MAXIMA VIVAS CVM DE X
« Maxima vis avec Dieu le Christ. » Celle-ci offre le X mis dans sa pose ordinaire et l’addition explicite du titre de « Dieu, » toujours sous-entendu, quand il s’agit de la vie éternelle, dans le nom du Christ.
Une inscription du cimetière de Cyriaque présente également le X redressé en -f , avec l’ornement accidentel de crochets formant la croix dite gammatiqiie . Elle a été ainsi transcrite par Boldetti sans égard à cet ornement :
CEINICA SOIIOR IN PACE + '
« Ceinica, ma sœur, sois (ou tu es) dans la paix du Christ. » Il n’y a pas à hésiter sur la version. Ailleurs on lit :
REDEMPTA IN PACE I h
(( Redempta dans la paix du Christ ; « et on a la preuve matérielle, dans une formule identique^ que le + et le monogramme constantinien sont identiques et désignent le nom du Christ et son signe.
Deux colonnes ornementales d’un sarcophage du quatrième siècle trouvé à Tusculum, présentant au flanc ce signe + ont un rapport trop frappant avec la colonne marquée du » nom nouveau » du Verbe de Dieu, Christ, dont il est question dans l’Apocalypse, pour qu’on n’y voie pas ce nom même, en interprétant le signe par X.
' R. P. Garucci, Hieroglypla, p. V. - Ici pl. XI, 24.
2 M. Perret, t. V, pl. IV, 20.
^ P. 484.— Ici pl. XI, 55.—L’épit.d’Ulpia(Ste-Agn.)est pareille. Ru?/., 1877, p. 57.
'' Boldetti, p. 475.
® Bulletiuo, 1872, tav. VI. — Ici pl. XI, 25.
LA CAPPELLA GRECA
Deux colonnes d’un sarcophage du cimetière de Sainte-Agnès présentent en effet à la même place le monogramme constantinien ’ et tranchent, comme ci-dessus, la question d’identité. Sur un fond de coupe, ce même monogramme, arboré au haut d’une colonne, entre les têtes de Pierre et de Paul ^ montre à la fois le Christ planant sur l’Eglise « colonne et soutien de la vérité ^ » et décorant de son nom les deux Apôtres, qui sont les colonnes de l’église romaine comme Pierre, Jacques et Jean paraissaient être les colonnes de l’église de Jérusalem, selon l’expression de S. Paul A N’est-ce pas une variante de ce -1- que nous avons vu entre les têtes de deux époux chrétiens et sur la tète ou le front des chrétiens? Et le -f encore une fois, le signe du Christ, ne représente-t-il pas le nom du Christ?
Le ■+■ dans un cercle se voit à la suite du monogramme cruciforme, aux côtés du loculus de Fortunatus, au cimetière de Cyriaque Ces divers signes répondent à l’IN PACE qu’on lit à la ligne supérieure avec le nom du défunt ; et il est bien clair qu’ils désignent tous également le Christ, dans la paix duquel repose Fortunatus.
Enfui tout doute est levé par des inscriptions du cimetière de Cyriaque qui au-dessus du + présentent le P et au-dessous l’A et ii “ C’est une variante du monogramme constantinien (X P), si souvent accompagné de l’A et ; et le +, personne ne le niera, est bien ici un X.
Le lecteur nous saurait mauvais gré de pousser plus loin cette démonstration. Passons à une autre plus générale. Examinons le signe du Christ dans les catacombes au troisième siècle et au second, sinon au premier.
Avant le labarum de Constantin, qui offre au-dessus de la croix vulgaire dite immissa •]■, le monogramme du Christ, le X, première lettre de son nom, traversé verticalement du P, seconde lettre,
1 Aringhi, t. II, p. 165. — Ici pl. XI, 26.
^ Boldetti, p.l9i. Le -f- est entre leurs têtes sur une bulle. Ballet., 1877, p.57.
3 II Tim , III, 15.
Gai., Il, 9.
® Aringhi, t. II, p. 139.
® Allegranza, De Morogrammaie D. N. Jesu Christi, Mediolani, 1773, in-4“, p. 50. - Ici pl XI, 27.
LA CAPPELLA GRECA
011 n’a pas d’exemple de ce genre de croix, et un seul, dont la date n’est pas certaine, de ce monogramme complexe qui sera appelé constanlinien. Mais les exemples du monogramme simple, X, surahondent, ainsi que ceux de la croix carrée, +, qui lui est graphiquement identique. L’importance de cette lettre, à peu près inaperçue par les anciens archéologues^ et L’intention de représenter la croix du Christ*soit avec elle soit avec le +, n’ont point échappé à la sagacité de M. de Rossi :
« SiBosioet Boldetti, dit-il, mentionnent une grande quantité de croix, l’expérience m’a appris qu’il faut l’entendre de certaines croix dissimulées. Les sépulcres les plus anciens en présentent un nombre assurément non médiocre tracées sur la chaux fraîche. Elles ont principalement la forme de la lettre X, mais de telle sorte qu’elles approchent parfois de très-près de la croix carrée, -f- ; et elles pourraient tromper facilement celui qui n’examinerait pas la chose avec une attention subtile. Bosio, en effet, n’a presque jamais parlé de la lettre X qu’il a mille fois sans aucun doute, rencontrée gravée, et il a parlé quelquefois seulement de la croix carrée : nouvel indice qui nous avertit d’entendre ses paroles de cette forme surtout de la croix dissimulée '. »
Parfois la croix carrée, qui est le chi, X, a l’addition ornementale, qui aide <à la dissimuler, de crochets rectangulaires, formant tangente à ses quatre pointes et faisant ressembler ses bras à des gamma ; et parfois le X est traversé verticalement d’un I, qui indique le nom de Jésus uni à celui du Christ. Mais ce sont toutes les variantes du signe du Christ jusqu’au quatrième siècle. M. de Rossi les donne ainsi avec leur date.
« J’ai parcouru les rongions presque innombrables des cimetières. Dans ces régions les ancres souvent cruciformes, les croix dissimulées (,-t- avec crochets), les lettres X et le monogramme apparaissent çà et là. Ce sont précisément ces régions que des indices en quelque sorte infinis et parfois le témoignage éclatant des monuments et de l’histoire démontrent avoir étédondées et remplies de sépulcres au second et au troisième siècle »
Le monogramme simple n’est point rare sur les tombes au cimetière de Priscille ; et Bosio et Aringhi l’ont rangé avec le mono-
> De tH. carth., p. 527. — Voir des exemples du X au cimet. de Saint-Callixte. Rom. soit, t. III, p. 160, 163, 286, 289. 36i. 365, 380, 388, 456, 677; du q-, p. 177, 380. Il y a un exemple p. 305 de la rare variante J-.
^ Ibid., p. 532.