‹ Les antibelChapitre 17 sur 27 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

De son pain, Antibel en coupe une tranche A qui tend la main pour l'amour du bon Dieu; Il offre aux amis un verre de vin vieux; 11 prête à ses voisins du blé de semence, Mais sa bonne amie, il n'en cédera rien; Sa Jane, il la veut, il la lui faut entière. Sa bouche, il la boit, c'est un coup de bon vin l Ses yeux dans les siens, c'est le ciel sur la terre I

Ainsi qu'un jongleur son couteau, Piboul lance en l'air sa dernière note, et galant, il l'appuie d'un geste vers Jane qui l'écoute, ravie :

Maintenant, salut, la Dérocade. Excusez-nous de vous avoir fait veiller. Ce soir et demain, et toujours, vous pourrez dormir tranquilles. Nous aussi, il est temps d'aller chercher notre sommeil. Salut!

Il sort, et, déjà en marche, dans la cour :

Vous autres, écoutez. Nous allons reprendre ensemble les derniers couplets.

Arrive ici. Borgne, et toi, Rumat, vous

m'appuierez. De chanter, ça nous empêchera de languir en route; allons, y êtesvous ?

Jane et Antibel, tous les deux sont riches.

Les voix montent redoublées en forme de canon par l'écho du roc d'Anglar. Distinctes, moins distinctes. Puis le chœur se partage. Ceux de Saint-Ircch tirent à gauche vers la montagne; les autres s'enfoncent dans les pen tes qui descendent à ia Veyre. Les chanteurs s'égrènent en route; les musiques se dispersent, atténuées dans l'universel silence.

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