radialis brevisy» (Wood), sous laquelle le désignent les anatomistes anglais et allemands; dénomination que nous pouvons traduire en français par les mots de a grand palmaire accessoire » , mot pour mot « grand palmaire court » . Le flcocor

carpi radialis et le radialis interms ne sont autres en effet que noire grand palmaire.

L'attache au radius du muscle grand palmaire trouve déjà son explication dans la disposition que présente, chez les Urodèles, la masse commune des muscles pronalo-ttéchisseurs (pronatofexor 7nass de Humphry). Le radio-carpien n'est pas autre chose qu'une réminiscence, qu'un reste [remnant, Humphry) d'un des faisceaux profonds de celte masse, qui a disparu, comme organe distinct, chez les Mammifères. Du reste on retrouve encore ce faisceau nettement différencié, chez VEcJndna hyslrix et VOrnithorynchus paradoxuSj de l'ordre des Monotrèmes. Dans ces deux espèces, en effet, le muscle grand palmaire se détache, d'après les dissections de Wood, à la fois de l'épitrochlée et du radius par deux chefs distincts, lesquels viennent, après s'être fusionnés, s'insérer en bas par une expansion aponévrotique sur le trapèze, ainsi que sur les trois premiers métacarpiens.

Bibliographie :

Fano. Bull. Soc. Anatomique de Paris, 1851, p. 375. A. Richard. Annales des Sciences naturelles, 3° série, « Zoologie », t. XVIII, 1852, p. 6.

Gruber. Bull. Acad. Imp. des Sciences de Saint-Pétersbourg, 1859, i\° XXVIII, p. 439, et Mélanges biologiques, t. III, liv. II, 1859, p. 184.

Wood. Proccd. of Roy. Soc. of London, 1866, 1867, 1868, joassim. — Journ. of Anat. and Plvjs., 1867, t. I, p. 55.

Zaaijer. Nederlandsch Tijdschrift voor Geneeskunde, 1869.

Friedlowski. Siisungsb. der Mathem. Naturw. Classe d. K. Ak., Bd LIX, ist Abth., Wien, 1869, p. 533.

Theile. Schmidt's Jahrbucher, vol. CIV, p. 155.

Gruber. Mélanges biologiques, t. VI, livr. 4, 1868, p. 493; et t. VII, livr. 4, p. 439, 1870 {Bull, de l'Acad. Imp. de Saint-Pétersbourg, t. XV, p. 245).

LuscHKA, cité par Gruber, in Mémoire précédent.

Calori. Memorie délie Science dell' Instituto Accad. di Bologna, série II, vol. VI, p. 137.

Gruber. Nachtrag ^u d. Varietœten des Musc, radialis internus brevis (Bull. Acad. des Se. de Saint-Pétersbourg, 1872, C. 379 et seq.).

Zaaijer. Muscul. radio-carpo-metacarpus (Arch. néerlandaises, t. VII,

NoRDLUNG. Muskelano malien, Upsala Lakarefôren.-Fôrh., Bd XIII, 1877, S. 160.

Knott. Journ. of Anat. and Phys., 1880, t. XV, p. 139.

ARTICLE II

MUSCLE SURNUMÉRAIRE CUBITO-CARPIEN

Les faisceaux musculaires anormaux qui descendent du cubitus vers le carpe comportent deux groupes distincts : les uns, affectant une direction sensiblement verticale, se fixent sur le côté interne du carpe et se rattachent au muscle cubital antérieur; les autres, obliques en bas et en dehors, viennent se terminer sur le côté externe et sont une dépendance du carré pronateur.

§ I. — Faisceaux cubito-carpiens dépendant du cubital antérieur. — Un exemple typique de cette variété a été communiqué à la Société anatomique de Paris en 1857, par Jarjavay. C'était un muscle penniforme, long de 9 cent. 1/2 et situé à la .partie antérieure et inférieure de l'avant-bras, sur le cubitus. Il s'attachait supérieurement au quart inférieur de la face interne du cubitus, au moyen d'une lame aponévrolique. De là, il se portait obliquement sur la face antérieure du même os, où il devenait tendineux; continuant son trajet descendant, il croisait l'extrémité inférieure du cubitus et venait se fixer sur la face antérieure de l'os crochu. «J'inclinerai à croire, ajoute Jarjavay, que ce faisceau est formé par un dédoublement du cubital antérieur; car ces deux muscles ont une direction presque identique, ils offrent les mêmes usages; leurs fibres sont dirigées dans le même sens et leurs insertions inférieures sont très voisines, puisque le cubital antérieur se fixe à l'os pisiforme, d'ailleurs très rapproché de l'os crochu. »

Davies-Colley, Taylor et Dalton ont également rencontré en 1871, dans les salles de dissection du Guy's Hospital^ un faisceau cubito-carpien qui se détachait du quart inférieur du cubitus et venait se fixer sur l'os pisiforme, où il confondait ses fibres avec les faisceaux d'origine de l'abducteur du petit doigt.

MUSCLE SURNUMÉRAIRE RADIO-CUBITO-CARPIEN. 505

Signification anatomique. — De même que le radio-carpien n'est qu'un accessoire du grand palmaire, le cubito-carpien, tel que je viens de le décrire, est une dépendance du cubital antérieur, avec lequel il a de commun la direction, les rapports et l'insertion inférieure. Comme le radio-carpien, il trouve son explication dans la disposition anatomique que présente, chez quelques Vertébrés inférieurs, le « pronator-flexor mass » de Humphry.

§ II. — Faisceaux eubito-carpiens dépendant du carré pro-

nateur. — Ces petits muscles anormaux se détachent de la face antérieure du cubitus, dans l'étendue de cette face qu'occupe le carré pronateur et, se portant ensuite en bas et en dehors, ils viennent se fixer sur le côté externe du carpe (scaphoïde, trapèze). J'ai déjà décrit cette formation dans un des chapitres précédents (p. 494) et indiqué quelle était sa signification réelle en Anthropologie zoologique.

Bibliographie :

Jaejavay. Bull. Soc. Anatomique de Paris, 1857, p. 121. Davies-Colley, Taylor et Dalton. Gurj's Hospital Reports, 1873; tirage à part, p. 5.

Gruber. i7e6er Mmsc. cubito-carpeus und einen Musc . radio-cubito-carpeus

bcim Meuschen (Bull. Acad. des Se. de Saint-Pétei'sbourg, 1871, col. 368).

Gruber. Nachtrag s. d. Varictœten des Musc, radialis internus brevis

{Ibid., 1872, col, 379).

(Voir aussi bibliographie du muscle carré pronateur, p. 496).

MUSCLE SURNUMÉRAIRE RADIO-CUBITO-CARPIEN

Nous avons décrit isolément, dans les deux articles qui précèdent, le muscle radio-carpien et le muscle cubito-carpien. Ces deux faisceaux, généralement isolés, peuvent se rencontrer

simultanément sur le même avant-bras; s'ils se fusionnent clans leur trajet descendant et viennent se fixer, par leur tendon commun, sur les os du carpe, ils constituent un muscle biceps, désigné sous le nom de radio-cubilo-carpien.

Ce muscle singulier a été rencontré par Gruber et par Calori. Je traduis textuellement l'observation de ce dernier anatomiste, qui donne une idée fort exacte du radio-cubito-carpien: «Le chef radial, un peu plus long que le chef cubilal, occupe le tiers inférieur de la face interne et du bord antérieur du radius; il possède un tendon long et large, , des côtés duquel partent des faisceaux charnus plus longs et plus nombreux en arrière qu'en avant; il affecte une disposition penniforme. Dans son quart inférieur le tendon disparaît entièrement et le faisceau, entièrement musculaire, se fusionne avec les fibres du chef cubital qui, après s'être détaché du cubitus, se porte obliquement en bas à la rencontre du chef précédent. Ce chef cubital est entièrement charnu et prend naissance, à l'aide de fibres tendineuses excessivement courtes, sur le tiers inférieur de la face antérieure du cubitus. On voit qu'il usurpe au carré pronateur sa portion la plus élevée, qui fait ainsi défaut. Cependant en se portant vers le chef radial, la portion cubitale de notre muscle biceps abandonne, sur son côté externe, quelques fibres qui se portent directement sur le radius. Enfin les faisceaux charnus des deux portions se réunissent en un petit corps musculaire commun, qui, après un court trajet, se jette sur un tendon terminal. Ce dernier est aplati; il passe au-dessous du hgament annulaire antérieur du carpe et se bifurque. Des deux branches de bifurcation, l'externe, plus forte, s'insère sur le trapèze ; l'interne, plus faible, vient se fixer sur la face palmaire du trapézoïde. Entre ces deux faisceaux tendineux passe le tendon du grand palmaire. J'ai trouvé ce muscle surnuméraire avec une disposition à peu près semblable sur les deux avant-bras de mon sujet; sur l'un et l'autre, le carré pronateur était fort réduit, de sorte que l'on peut dire que le muscle surnuméraire s'est produit aux dépens du muscle normal. »

Le muscle radio-cubito-carpien peut également s'insérer, au

MUSCLE SURNUMÉRAIRE RADIO-PALMAIRE. 507

carpe, sur la gaine fibreuse du grand palmaire, ainsi que sur le grand os.

Bibliographie :

Calori. Meinoric cleW Instit. accad. di Bologna, série II, t. X, 1870. Gruber. Uebcr dcn Musc, radio-carpeus und Musc, cubito-carpeus (Bull.

Acad. Imp. de Saint-Pciersbourg, 1859, t. XVII, 28, et Mél. biolog.,

t. m, liv. 2, 1859, p. 190).

Gruber. Ueber einen Musc, cubito-carpeus urid einen Musc, radio-cubito-

carpeus biceps beiin Mcnschen {Bull. Acad. Imp. de Saint-Pétersbourg,

1871, SuppL, col. 367).

Gkl'ber. Nachtrag d. Varietœtcn des Musc, radialis internus brevis

[Ibid., 1872, p. 37y).

ARTICLE IV

MUSCLE SURNUMÉRAIRE RADIO-PALMAIRE

Je comprendrai sous ce nom tous les faisceaux surnuméraires qui prennent naissance sur la face antérieure du radius, audessous du fléchisseur superficiel et viennent se terminer soit sur le bord supérieur du ligament annulaire antérieur du carpe, soit sur l'aponévrose palmaire. Cette double insertion inférieure est absolument celle du muscle normal que l'on désigne sous le nom de petit palmaire ou de palmaire grêle. J'ai déjà signalé d'autre part (voir plus haut, p. 447) la possibilité, pour ce dernier muscle, de s'insérer sur le radius.

Le faisceau anormal radio-palmaire me paraît donc devoir se rattacher au muscle petit palmaire qui peut, suivant les cas, faire défaut ou coexister avec lui. Dans le premier cas, le radiopalmaire le remplace, et l'on a ainsi un petit palmaire déplacé; dans le second cas, il lui sert d'accessoire.

Du reste, le muscle dont il est question peut présenter, dans sa morphologie générale, des variations qui rappellent bien nettèment celles du pelit palmaire. Il peut se détacher du radius, soit par un corps charnu, soit par un tendon, ce dernier pouvant affecter, suivant les cas, une disposition cylin-

drique ou une disposition rubanée. Il peut également se terminer sur le ligament annulaire soit par un tendon, soit par un double tendon, soit par un corps charnu. J'ai observé la plupart de ces variétés: dans un cas, le muscle radio-palmaire était fusiforme, se terminant par un tendon cylindrique à l'une et à l'autre de ses deux extrémités.

ARTICLE V

Nous avons déjà vu, dans l'article consacré aux variations anatomiques du carré pronateur, que quelques faisceaux charnus, appartenant manifestement à ce dernier muscle, venaient se perdre sur la synoviale de l'articulation radiocubitale inférieure. Le muscle surnuméraire tenseur de la gaîne du fléchisseur commun que je vais décrire, et que j'ai rencontré sur trois sujets, est entièrement différent de ces derniers faisceaux.

C'est un petit muscle triangulaire, profondément situé entre le fléchisseur propre du pouce et le fléchisseur perforant des doigts, en avant du carré pronateur qu'il croise presque à angle droit. Sa base, dirigée en haut, se détache de la face antérieure du radius et du ligament interosseux, un peu au-dessus du bord supérieur du carré pronateur; et là, elle se confond plus ou moins avec les faisceaux d'origine du long fléchisseur du pouce. Il se porte ensuite en bas, un peu obliquement en dedans et se jette bientôt sur un tendon fort grêle, lequel, continuant le trajet du corps charnu, vient s'épanouir par une série de filaments divergents, sur la partie externe de la gaîne synoviale des fléchisseurs communs.

J'ai observé jusqu'ici trois muscles de cette nature; tous les trois étaient entièrement conformes à la description qui précède : l'un d'eux cependant envoyait à la fois des filaments

MUSCLE LONG SUPINÂTEUR.

tendineux et sur la synoviale des fléchisseurs communs et sur le tendon que le fléchisseur perforant envoie à l'index.

Cette dernière observation renferme, en elle-même, l'interprétation qu'il convient de donner à notre faisceau surnuméraire : c'est un de ces faisceaux anastomotiques que le fléchisseur propre du pouce envoie quelquefois (voyez plus haut, p. 478) au fléchissseur perforant de l'index; mais, c'est un faisceau incomplet qui se perd en filaments tenus sur la synoviale, avant d'atteindre le tendon avec lequel il doit se fusionner.

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