‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 34 sur 158 · I. — Le but et l'usage du « Cogito » augustinien · texte numérisé non relu

I. — Le but et l'usage du « Cogito » augustinien

La philosophie de Saint -Augustin est, suivant l'expression de Nourrisson, une philosophie « épisodique » ^ — Elle ne se développe ni d'un seul jet, par un approfondissement de ses principes, ni par la coordination graduelle, autour d'une idée neuve, des diverses parties du savoir humain, ni par des découvertes révolutionnant successivement des domaines distincts de la pensée, et finissant par se grouper et par s'enchaîner les unes aux autres dans l'unité harmonieuse d'un système. Subordonné aux nécessités théologiques et soumis à la règle de la foi, son développement est dirigé, commandé par les circonstances historiques : celles du temps et celles de la vie de l'auteur. — Il s'agit d'abord, pour Saint-Augustin devenu chrétien, d'utiliser largement au profit de la religion embrassée l'enseignement reçu par lui dans les écoles païennes, et particulièrement le platonisme, dont les idées avaient contribué à briser, dans la région intellectuelle de son âme, les dernières résistances opposées à la conversion ^. Il s'agit ensuite, pour le prêtre et l'évêque, de fournir au dogme i'ar-

1. Nourrisson, St-Augustin, I, 45 : « Ses livres ont été des actions et ses discussions des combats ».

2. Sur le platonisme de St-Augustin, voir Nourrisson, o. c, passim, et notamment t. I, p. 59-74 et t. II, p. 102-133 : emprunts au néo-p'atonisme ; — Grandgeorge : Saint-Augvstin et le néo-platonisme, Bibliothèque de l'Ecole des Hautes-Etudes, Sciences religieuses, tome VIII ; — et surtout St-Augustin : Conjessiones, VII-9, VII-20, VIII-2 ; — De vera Religione, cap. IV ; — Contra Academicos, III, 18. — Voir aussi Gilson, La liberté chez Descartes, p. 166-167. C'est dans le texte, souvent cité, du De vera Religione, cap. IV, que St-Augustin déclare que les plato-

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