‹ Les antiquités primitives de la Norvège, âge de pierre et âge de bronzeChapitre 5 sur 5 · IL — TAO: DE BEOKZE · texte numérisé non relu

IL — TAO: DE BEOKZE

La i^itvelle xaœ qui Tint s^éiablir à côlé, ai ce Ji^est milieu d^ Manufi, apparLenait â la brandie oôentale des Geiles, qui, au hou de suivre les Gauloôs dans leor migraliou -vcsts l^Occident, élail restée sur les irves du Panl-£uKiu. La fiimille des Celles onentanx fie divisait en plusieuis natinma : l^s Gisanénens, les fjiètes on Yénèies de Paphlagonie, 1^ Sâr^ les Saslames ou PeuciDe&, les Sidau&, les Ombraus, les AljBimeB et les Gothines^ La nationalité celtique des Bislames et des Gothines est expressément attestée par des écriraiDS anciens ; celle d^ Sidons, des Ojubrons et d^ Atmones a été démontrée p^r Sckafacik dans aes Aati» qmUéB àkmoes (1). Les Scârcs primitifs, que nous trouvous toujours en compa^ie d^ peuples ariginairanent oeitiqnes et qui notamment prirent part avec les Ga-

{1) SlmmÙÊokm jgUBrtkummr, deittKli tod Botis ▼on Afllinenféld, h»iMiHiiUilaiii veo H. l^atthe, Letpxig, IfilS-ZiA* 2 vol. in-S, 1. 1, p. 37A> MU.

lates au siège d'Olbia (1) , étaient vraisemblablement de même race* D'autre part, il y a les meilleures raisons de croire que les Cimmériens étaient également des Celtes, car Posidonius, Strabon {Géog», VIT, 2); Dtodore de Sicile {BibL, Y, 32); Plutarque {MariuSt 12) ; Poljen (XIII, 10) et Etienne de Byzance admettent Tidentité des Cimmériens avec les Gimbres (2). Or ceux-ci sont appelés CeUes par Appien (Bell, cît?., 1,29; II, 2; /Wyr., 4); Celto-Scythes^ par Plutarque {MariuSf 11); Galates^ par Diodore de Sicile {Bibh^ V,32), enGn Gaulois^ par Cicéroa (Deorat.y II, 66; De prov. eonsuL , 13) , par Salluste(Ju(;r. 114), par Orose qui abrégeait Tite-Live (V, 16), par Sextus Rufus(ch. 6)» par Eutrope (V, 6) et par d'autres écrivains (3). Selon quelques auteurs reproduits par Plutarque, « une partie des Cimmériens, qui fut la plus anciennement connue des Grecs, partie peu considérable du tout, contrainte par les Scythes à fuir ou à se battre, passa de la Mssotide en Asie, sous la conduite de Lygdamis» Mais la partie la plus nombreuse et la plus belliqueuse des Cimmériens habitait, aux extrémités de la terre, près de la mer extérieure, un pays ombragé et boisé,

(1) Boeckh, Corpu$ interiptionum grœearum, n*" 2058, t. H, fasc. I, p. 117-125.

(2; « Les plus sauvages des Galates, dit Diodore de Sicile, sont ceux qui demeurent vers le nord et dans le voisinage de la Scytbie, et aussi ceux des Bretons qui habitent Tirin (Irlande). Leur réputation de bravoure et de cruauté est fort répandue, et par suite, quelques personnes les preanent pour les Cimmériens, qui ravagèrent autrefois toute l'Asie Mineure et qui s'appellent maintenant Gimbres, d'un nom qui s'est altéré dans le cours des temps. » (Bibl. histor. V, 32.)

(3) Voy. K. Zeuss, Dit DeuUehen und die JVaehbarst&mme. Munich, 1837, in-8^ p« 141-145 et 151 ; — Fred.Schlern, De originibus et migra-, iionibu» Ctindrorum. Copenhague, 18&2, in-8, p. 31-32 ; — Am. Thierry, Hi$t. des Gaulois, introd. part. J, sect. 11,3.

complètement privé de soleil, à cause â.e la profondeur et de répaisseur des forêts qui s'étendent jusqu'en deçà des monts Hercyniens*...* C'est de là que partirent pour ritalie ces barbares que Ton appela, non sans raison, d'abord Gimmériens, ensuite Gimbres n (Jlfa* rîii5, 11-12). En méditant ce passage, on voit que les écrivains en question regardaient la famille cimmérienne comme établie non loin des monts Hercyniens (Carpatbes et montagnes de la Bobéme), depuis la mer Noire jusqu'à la Baltique. Cette opinion est précisément celle que nous allons développer. Plutarque la croyait fondée plutôt sur des conjectures que sur des preuves historiques, mais on verra qu'il ne manque pas de faits positifs à l'appui de cette thèse.

Quant aux Énètes de la Paphlagonie, nous avons déjà essayé de démontrer qu'ils étaient frères des Cimmériens (!)• Leur pays, situé vis-à-vis delà Chersonèse cimmérienne, n'en était éloigné que de 25 myriamètres, et il avait bien pu recevoir une colonie celtique à travers le Pont-Euxin qui se rétrécit sensiblement à cet endroit; ou peut-être les Enètes étaient-ils issus des .Cimmériens qui, selon Strabon {Giogr^^ I, 2; UT, 2) avaient envahi l'Asie Mineure avant Homère ou de son temps. Et, en efiet, il est à remarquer que les Cimmériens fuyant devant les Scythes, au vu* siècle, allèrent s'établir au milieu des Énètes, notamment dans la Péninsule où s'élève la ville de Sinope. Cet indice ne serait toutefois guère concluant s'il n'était appuyé sur des arguments historiques et philologiques que nous allons exposer : quelques anciens a'ffirmaient

(l) Yoy. Quelques vues nouvelles sur les origines de la nationaliii française : les Kimris et les Nordmannsy dans la Revue Contemporainef2* série, t. Û9, 15 sept. 1868, p. 134«18S.

qu'un peuple voisin de la Cappadoce avait suivi les Cimmériens dans leur migration» Il s'agissait vraisemblablement des Énètes, et Strabon l'entendait bien ainsi, puisque c'est en parlant d'eux qu'il rapporte cette tradition dont il ne se fait pourtant pas garant {Géogr.f XII, 3). Il constate que, de son temps, il ne restait plus d'Enètes en Papblagonie, et il explique ce fait par des migrations. Qu'étaient devenus ces Enètes? Où s'étaient-ils établis? Vraisemblablement dans les pays où Ton trouve des peuples de même nom, c'est' à-dire sur le versant septentrional des Alpes, en Vindélicie (1), sur les rives de la Piave et de la Brenta (2), sur celles du Niémen et de la Windau (3) , dans lecanton de Vendil, au nord du Liimfiord (Jutland) (4), dans le Vends*berred, en Fionie (5), dans le Yingulmark en Norvège (6),surlesbords^delaYilaineenArmorique (7),

(1) ManiMn (Germ., p. 126} croit que les Vlndélidein étaient les Yenclés du Licus ou Lech ; une de leurs tribus portait en effet le nom de f^en* nons (Strabon, IV, 6).

(2) Vénktes (chez Tite-Llve, Pomponius-M ela , Vellelus-PateYCuIus, Pline, Quinte-Gurce); EnèUi (chez Hérodote^ Scylax et Paal-Diacre; , Mé^étêt (chez Strabon); Ouénét^x (chez Polybe et Procope).

(3) rénèdes (Pline), rénètes (Tacite), Ouénides (Ptolémée), Fenades (Table peutlngerienne), p^inides (Jôrhandes).

(A) /jp^en(l»7a (chez rbistorlen Saxo grammaticus), ff^tndlè, Vœnne^ Stftsel (en vieux danois), aujourd'hui p^end-Syssel,

(5) En vieux danois fflendœ-ileth-hœreth (mot à mot : canton de la plaine des Vendes ).

(6) Viniles (chei VauV-Biditre), F«nov»to<A (chesJornandes}.

(7) J^énétes {ch&t César et.Pline), Ouénètes (ciiez Strabon, Ptolémée, Dio-Cassius). Vannes, leur cité, s'appelle en breton Wepei ou Gwenet\ Belle-Isle, située en face de la côte quMIs occupaient^ portait autrefois le nom de Vindilis (Ile des Vindiles); enfin le nom de f^indàna portus (Douarnenez)^ qui était le principal port de leurs voisins, les Ostimiens ou Osismes^ indique que ceux-ci étaient de la famille des Vénètes, comme leurs homonymes de la Baltique, les Ostes ou iOstyens, Tétaient. de celle des Vénides^ et les Estions de celle des Vindéli'ciens.

enfin dans la partie septentrionale du paysde Galles (1). Les habitants de ces contrées portaient tous un nom qui, sous des formes variées, rappelait celui des aborigènes de la Paphlagonie (2).

-Ce qui donne plus de poids à notre hypothèse, c'est que plusieurs de ces peuples étaient certainement des Celtes et que les autres habitaient dans le voisinage de tribus celtiques* Les Yénètes deTArmorique étaient des Celtes de famille belge (Strabon, IV ,- 4), c'est-àdire, selon quelques ethnographes, des Kimris ou descendants des Cimmériens \ les Vénèles du pays de Gallessontaussideméme race, puisqu'ils parlentencore un idiome celtique et s'appellent Cymrys ; les Yénèdes de la Baltique devaient l'être également, puisqu'un de leurs rameaux, les ^styens, parlèrent, jusqu'au temps de Tacite, un dialecte de la langue britanni*que (Tacite, Germ.^ 45), c'est-à-dire du cymryque. A la vérité, aucun des écrivains anciens n'a dit en propres termes que les iEstyens fussent des Vénèdes, mais, comme ils habitaient sur le littoral du Golfe Ouéné* dique, et que d'après Ptolémée les Ouénèdes étaient établis le long de tout ce golfe (III, 5), ce géographe parait comprendre les ^styens parmi les Vénèdes, et il doit en être ainsi, puisqu'il ne les mentionne pas spécialement dans sa nomenclature. Autre indice que ces deux peuples voisins étaient de même race, c'est que l'idiome de Tun et le nom de l'autre étaient celtiques (3).

(1) Provineia Guenet (cbes Nennius), F'enedotia (chez Glraldtis Cambrensls)^ Gu>tfnex en langue galloise eu cymryque.

(2) Enètes (chez Homère et Strabon)^ Hénètes (chez Tite-Llfe et Plioe l'ancien), Yénètes (chez Pomponius-Mela).

(3) il est yrai que plus tard le nom des Yénèdes (Yénètes dans quelques

Les Vénètes de 1* Adriatique devaient être également des Celtes, puisque parmi les anciens, les uns les croyaientissus des Vénètes de TArmorique (Strabon, Y,

I ) ; d'autres les rattachaient à la colonie d'An ténor, (Stra* bon, V, t ; XII, 3). En se plaçant à notre point de Tue, ces deux opinions si différentes se concilient sans peine, puisque nous classons dans la même race les Vénètes de TArmorique et ceux de la Paphlagonie. D'autre part, on lit dans Polybe (II, 17) que ceux de F Adriatique différaient peu des Gaulois quant aux mœurs et au costume-, cet historien ajoute à la vérité qu'ils parlaient une autre langue, soit que leur idiome primitif fut altéré, soit qu'il s'agisse simplement d'une différence de dialecte, comme celle qui existait entre les Belges et le reste des Gaulois. — Le voisinage et la ressemblance des noms donnent à penser que les Vindeliciens, échelonnés sur le versant des Alpes opposé à celui qu'occupaient les Vénètes, devaient être des

. Celtes, comme ces derniers, bien que les anciens ne le disent pas en propres termes ; maïs Zosime parait l'indiquer (1,52) . Les noms de lieux de la Vindélicie s'expliquent par le celtique, aussi Zeuss admet-il que les habitants de ce pays étaient des Celtes {DieDeulschen^ p. 229) »

II est à remarquer qu'une -de leur tribus portait le nom d'Estions (Strabon, IV, 6) , nom congénère de celui des ^styens ou Estons (Vénèdes dé la Baltique)

manuscrits de Tacite) fut donné & la population germanique des pays colonisés par eux ^ ensuite à des Slaves (les Vindes et les Estes, nom générique des Porusses, des Lithuaniens, des Gourlandais et des Lettons); finalement le nom d'Eslboniens a subi un dernier changement de signification et s'applique actuellement k des Finnois* Ces variations bien constatées, qui ont eu lieu dans les temps historiques, rendent plus Traisemblable celle que nous supposons avoir eu lieu dans les temps antéhistoriques.

et de celui des Ostimiens, qui étaient voisins des Vé-* nètes de TArmorique (Strabon, IV, 4).

Après avoir établi la parenté des Gimmériens.et des Enètes, exposons les migrations de ces peuples frères : lesScytbes, tribus nomades de T Asie, ayant été expulsés de leur pays par les Massagètes ou les Issédons,^nvabirent les contrées situées sur les côtes septentrionales du Pont-Euxin, entre le Tanaïs (Don) et le Tyras (Dniester), contrées alors occupées par les Cimmériens. Ceux-ci, ne pouvant se mettre d'accord sur le parti àprendre, se divisèrent en deux factions : celle du peuple qui voulait émigrer, et celle des rois, qui étaient d'avis de résister; mais, comme les rois ne purent se faire obéir de leurs sujets, ils se partagèrent en deux troupes d'égale force, qui se massacrèrent mutuellement sur les rives du Tyras, où l'on voyait encore leur tombeau au temps d'Hérodote (IV, 11-13). Le peuple, n^étant plus contrarié dans ses projets de migration, gagna les régions caucasiennes, d'où il passa en Asie mineure. Cet événement eut lieu sous le règne d'Ardys (678-629),' bisaïeul du fameux Crésus, roi de Lydie, et sous celui de Cyaxare, roi de Médie (633- 593 avant J. G.). Ces deux règnes ne coïocident que pour les années 633-629 ; c'est donc alors que les Cimmériens pénétrèrent en Asie mineure (Hérodote, I, 15, 16, 103). •

Us s'établirent près de Sinope âansla Papblagonie; de là ils ravagèrent la Phrygie, la Lydie, la Cilicie et rionie, où ils prirent la ville de Sardes, sauf la citadelle. Halyatte, petit-fils d'Ardys, finit par les expulser, mais il est difficile de préciser la date de l'événement, car le règne du vainqueur dura plus d'un demi-siècle (617-560). Les Cimmériens durent quitter

encore une fois la nouvelle patrie qu'ils s'étaient faite. D'après l'ancienne opinion, que nous avons rapportée d'après Strabon (XII, 3), ils furent suivis dans leur migration par un peuple voisin de la Cappadoce, et nous avons essayé de démontrer qu'il s'agissait vrai*semblablement des Enètes, aborigènes de la Papblago-* nie, qui n'était séparée de la petite Gappadoce ou royaume de Pont que par le fleuve Halys. Si l'on admet avec les autorités citées par Strabon, qu'ils avaient émigré avec les Cimmériens, on trouvera tout simple qu'il n'en fut pas resté sur les rives de la mer Noire. Le même géograpbe constate aussi la disparition d'un autre peuple de la PapbLigonie, établi à l'ouest des Enètes : les Caucons qui s'étaient illustrés à la guerre de Troie. Dans l'édition de l'Iliade que Callistbène fît pour Alexandre le Grand, les Caucons étaient énumérés après les Enètes, mais les éditions postérieures ont supprimé le nom de ce peuple, parce qu'elles le jugeaient suffisamment désigné par celui de Papblagonien (Strabon, XII, 3). Pour nous, leur absence s'explique fort bien : de même que les Cimmériens et les Enètes, leurs frères, ils étaient allés s'établir dans les bassins de la Baltique et de la mer du Nord, où nous les retrouvons tous les trois sous les noms de Vénèdesou Vindiles, dé Cimbres et de Cauques ou Hugons. Les deux derniers sont même classés dans une seule famille, celles des Ingaevons (Pline, HisL nat.^ IV, 14). Ce fait incontestable donne la confirmation de nos théories sur la parenté des Caucons avec les Cimmé* riens et les Vénèdes.

En quittant l'Asie mineure, les Cimmériens ne pouvaient retourner dans leui* pays occupé désormais par les Scythes; de même que les Trères, l'une de leurs

tribus, ils durent passer en Thrace; mais, au lieu de s'y arrêter comme ceux-ci, ils continuèrent leur route vers le Nord, en longeant la chaîne des Garpathes, où vivaient plusieurs peuples de leur race : les Bastarnes ou Peucines, les Scires, les Sidons, les Ombrons et les Gothines, qui, avant d'être germanisés, furent classés dans 1 a race celtique j usqu'au premier ou au second siècle de notre ère. G' est eux sans doute qui formaient la portion la plus considérable des Gimmériens dont parle Plutarque {M^rius, 11). Les Celtes orientaux ne se confinèrent pas dans les forêts et les montagnes qui leur avaient servi de refuge ; soit qu'ils aient émigré en corps et dans une seule fois, soit plutôt qu'ils aient émigré par bandes et à de longs intervalles, ils occupèrent au Nord plus de territoires qu'ils n'en avaient perdu au Sud ; plusieurs siècles avant notre ère, nous les trouvons répandus dans tous les pavs baignés par la Baltique, la mer du Nord et la Manche. Les anciens le savaient parfaitement, comme l'atteste ce passage de Diodore de Sicile : « On appelle Gel tes, dit-il, ceux qui occupent Tintérieur du pays situé au delà de Marseille et ceux qui habitent près des Alpes et en deçà des Pyrénées. Au delà des parties de cette Gel tique qui sont tournées vers le Sud, les peuples établis près de l'Océan et des monts Hercyniens et tous ceux qui les suivent jusqu'à la Scythie sont nommés Gala tes » (^BibL hist.j\y 32). Plutarque reproduit sans les nommerdes auteurs qui constatent le même fait : « D'autres alarment, dit-^l, que la Geltique, parlaprofondeuret la grandeur de son territoire, s'étend depuis la mer extérieure et les climats septentrionaux tournés vers le soleil levant jusqu'à laMasotide, et touche à laScythie pontique» (illarittS, 11). En d'autres termes, le pays des Gel tes

se prolongeait le long de la Baltique jusqu'à la Russie. Ces témoignages sont clairs et précis ; la plupart des ethnographes ne les ont pourtant pas compris ou n'en ont pas tenu compte, parce qu'ils ne savaient comment les mettre d'accord avec des idées préconçues et des systèmes erronés. Ce que nous allons dire montrera qu'il faut prendre à la lettre les assertions de Diodore de Sicile, de Tacite et dé Plutarque, relativement à la présence de peuples celtiques sur le littoral de la Baltique.

Les tribus celtiques, venues de l'Orient, avaient si bien conscience de leurs affinités réciproques, que chacune, au lieu de s'isoler, se fractionna et se mêla avec les autres; ainsi les Enètes se divisèrent en sept ou huit branches; la première resta, avec une partie des Gothines, dans le bassin de l'Oder, où son nom s'est perpétué, mais pour s'appliquer à des peuples de race différente, d'abord aux Yénèdes germanisés que Tacite nomme à côté des Peucines et des Fennes {Germ.^ 45), ensuite aux Slaves de la Luzace que les Allemands appellent Wîndes; — la seconde alla s'établir au nord desVénètes de l'Adriatique, dans le pays qui fui depuis appelé Vindélicie; son nom est resté à des Slaves; les Winides ou Vénètes du moyen âge et les Windes ou Slovènes des temps modernes ; — la troisième branche des Enètes s'établit, avec des Scires (Pline, IV, 13) et des Guthons (Ptolémée, III, 5), sur les rives méridionales de la Baltique, dont une partie se nommait golfe Ouénédique (Ptolémée, III, 5); — la quatrième branche se fixa avec des Ctmmériens et des Gothines dans le Reidgotaland ou Juiland, dont elle occupa la partie septentrionale, le canton de Vendil , situé au nord du Liimiiord.Un de ses détachements traversa le petit Bel t

et s^établit en la Fionie, dans le Vends-herred (canton des Vendes); un autre franchit le Skagerrak et débarqua dans la Norvège méridionale, où il y a, sur les bords du Glommen, un canton de Yingulmark (ou marche des Vindiles). <— Ces Yiniles (Paul Diacre) ou Vinoviloth (Jornandes) . formaient la cinquième branche des Enètes ; ils avaient pour voisins à Touest des Scires et au sud-est des Gautes. — La sixième branche s'établit dans l'Armorique; — enfin la septième passa avec des Cymrys dans Tile de Bretagne.

Comme les Enètes étaient presque toujours accompagnés d'autres peuples celtiques que nous avons cités, la plupart des établissement fondés par ces derniers nous sont déjà connus ; il est bon pourtant de reprendre» par ordre systématique, les migrations des Cimaiériens, des Caucons, des Gothines, des Ombrons, des Sidons et des Scires* C'est le moyen de jeter plus de clarté sur ces matières qui jusqu'ici sont restées fort obscures, parce qu'on ne les avait pas encore envisagées à notre point de vue.

Une partie des Gothines restèrent au berceau de leur race. Tacite {Germ,^ 43) les nomme parmi les peuples qui vivaient principalement dans les forêts et les montagnes des régions situées de l'autre côté des Marco* mans et des Quades, c'est-à-dire au nord-est de la Bohême et de la Moravie. En plaçant cette tribu celtique entre les Bures, riverains de l'Oder, et les Oses, peuple delà Pannonie, il nous indique qu'il faut chercher sa demeure dansles montagnes de la haute Silésie; celles-ci renferment en effet des mines de fer et nous savons qu'elles étaient exploitées par les Gothines; aussi Tacite regardait-il comme d'autant plus honteux le tribut que les Sarmates et les Quades avaient imposé

^56 — aux Golhines, comme à un peuple de race étrangère. ^ LesGothines enTojèrent des colonies dans six contrées différentes : en premier lieu, sur les ri^es de la Vistule, où nous les trouTons, en amont des Vénèdes, sous le nom de Gutbons, selon Ptolémée (III, 5), et au delà des Lygiens (Lechs ou Polonais), sous le nom de Gothoas, selon Tacite {Gtrm.^ 43); ils donnèrent leur nom au Ont talus, qui était soit un des fleuTcs de la Prusse orientale (Zeuss, p. 16), soit Tune des embouchures de la Vistule (Schafarik, I, p. 496) • Ils devaient originairement s'étendre jusqu^au Friscbe Haff ou au CuriscbeHaff, car Pjtbéas de Marseille plaçait les Guttons près d'un estuaire de l'Océan, nommé Mentonomon (Pline, XXXVII, 2). — Une autre colonie des Gotbines s'établit sur les côtes orientales de la Baltique que les Sagas scandinayes appellent Jolland ou Go^ land ; — une troisième dans la péninsule nordalbingienne, que les anciens appelaient Reidgotaland, aujourd'hui le Jutland; — une quatrième dan^ Tarcbipel des Belts que TEldda prosaïque nomme Ejgotaland (Gotîe insulaire) ; — - une cinquième dans la péninsule Scandinave, où Ptolémée place les Goûtas; Procope, les Gautes ; Jornandes, les Gautîgolh ; Adam de Brème, les Gotbes; elle a laissé son nom aux deux Gœthlands ; — enfin la sixième s'établit dans l'île de Gottland.

Les Cimmériens ne laissèrent pas de traces dans les régions carpatbiennes ; ils paraissent avoir tous continué leur migration vers l'Occident. Ils fondèrent des établissements : 1* dans la Nordalbingie, qui a longtemps porté le nom de péninsule cimbrique ; — 2* dans les contrées situées entre TElbe et le Rbin où Strabon place les Cimbres à côté des Sougambres ; — 3* dans rtie de Bretagne, où leur nom et leur langue se per-

pétuent dans le pays de Galles. Plusieurs ethnographes affirment aussi que les anciens Belges étaient d'origine cimbrique. Nous examinerons cette question dans un prochain article. — Les Gaucons qui s'étaient joints aux Gimmériens, s'établirent à l'ouest de la Nordalbingie y sur le littoral de la mer du Nord; ce sont les Gauches ou Ghauces des écrivains classiques , les Hugs des Anglo-Saxons, les Hugons des chroniques latines du moyen â^e et,, comme nous l'avons prouvé dans V Histoire légendaire des Francs et des Burgondes (p. 482-4), les Huns des Eddas et des Sagas.

Les Ombrons habitaient probablement dans la chaîne des Beskides, au-dessus des Avarènes que Ptolémée place aux sources de la Vistule» Gomme ils étaient entourés de plusieurs peuples celtiques : Jes Bastarnes, les Sidons, les Atmones et les Gothines» et que de plus ils étaient homonymes des Ombres eu Gaulois cisalpins, Schafarik a émis l'opinion fort vraisemblable qu'ils étaient aussi de race celtique {Slawische Alterthûmer , 1, 389-391) . Une partie d'entre eux riestèrent dans leur pays, les autres allèrent s'établir dans la péninsule cimbrique, où leur nom s'est perpétué dans celui de l'île d'Amrum.

Les Sidons qui passaient pour «une subdivision des Bastarnes ou Peucines (Strabon, VII; Ptolémée, II, 10), dont ils étaient voisins, restèrent près d'eux dans la Gallicie, mais une partie d'entre eux émigrèrent aussi avec les Gothines, au nord desquels ils s'établirent dans la Suède propre (Tacite, Germ,^ 45). — Enfin les Scires, tout en restant dans le bassin du Dniester, d'où ils firent avec d'autres Galates une expédition contre la ville d'Olbia, envoyèrent deux.coiQnies qui s'établirent à côté des Vénèdes, l'une sûr

le littoral de la Baltique, à Test de la Vistule (Pline, IVp 27) ; l'autre en Norvège, sur les rives du Laugen ; leur chef-lieu, situé à Teinbouchure de ce fleuve, se nofumait au ix* siècle, Skiringssal ou Skirissal (Munch, JSTûIm part» 1, 1. 1, p. 84).

Maintenant que nous avons esquissé à grands traits les migrations des Celtes orientaux, nous pouvons laisser de côté ceux d'entre eux qui n'ont pas envoyé de colonies en Norvège, et nous occuper exclusivement des Yénèdes et des Scires, qui ont porté de Tautre côté du Skagerrak la connaissance de l'or et du .bronze. Bien que ces deux peuples vinssent de FOrient où le fer était connu depuis le temps d'Homère, ils ne l'introduisirent pas dans leur nouvelle patrie, soit que ce métal fût encore extrêmement rare, soit plutôt qu'on lui préférât l'alliage du cuivre *et de l'étain. Le bronze était, en effet, beaucoup plus beau, moins sujet à s'oxyder, plus facile à travailler pour des peuples qui s'entendaient mieux à fondre et à mouler qu'à forger, préférable même pour la dureté au fer que l'on ne savait pas encore tremper. Quoi qu'il en soit, il est certain que, postérieurement à la migration des Gimmèriens, les Scytbes, qui les avaient remplacés, continuèrent à employer le bronze pour la fabrication des armes. C'est Hérodote qui nous apprend ce curieux détail. II y avait, dit-il, h Exampée, entre le Borysthène (Dnieper) et l'Hypanis (Bug), c'est-à-dire précisément dans l'ancien pays des Cimmériens, une énorme chaudière de bronze qui avait six doigts d'épaisseur et contenait facilement 600 amphores; or les habitants de la contrée affirmaient qu'elle avait été faite de pointes de flèches, sous le règne d'Ariante (Hérodote, IV, 81). Les flèches des Scythes avaient donc une pointe de bronze. Il en était

— sodé même chez les Massagètes qui habitaient à llest de la mer Caspienne, non loin des Scythes, et qui passaient pour être de leur race (Hérod., I, 201, 204). Ils ne connaissaient d'autre métal que Tor et Tairain ; ils employaient le premier pour les casques, les ceinturons» les brides, les mors, les harnais^ le second, pour les haches, les javelots, les flèches et les cuirasses. L'argent et le fer manquaient dans leur pays (Hérod*, I, 215). L'absence de ces deux métaux est précisément ce qui caractérise l'âge de bronze dans les pays Scandinaves.

Les Celtes de Norvège paraissent n'avoir formé qu'une population relativement peu nombreuse, puisque leurs traces sont beaucoup plus rares que celles des aborigènes et des peuples de l'âge de fer. S'ils se sont répandus dans toutes les contrées déjà occupées par les JVfanns,ils ne sont pas allés au delà, et le Namsen forme la limite septentrionale des territoires oùron trouve des armes debronze ; il n'y en a pas dans le pays des Lapons. L'influence des Celtes sur lesManns n'a d'ailleurs pas été bien profonde, comme l'attestent les idiomes, même les plus anciens de la Scandinavie, où l'élément germanique prédomine sur l'élément celtique, et n*a laissé à celui-ci qu'une place assez restreinte, et seulement dans le vocabulaire. Les fils des aborigènes ont adopté sans doute avec empressement les précieux métaux importés par les nouveaux venus; mais ilsont continué à fabriquer au moyen d'instruments de bronze des armes de pierre, souvent gracieuses et finement travaillées, qui servaient d'insignes à leurs chefs; ces armes étaient trop belles et trop fragiles pour qu'on pût les employer aux usages ordinaires; elles ne pouvaient servir que pour la parade. Nous attribuons à l'âge de bronze toutes les

haches et les marteaux de pierre, qui sont percés d'un trou pour l'emmanchement. On en a trouvé vingtquatre en Norvège, mais seulement dans la partie méridionale (1) ; on n'en connaît pas qui proviennent des contrées situées au nord du 61* de latitude, si ce n'est un marteau exhuméàAlten,enFinmark(Nicol.,p.703). Un tombeau fouillé près d'Agvaldsnes (amt de Stavanger) , renfermait un ciseau de grès, un bouton double de bronze, quelques ossements calcinés et de l'or en feuille (NicoK, p. 347). Dans un autre tombeau à Opedal, prèsd'UUinsyang (amt de Sœndre-Bergenhus), on a découvert un marteau de granit, dont le trou évidemment percé avec un cylindre de métal était commencé, mais non achevé. Il y avait de plus un autre marteau de pierre, une hache de basalte et un petit cheval de laiton (2), haut de 0",05, et long de 0"»,06, marqué de quatorze points entourés d'un petit cercle,ce qui a fait penser à M. G. A. Hoimboe que c'était un poids. Les rapports sur cette trouvaille sont un peu confus, et il n'est pas certain que le cheval ait été trouvé avec des instruments de pierre, mais le trou dont le marteau de granit est percé suffit à prouver que son possesseur vivait dans l'âge de bronze.

Les fils des aborigènes conservèrent, au moins pendant quelques générations, les rites funéraires de leurs ancêtres. A la vérité, nous connaissons mal les rites

(1) Savoir dans les amt de: Smaalenene, neuf (Nicolaysen, IVonke Fornlevninger, p. 715, 716, 710, 721, 838); Akershus, trois (Nie. 721, 735, 738) ; Hedemarken, quatre (Nie. 7A2-7Aâ, Ihl); Kristian, un (Nie. 111); Buskerud, trois (Nie. 761-703]; Jarlsberg-Laur?lk, deux (Nie. 766, 770); Bratsberg, un (Nie. 200); Lister-Mandal, deux (Nie. 276^ 783); Stavinger, un (Nie. 700); Sœodre-Bergenlius^ deux (Nie. 375, 377).

(2) Urday I, p. 101-2; Nicol. p. 375; Hoimboe, Om IVorske FcBgt' lodder fra XIF^* uéarhundrede* Christiania, 1863, in-4«.

usités en Norvège pendant Fâge de pierre « mais nous pouvons induire qu^ils étaient identiques à ceux du Danemark, puisque la civilisation était la même dans les deux pays. Or les Manns du Danemark inhumaient les cadavres dans de grands caveaux, formés de gros blocs de pierre et couverts de dalles. Nous trouvons de semblables tombeaux en Norvège, surtout pour les âges de bronze et de fer, et nous pensons qu^ils renferment les restes de ceux des Manns qui avaient conservé leurs rites nationaux. Yoici la description des sépultures que nous attiibuons aux descendants des aborigènes; nous commençons par celles que caractérisent tout à la fois les rites (inhumation) et la structure (caveaux spacieux). Sur le plateau de Blodhei, à 2 ou 3000 pas au nord-ouest d^Agvaldsnes, dans l'Ile de Karmœ (amt de Stavanger), s'élève un tertre appelé Guttormshœî, qui a environ 100 mètres de circonférence à la base et 5 mètres de hauteur. Il paraissait être encore intact, lorsqu'il fut fouillé, en 1831, par les soins de quatre étudiants. Une tranchée de 1"*.30, ouverte au niveau du sol, traversa d'abord une couche de terreau épaisse de 1*.50 à 2 mètres, puis un amas de pierres grosses et petites qui formaient la masse intérieure du tumulus, et aboutit sur le flanc oriental (c'est-à-dire à l'opposé du côté par où l'on avait commencé) à un caveau formé de larges dalles, qui mesurait en dedans 3 mètres de longueur, 0".70 de largeur et 0"*.62 de hauteur. Il était à 2*.30 au-dessous du sommet du tertre. Après avoir enlevé la terre, les pierres et une double couche de larges dalles qui le couvraient, on trouira à Tintérieur, sous une couche également double d'écorces de bouleaux, un squelette d'homme de grandeur ordinaire. Le linceul se composait d'une étoffe de laine analogue

à celle du Haraldskjaer (1) et de peaux dont il restait encore des poils \ mais le tout, eadommagé par le temps et roDgé par les insectes qui remplissaient le caveau» tomba en poussière au premier contact. Sur la poitrine du cadavre, gisaient une épée de bronza à double trancbant, longue de 0'',62, dorée et pourvue d'une nervure ainsi que de rainures médianes ; son pommeau carré ; des restes du bois qui garnissait la poignée ; des fragments de la gaine, en veau non tanné de pelage blanc et rouge. Près des jambes on recueillit le manche d'un poignard en bronze dont la lame manquait. Il y avait de plus une pointe de lance ornée de dessins en creux et deux boutons doubles, en bronze, sur la plaque en relief desquels était imprimée une étoile à cinq branches; enfin des fragments de garnitures et d'ornements en bronze (2). — Dans Tile de Rennesœ, située au sud-est de Karmœ, on découvrit au fond d'un tumulus de pierre un caveau formé de dalles, oii il y avait quelques débris d'un squelette et trois pierres, une près de la tète, une sous le dos et une près des genoux. A côté du caveau et plus haut dans le murger^ on recueillit un collier de bronze dont les extrémités se terminent en boutons, une grande bague d*or poli et une croix de plomb (Nicol., p. 323). — A Jaasund, paroisse de Sole (amt de Stavanger), on trouva, en 1842, dans un tertre rond qui avait 8 mètres de hau-

(1) Voy. Une pénalité des lois Gombettes et ht lumières qu^elle jette sur Vorigine des Burgondes^ par E. BeauYois, Gbalon-sur-SaAoe , 1868, io-4% p. 3, 6. (Extrait des Mémoires de la Société d'Histoire et d^Ar* théologie de Chalon-sur-Saône, t. VI.)

(2) Voy. Nordisk Tidsskrift for Oldkyndighed, t. 1, 4iv. 2. Copenhague^ 1833, ln-8, p. AiO;^NiGolay8eii, JVorske Fomlevninger^ p. 346- Zkl; — Urda, II, p. 326.

— es —

teur et 100 mètres de circonférence, un caveau iuné^ raire, longde S'^.SO, large de0"'.62, haut de 1 mètre, et placé à f.SO au-dessus du niveau du sol* Ses parois latérales étaient formées de moellons de granit, tandis que des dalles couvraient le caveau et en fermaient les deux extrémités; le fond n'était pas pavé. Il y avait un squelette humain qui tdïnba en poussière; deux boutons doubles en bronze et une épée de même mé* tal, étendue sur le cadavre et enveloppée d'une grossière étoffe de laine ; elle mesure 0"'«62 de longueur et la poignée, seulement O^.O? (Urda^ III, 90 ; — Micol., p. 306).

Passons maintenant aux sépultures caractérisées uniquement par les grandes dimensions du caveau : à Skeie, paroisse de Sandeid (amt de Stavanger), on découvrit, dans un grand tertre rond, un caveau couvert d'une dalle dont les parois latérales étaient formées de moellons et les extrémités fermées par des dalles; il renfermait la lame et le pommeau d'une épée de bronze (NicoK, p. 335). — Tout près du Guttormshœi, dont nous avons parlé, s'élevait un autre grand tumulus où il y avait un caveau, long de 2 mètres et large de 1 mètre, qui renfermait un torque d'or, de Tor en feuille, des fragments d'une épée et d'une fibule en bronze (1). — A Svanœ, dans le pastorat de Kinn (amt de Nordre-Bergenhus), il y avait un tertre renfermant un caveau formé de dalles, où Ton a trouvé une fibule de bronze et cinq pierres en forme d'œufs, probablement en marbre, et gros comme des ceufs de poule (2) . — Une partie des Manns finirent par adop-

(i) JVordùk Tidsskrift, 1. 1, Ht. 1, 1833, p. 416; — Nicolaysen, p. 346. (2) Nicolaysen, p. 490, 834. — Cfr. Leipierret ronde» itovaUt trou-

ter les rites de rinciaération, comme Tiadique un tombeau déjà décrit, qui se troure près d'ÂgTaldsncs^ et qui renfermait un ciseau de grès avec quelques ossements calcinés, un bouton double en bronze et de i*or en feuille (Nie, p. 347)« — Gomme les tertres et les caveaux funéraires des Celtes, c'est-à-dire ceux où Ton a observé les rites de Tincinération, ont généralement de moindres dimensions que les tombeaux des Manns, il y a quelque raison d'attribuer à ces derniers un grand raurger situé au sommet d'une éminence naturelle, à I Rimmereid, dans Tile de Stordœ (amt de Sœûdre-Bergenbus). Il renfermait un caveau, couvert d'une énorme dalle, long de 2 mètres et large de 0"'.62, où l'on trouva des cendres avec une épée et un couteau de bronze (!)•' Contrairement à ce qui a lieu pour le Danemark (2) , on ne connaît en Norvège que fort peu de sépultures à incinération datant de Tâge de bronze. Outre les deux précédentes qui paraissent renfermer les restes de quelques Manns dénationalisés, nous ne connaissons que les deux suivantes qui nous semblent devoir être attribuées aux Celtes : à Hannes, paroisse de Melum (amt de Bratsberg), dans un petit caveau, formé de pierres et couvert d'une dalle, il j avait un cbaudron de cuivre contenant des cendres et des ossements brûlés et entourés d'une peau de veau (Nicol., p. 210); — à Andatjœn, paroisse de Sandeid (amt de Stavanger), on fouilla, en 1839, un tumulus où une épée de bronze

vées dani des tombeaux par C. A. Holmboe, dans jéniiquarisk Tids- «AW/Ï 1852-1 85&. Copenhague, in-S, p. 312-313.

WJYordiik Tidsikrift, t. IIJ^ Ut. 2. Copenta. 1836^ in-S, p.276; — Nicolaysen, p. 356.

(2) Voy. Les Antiquités primitives du Danemark ^ Agede Bronze^ par Ë. Beauîois, dans la jKevue Contempwaine ^ 2* série, t. 37, 15 jan- ▼1er 1864, p. 160 178.

bien conservée était déposée à eôté d'une urne reiUL>.iv. de cendres et d'ossements (Nicol., p. 335).

On connaît en outre une dizaine de tombeaux dont Tattribution reste incertaine, parce que la description n'en est pas assez circonstanciée :*\rop souvent les inventeurs se contentent de dire quMls ont trouvé des objets de bronze dans tel tertre ou tel murger, sans expliquer si c'est dans un caveau ou en pleine terre, si c'est à côté d'un cadavre ou dans une urne (1). Nos notions sur les sépultures de l'âge de bronze en Norvège sont donc encore fort incomplètes ; espérons que la Société pour la conservation des monuments norvégiens trouvera les ressources nécessaires pour fouiller, comme elle en a manifesté l'intention, les tombeaux que l'on suppose dater de Và§e de bronze (Aarsberetnin g j 1862, p. 42).

La rareté des objets de bronze trouvés en Norvège a fait supposer que ce pays n'avait pas eu de population sédentaire pendant le second âge. « On a lieu de croire, dit le savant historien Keyser (2), que, si la race celtique de qui proviennent les objets de bronze a jamais occupé la Norvège et le Svéaland, c'est seulement par détachements extrêmement faibles , mais les traces qu'elle a laissées dans ce pays ne sont pas si nombreuses qu'elles ne puissent fort bien provenir dequelques marchands, corsaires ou naufragés.» En d'autres termes, selon Keyser et les archéologues qui ont adopté son opinion, ce seraientdes étrangers, de passage en Nor-

(1) Nicolaysen, NouU Fornlevninger^ p. 301, 308, 347, 381, 453, 507, 666, 773.

(2) Om IVordmœndên»s Herkomst og Folkeslœgtskab , dans Samlinger til det norske Folks Sprog og Historié, t. VI, 1830, p. 457, aussi daus SamUd^ AlfhandlingerdifR. Keyser, Christiania, 1868, in-8, p. 240.

Tege, qui y auraient perdu ou laissé des antiquités de Tâge de bronze. Mais plusieurs faits semblent contredire cette tbéorie : des passants n'auraient pas élevé de puissants tombeaux comme on en connaît dansTamt de Stavanger; ils n'auraient pas substitué, pour la circonstance, les rites de l'inbumation à ceux de l'incinération que suivaient les Hommes de l'âge de bronze dans les autres pays; enfin ils n'auraient pas apporté avec eux des objets inachevés , comme un celt de bronze, trouvé dans une tourbière à Tuv (paroisse de Klepp, amt de Stavanger), lequel n'est pas dépouillé de sa bavure (Nicol., p. 789); ou bien comme deux fragments de bronze, découverts avec un torque de même métal, dans une cavité naturelle couverte d'une dalle, à Bjœrnestadt, paroisse d'Idd, dans l'amt de Smaalenene (Nicol., p. 714). Ces deux faits, observés depuis peu, prouvent évidemment que la Norvège a eu des habitants sédentaires pendant Tâge de bronze.

Les hommes de l'âge de bronze étaient en possession d'une civilisation passablement avancée, ce qui n'est p^s surprenant, puisque leurs ancêtres venaient des rives de la mer Noire et av.'iient pris part à la guerre de Troie. Ils savaient couler le bronze, comme nous venons de le voir; ils fabriquaient des tissus de laine, dont on a découvert plusieurs échantillons dans les tombeaux, ce qui implique au moins la domestication de l'espèce ovine; leurs armes et leurs parures, bien que d'un style fort simple, étaient d'un goût pur et SQUvent même élégant; elles ressemblaient d'ailleurs entièrement à celles que Toii trouve en Danemark pour la même période (1), et sont ornées, comme elles,

• (1) Sur quelques trouvaiiles norvégiennes par J. J« Worsaae, daos Âarbœgcr, 18C0. Copenli. , ia-S^ p. S.

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