‹ Les antiquités chrétiennes rapportées à la Cappella GrecaChapitre 65 sur 129 · XPC : VINCIT : XPG : REGNAT : XPC 1MPERAT · texte numérisé non relu

XPC : VINCIT : XPG : REGNAT : XPC 1MPERAT

Ici le nom du Christ est encore en grec et rappelle l’origine de la formule. Sur l’obélisque de la place Saint-Pierre, qui porte un

’ De tituUs, p. 518.

® Buonarroti, Vetri, p. 17.

® Bullerino, 1865, p. 58, 74.

^ Banduri, t. II, p. 738.

** Leblanc, Traité hist. des monnaies.

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morceau du bois delà Croix, Sixte-Quint a fait graver l’acclamation tout en latin, avec une heureuse addition :

CHRISTVS VINCIT CHRISTVS REGNAT CHRISTVS IMPERAT CHRISTVS AB OMNI MALO PLEBEM SV AM DEFENDAT.

« Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande : que le « Christ défende son peuple de tout mal. »

Entre S. Louis et Sixte-Quint, le franciscain Bernardin de Sienne, morten 1444, ramenait à Dieu et àla paix l’Italie, « au nom de Jésus « qu’il avait toujours à la bouche et sur la poitrine K » On conserve à l’église de.VAra-Cœli, au Capitole, un tanleau sur bois où est le nom de Jésus, dont le saint se servait dans ses missions populaires comme d’une sorte d’étendard ^ Il offre, au centre d’un soleil, ces trois initiales du nom sacré 1 H S, prises des Grecs du Bas-Empire qui écrivaient souvent leur sigma C, sous la forme latine S. 11 fut en grande vogue au XV® siècle, grâce au saint franciscain. « On dit, « observe M. Martigny, que S. Bernardin fut le principal promoteur « de ce nouveau monogramme ^ »

* Breviarium romanum, die XX maii, lectio VI.

- « Et accipiens circiiiuin fecit circulum rotundum in quo solem depinxit et in medio solis Nomeri Jesu descripsit. » Acta SS., t. IV, maii, p. 769. — « Cum etenim 3. Bernardus munus prædicationis Vulterræ exerceret anno 1424, in tabula lignea radiis aureisque litteris venerabile Nomen depinxit; ad cujus devotionem in omnibus concionibus quas Divus agebat in plateis et in S. Francisci prato populos incitabat, quos eodem Jesu Nomine benedicens, miruin in modum proficiebat : et liie benedicenùi modus a Martino Papa V approbatus et commendatus fuit. Divus Bernardinus Vulterra postea digrediens, tabulam in qua Nomen Jesu depinxerat Vulterranæ Reipublicæ donavit : quam veluti thesaurum pretiosissimum semper custodiendum curavit... Senatus Vulteiranus templum in hujus saneti Nominis honorem a fundamentis erexit; ibique societatem veneiabilem quæ illud custodiret et honorifice conservaret instituit, ut apparet in libro Deliberationum de anno U43 in Archivio Volaterrano asservato, a me notarié viso et letto. ï Uelaüou du 14 dec. 1617. Ibid., p. 770.

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Avec l’addition, au-dessus de l’H, du + prolongé en forme de croix latine, mais par un trait distinct, ce monogramme qui donne de la sorte clairement le sens Christ Jésus ou Jésus-Christ, comme dit indifféremment S. Paul, deviendra le blason de la Compagnie de Jésus. On le trouve ainsi dessiné en tête de la dédicace a Sixte- Quint du premier volume du plus célèbre ouvrage de la Compagnie, le Disputationum de controversiis Christianæ fidei adversus hujus temporis hæreticos de Bcllarmin, imprimé pour la première fois à Ingolstadt en 1580. Chose remarquable ! Sous le monogramme est le Sacré-Cœur de Jésus, ayant entre ses lobes dont ils paraissent sortir en rayonnant, les trois clous de la crucifixion, la tradition occidentale disant que deux ont attaché les mains du Sauveur à la croix et un ses pieds '. C’est l’indication des cinq plaies du Christ tant vénérées depuis les stigmates de S. François et dont le missel romain, d’abord franciscain, contenait la messe; c’est l’étendard de Jésus-Christ, et lui crucifié, que S. Paul voulait seul connaître, voulait seul prêcher ^ ; c’est le sacrifice du Christ sorti de son cœur et de son amour ; c’est enfin, quatre-vingt-dix ans d’avance, Pimage en substance que le Christ montrera et expliquera à son épouse, la fille spirituelle de S. François de Sales, la bienheureuse Marguerite Marie, pour la proposer à la piété des fidèles : c’est ce culte du Sacré- Cœur de Jésus dont lui-même confiera tout spécialement l’apostolat à la Compagnie qu’il a honorée de son nom. Le chiffre de la Compagnie de Jésus est ainsi fait dans le second volume de l’ouvrage de Bellarmin, imprimé en 1588 et dédié encore à Sixte-Quint. Dans le troisième, daté de 1593 et dédié à Clément VIII, le cœur est effacé et on ne voit plus que la simple croix latine. Mais, si le cœur ne doit plus reparaître sous les trois clous, la croix grecque, le chi, le monogramme du Christ, élevé sur son support qui donne à la figure l’air de la croix latine, se retrouvera jusqu’à nos jours dans nombre d’exemplaires du chiffre de la Compagnie P

’ Voir ici pl. XII, 11.

2 I Cor., II, 2.

^ On peut le voir, par exemple, dans les ouvrages suivants : Relatio facta in Consistorio super vita etc. S. Ignatii. Lugduni, 1622, in-18; — Trinitas Patriarcharum, S. Bruno, S. Franciscus Paulinus, S. Ignatius, R. P. Raynaudi. Lugduni, 1617, in-12 ; — Reîazione istorica delta nuova Chrislianita degV Indiani,

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On sait si la Compagnie de Jésus a rendu ce nouveau monogramme glorieux dans l’Eglise et dans le monde. Nous sommes heureux d’ètre arrivés à reconnaître qu’il n’est en dernière analyse qu'une variante plus explicite du monogramme >p, Christ Jésus, dontle llh’ siècle nous a offert deux exemples et dont il est permis de reconnaître les premières traces dans l’Apocalypse même. C’est de sa Compagnie que Jésus disait quinze siècles d’avance avec une littéralité plus grande, ce semble, qu’on ne l’a reconnue : Celui qui sera victorieux, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu... et Récrirai sur lui mon nom nouveau h

Le développement du monogramme était nécessaire alors pour le reconnaître chez nous. Non-seulement onne voyait plus que la croix seule dans le + qui originairement est un chi, mais le monogramme constantinien lui-même n’apparaissait que comme une croix aux premiers explorateurs des catacombes. Un des rares monogrammes constantiniensdes musées lapidairesà l’époque de la Renaissance aété prispourune croix par Antoine Morillon et ainsi commenté dans son Epistola de crucis dominicæ figura ad Lindanum ikeologum, qui est inéditeàla bibliothèque vaticaneh Ladouble formede croix etle mo nogramme appelé aussi croix par S. Paulin et Prudence donnaient quelque fondement à cette erreur. Mais elle venait surtout de ce que la croix était alors dans l’opinion le signe unique du Christ. C’est la croix seule qu’on entendait figurer en traçant le -1-, sans soupçonner qu'il fût l’initiale du nom du Christ et son monogramme. Le Rituel romain, en ordonnant de tracer « le signe de (( la croix, signum crucis » sur le front et le cœur du fidèle au Baptême apu, bien qu’à tort, contribuer à faire croire que le signe du Christ est absolument le signe de la croix. On l’a cru ainsi jusqu’à nos jours où l’archéologie a ramené ça et là sur les monumen.ts chrétiens le dessin du monogramme constantinien plus intelligible que les autres, mais qui reste toujours incompris du peuple.

scritta in sp.ngnuolo dal P. G. F. Fei nanrtez et tradotta in italiano da G . R. Memmi in Roma, 1729, in-4® ; — Institulum Societalis jesu. auctoritate Congrégation is generalis. Pragæ, 1757, in-fol.; — Voyages et missions du P. Al. de Pdiodes, de la C. de J., en Chine, etc. Paris, 1854, in-8*’.

' Apoc., III, 12.

® Cod. Vat, Ott., 1511, p. 143 ; Bulletino, 1876, p. 133.

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C’est du grec pour les Latins, du grec oul)lié qu’ils ne réapprendront pas facilemenl. Par contre, les Grecs qui en ont rintelligenco et qui, d’ailleurs, conservent immobiles les anciens types, etles Slaves, leurs disciples, ne laissent pas de figurer comme signe du Christ son monogramme avec sa A'oix.

Arrivés là, il nous semble que la question du signe du Christ est éciaircie, sinon épuisée, sur tous ses points essentiels. Notre conclusion, résultant derexarnen des textes et desmonuments des quatre premiers siècles du christianisme et d'un coup-d’œil jeté sur les douze suivants, est celle-ci. Le signe du Christ est fondamentalement la lettre initiale de son nom, le chi, figurant en même temps sa croix. A partir de l'invention delà Sainte Croix, la croix, appelée le signe du Christ, a fini par rester en possession de ce titre.

11 est bon cependant pour la science, il est bon pour la piété de reconnaîtreles deux sens bien certains du signe par excellence, du signe du « Dieu » qui a « régné par le bois ', » du signe de ce bois royal lui-mèuie, du signe enfin de l’auteur de la vie et de l’arbre de vie. Nous avons essayé d’en exposer les documents, d’en établir la genèse, d’en signaler les grandes dérivations, d’en esquisser l’histoire.

Notre travail achevé, nous avons été heureux d’en trouver la confirmation dans le nouveau volume de la Rome souterraine présenté à Pie IX à. l’occasion de son jubilé pontifical. M. de Rossi, abandonnant l’opinion commune qu’un texte de S. Augustin, entendu d’une manière trop j’estreinte, lui avait fait suivre, il y a vingt ans, vient d’écrire, sur différents lieux du cimetière de Saint-Calixte, les lignes suivantes qu’on nous permettra de citer toutes ici, vu leur importance pour notre thèse :

« Le monogramme est traçé en graphite... séparément, par manière de symbole ou enseigne, signum CJifisU — Le monogramme le signurn et le nom du Christ... Le denier >|<, forme du signi-.m Ghristi... — Au commencement de la galerie M est resté sur la chaux d’un loalus le simple X, initiale du nom du Christ et forme dissimulée de la croix, (tracé) un peu avant la paix de

’ Regnavit a ligno Deus. — Hymne Vexilla regis Je Théodulphe, évêque d’Orléans, mort en 821.

' Roma sotterrunea , t. fil, 4877, p. 91.

® Ibid,, p. 93.

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Constantin — Les monogrannnes et signes du nom et de la croix du Christ. .. — Ce monogtamnie comme signum (Uirhu et enseigne triomphale — Le monogramme tut le signe du Christ par’ amonomase — Le monogramme isolé et élevé à la puissance de symbole et d’enseigne triomphale du nom et de la croix du C'hiist... — Sceaux imprimés sur la chaux des tombes... les types {le foygc) du signurn ChrisU ne sont pas ceux de la croix nue mais des monogrammes conslunUnien et cruciforme. — La formé du signe du Christ prédominant sur les lampes cemélériales fut le monogramme constantinien »

Enfin M. de Rossi appelle les deux monogrammes a signurn Christi ’ » et U formes variées du s}gnum Christi » il ne semble pas néanmoins reconnaître encorele chi dans le + qu’il appelle simplement « une croix ». « Sur la chaux fraîche d’un loculus, dît-î!, fut « tracée en graphite une croix ainsi faite + “. » Puissent nos arguments sur ce point obtenir son assentiment !

Avant de quitter ce long travail, résumons-lo sous une forme nouvelle. Contemplons dans le passé, sans exclure le présent, le signe du Christ sur ses trois théâtres les plus solennels, l’Eglise chrétienne, la poitrine chrétienne, la tombe chrétienne. Apprenons à y bien distinguer et le nom du Christ et sa croix.

C’est au sépulcre même du Christ que les monuments nous montrent tout d’abord son signe planant au-dessus d’un édifice. Un sarcophage du quatrième siècle du cimetière du Tatican offre, au milieu des douze apôtres lenantla plupart l’Évangile de la main gauche et faisant le geste de l’acclamation de la droite, le tableau suivant. Une tour apparaît dans le fond, surmontée d’un dôme sur laclefduquel est dressée une tablette carrée. Cette tablette n’est marquée d’aucun signe ; et l’exiguïté de ses proportions explique bien cette absence. Mais ou la retrouve ailleurs, sur un dôme pareil, avec le monogramme constantinien. La tour en ce cas figure un baptistère, le lieu de la sépulture et de la résurrection du chrétien. Sur notre sarcophage, elle figure le tombeau glorieux du Christ. Deux femmes sont à coté qui, s’agenouillant, vont baiser les pieds du ressuscité. Lui debout, ayant les traits de l’éternelle jeunesse, leur fait un geste d’accueil, avançant sou pied droit qu’elles baiseront en effet 'É C’est

‘ Roma sotterranea, t. lit, 1877, p. 155.

s Ibid., p. 180. - 3 P. 283. - ‘ P. 320. - ® P. 568. — « P. 614. - P. 99. —

Aringhi, t. I, p. 311. — Ici pl. XII, 1.

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Ani

la scène évangélique qui suit celle où l’ange, assis sur la pierre enlevée par lui (le l’ouverture du sépulcre, a dit à Marie-Madeleine et à Marie, mère de Jacques et de Jean : Je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié ; il n'est pas ici, il est ressuscité, comme il l'a dit. — Et elles sortirent du monument, saisies de crainte cl dans une qrande joie, courant annoncer cela ci ses disciples. Et voici (que Jésus se présenta fl elles, disant : Je vous salue. Et elles s’approchèrent et embrassèrent ses pieds et l' adorèrent . Et alors Jésus leur dit : Allez, avertissez mes frères qu'ils aillent en Galilée : c’est Ici qu’ils me verront Eu effet, derrière le Christ et les saintes femmes, en avant du tombeau, une immense croix diamautée, qui de ses bras couvre le tombeau même et le Christ, porte, sur sa branche supérieure, courte et donnant à cette croix l’air prononcé du tau, une couronne de laurier pareillement grandiose, dans laquelle est enchâssée un monogramme constantiuien diamanté. Mystique image de la gloire du crucifié ! Les douze apôtres l’acclament, Pierre et Paul tenant la tête du sacré-collége. Deux colombes, représentant devant eux les deux Églises des Juifs et des Gentils, sont perchées sur les bras de la croix et contemplent le monogramme avec le regard fixe de l’extase. C’est la scène de l’Ascension complétant celle de la Résurrection, et la traduction de ce mot du récit do saint Luc : Comme ils étaient attentifs Cl le regarder montant au ciel ~, ou encore de ce mot de saint Pierre : Les douleurs et les gloires subséequentes du Christ... en qui les anges désirent de regarder A

La tour, qui est ici à l’arrière-plan et dont le signe est accusé sans être dessiné, apparaît au premier plan et dessinée de tous points sur le côté d’un autre sarcophage du cimetière du Vatican V C’est un baptistère, on n’en doute pas, placé à côté d'une basilique V Ce pourrait bien être celui de la basilicjue du Sauveur, au Latran, tel qu’il existait du temps de Constantin. Devant lui, précisément, et devant la basilique, est le Christ qui, montrant le coq, dit à Pierre : Le coq ne chantera pas aujourd'hui, que tu n’aies nié trois fois méconnaître;

‘ Matth., XXVIII, 8-10.

2 Act , I, 10.

* l Pet., I, II, 12.

Aringhi, t. I, p. 319. — Ici pl. XII, 2.

^ M. Martigny, p. 72.

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et Pierre, devant une autre basilique qui semble figurer la sienne au Vatican, montre de la main droite son visage prêt à affronter la mort, et tient de la main le rouleau de l’Evangile, signe de son autorité inébranlable, infaillible, comme pour faire entendre la parole immédiatement précédente du Seigneur : Et toi revenu un jour de ton é'jarcmenl confirme tes frères Sur le devant du sarcophage, le Christ, assis, les pieds sur la voûte du Ciel, donne la Nouvelle-Loi à Pierre. Sur l’autre côté, où sont représentés peut-être les monuments constantiniens du Sai d-Sépulcre, le Christ ressuscité arr.'to, en lui louchant le front de la droite, Madeleine qui, à genoux, ardente, les mains en avant, veut baiser ses pieds ^ ; et Moïse, figurant le Christ et Pierre, fait jaillir du rocher l’eau de la grâce et des sacrements. Pour revenir au baptistère, image du tombeau du Christ, tombeau et berceau spirituels des chrétiens, sa coupole porte au-dessus de la clef un gratsd monogramme constat! tinien du Sauveur : il est en relief sur une tablette carrée, qui est censée de bronze, =ans doute, et resplendissant d’or. La porte très-haute de l’édifice est décorée de tentures repliées sur les côtés. Il me semble voir auprès les flots do ce peuple romain dont Prudence a dit :

« Ou il fréquente e toinlieau qui est sous le mont Vatican où est cachée 'a cendre qui représente son fondateur digne de tout amour ou il court à la demeure du grand Lu:eranus pour en i api.oider, avec le chrême royal, le sacié signe Et nous doutons encore que Rome vous soit consacrée, ô Christ, qu'elle ait passé sous vos lois, et que volontiers avec tout son peuple et ses citoyens les jdus élèves elle ait déjà étendu son règne terrestre par-dessus les astres du vaste pôle ! »

Aut Vuticano tumulum lub moule fréquentai,

Quo cinib i le lut- 1 gcniloris amab/hs ubses,

Coetibus aut magni Lateruni currit ad ædes,

Unde s scrum referai regali chrismate s/gnum.

El dnbitamus adlnic, Romnrn libi, Christe, dicatam In leges transisbe tuas, omnique volenlem Cum populo el summis cum clvibus ardua magni Jarn super ustra poli terrenum extendere regnum '*! »

1 Luc., XXII. 32, 3i.

- Je ne vois pas d’autre sens à la scène. Ce ne peut être ici la femme infirme et courbée depuis dix-huit ans à qui le Christ imposa les mains. Luc., XIII, 11-13.

® Pierre.

^ Contra. Synirnach., I, v. 583-590.

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Cette coupole que domine le inonogrnmmeduCliristfait bien comprendre la basilique au toit d'or, construite sur le tombeau de sainte Agnès par la fille de Constaiiliu et qu’elle a décrite ainsi elle-même : « En cette demeure est célébré le nom du Christ qui seul a pu « vaincre la mort, habitante du Tartare, ayant été transporté jus- <( qu’aux cieux, et seul a pu mener là son triomphe, faisant revivre « à nouveau son nom ' t son corps et tous ses membres retirés di's « ténèbres de la mort et de l’aveugle nuit »

C’est là, à ma connaissance, la plus ancienne indication que nous ayons du signe du Christ au sommet d’un édifice sacré; et ce signe est celui de son nom. Nous savons qu’il était considéré en même temps comme le signe de sa croix, et appelé u Christ » et « croix a Christus, crux, par Prudence ~ , « croix a et « Christ en son monogramme a^ Crux... eloquitw'... tanquam monorjrammate CJiristiim, par S. Paulin h

Le plus ancien exemplaire peut-être qu’on mentionne de la croix proprement dite placée sur un édifice chrétieumst celui de la merveilleuse basilique de Saint-Yital à Ravenne Construite par les architectes de Sainte-Sophie, aux frais eu partie de Justinien, qui y est représenté avec l’impératrice Théodora et leur cour venant adorer le Christ, à l’instar des Mages, elle a été commencée sous l’évêque Ecclesius et consacrée l’an 347 par S. Maximien, son troisième successeur. Sur la mosaïque do l’abside du sanctuaire, S. Ecclesius est présenté au Christ, orné du nimbe cruciforme et assis sur le globe, par l’archange Gabriel, pendant que l’archange Michel présente le martyr S. Vital. Celui-ci offre sa couronne au Christ ; l’évêque, lui^ offre son église. C’est un temple octogone, portant au centre une tour surmontée d’un toit en pyramide qui sert de piédestal à une croix latine. On assure que celle qui figure aujourd’hui sur le monument date du monument lui-même. A coup sûr elle perpétue exactement son dessin antique. Quelle émotion j’éprouvais en saluant cette petite croix de fer qui, sur la maison de Dieu, a traversé en l’air plus de treize siècles, et qui est la sœur aînée, sinon la mère,

* Voir chapitre 3ÂVIII.

® Contra Symmach., I, v 486-8.

3 Poema XIX, v. 618-9.

* Ciampini, t. II, tab. XIX. — Ici pl. XII, 3,

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de toutes les o'oix de nos baptistères, de nos toits d’églises, de nos clochers !

Ce que nous avons dit de son origine première, qui est le monogramme, et sa grande affinité avec la croix grecque d’avec laquelle le prolongement seul de la branche inférieure la difierencie — prolongement si expressément distinct dans la croix stationale de Ravenne — nous oljlige d’y reconnaître aussi le nom du Christ. Il apparaît dans le ciel, non plus seulement uni^ comme sur le labarum de Constantin, mais identifié avec la croix ; et nous devons redire ici les deux mots de Prudence sur ce signe unique : « le Christ « marquait de son nom le laliaium... la croix resplendissait ajoutée « au sommet des aigrettes, Chi'istus... si<jnahat labariim... ardebat « summis crux addita cristis ' .

Pu signe du Christ que nous contemplons au faîte des temples matériels de Pieu, passons à celui que nous portons sur nos poitrines, nous ses temples vivants.

Nous avons vu le monogramme du Christ et la figure de sa croix tracés ensemble avec le saint-chréme sur le front des fidèles à la Confirmation, sous cette forme -h, qui est le sceau du chrétien, la marque de son onction, celle de son nom. Une magnifique lampe de bronze, trouvée à Porto, dans les ruines de ce qui fut, croit-on, l'hospice fondé par Pammachius, l’ami de S. Jérôme, une lampe d’étrenne baptismale nous explique à merveille le sens du signe que nous allons voir descendre du front sur la poitiâne L’extrémité, opposée au bassin où était la lumière, offre le cou contourné d’un dragon à bec d’aigle tenant une pomme, image du fruit défendu offert par le Serpent à Ève. Trois aigrettes, terminées par un cercle et une boule, ornent le derrière du cou, représentant, ce semble, les trois concupiscences par lesquelles le Prince du monde règne, et son triple sceptre infernal. Pans la tête du dragon est enfoncée la hampe d’un monogramme cruciforme sur lequel repose une colombe. Qui ne voit l’Esprit-Saint reçu à la Confirmation, et le saintchrême étendu sur le front avec le signe du Christ et celui de la

‘ I Contra Symmach., v. 486-8.

- BiiUetino, 1868, tav. VIII, 1. — Ici pl. XII, 4. La lampe est à la Bibliothèque vaticane.

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croix unis en un seul signe? C’est par la puissance de Fonction de la Colombe divine apportant le rameau d’olivier sur les eaux baptismales du déluge, c’est par la vertu du nom du Christ et de sa croix que le chrétien va briser la tête de Satan. 11 en a fait la promesse au moment du Baptême : il est armé, pour la tenir, à la Confirmation. L’Eucharistie, qui suivait ces deux sacrements dans l’initiation sacrée, les accompagne aussi sur cette lampe. Au coté opposé au dragon, un dauphin, symbole du Christ Sauveur, tient à la bouche le pain de vie, contre-partie du fruit de mort. La lampe est marquée sur chaque flanc d’un monogramme cruciforme, et sa lumière brille devant le Dauphin et l’Eucharistie. C’est l’image du fidèle persévérant dans la doctrine des Apôtres et la communion à la fraction du pain et les oraisoiis *, h qui le Christ a dit, parlant à ses disciples : Vous êtes la lumière du monde ^ Cette lampe baptismale, avec sa croix monogrammatique, démontre manifestement que le signe fait à la Confirmation sur le front des fidèles représentait le monogramme du Christ en même temps que sa croix.

Il faut mettre en regard de la lampe de Forto un monument non moins précieux, mais antérieur de deux siècles, que vient de nous rendre la Rome souterraine ^

Une petite nécropole, créée en appendice à Faire première du cimetière de Calixte, sous la persécution de Septime-Sévère, « une « mystérieuse cachette, misterioso nascondùj Ho *, » ayant ses abords multiples dans le labyrinthe d’une arénaire attenante, et son escalier très-étroit n’aboutissant au sol qu’au moyen d’une échelle, a fourni, en douze morceaux, une pierre tombale portant cette inscription :

lANVARIA RENE REFRIGERA ET ROGA PRO NOS.

« Jaauai'ia goûle biea le l'afraîchissemeiit et ^uie pour nous! »

Qui est Januaria?On ne dit rien d’elle, sinon que c’est une des vierges prudentes de l’Evangile. Au-dessus de son épitaphe, on voit

' Act., II, 42.

2 Matth., V, 14.

s Rom. son., t. III, tav. XXVIII, 22 ; p. 353. — Ici pl. XII, 5. * T. III, p. 349, tav. XLII, IV.

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sa lampe ardente, dessinée, comme l’épitaphe, au poinçon : représentation grossière de la lampe de bronze plus ou moins délicatement moulée qu'elle a reçue en étrennes au baptême. La lampe est en forme de nacelle. A la poupe, une longue anse droite, courbée au bout en dedans, tient suspendue une tête d’homme, à oreilles d’âne, à moustaches de tigre. C’est l’image du démon que nous avons vu à la cappella greca, derrière les vieillards tentant Susanne. Tertullien, dans son Apologéticiiie, XYl, et dans son premier livre Alix nations, XIV, parle d’une caricature du Christ faite par un païen devenu juif et blasphémateur de la Vierge dans la mesure où Voltaire le sera de Jeanne d’Arc ‘. Le Christ étaitpeint avec des oreilles et des sabots d’âne, et cette légende : n Dieu des chrétiens, engen- « dré d’un âne, DEVS CHRISTIANORVM ONüKOETES. » M. de Rossi voit, non sans vraisemblance, une allusion à cette caricature dans la lampe de Januaria. Satan avait imaginé cette horreur : les chrétiens l’ont renvoyée de plein droit à Satan. C’est ce Satan à qui Januaria a renoncé au baptême. L’hiérarque — l’initiateur, l’évêque — , « tenant le catéchumène debout qui regarde vers l’occident et agite « ses mains tournées vers cette région, lui ordonne de souffler trois « fois contre Satan et de proférer des paroles de renonciation ; trois « fois il lui propose cette renonciation, trois fois lui la profère. » Ainsi parle l’Aréopagite % qui ajoute : « 11 le transporte alors vers (( l’orienR et pendant qu’il élève les yeux et étend les mains vers « le ciel, il lui ordonne de se soumettre au Christ et à tous les « enseignements divins. »

La lampe de Januaria répond à la seconde partie de ce texte comme à la première. Le monogramme du Christ, X, inscrit dans un cercle, ayant sous ses branches le I, monogramme de Jésus étendu horizontalement, et rappelant bien le denier baptismal, symbole de l’éternelle récompense, est sous la nacelle, à laquelle il est suspendu ou adhérent. H semble la porter, comme ailleurs le Poisson, le Christ Sauveur, porte la barque de 1 Eglise. En tenant sa lampe^ Januaria

1 Les infamies des Juifs contre Marie remontent à la prédication de l’Évangile. S. Matthieu réfute déjà celles qu’on trouvera consignées dans le Toledoth Jesu du Moyen-Age.

® Dionisii Areopagitæ, de Hierarch. eccles., cap. II, 11, 6. Cf. S. Cyril. Hieros., Cateches., XIX, 4. Pair, grœc,, t. XXXIII, col. 1068.

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avait, suspendue à la main, la tête de Satan, comme Judith celle d’IIolophcrno devant le peuple de llétlmlie : Ecce capxit Holophernis, et elle g-lorifiait ainsi le nom de Jésns-hhrist.

Allumée pour le Christ an hapléme, la lampe de Jannaria a été trouve allumée encore à cette heure suprême que le monde appelle la mort, et l’Evangile les noces. La voilà qui luit jusque sur sa tombe; et la voix des fidèles, qui est celle du ciel même, adresse cette acclamation à la vierge prudente : « Coûte bien le rafraîchis- « sement, bexie réfrigéra ! •»

Le rafraîchissement, c'est le festin des élus dans la lumière du Paradis. Eu 202 ou 203, vers le temps où Januaria expirait à Rome, la martyre Perpétue contemplait à Carthage, dans une vision, » uu « lieu lumineux, et Dinocrate — c’était son frère — se rafraîchis- « sant, video locum... esse lucidum et Dinocratem refrigerantem » Les deux vases du rafraîchissement apparaissent aux cotés de la lampe fidèle de Januaria : à droite, le calice de vin; à gauche, la burette d’eau chaude mêlée peut-être d’aromates, qui doit animer le vin, selon l’usage des anciens, dont témoignent les Catacombes.

Sur un marbre du cimetière de Cyriaque Yincentia, à qui ou souhaite la paix, YINCENTIA IN PACE, est représentée assise tenant de la main droite une coupé eu forme de verre qu’elle élève, et de la gauche un vase à anse qu’elle tient auprès d’elle Un fond de coupe, trouvé en 1743, fixé à un loculus du cimetière de Thrason — et qui, étant des deux côtés tout couvert d’un sang vif, a fait dire à Marangoni que ce loculus était celui d’un martyr — présente Aviaiion auquel on souhaite la vie, AYiANON YIYAS, tenant le verre de la droite, le vase à anse de la gauche L Ailleurs on voitdeux vases à anse à coté de deux verres * ; deux vases pareils et sept verres près de sept convives ® ; trois convives servis par deux serviteurs tenant le verre et le vase à anse L Ce vase pourrait contenir du vin ; mais il est bien plus naturel d’y voir le liquide chaud qui doit perfectionner le vin.

. ' Acta^ 8.

^ Boldetti, p. 208, 36.

* Maiangoni, Cose gentileschc, p. 37i; R. P. Garucci, Yelri, XXXIII, 2, p. 170.

Boldeiti, p. 208, 37.

® Aringhi, t. II, p. 185.

* Boldetti, p. 208, 40.

LA CAPPELLA GRECA

Un arcosolium du cimetière des Saints-Marcellin-et-Pierre présente en ellèt une scène d’agape — agape céleste assurément — où deux convives disent à deux servantes aux noms mystiques : « Irène (Paix), « donne-moi le liquide chaud, IRENE DA CALDA, — Agape (Cha- « rité), fais-moi le mélange, AGxiPE MISCE MI » C’est ainsi que je vois la coupe de vin et le vase d’eau chaude parfois aromatisée, sinon l’amphore de vin, sur le marbre funéraire de Januaria, et que je comprends ces deux vases, sur la signification desquels M. de Rossi hésite. Si l’un désignait le vase d’huile des vierges, l’autre désignerait assurément la coupe du banquet céleste. Un des deux au moins^ doit répondre au réfrigéra de l’épitaphe. En toute hypothèse donc, l’ensemble de cette composition offre un sens clair et certain, .lanuaria semble dire comme le chœur des vierges dont saint Méthode va composer l’hymne :

« Je me garde chaste pour toi, et tenant une lampe resplendissante, je viens audevant de toi, ô Epoux ! — Tu es le distributeur de la vie. ô Christ ! Salut, Lumière sans soir ! Reçois cette acclam ation. Le chœur des Vierges s’adresse à toi, Partante Fleur, Amour, Joie, Wrudence, Sagesse, Verbe!... Des coupes remplies d’un doux nectar sont là . Baivons ! C’est le céleste breuvage, ô Vierge, que l’Epoux met devant celles qui sont appelées dignement aux noces »

Et nous, qui attendons à la porte des noces, nous murmurons avec les fidèles delà primitive Eglise cette invocation des saints, qui confond la théologie protestante :

« Januaria goûte bien le rafraîchissement et prie pour nous ! »

Je n’aurais pas suffisamment expliqué cette ravissante lampe de Januaria et sa descendante trouvée à Porto, si je ne citais ici, pour illustrer leur forme de barque et leurs détails fondamentaux, un texte justement célèbre de notre S. Hippolyte, qui a probablement connu Januaria à Rome :

. tt Mais pour nous qui croyons au Fils de Pieu, nous sommes persécutés et foulés aux pieds par ceux qui ne croient pas. Car les Eglises sont les ailes des navires ^ et c’est une mer que le monde où l’Eglise, pareille à un vaisseau en pleine mer,

* Aringhi t. II, p. 1 19.

- Patrol. grœr., t. XVIII,, col. 209.

* Dont ou lit dans Isaïe, XVIII, 1 : Malheur à la (erre, aux ailes de navire qui sont au-delà des fleuves d’Éthiopie, passage que vient de citer S. Hippolyte,

LA CAPPELLA GRECA

est battue de la tourmente, mais n’est pas détruite Elle porte en effet le Christ, pdote expérimenté ; et elle a aussi, au milieu des périls, le ti ophée contre la mort, jmisqu’elle transporte avec elle la croix du Seigneur. Sa proue est l’Orient, sa poupe l’Occident, ses fl.mcs le Midi (et le Septentrion) ' ; ses gouvernails sont les deux Testamen's ; ses coi'dages tendus de toutes parts, c’est la charité du Christ étreignant l’Eglise; elle porte avec elle un filet de lin, le bain de la nouvelle nais ance faisant surnager ceux qui ont la foi, d’où viennent assurément ces brillantes choses ; elle a comme vent (TrvsSp.a) celui qui descend du ciel, par qui sont marqués da sceau (^'.ppayi'Çovtat) ceux qui croient à Dieu ; elle a auiirès d’elle des ancres de fer, les sacrés commandements du Christ, qui sont puissants comme le fer. Elle a des matelots de droite et de gauche qui, comme de saints anges, l’escortent ; c’est [lar eux que triomph'^ et est gardée rCglise Une échelle est au milieu d’elle, conduisant en haut jusqu’à l’antenne ; image du signe de la Passion du Christ attirant les croyants à l’ascension des deux. Il y a des observatoires ('j^Tjoapo;') en haut sur l’antenne ; c’est la place des proi)hètes, des martyrs et des Apôtres se reposant dans le royaume du ( hrist -. »

Ailleurs S. Hippolyte résume ce splendide tableau de l’Eglise-navire en quelques ligues moins connues, mais non moins excellentes. Il dit, en commentant les Proverbes ;

« Comme un navire faisant roule sur la mer ne laisse derrière lui ni traces ni chemins, ainsi l’Église, vivant dans le monde comme sur une mer, ne lais.se pas son espei'ance sui' la terre, ayant sa vie déposée dans les deux : elle passe vite, sans laisser de vestige de son passage. — Et la trace du navire traversant la mer, c’est à-dire de l’Eglise qui est comme sur la mer en cette vie, étant gouvernée par son espérance dans le Chi ist au moyen de la croix »

Le Christ et la croix, c’est ce que S. Hippolyte aperçoit avant tout, après tout, dan.s la mystique barque ; et c'est ainsi que la lampe, la petite barque lumineuse, de Januaria, ou celle trouvée à Porto, sont marquées tout d’abord au flanc de ce signe unique qui, phonétiquement, désigne son nom, et, graphiquement, sa croix.

Mais poursuivons notre sujet.

Voici sur des médailles, baptismales comme les lampes, ou, comme la médaille de sainte Geneviève, marquant une consécration au Christ plus spéciale que celle du baptême, le signe du Christ appendu au cou des chrétiens. ,

^ Le mot n’est pas dans le texte, mais a été évidemment omis par le copiste.

* De Lhristo et Aniithristo, LIX, t X, col. 777.

3 Col. 6‘2t-24.

LA CAPPELLA GRECA

Une médaille de bronze du Cjuatrième on du cinquième siècle, de la grandeur d’un de nos sous, avec un trou pour la suspension, a tout le champ occupé par *e monogramme constantinien Une seconde, ayant ranueau de suspension au-dessus du disque de grand module, fait lire aux cotés du monogramme et au-deSsous « Léo in « Christo, Léon dans le Christ “ ».

i N LEO

Une troisième, ayant LA ü aux côt^s du monogramme constantinien, oll're aux revers le portrait de l’inconnu qui la portait. Le trou de suspension de la médaille est fait sur sa. poitrine, et sur le bas du monogramme, qui est une des deux formes de la croix, comme si le pieux tidele voulait dire expressément avec S. Paul : Je suis attaeJié avec le Christ à la croix, Christo conftxus sam crucC. Une quatrième sans anioau et non forée encore, ayant ainsi la forme d'un simple jeton, porte au revers du monogramme le nom du propriétaire :

YINA

NTil

« De Venant», c’est-à-dire, appartenant à Venant*. »

Mais une médaille du cinquième siècle ou plus récente, trouée en haut et suspendue au cou, nous offre en variante du monogramme la croix latine accompagnée au bas de l’A fi L

Nous savons que cette croix contient le monogramme même -fou X. C’est, l’origine sur une médaille, de notre croix pectorale.

> Bultetino, 1869, p. '(4, 3.

- Bu/lethio, 1869, p. 4i, 6.

® Gai., II, 9. Bu U'tino, 1869, tav. III, 6. — Ici pl XII, 6.

Bullt tino, 1869, tav. 111. 6.

Bulletino, 1869, p. 4i, 4.

LA CAPPELLA CRECA

Le plus ancien monument connu delà croix pectorale vient d’être retrouvé sur la poitrine d’un défunt inhumé dans la basilique constanlinienne de Saint-Laurent C’est un iiijou d’or admirablement ciselé, ayant un bel anneau de suspension, qui servait de clef à la croix, vraie boîte destinée à contenir des reliques. On appelait encolpium, du grec èy/.oÀTn'O'), contenir dans son sein, ces petits reliquaires faits en croix ou autrement, qu’on portait sur la poitrine. Celui-ci a deux inscriptions, T une tracée d’un bras à l’autre de la croix, l’autre de haut en bas. I)’un côté, c’est horizontalement le mot bebreu : Emmanuel écrit en lettres grecques, et vei'ticalement la traducli n latine dec mot : « NOBISCVM DEVS, Lieu avec nous. )) De l'autre coté, c’est verticalement celte moitié de vers pentamètre : CPiVX EST VIT.X Mllll — les trois dernières lettres, qui n’ont pu trouver place, se lisant sur le côté — , et horizontalement l’autre moitié du vers : MORS IXIMICE TIBI. On dit au démon : (( La croi.x « est pour moi la vie : pour toi c’est la mort, o Ennemi ! ». Là, c’est un des noms du Sauveur, ^Emmanuel, répondant à son nom par excellence le Christ et à son monogramme ; ici, c’est le nom de la croix. Le bijou donc représente le Christ et sa croix tout ensemble. Ses deux inscriptions disent ses deux significations; et il rappelle à point les deux épigrammes de S. Basile sur le signe du Christ :

« Fuis devant l'inscription que je porte, ô Baibare, ne m’importune pas ! Fuis Méchant qui n’es que méchanceté : sur moi Christ est écrit. — Puis de mon cœur, ô Ti'ompeur, luis au ])!u.s vite, luis de mrs membres, fuis de ma vie... Je poi'te la cioix dans mes membres, la croix dans mes démarches, la croix dans mon cœur ; la croix c’est ir a gloire »

Cette croix était portée par un romain dont le tombeau indiquela richesse. Elle contient son monogramme qu’on n’a pu lire encore avec certitude, il s’appelait petit-être THEODERICVS L La croix pectorale, ornement spécial dos évêques aujourd’hui, était alors portée à l’envi p ir Ions les chrétiens. Les chrétiennes seules de nos provinces, où avec les anciens cootumes se sont heureusement attardées les anciennes mœurs, en représentent encore la tradition.

' Bu’letino, 1863, p, 31. — Ici pi XII, ^7. ^ Ci-dessus chapitre XXIV.

^ Bulletino, 1863, p. 34.

LA CAPPELLA GaECA

Si on rapproche <:'ette croix avec son anneau de l’ancre sous sa forme primitive, celle que nous offre un marbre du commencement du second siècle, au cimetière de Domitille, à l’entrée peut-être du sépulcre des Flaviens, sepulcViS'%i FiaviOlWM on ne laissera pas que d’èti'e frappé d’une certaine ressemblance de forme générale. Qui sait si les premiers chrétiens, avant de graver l’ancre sur le marbre, ne la portaient pas en or, argent ou pierre précieuse, suspendue par son anneau, et si ce n’cst pas une des croix pectorales primordiales ? Aujourd’hui môme cette ancre de pourrait

bien, comme bijou, compter pour une croix ornementée ; et maintes croix, même antiques, ont au pied, comme support, et ornement ces volutes simples qui sont ici les crochets de l’ancre.

Mais qu'on n’oublie pas que cette croix figure le monogramme du Christ en même temps que sa croix ; et qu’on ne l’oublie pas en contemplant la croix gravée ou arborée sur nos tombes.

Nous savons que le plus ancien symbole sur les tombes chrétiennes, c’est le + ou X, et qu’il représente le nom du Christ avant de représenter sa croix. L’an 3^7, on le voit ainsi sur l'épitaphe de Priscus, évêque de Noie :

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