‹ Les antiquités d'Athènes, et autres monumens grecs, d'après les mesures de Stuart et RevettChapitre 3 sur 22 · JO · texte numérisé non relu

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autre importance chez les Grecs; elles étaient non-

seulement des citadelles , mais encore des enceintes sa-

crées. C’était dans ce dernier retranchement , opposé aux invasions continuelles , dans cette forteresse , dont l’ennemi ne pouvait s’emparer qu’après la défaite de tout ce que la ville extérieure comptait d’hommes en état de porter les armes , qu’étaient situés les temples des divinités tutélaires, le trésor public et tout ce que les arts pouvaient produire de plus précieux. Les habitations venaient alors sc grouper tout autour, et n’ofliaient , à quelques exceptions près , que des constructions sans importance. Les Acropolis donc , qui renfermaient presque toute la partie monumentale et artistique , ont dû , par la nature des édifices qui s’y trouvaient, résister plus long-temps aux outrages du temps et de la barbarie : aussi est-ce dans ces enceintes qu’on retrouve aujourd’hui les documens les plus précieux sur l’histoire de l’art à cette époque. Parmi ces sortes de citadelles sacrées, dont l’importance était toujours déterminée par celle des villes qu’elles protégeaient , on cite celle d’Athènes , comme la plus remarquable sous tous les rapports, mais surtout sous celui de la perfection de ses monumens ; le siècle de Périclès y déploie dans toute leur splendeur ces formes si belles , si imposantes, si nobles et pourtant si simples qu’on ne retrouve à aucune autre époque. C’est de ce sanctuaire de l’art grec que sortiront les principaux monumens

de ce recueil , et nous n’avons pu nous dispenser de donner une idée de son aspect général , par les deux vues que nous donnons dans les deux premières planches. L’Acropolis, jadis si resplendissante, si bien ornée de temples , de statues , de peintures et d’offrandes aux dieux, est aujourd’hui singulièrement différente de ce qu’elle était alors : les ravages du temps , des barbares et des guerres modernes avec leurs bombes et leurs boulets , ont porté la dévastation dans son enceinte, et l’ensemble des monumens n’offre plus maintenant que de vastes et imposantes ruines grotesquement bigarrées de mesquines constructions modernes.

On y retrouve cependant encore les restes des Propylées A, le temple de la victoire Aptère B , le temple de Minerve, plus connu sous le nom de Parthénon ou Hécatompédon C , et les trois temples , groupés ensemble, de Minerve Poliade , Erechthée et Pandrose D. Sur le penchant et vers la base de la roche , on voit le monument choragique de Thrassillus ; on voyait aussi le théâtre de Bacchus , l’odeum de Périelès et le chemin des Trépieds, dont il sera plus amplement question au sujet du monument choragique de Lysicrates. ( La colline de l’Aréopage, si célèbre par le tribunal du même nom qu’on y avait adossé, était située à trèspeu de distance au nord-ouest de l’Acropole. ) La seule entrée de la citadelle était par les Propylées ; tous les autres points de la roche qui n’étaient pas coupés à

pic étaient fortifiés d’épaisses murailles , parmi lesquelles on a retrouvé clés traces de constructions pélasgiques.

Nous ne donnerons que ce peu de renseignemens au sujet de l’Acro polis, dont l’histoire nous entraînerait bien au delà des limites du cadre et du sujet de cet ouvrage , nous réservant de donner la description de chaque monument aux chapitres qui les concerneront • séparément.

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