LA RÉGION DE LA CAPPELLA GRECA
d’après les dernières découvertes 1880-1891
Au moment où ce volume achevait de paraître dans la Renue de l’Art Chrétien, M. de Rossi, ayant la bonté de le signaler plusieurs fois, en appelant l’auteur mio ottinio arnico, publiait, dans son Bulletino di Archeologia cristiana de 1880, la première partie de ses Escavazioni e scoperte nel cimetiro di Priscilla. 11 débutait par cette page :
« Le titre du présent écrit éveillera, chez ceux qui s’appliquent à l’étude de l’archéologie chrétienne, la joyeuse attente d’insignes découvertes et de progrès non médiocres dans la science que nous professons et que nous aimons. Le cimetière de Priscille a la réputation d’un des plus anciens cimetières, d’un des cimetières primordiaux de l’Eglise romaine : mes écrits lui ont généralement confirmé la prérogative du plus haut archaïsme ; elle me semble dorénavant acceptée de tous ceux qui se livreront à nos études h Cette nécropole, dans sa région centrale, fut très riche de monuments de tout genre, peinture, sculpture, architecture, épigraphie, de très ancien style. Là, probablement, reposa Priscille, la fondatrice du cimetière, mère de Pudens, contemporaine des Apôtres. Là, les topographes, les lettres publiées sous les noms de Pasteur et de Timothée, les compilateurs des Martyrologes historiques, montrent les tombeaux de Pudens, de ses filles Pudentienne et Praxède, du prêtre Symetrius et d’autres martyrs dont la
* M. de Rossi a présenté, le 5 décembre 1886, à la Conférence d’Archéologia chrétienne, un plan topographique de la Via Salaria et de ses alentours, près des murs de Rome. « Il a déclaré, dit le compte-rendu, d’après les récentes découvertes d'insignes tombeaux païens, que la Salaria nuova avait d’abord un niveau plus bas que le niveau actuel et une direction un peu divergente ; ce qui lui a révélé la raison, ignorée jusqu’ici, du libre développement des cimetières chrétiens souterrains sous l’aire publique de cette voie, et la preuve de leur origine chrétienne très ancienne. » Bulletino de 1887, paru en nov, 1889, p. 38.
APPENDICE
sépulture est dite avoir été procurée par ces deux saintes sœurs, au temps d’Antoriin-le-Pieux. Là, est une Prisca que certains indices me font soupçonner être parente des époux Aquila et Prisca ou Priscilla nommés par S. Paul dans ses Épîtres et par S. Luc dans les Actes. Quand, au neuvième siècle, les reliques des martyrs du cimetière de Priscille furent transportées dans l’intérieur de Rome, y comprises celles d’Aquila, Prisca, Aquilinus, les deux premiers furent expressément dits et jugés être les coopérateurs de S. Paul. Finalement, Philippe et Félix, deux des sept célèbres martyrs, fils de sainte Félicité, mis à mort (selon l’opinion de Borghesi et la mienne) i’an 162, sous Marc-Aurèle, illustrèrent par leurs tombes le plus noble et le plus visité des sanctuaires du cimetière de Priscille. Des problèmes très graves et d’une importance capitale, se présentent dès lors à nous. Quelle est la chronologie vraie et prouvée des monuments priscilliens ? Quelles sont leurs relations avec les souvenirs susdits de ce premier siècle de l’Eglise romaine qui va depuis l’âge des Apôtres jusqu’au temps environ des premiers Antonins? Quelle est, en somme, la valeur critique de ces notices et de ces traditions? »
Ce sont les problèmes que M. de Rossi veut tenter enfin de résoudre avec les éléments fournis par de nouvelles découvertes.
Mais d’abord, il fait l’histoire du cimetière de Priscille depuis ses premières dévastations, au milieu du sixième siècle, par les barbares, jusqu’à nos jours ; les fouilles de la fin de 1890 devant lui permettre heureusement de la compléter, et de porter, même en arrière, les plus précieuses lumières.