Op. cit., lib. II. cap. XV, p. iOl
2. Voir notre Iînto : Campanella, Quatrième Partie. Chapitre premier, I : La primauté de ta connaissance de soi et l'identité de l'être et du connaître.
290 l'influence positive : l'innéisme et le « cogito »
provient d'une passion, crée une ressemblance. Mais, puisque la forme de la chose sensible n'est pas communiquée à la faculté de sentir, cette ressemblance ne saurait être que très faible : c'est au moyen d'une modification très légère que se communique à l'esprit vital la nature de la force physique externe dont l'action s'exerce sur lui. Le fait sufflrait déjà pour démontrer que la connaissance n'est pas la reproduction pure et simple dans l'esprit des propriétés des choses extérieures. Mais il y a plus. Télésio s'est trompé quand il a vu dans l'impression passive l'essence même de la connaissance obtenue par les sens ; celle-ci n'est pas la passion, mais la perception de la passion et le jugement porté sur l'objet qui l'a causée ^
Il s'ensuit que le contenu de la perception ne se réduit nullement aux mouvements communiqués à l'esprit (vital. L'âme perçoit tout l'objet et non pas seulement ces mouvements. Dans la vision notamment, le rôle de l'image consiste à la mouvoir et à la déterminer ainsi à prononcer un jugement sur l'objet d'où celle-ci émane ^. C'est ce jugement, fondé sur une inférence (discursus), qui constitue essentiellement la perception. La sensation la plus immédiate comporte une inférence de ce genre, mais si rapide qu'elle est à peine consciente ' ; il en est de même a fortiori des autres opérations intellectuelles, du reste réductibles de proche en proche à la sensation. La puissance supérieure de l'esprit humain repose précisément sur la faculté qu'il possède d'étendre à l'infini par le discours la chaîne des analogies, en prenant pour points de départ les faibles impressions reçues des choses *. De cette manière il réussit à découvrir même les objets originellement les plus cachés à ses sens. — Ainsi, dans le De sensu rerum,