‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 26 sur 158 · Sixièmes Réponses, Ad. et T., IX, i, p · texte numérisé non relu

Sixièmes Réponses, Ad. et T., IX, i, p

lédaclion dos Méditations, Descurlos n'ait pas eu connais- -ancf, dirtTloDienl ou iudiieclt'mont, au moins des pensées rxprimées dans le Uc Tritiitate, et très probablement du texte, par une leelure soit de l'ouvrage mi^me, soit de larges citalions fournies par d'autres auteurs. 11 est clair toutefois que notre affirmation demande à être corroborée par des preuves de fait, et c'est cette tâche indispensable que nous allons maintenant entreprendre, en consultant la correspondance de Destartes ainsi que les renseignements que par ailleurs nous possédons sur sa vie et sur la composition de ses écrits.

Dès le lendemain du Discours de la Méthode, dans une lettre du 23 mai 1637, Bescartes écrit à Mersenne : « Je ne vous ai rien mandé... du passage de Saint-Augustin pour ce qu'il ne me semble pas s'en servir à même usage que je fais » ^ Quel est ce passage ? — Le même sans doute dont Descartes, sur la demande de Mersenne qui l'a oubliée 2, précise la référence dans une lettre de décembre 1640, postérieure à l'envoi à Paris du manuscrit des Méditations : « Vous m'aviez ci-devant averti d'un passage de Saint-Augustin touchant mon Je jjense, donc je suis, que vous m'avez ce me semble redemandé depuis ; il est au livre onzième De Civitate Dei, chap. 26 » 3. Descartes avait-il eu connaissance de ce texte avant de rédiger les Méditations ?

En novembre 1640, dans une lettre à un ami de Hollande dont le nom nous est resté inconnu, le philosophe s'en défend avec assez d'humeur, en mettant en relief l'originalité de son Cogito et en exprimant l'espoir qu'on cessera de « regabeler sur ce principe ». En même temps il apprend à son correspondant que le jour même il est allé lire à la bibliothèque de la ville de Leyde le texte signalé, et l'analyse qu'il en donne indique nettement qu'il s'agit toujours du même passage du

Page 1