INTRODUCTION
Lt% Antiquaires et les Institutions archéologiques
de la Norvège.
La Norvège est Tun des pays qui ont le plus conservé de tertres et de monuments antéhistoriques; ceux-ci devaient être innombrables à la fin des temps payens, puisqu'il en reste encore tant de milliers après dix siècles de dévastations. II y a long-temps en effet que Ton a commencé à supprimer ces asiles des morts pour le caprice ou Futilité des vivants. Quelques-unes des églises les plus anciennes ont été bâties sur l'emplacement des tombeaux payens, qui sont encore reconnaissables aux objets qu'on en exbume (1). De nos jours, les ingénieurs, plutôt que de faire dévier les routes ou les voies ferrées, rasent les tumuH qui se trouvent sur TaTignement^ c'est dans les tertres que Ton prend les matériaux nécessaires à l'entretien des chemins et des clàtures^ ou au nivellement des chaussées que l'on trace (JJrda. III, p. 75, 77, 95). Quand l'agri-»
(1) Urda^etnùTikanUq^aTUk'hitioriik Tidttkrift^udgivtt af Dû reeiionen far det B$rg€nsk9 Muséum. Bergen^ 1837-18A7. SjtoI. fn-â^ t. III>p.l5.
culteur inanque d'engrais, il conduit dans son champ l'humas dont se composent certaines sépultures {Vrda^ t. III, p. 68). Voilà comment disparaissent 'de jour en jour les monuments que des mains pieuses ont élcTés en mémoire des bommes marquants. 11 en reste assez toutefois pour nous donner une haute idée de la densité de la population dans Tancienne Norvège, et, quand on a sous les yeux le dénombrement des sépultures qui datent de Tâge de fer, on n'est pas étonné de ce que Jomandes ait appelé la Scandinavie effkina gentiuim aut eerte veluti vagina nationum {De reim$ ge- Hcis^ cbap. 4).
On compte parfois une quarantaine de monuments dans l'espace de moins d'un hectare; il y a des amas de terre ou de pierres, d'énormes blocs isolés ou assemblés, des rochers ornés de figures gra\ées, des bautastënes (pierres taillées), ou petits obélisques mal dé- ^ossis, qui mesurent de 1 à 8 mètres de hauteur» Un de ces derniers a 9 mètres de hauteur, 1 mètre de largeur et 0"* 32 d'épaisseur. Les paysans, frappés des dimensions dé ce saonolithe, le plus grand de la Norvège, l'ont, par une singulière confusion, nommé V Aiguille de ta Vierge (M aria's Synaal). D'autres croient que c'est le corps d'un géant changé en pierre par uo miracle de Saint-Olaf. Ce bautasiène est incliné vers le mur septentrional de l'église d'Agvaldsnes; quand il le touchera, dit une tradition populaire, la fin du monde sera venue (1).
Les tertres ne sont pas des amas informes ; quand lis n'ont pas été bouleversés, ib affectent la régularité
(1) Eê^misse kistôrieo'^ir^Mof. â'Av§9àlé$mmt ûamA l*lle de KanM (Amt de Stavanger), pir J. K. Chrlstie, dans Urda, t. Il, p^ 329-331; NiMH layacD^ Iforike Ffnlevningêr^ ln-8, ChrisUania. i862-S0, p. Ht.
des figures géométriques : cercle, ovale, ellipse, trian* gle, paraUélogramme, cÔDe, prisme, elc* Quelquefois des numaiiients de toute sorte sont eux-mêmes disposés soit tMï groupes plus ou moins réguliers, soit en ligues droites ou courba* Souvent les tombeaux soateulott* rés d'une ou plusieurs encejntes de moellons. A lear pied oa k leur sommet s'élevaient des hautastènes dont les uns gisait sur le sol, tandis que les autres, après avoir bravé les outrage du temps et l'action dévastatrice de rhomme, restent fièrement debout, comme pour rendre témoignage de la grandeur des temps pas^ ses. U 7 a des tumuli de dimensions vraiment imposantes : le Balmdèang^ dans la paroisse de Hofvin, à deux myriamëlres et dcani au nord-est de Qiristiania, passe pour être le plus considérable de la JNorvége^ il n'a pas moins de 17 mètres de hauteur et plus de 170 métr^ de circonférence à la base (Nicolajsen, p. 739), et pourtant^ avec €%6 dimensions, il parait aussi chétif, par rapport aux pyramides, que les bautasiènes le sont en comparaison des idiâisques!
Les tertres ont attiré Tattention des curieux dès une époque où Ton nescmgeaitenoore guère k Tardiéologie: les sagas, ces vieilles histoires de la Scandinavie» nous cmt conservé le souvenir de fouilles qui ont été faites dans les tom b eaux par des peivounages du moyen ftge« Eki MS, le roi Olaf Tryggvason, ayant pris ses quartiers à AgvaJdsmes (promontoire d^Agvald, dans File de Karmt) , s*enquit auprès d'un vieillard bien informé^ de ce qu'avait été cet Agvald dont le nom était resté à la localité. Cétait, lui conta le vieillard, un roi et un grand guerrier qui adorait une vache. Il la menait partout avec lui, et il aimait à boire de son lait4}u'il regardait comme bienfaisant. Tué dans jm combat
qu'if li^rn nii roi Tarin, il fut inhumé dans un fumulas (lu pays, et l'on éleVa en soti honneur les bauListënes qui existaient encore à cette époque ; la vaehe fut enfouie non loin de là dans un autre tumnius. Les deux tertres ayant été ouverts par ordre du roi Olaf, on trouva effectivement des ossements humains dans le plus grand, et des ossements de vache dans le plu? petit (1). Des savants prétendent que VAiguilU de la Vierge est un des bautastènes en question.
A côté des curieux, il y avait d'autres chercheurs qui, eux, n*étaient pas mus par le désir de s'instruire, mais bien pari'espoir de s'approprier les dépouilles* des morts. En 995, lorsque Hrané le grand voyageur, fut de retour dans son pays, le Grenland (cantons de Bambleet de bas Thelemarken) , l'ombre d'Olaf Gêirstada-alf, ancien roi de la contrée, lui apparut en songe et Finvita à ouvrir son tombeau. Hrané se mit à Tœuvre avec Svein Jarl, dont la flotte se trouvait dans les environs. Les richesses que l'on exhuma du tertre furent partagées entre les deux associés. Svein prit les deux tiers pour sa part: Hrané n'obtint que l'autre tiers, mais il reçut en préciput un baudrier, un couteau, un anneau d'or et l'épée Braesing, objet dont it fit ensuite présent à son filleul, le roi Saint-Ohif (P.' A. Munch. HisU^ H, p. 494). — Pendant le règne de ce dernier, le poêle islandais Grelti le Fort, condamné A l'exil, partit pour la Norvège, en 1011, et débarqua dans le canton de Sunnmaeré. Là, il fut bien accueilli par un riche paysan dont le |>ère, Kar l'Ancien, était inhumé dans un tumulus où Ton disait qu'il y avait de
(I) Snorré, Saga d'Olaf Tryggvaton, ch. 71;— l/rda, II, p. 326-27; —P. A.Munclij del Norske Folks Historié, t. II, Chri8tiaQia,18Sa,p.318. jj . — Nicorays«n, lYorske Fornlevninger, p. 34».
grands trésors gardés par des revenants. Gretli entreprit de s*en assurer; il creusa toute la journée dans le tertreet.il n'atteignit le caveau qu'à la tombée de la nuit. Ayant percé le plafond, il se fit descendre à Fintérieur du caveau, où il trouva le squelette assis sur un siège, les pieds posés sur un coffret rempli d^or et d'argent. Prés de là étaient deSi ossements de cheval. Grelti rapporta qu'il avait eu A soutenir un rude combat avant de pouvoir enlever les richesses du fantôme. Toutefois ilremit fidèlement à son hôte tout ce qu'il avait pris dans le tombeau (1). Ce récit n'est pas entièrement fabuleux, car le tumulus de Trygsland, dans la paroisse de Bjelland (amt de Lister^Mandal), offrait des circonstances analogues. Lorsqu'on le fouilla vers la fin du siècle passé, on mit à jour un caveau, formé de dalles, où il y avait deux squelettes couverts de vêtements et assis sur des chaises de bois ; les sièges et les squelettes tombèrent en poussière, mais on trouva des parures d'argent (4 fibules et deux broches) qui donnant date à cette sépulture : elle devait remonter aux derniers siècles du paganisme (Nicol. p. 275, 782).
Les descriptions de ces fouilles ou, si l'on aime mieux, de ces violations de sépulture, ne nous apprennent pas grand chose de la structure des tombeaux ou des rites funéraires; à peine nous renseignent-elles sur la nature des objets déposés près des cendres ou des ossements des morts. Elles n'avaient pas non plus donné aux anciens des notions bien claires sur les coutumes de leurs ancêtres. Au xiii* siècle, l'historien
(1) Grettis Saga, texte et trad. danoise par G. Magnusson et G« Tliordarson. Copenliagne, 185V5Q. 3 vol. iii-13, cli. 20; — Holmboe, tUnsForhandtinger i F'idenskabS'Seltkabel i Christiania, aar 1862. iii^u, p, 300; — Ntcolaytea , IVortkê Fornhvningrr , p. 830.
Snorré Slurluson croyait que Ton avait commencé par brûler les cadavres, et que l'inhumation n'avait été en usage qu'après les funérailles de Frey (1) • Il ne se doutait pas que l'inhumation eut précédé l'incinération ; son ignorance à cet égard prouve qu'il était instruit plutôt par les traditions relativement récentes, que par ses observations personnelles ou les recherches de ses contempocains.
Pans les jièdes qui suivirent, on continua à fouiller les sépultures dans l'espoir d'y trouver des trésors; les traces de ces fouilles sont encore visibles : on connaît beaucoup de tertres dent les flancs, sont échancrés d'ancienne date, ou le sommet creusé en forme de cratère, (^}> Il y 21 toute une série de traditions populaires qui content les espérances et les déceptions des chercheurs de trésor^. C'est dans la nuit du jeudi au vendredi que les paysans superstitieux commencent et continuent leurs fouilles dans les tertres* lis croient que le silence le plus absolu est indispensable pour la réussite {Urda^ III, p..81)«^ Mai^ ils ne manquent pas de pousser des exclamations de surprise et de joie à la
(I) «Le premier âge s'appelait Tâge^e la crémation; on devait alors brûler tous les morts et ériger des bautastènes en leur honneur. Pourtant, après iqué Frey eut été inhumé dans un tertre à tJpsala, on éleva aussi souvent des tertres que des bautastènes à la mémoire de ses parents. Plus tard, le roi des Danois, Dan le Magnifique, se fit faire un tumulus et 11 ordonna qu^aprës sa mort on l'y déposât dans son costume royal et son équipfement militaire, avec son cheval » les harnais' et beaucoup de r\* diesses. Un grand pombre de ses descendants l'imitèrent ; c'est alors que commença l'Âge de rinhumalion ; mais les rites de rincinération se ppr* péluèrent longtemps encore ches les Norvégiens et les Suédois > (Snorré, introduction de Heimskringla^ Histoire des rois de Norvège).
(3) Urda^ t. Il, p. 201, 21A ; — Aauberttning ou Rapport annuel de la Société pour la conservation des monuments anciens de la Norvéfe. An. ia53 , p. 10. — Nicolaysen, p. 335, 407.
Tue des urnes cinéraires ou d'au 1res tases qu'ils croient remplis d'or; ils les brisent dans leur impatience, et grand est leur désappointement quand ils trouvent des cendres et des ossements eu place du métal précieux sur lequel ils comptaient. D*autres fois, quand ils sont sur le point de mettre la main sur le trésor convoité, ils s'imagipent voir leur maison en flammes et se dépêchent d'aller éteindre Tincendie, ou bien un monstre effrayant leur apparaît et .ils se bitent de prendre la fuite* Le châtiment du peureux est de croirç qu'il a perdu par sa couardise le fruit de son pénible labeur. Le brave, au contraire, est richement récompensé de son courage : il saisit intrépidement par les cornes le taureau menaçant qui sort du fond du tertre pour s|avancer sur lui, et voilà que tout d'un coup le farouche animal se trouve métamorphosé en un pot où brillent des anneaux et des bracelets. Les cornes n^étaient que des anses (1) l Mais les plus favorisés, ceux qui ont eu la chance de trouver un trésor, passent pour être sous le coup d'une malédiction, comme autrefois les possesseurs du trésor d'Andvaré (2), du collier d'Aude le Riche (3) v et de l'épée Tyrfing (4) ; ils finiflysent toujours par faire une mauvaise fin, soit qu'ils perdent la raison ou l'usage de leurs membres, soit qu'ils dépérissent des suites d'un mal mystérieux ((/rda., II, p. 214). Au commencement de ce siècle, un paysan
(i) P. Gbr. Asl^aeniseo, JVénkê Hviér^'^EvmUyr 9$ Foikuagn. r éà^i. Glirist. I, 1850, in-8, p. i40-lS9.
(2) Histoire légendaire des Francs et des Burgondes aux III* et IV siècles, par E. Beauvoto. Paris 1867, ln-8, p. 30-33, 43, 410.
(S) Tnglinga Saga dans Heimskringla de Soorré Sturlusoo, cb. 17,
(%] Uervarar Saga^ éûM, par N. If. Peterseii. Copenb., 1847, 1iM3, ch 2, 3, 70, 11, 13, 15.
qui aTait fait des fouilles dans un tertre tomba malade, et Ton crut devoir reporter dans le tertre un grand os qu'il enaTaittiré (Nicolajsen, p. 803).
On conçoit que des fouilles faites dans ces conditions et exécutées par des gens qui se souciaient fort pen de la science, n'aient été d'aucun profit pour elle. Les objets qui en provenaient , n'arrivaient même pas à la connaissance des archéologues: les paysanslcs gardaient précieusement comme des amulettes ou des panacées; ils leur attribuaient la vertu de calmer les douleurs des femmes en travail, d'enfantement. Cette superstition doit être une réminiscence du paganisme : on conte que la reine Aasta ne pouvant accoucher, Hrané le grand voyageur, lui mil la ceinture qu'il avait trouvée dans le tombeau d'Olaf Geirstada-AIf, et €[u'aussitôt elle donna le jour à un enfant qui devint le roi Saint-Olaf (995) (1). En 1861, M. Nicolaysen a encore rencontré dans le I*Iordljord des paysans qui refusèrent dé lui remettre des objets exhumés d'un tertre, et qui employaient une épée de même provenance dans le traitement des maladies (Nicol. p. 486).
C'est seulement a partir du xvii* siècle, que l'on commença à étudier sérieusement les antiqurtésnationales. Le promoteur de ce mouvement scientifique fut le médecin danois Ole Worm; à In sollicitation de ce savant, le roi Christian IV avait, en 1622, promulgué un rescrit par lequel les évéques des royaumes de Danemark et de Norvège étaient invités à faire copier les inscriptions runiques et décrire les monuipents et
(1) P. A. MuDcb^ Diinorske Folks Historié, 1. 11^ p. Afi4'95; — W. F. K. ChrUtfe, D'une superstition répandue chez les habitants des campagnes et qui fait qu'ils ne veulent pas se séparer des antiquités trou' vées en terre, dans Ufda, I, p. 10, 26.|
'tombeaux anciens qui se trouvaient dans leurs diocèses respectirs(l). Beaucoup d'ecclésiastiques envoyèrent des rapports et des dessins dont plusieurs nous sont parvenus, comme les monuments du diocèse de Stavanger (1639), par l'évéque Thomas Wegner; les antiquités du diocèse de Bergen (1626) ; celles du diocèse d*Akershus, par Peter Âdolphus (Peder ÂÎfssœn), cba* noine et professeur de philosophie au gymnase de
' Christiania. Ces rapports, conservés à la bibliothèque
' de l'université de Copenhague, sont restés manuscrits, mais ils ont servi de base aux travaux de Worm, qui, dans ses MonumenU danois (2), décrit un certain nombre de pierres runîques norvégiennes. Ce premier essai laissait naturellement à désirer, et malheureusement les transcriptions inexactes et les déchiffrements
' erronés de Worm sont aujourd'hui nos uniqîies sources d'information pour plusieurs pierres perdues ou brisées.
Plus de cent ans après, un autre reserit, adressé celte fois aux autorités civiles du Danemark et de la Norvège, provoqua de nouveaux rapports qui concernent surtout la situation économique de ces deux royaumes, mais qui renferment aussi quelques remarques sur les antiquités. On possède encore ceux de Herman Ruge (1750), d'Aug. Meldal (1843), de Leganger (1743) ; celui que Christian de Fine a écrit sur l'amt de Stavanger, dont il était bailli, est l'un des mieux rédigés.
La seconde moitié du xviu* siècle nous a légué une
(1) jiniiquités primitives du Danemark, par E. Bcauvois, dans la Revue Contemporaine, 31 juillet 1363, 2* série, t. 34, p. 278*280.
(2) âîonumentorum Danicorum libri eex. Copeoiiague, \^k^, io-fol., •Tec figures.
foule de descri plions et d'histoires des diverses provin-» ces» cantons et villes. Plusieurs d'entre elles» où il est aussi parlé des antiquités, ont été imprimées à part : > telles sont celles du district de Scendmcer et du pastorat d'Eger^parB. Strœm (l);deHcBland,-parGjeUebœl (2), du pastorat de Spydeberg, par J. N. Wilse(3), de la prévôté de Gudbrandsdal, par H. Fn Hjortkœj (4), de lamt de Bratsberg, par Bè H* y on Lœvenskjold (ôj. Beaucoup d'autres ont été insérées dans la Ritue topo^ graphique de la Norvège (6), excellent recueil publié dans les dernières années du siècle passé et au commencement de celui-'ci. Mata de quelque utilité que pussent être ces descriptions^ elles avaient le défaut d'être faites par des hommes qui n'étaient pas compétents dans les matières archéologiques ^ aussi le gouvernement danois filril sagement de charger un savant comme G^ Schoening d'étudier les antiquités de la Norvège. De 1773 à 1775, cet historien parcourut les amts; de Throndhjem el de Romsdal,) ainsi que les cantoBs.de Hedemârken. et deRomerige. Unep^rtiede «a relation:de voyage a. été publiée .(7), l'autre est res-
(1) Phytisk og œ^fonomitk BêMkrivêUe over Sœndmçers Fogderiê, Sorœe, 1762-69, 2 vol. ia-4* ^—Phytiêk og aconomitk Boskrivelse over Eger. Cbpenhagne, 1784, In-B».
(2) BepkrivêlMe ow Uçilar^d , Gopenhagv^ei. 1 791, in^S*. r
(3) BukriveUn over Spydeberg Prœstegjeld, ChrlsUaurla, 1770-80. 3 vol. in-8.
(4) PhysUk^eonomiêk ag lopoirraphM BeêkrtveUê wêt Gud^ brandsdalens ProvUie, Copenhague, 1785-86, 2 yoL \a*Sw .
(5) Beikrivelse over Bradsbfirg QmU Chmtiania, 178A,.in:8. .
(6) Topographisk Journal for [^orge^ édité par la Société topographique de Christiania, et publié par le professeur J. Rosted , Christiania, 1702-1800. 3h livraisons formant Id volumes in-8. '' '
(7) Reiee igjennem en Del af IVorge, Copenhague, 1778-82, 2 faK. tn-8.
iée inédite et se trouve à la bibliothèque royale de Copenhague»
Les écrits que nous venons de citer nous renseignent plutôt sur le nombre, la situation et la forme extérieure des tertres, que sûr leur contenu, et bien qu'ils soient encore consultés avec fruit par les chercheurs, ils ne pouvaient servir de fondement aux doctrines de l'archéologie contemporaine* Ni Worm, ni Schœnipg, ni leurs émules, n'avaient transcrit fidèlement ou interprété d'une manière satisfaisante les nombreuses inscriptions r uniques de la Norvège. C'est un voyageur, F. Arendt, d'Altona, qui le premier a eu le mérite de prendre des empreintes exactes et de lire assez cor-* rectement les inscriptions en runes modernes, c De tous nos runologeûs ,di t M.Nicolaysên {Norske Fornlevninger^ p. 107), Arendt est non-seulement le plus sûr, mais il est même yéritablement sûr». Les voyages enNorvége (1799-1803 et 1817) dé cet archéologue sagace et profond, dont nous avons esquissé ailleurs Texistence vagabonde (1), ont été plus fructueux pour le Danemark que pour la Norvège. Bien qu'il ait été subventionné par Berndt Anker, le riche négociant de Ghris'^ tiania, et par la Société des sciences de Throndhjem, les collections et les copies de V Antiquaire norvégien, comme il aimait à s'appeler, se trouvent principalement à Copenhague. Il a publié en français, dans les Mimoiresde V Académie celtique (t. Y, ià-8''), et dans le Magasin encychpédique deMillin (1808, [în-8''» t. YI), le précis de ses voyages et de ses recherches en Norvège et en Suède, de 1799 à 1806.
Les quelques antiquités que Ton recueillait alors
(1) Antiquités primitiveê du Danemark^ daos U Revue Contempo» raine, 31 juillet 1S69, p. 281-S3.
étaient envoyées à Copenhaf^ue, siège du gouvernement des deux royaumes-unis. Ces objets figurent encore au musée des antiquités septentrionales, et c^est pourquoi Ton trouve le dessin de plusieurs d'entre eux dans les Antiquités septentrionales du musée de Copen-hague, par M. J. J A, Worsaae (1) , et dans le Catalogue descriptif des objets faits ou ornés de métaux précieux qui se trouvent au musée royal des antiquités septentrion nalesà Copenhague^ par M. V. Boye (2),
Vers la fin du xv m* siècle, les archéologues norvégiens commencèrent aussi à former des collections d'antiquités, notamment à la Société des sciences fondée àThrondbjemenl760, ài'écoIedeDeicbmann et au collège de Cbristiania. En 1811, la Société pour le bien de la Norvège (Selskabet for Norges Vel) s^occupa de former un musée d'antiquités septentrionales, particulièrement norvégiennes, et, dans ce but, elle institua un comité arcbéologique de quatre membres. Ceux-ci se mirent en rapport avec les personnes qui pouvaient les assister dans leur mission. De toutes parts on leur envoya des objets qui furent déposés dans une des salles du collège de Cbristiania, sans être pourtant confondus avec la collection particulière de cet -établissement. Lors de la dissolution de la société, vers 1817, son cabinet d'antiquités, comprenant prés de 300 numéros, fut cédé h la l>ibliolhèque de l'université; mais cette petite collection, enfermée pendant une dizaine d'années dans les armoires de la biblio-
(t) IVorditke Oldêager % dei K, Muséum i Kjœbenhavn, 2* édii., Copenhague, 1850, gr. in-8.
(2) Oplysende Fortegnelse over de Gjenstande i det K. Muséum for nordiske Oldsager i Kjcebenhavn, der ère forarbeidede af eUer prydede med œdie Metaller. Copcnliague, 18)0, in-â.
iliècjue ou (lu muséum d^histoire naturelle, sans élre 2iccessible au public, ni cataloguée, ni même classée^ diminua plutôt que de s'accroître (I),
Mais Tarchéologie regagnait à Touest et au nord ce qu'elle perdait au sud. De 1823 à 1825, Tévéque de Bergen, Jacob Neumann. mit à profit ses tournées épiscopales pour étudier les antiquités de son diocèse, et il publia dans une revue (2) ses relations de voyages. De plus, un officier de rétal-major, L. D. Klûwer, qui, tout en travaillantà la carte topographique du diocèse <le Thropdhjem (de 1810 â 1814) , s^était vivement intéressé aux antiquités, fut chargé par la Société des sciences de Throndhjem de faire des recherches archéologiques dans le Nordenfields ou Norvège septentrionale, et c'est aux frais de cette Société que furent publiés en 1823, les Monuments norvégiens dessinés dans un voyage à travers une partie du Nordenfields (3). Klûwer continua ses voyages en 1823 et 1824-, mal* heureusement il mourut à 1 âge de 35 ans, le 4 janvier 1825, et les derniers rapports qu'il envoya à la Société des sciences restèrent inédits.
En 1828, Rodolphe Keyser, alors professeur agrégé, fut chargé de classer le cahinet des antiquités de rUniversité de Christiania : bientôt il Touvrit ,aux
(!) Exposé hiftorique de» progrès de la collection des antiquitéê septentrionalei pendant les 50 dernières années , dans Norske Univer sitets og Skole Ànnaler, 3* sér., t. IV^ 1864. Christiania, in-8, p. AO-AS-
(2) Hemarques de voyciges faits dans tes eofitons: de Sognetde Sœndfjord en 1823, dans Budstikken (Le Message) t. V, n«'. 47-53 et 67-73; — de Sœndmœr et de Nordfjord; ibid VI, n" 70-77 et Vif, ne 8- W.^de NordkordUkn, Sœïidkhyrdlehn, Uardanger et f^ors enl82&, ibid. t. VII, »•• Û1-5Î.
(3) Norske Mindesmœrker aftcgnede paa en Reise gjennemen Deei af det Nordenfjeldske. Christiania, 1823. 1 52 p. in- A avec 35 pi. lithogr.
curieux, et publia dans le journal officiel les noms des donateurs. Le Storthing, cette assemblée des représentants, qui n^a négligé aucune occasion d'encourager les études nationales, alloua an musée archéologique une subvention annuelle de 1800 francs, somme dont on ne put trouver l'emploi et qui fut réduite de moitié en 1833 ; depuis on est resté à ce cbiflre. La même année, le musée, qui comprenait 607 numéros, obtint un local plus >aste au second étage de TUniversité, dans le nouvel édifice de laquelle il a été installé définitivement eu 1852. Pour donner une idée de son rapide accroissement pendant la direction du professeur Keyser, disons qu'il comprenait près de 3,000 numéros lorsque cet administrateur zélé prit sa retraite en 1862 {Norêke Universitets og Skole Ànnaler^ 3* série, t. IV). Sous son nouveau directeur, le professeur O. Rjgb, la collection s'enrichit chaque année de dons et d'acquisitions, et elle compte actuellement plus de 4,000 numéros. Vingt planches photographiques, représentant ses principales curiosités, figuraient à l'Exposition universelle de 1867; il est à désirer qu'elles soient vulgarisées par la gravure ou la lithographie.
Le musée archéologique de l'Université de Christiania n*est pas unique en Norvège ; il y en a d'autres à Bergen, à Throndhjem et à Arendal, c'est-à-dire dans chacun des quatre diocèses datant du siècle passé, A quelques exceptions près, on peut dire que le musée de Gbrisliania centralise les antiquités trouvées dans le diocèse où grand baillage d'Akershus, dans le diocèse nouvellement rétabli de Hamar, et chose singulière dans le diocèse de Tromsœ, qui est situé à l'extrémité opposée de la Norvège. Ceux de Throndbjem et de Bergen sont naturellement pour le diocèse dont ils
portent respectivement;le nom, enfin celui d'Arendal pour le diocèse deCbristianssand, qui envoie pourtant aussi beaucoup d'objets aux musées de Bergen et de Gbristiania.
Le musée de l'école d*Arcndal, fondé- en 1832, avec la bibUotbèque, par une société d'bommes dévoués, n'a encore guère que 200 numéros d'antiquités, mais parmi eux on compte d'importants objets provenant des quatre fouilles de Meelhus, deNummeland, d'Askland et de Molland (1) • -^ Bien que la collection ar« chéologique de la Société des sciences de Thrcmdhjem soit la plus ancienne du royaume, elle est une des moins riches, car elle ne s'accrott que lentement ; à cet égard elle s'est grandement laissé dépasser par deux émules plus jeunes ; elle ne compte que 300 numéros, tandis que celles àe Bergen et de Christiania en ont dix à quinze fois autant* Cette société a rendu plus de services à l'archéologie en encourageant les recherches et en publiant des mémoires qu'en recueillant des antiquités $ c'est ^lle, nous l'avons vu, qui a subventionné les voyages de Klûwer^ et c'est dans son recuçH (2) qu'ont paru les Remarques hUtoriques etarehioïogiques reeueiUieê dans un tfoyage à travers le dkpeèse de Bergen ^ par G. P. Blom,
Le musée de Bergen a été* fondé en 1825^ par une société dont le grand bailli W. F. K. . Christie et l'évéque J. Neumann étaient les membres les plus émi<nents. N'ayant d'abord d'autres ressources que les ço--
fl) Voy. le catalogue composé par Tuo des directeurs du Mmée, M. S. DedekaiDy et publié dans Om Arendal Skoles offentlige Bibliothek og Musium, par le recteur A. Smith. Arendal, lJB60,ln-8f p. 95-110.
(1) Iforsk p^identketàers SeUkabi Skrifter i det 10 de Aarhundtt"
d€r t n, llTr. 2, 1837, II1-4, p. 14W76 afcc ûg.
tisntions de ses membres (6 fr. par nn) el les don^ des parliculiers, la Société forma de si belles collections et déploya tant d'activité qu'elle se fit reconnaître comme institution nationale (1). La faible subvention annuelle de 600 fr. que lui accorda le ministère de Tinstruction publique, en 1834, a été successivement augmentée et s'élève annuellement à plus de 6,000 fr.; en outre le Storthing a volé 200,000 fr* pour la construction d'un edificedigned.es collections qu'il doit renfermer, car le musée de Bergen ne comprend pas seulement des antiquités,, mais^ encore une galerie de tableaux, un riche cabinet d'histoire naturelle, une bibliothèque, une collection de médailles, des archives. Un excellent catalogue des antiquités a été composé par M. Henrichsen. La Direction du musée a publié de 1837 à 1847, sous le titre d'Crda, la parque du passé, un précieux recueil qui a malheureusement cessé de paraître depuis plus de vingt ans (2). On y trouve des rapports sur les fouilles et trouvailles, des coups d*œil systématiques sur des séries d*antiquités, des mémoires descriptifs, des topographies et des excursions, archéologiques, en un mot toute sorte de matériaux pour rhistoire primitive du diocèse de Bergen, qui, grâce à ces éludes, est en effet mieux connue que celle d'aucun autre diocèse, l^es rédacteurs ôHJrda furent: le grand bailli W. F. K. Christie, Tévêque J. Neumann; R. Keyser (ou Keiser, comme on orthographiait alors), C. A, Hoimboe et G, Lundh, professeurs à l'Univcr-
(1) NoUce sur le Muêie de Bergen dans Urda, 1. 1, p. 3-18.
(2) Urda^ et Norsk antiquarisk^Metorisk Tidsskrift, Bergen, In-ft, 1. 1, 1837, avec ih pi. lUliogr. ; t. II, iShi, a?ec 16 pi. liihogr. Il n'a paru du tome III que la première livraison (1847) avec une planche, bien que la seconde ait également été Imprimée.
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site de ChrisliaDia; A. Th. Brœmel elL. Sagen, professeurs au collège de Bergen; le colonel O. £. Holck, dont la collection particulière fut plus tard incorporée danscelledu musée de Bergen; les capitainesG.Munthe et A. Hesselberg; Tins ti tuteur P. Fylling, à qui Ton doit de bonnes Remarques historiques et archéologiques sur lepastorat de Borgund (Urda^ L III, p. 1-40); enfin le savant archéologue danois, J. J. A. Worsaae, Inutile d*analyser leurs articles, puisque nous citerons en temps et lieu ceux qui concernent notre sujet. En cessant de publier Urda, la Direction du musée de Bergen créa un nouvel organe^ériodique, sous le nom de Skirner (l'Eclaireur), messager du dieu Frey, mais cette feuille trimestrielle n'eut qu^une courte existence. (Bergen, 1847, 4 numéros, in*8,)
Un peu avant Tépoque où la Société d'Urda ou du musée de Bergen, comme onl^appelait indifieremment, perdait son organe de publicité, il se constituait à Christiania une autre société qui, à raison de son siège dans la capitale, semble avoir été prédestinée à centraliser les études d'archéologie norvégienne. Fondée le 16 décembre 1844 parle professeur R. Keyser, les peintres Frich et A. Tidemand , Tarchitecte Nebelong, et le secrétaire de l'université, Ghr. Holsl, elle prit le nom d'Association pour la conservation des anciens monuments norvégiens (Foreningen for norske Foriidsmindesmserkers Bevaring). Le nombre des artistes qui ont toujours fait partie de la direction, indique les tendances de celte Société; elle se propose, non^eulement de décrire les restes de Tanliquité, mais encore, ce qui n'est pas moins important, de les dessiner et d'en publier des plans, des vues ou des figures. A la fin de 1865, elle avait déjà réuni, 370 dessins, représentant
des égrises, Jes fonts baptismaux, des ruines de monastèreSy des ornements d'architecture, de irieux meuble's, des plans ^ des "vues et des intérieurs d'édifices ^ des pans de rochers ornés de figures, des boiseries sculptées, des pierres runiques, des inscriptions de cloches, des tertres, des pierres tombales, des ferrure» déportes, de» candélabres, des traîneaux, des tableaux^ des instruments, des armes» Plus de la moitié de ce» dessins ont été lithographies et publiés f les autres le seront successivement.
Outre ses Rapports annueh (1), qui renferment souvent de précieux mémoires sur les trouvailles ou sur des questions d'archéologie, la Société a publié une série de planches accompagnées de descriptions en lan> gue nationale, ainsi qu'en anglais, parfois en français v les Censtructians nêrvigiennes des temps passés (2) ; le» Menuments de fart en Norvège au moyen-âge (3), et un ouvrage fort important pour notre sujet : les Antiquités norvégiennes j catalogue descriptif des restes du passé plu& anciens que la ré formation classés par localités (4). Cet excellent répertoire archéologique, où M. Nicolayse» a consigné les résultats de ses propres travaux et de» recherches de ses devanciers, renferme la description
(i) jianbwininfiy lS&5-i853. Sfasc. iD-4; 1854-1SS8, 15 fase;^ in-» avec planchi^s.
(2) Aforske Bygninger fra Fertidin. 6 lifraisons in-û> 2A pi. avec texte. Christiania, 1860-1866.
(3) Mindssmœrker ikf âîidéeialder§M Kunn i JVargê. S livr. in»4 , S8^3-54 a^^ 10 planches..
(4) JVorike Fomlevninger, En Opl^itndt Fortegnêltewer IVorgês^ Fortidilevninger œldre' end Reformationen og kenfœrtê til hver $it Stêd. Christiaiiia^ 1863>1860, 850 pages ki-8. C'est une nouvelle édittoi», plus que quintuplée, de VArkœotogisk'historisk Fartegnelse over JVorgei Levninger af Kunst og hiaandvmrk fra Middetaldvren, ChrU^ Uania, 1856, 160 p,In-l2.
«les églises, des ruines anciennes, des tombeaux^ des fouilles qu'on y a faites et des objets qu'on y a trouvés, avec Tindication précise des mémoires et recueils où ils ont été décrits et dessinés. Il est à regretter que cet ouvrage ne soit pas accompagné de figures, car les. plan* cbes publiées par la Société concernent plutôt les monuments chrétiens que les antiquités payennes, pour lesquelles il faudrait un ouvrage dans le genre des NordisUe Oldsager de M. Worsaae. Espérons que la Société comblera un jour cette lacune et fournira aux archéologues étrangers le moyen de comparer les antiquités de leur pays avec celles de la Norvège. Pour le moment, il faut se contenter des figures disséminées dans les Annales archéologiques (1) ; les Bestes du passé (î), par J. G. Liljegrénet G. G. Brunius; les Collections pour les antiquaires du Nord (3) , par N. H. Sjœborg ; les publications de la Société des antiquaires du Nord (4), les Antiquités septentrionales AeM^ Worsaae et le Catalogue descriptif àe M. Y. Boye-, Vrda; les mémoires de la Société des sciences deThrondhjem;ceux delà Société scientifique de Christiania; VUlusirerêt Nyhedsblad (1851-1866), journal hebdomadaire rédigé avec talent par M. P. Botten-Hansen, le Skilling-Ma^ gazin^ etc.
(1) jiniiquarità9 Annaler^ udgivne V9d dêi K. Ommiui^n Ht Oldiagwi Ophevaring. Gopenhagae, 1S12-1S27, 4 yul. in-S.
(2) Fornhmningar, Lund, i-xii, in-8, 1810 et suiv., avec 100 pi.
(S) Samlingar fœr JVordêns forntfUkare, Stockholm, 1833, i834» 1830. 3 fol. in*a avec 180 pi.
(4) Nwrdisk Tidukrift for Oldkindighed. CopoDhague, 1833-1886. 3 vol. in-8 arec pi. ; — uintial$r for nordisk Oldkyndighêd^ 1830-1808, 7 fol. ln-8; — et surtout V Allas de l'arehêologié du dford représentant des eehantiUons.de Vdge de bronze et de Vdge de fer. Gopenbague» 1858, 23 pi. ln-4.
La Société pour la conservation des monuments norvégiens ne collectionne pas les objets recueillis par ses soins, maïs elle distribue aux musées respectifs ceux qui lui sont offerts; par cette répartition équitable, elle a pu étendre sur toute la Norvège le cercle de son activité et de son influence ; les archéologues des provinces, voyant qu'elle travaillait aussi bien dans leur intérêt que dans celui de la capitale, n'ont pas hésité à lui envoyer leur adhésion ; ceux du diocèse de Bergen même ont fini par s'y rallier complètement : ce diocèse ne fournissait d'abord que la vingt-quatrième partie des membres de la Société ; peu à peu cette proportion a augmenté du vingtième au quinzième, elle est actuellement au septième. La Société a invité les diverses provinces à fonder des succursales, mais jusqu'ici le diocèse de Throndhjem, qui lui fournit le quart de ses membres, a seul répondu à cet appel; depuis 1849, il a une succursale dont les membres jouissent des tnémes droits que ceux delà Société centrale, à laquelle revient la moitié de leur contingent.
Grâce aux dispositions que nous venons d'indiquer, la Société pour la conservation des monuments de lu Norvège s'est rapidement accrue; depuis la seconde année de son existence, elle compte environ huit cents membres, dont la cotisation annuelle s'élève à plus de 5,000 francs. Cette somme suffirait à couvrir les frais de publication ; mais, comme la Société préside aussi à la restauration des monuments et à d'autres entreprises qui exigent de fortes contributions, elle ne peut pas toujours faire face à ces grandes dépenses; elle use alors de son influence auprès du gouvernement ou des
(1) Forhanàlingeri Fidenskabs-Selskabet i Christiania^ i^S^-iS^B. il vol. io-8 avec pi.
municipalités pour obtenir deâ subventions dont elle dispose dans l'intérêt de Fart et de la science (1). De plus, en 1860, elle a obtenu la création du poste d'inspecteur des monuments norTcgiens, avec 3,000 fr. d'appointements ; son président, M. N» Nicolayseo, qui est devenu le premier titulaire de cette fonction, reçoit eu outre, depuis 1865, une subvention annuelle de 1800 fr. pour frais de voyages. Sa mission consiste à rechercher les restes de l'antiquité, à mettre les plus ré~ marquables sous la protection de la loi et à veiller à leur conservation; à se transporter dans les localités où l'on fait des trouvailles remarquables et à diriger les fouilles, à donner son avis sur la restauration des monuments, h parcourir le royaume et à mettre à la disposition de l'Etat les antiquités qu'il recueille, enfin à adresser au ministre des cultes un rapport annuel sur ses travaux (2). L'inspecteur a le droit d'exécuter des fouilles dans les domaines appartenant à l'Etat ou soumis à son administration; les autorités sont tenues de lui donner avis des fouilles et trouvailles qui se font dans leur district respeciit (Aarsberetning^ 1861, p. 34).—* D'un autre côté, les officiers du corps topographique doivent avertir leur chef des découvertes archéologiques qu'ils peuvent faire dans le cours de leurs opérations {Àarsberetning ^ 1859, p. 8). Les rapports du lieutenant E. Lund, qui se trouvent en manuscrit à la bibliothèque de la Société scientifique de Christiania, et celui du lieutenant Henriksen, ont été utilisés par M. Nicolaysen dans ses Norske Fornlevninger.
Les archéologues et les institutions que nous venons
(1) Voy. j4ar$beretning passim, mais surtout 1S59, p. 9. (3) Aanberetning^ 1856, p. il; 1857, p. 7-0; 1859, p. 3-4; 1800, p. 3-6; 1801, p. d«:ï; 1865, p. 33.
de MMBtioiÉMr, oat recueilli quantité d^oljels, décrit beaucoup de titm^ailles et dirigé quelques foinlles, tfop peu malheareuiemept^ aussi plusieurs questioBB d*ardiéologie uorrégie&oe restent-elles ohscum, et BOUS ne pouvons les discuter que sur les indicatiocis ▼af^es et incomplètes de personnes étrangères à la science. Des savants n'ont pourtant pas liésilé à sjsté- ■satiser les faits connus, ce sont : MM. J. J» A Worsaae, dont le discours sur les ÂmtiqmUèi mmrépemmis a para dans lesiklei eu 9efiiime mmgrê$ ée$ noluralttfcs àCkmÊkmia (t)-, M. Nicolaysen, qui a poun ra^de coup d'ceil sur les ÂmtifmUê de la Nmrwif€{f) ; le recteur de Técole municipale d^Aalesnnd» M. Henrichsen, qui a publié quelques remarques sur Tàge de pierre et sur Tige de bronxe en Norrége (3); enfin M» G. Hrimboe, qui a donné sur des sujets d'ardiéologie nationale une série d'études comparatives dans les Âeies de la SociM 9€ientifque de ChtiS'êkanku Sa connaissance approfondie des langues et des cboses de TAsie» lai a fait trouver de curieux rapprocbements entre les institutions, les mœurs, les antiquités de TAsie et celles des pays Scandinaves.
Nous conmaisscms maintenant les musées qui renferment les antiquités de la Norvège, les Sociétés qui les étudient» les savants qui les ont classées, les livres
(1) If9r§ta OUtm§er dus F^rkmmâKnper vêi 4a SkamdinminâàB IfmimtfmrtHrm 9 9 9 Êmé ê Mméê i CfcKffteate, 4e» la-IS J«li 18SB. Cbrlflimia, 18S7« ia-8, p. ItS-lSt.
(4 J¥èr§n FarUdâlêvnimftr ûua Lœêêhù§ for FolktAotm «f FbI- M/iiwf (dt P. A. lenm), Chrigtivda, 186S, ifli-4, parL m , p. S87> 9SS. Les pmes 29S-2Si sont tes seidet qai c oa c e iii ei it aotre sajeL
M J¥o§U £t m mrknim§Ê t mi Sitmttâwm i Nor^e^ Befim, 1S6S» m p. te«6; ' /V«fle Bammrkmmfer om Bnm/otaMtrmk I Jl^9r§e, Berges, 18S7. IS p. iQ-S.
oà cUes Éont décrites; il doos resle iî douer u faiUaOTi aiiHi dair et «un complet fsc potsiUe des résnltits aognis. C^est ce que Bons allons e»ayer« ea boob efforçant de (xnabiaer les données de TardMologie airec les traditions kistoriqn^ qm noas ont été conservées snr la lï^orrége et ses anciens haibitants. Kotre idéal fait d'expliquer ca traditions, de çnmper aatonr d*eUcs les faits qui les cor r ob o rent, en on nMit de les nsettre d'accord a^ec les déooQTertes de la science contemp!H> raine. lITos ikéories etlmograpliiqnes qui parattmnt neuves en beancoap de points, sont ponrtant basées pour la plupart sur les indications des anciens; cHes nous ont été suggérées par Tétnde soit des antenrs classiques, soit des Eiddas et des sagas, quand elles ne sont pas expliotcjucji t contenues dans ces aomces. Ainsi, les traits constitutifs de notre système ardiéologique nous ont été fournis, «non dans lenrcnBenliie, du moins en partie, par les écnTains de Fantiquité et du moyen-ige; les preuves et les commentaires, par les arcbéologues, les bistoriens et les linguistes des xviu* et xn? sièd^. Nons aurons soin d^indiqner avec précttîon ce qoe nous devons à tel ou tel, et, .qxés cet indispei^able préambule, nons entrons en matière pmr le commencement, c^est-à-dire par FAge de pierre.