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PROLOGUE

A Dérocade; une maison paysannedans le causse d'Anglar, à la corne d'un promontoire. Des combes se creusent au-dessous, étroites, habitées par des chênes taillés en quenouille; des prés minces, lavés de sources, serpentent au fond; des sen-

tiers bondissent çà et là, sur les pentes, blancs, comme des ruisseaux de pierres.

Le pays est désert.

Devant la maison, dans un découvert menacé par les bois, des cultures végètent, em muraillées de pierres sèches; et, au-dessus des cultures et des bois, des montagnes regardent de très haut, tètes levées, attentives.

La maison continue le rocher, pareille de couleur, aussi fruste; un escalier sans rampe accède au porche, et, sous l'escalier, noué au montant de la porte de létable, un églantier accroche une brusque guirlande.

Le jour tombe.

La rougeur du couchant tremble aux carreaux de la fenêtre unique de la chambre. Faible en commençant, elle s'accroît peu à peu, traverse l'épaisseur de la vitre et va frapper le sceau de cuivre sur la margelle de l'évier. Elle est pourpre un instant, puis orangée, puis rose; et le rose pâlit, s'atténue à son tour.

La croisée s'éteint.

La chambre s'enténèbrc.

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