‹ Les antiquités chrétiennes rapportées à la Cappella GrecaChapitre 4 sur 129 · E TEMPLIS · texte numérisé non relu

E TEMPLIS

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PEÉFACE

Dieu, qui a consigné les annales de la création dans les entrailles de la terre, a consigné celles des origines du christianisme dans les entrailles de Rome. Les inscriptions, les peintures, les sculptures y offrent un Nouveau-Testament monumental, accompagnant dès l’origine celui des Saintes- Écritures, un musée de la Patrologie primitive. Fermé au Moyen-Age, ce musée a été réouvert, en face du Protestantisme et de sa science de faux nom, par la main de la Providence suscitant, à l’appui du Concile de Ti’ente, Bosio, le Christophe Colomb de la Rome souterraine. Notre siècle, où la vieille gnose ne connaît plus de bornes dans la négation audacieuse et moqueuse, a vu se renouveler ce bienfait. Au moment où Pie IX, acquittant son vœu de l’exil, allait poser la couronne d’immaculée sur le front de la Vierge, ennemie du Serpent, qui a « anéanti toutes les hérésies dans a le monde entier, » en 1853, un second Bosio, Jean-Baptiste de Rossi, heureux client de V homme envoyé de Dieu qui avait nom Jean, découvrait le vrai cimetière de Calixte. Le 18 septembre, au lendemain d’une audience, gravée dans nos cœurs, de Pie IX, au Quirinal, nous contemplions en place l’épitaphe originale du pape S. Corneille, et à côté, son nom peint au temps de Charlemagne, dans une crypte de ce cimetière, à laquelle on pourrait donner le nom de San- Salvador du Nouveau-Monde scientifiquement retrouvé des nécropoles chrétiennes. Elles sont apparues l’une après l’autre à l’appel du révélateur, faisant la preuve de leur nom.

H PBÉFACE

Presque toutes les chambres liistoriques, celles des martyrs, rendez-vous assidus des fidèles qui y ont multiplié leurs traces, sont révélées à cette heure. Des milliers de documents, éclairés par la chronologie des lieux, de l’art et des dates, mettent sous nos yeux, dans tous ses quartiers, la Rome du Christ, de S. Pierre à S. Innocent P'', et nous offrent ses vestiges quatre siècles au-delà. N’appelons pas la Cité sainte des morts reconquise une Pompéi sacrée. Un visiteur du siècle de Constantin a écrit à la pointe du fer sur la chaux, au vestibule de l’église du cimetière de Calixte, son vrai nom et ses titres : Jérusalem, cité et glorification des Martyrs de Dieu, Jérusalem, civitas et ornamentum Martyrum Dei

Un des plus anciens quartiers de cette cité, le plus ancien qui nous ait conservé tout un ensemble de monuments nous reportant aux Apôtres, est le cimetière de Priscille. L’église de ce cimetière offre au théologien, à l’artiste, à l’historien un attrait unique, que viennent accroître les sujets en partie mystérieux de ses fresques. Cet attrait n’a cessé de m’y porter depuis les jours du Concile, où le cimetière n’était pas encore visité par les étrangers, jusqu’à l’année 1888.

Les Î2, 5 et 8 janvier 1876 paraissaient dans le Monde trois articles, le Cimetière de Priscille, la Cappella Greca., les peintures de la chapelle, qui sont le premier chapitre de ce livre ; en mars et en avril de la même année, les chapitres sur Susanne Le directeur de la Revue de l’Art Chrétien, le regretté chanoine Corblet, m’amena alors à y publier, avec planches et dessins, une monographie de la chapelle. C’était le plus beau des cadres pour rattacher à une source primitive et sans rivale tous les sujets classiques des catacombes et leur dérivés dans les antiques basiliques. Il m’a entraîné. J’ai appliqué à l’étude de ces sujets tout ce que la Bible, la Théologie, la Patrologie, l’Archéologie m’ont fourni

‘ M. de Rossi, Roma solterranea, t. II, tav. xxx.

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