NEC VINCI POTIS EST, NEC FRANGI REGIA VIRTUS
Et cet autre quatrain :
Plaindre vos ennemis sous vos pieds abbattus,
Ou vaincre vostre honneur qui surpasse les nues,
Les Dieux ne pourroient pas ; d'autant que vos vertus Ne se verront jamais ni peintes, ni vaincues.
Au devant de la Maison de Ville on fit encore un portique, lequel fut achevé et assez beau. Le navire des prix (1) dont nous avons fait mention sur l’an 1609, fut
(1) Des prix donnés aux arbalétriers; voir page 129 du présent volume.
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employé à sa décoration, aussi bien que plusieurs devises et quelques pièces de poësie (a).
On en fit autant à l’entrée de la maison de la Vicomté, qui luy devoit servir de logis.
Ce ne fut pas tout, on embellit encore l’entrée du château par un autre portique, qui fut très bien concerté (b). La devise et les vers suivants qui y furent peints en lettres d’or ne furent pas les moindres ornements :
ManrTi, etc.
Prince, dont le renom les plus braves étonne,
Et qui donnez la loi au reste des humains,
Quittez ces clefs de fer indignes de vos mains,
Et recevez les cœurs que le peuple vous donne. Le samedy 15 jour de septembre, les capitaines des bourgeois, ayant esté informez que M' le comte de Soissons devoit arriver ce jour là à Dieppe, firent défiler leurs compagnies et les rangèrent en sorte (suivant l’ordre qui leur en avoit esté donné) qu’elles formèrent une haye, qui commença à la porte de la Barre et continua tout le long de la Grande-Rue, et ensuite dans les autres par où ce prince devoit passer. Les magistrats, qui s’estoient assemblez en corps, sortirent bientost après de la ville pour aller au devant. Les officiers de la jurisdiction d’Arques, en robe et bonnet, s’avancèrent jusqu’au delà du Mont-à-Caux ; ceux du bailliage, aussi en habit de cérémonie, allèrent jusqu’à ce mont ; et chaque corps luy fit sa harangue au lieu où il l’avoit attendu. Mais le corps de ville, qui s’estoit arrêté à la porte de la Barre, non seulement s’aquitta de ce devoir, mais aussi luy présenta un poesle de velours incarnat cramoisy, que quatre
\a) Selon le Policien Relig. -- (by Selon M. Dablon.
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des plus anciens eschevins portèrent jusqu’à l’église de Saint-Jaques.
Le lendemain, les officiers du magazin à sel furent le saluër. M' du Bequet, curé de Saint-Remy, qui estoit très docte et un très habile controversiste, le harangua à son tour au nom du clergé. Les ministres en firent autant de la part des Religionnaires. Mais, parce que dans leur harangue ils parlèrent plusieurs fois de leur Religion, luy donnant seulement le nom de Réformée, sans y adiouter celuy de Prétendüe, ce prince leur tourna le dos (a), sans vouloir les entendre davantage, et il se retira, afin de leur apprendre à parler à propos et conformément aux Edits du Roy (b).
Après midy, M' le comte de Soissons alla voir le fort du Pollet, ce qui fit juger à bien des gens, que c’estoit à dessein de le faire clorre de murailles. On n’en eut pourtant point de nouvelles certaines pendant environ trois jours qu’il demeura à Dieppe, non pas même après qu’il fut arrivé en cour.
Deux mémoires ont dit qu’une syrène parut par deux fois à quelques hommes en des endroits voisins de Dieppe. Mais comme l’un a dit que ce fut à l'embouchure de la rivière de Saënne, qui est au delà de la pointe de l’Aïlly, et que l’autre assure que ce fut à l'embouchure de la rivière de Scie, près de Pourville, et qu’il ne nous parlent pas si ce fut cette année ou la suivante, je n’en fais icy mention que pour manière d’aquit et en passant.
Pour ce qui est des mémoires du sieur Policien, ils nous apprennent que, le jeudy dernier jour de janvier de l’année 1613, Monsieur de Cures, qui avoit eu commis-
(a) M. D.etle P. R. -- (b) Nota que dans les Edits de Nantes le mot de Prétendüe est toujours
adiouté à celui de Réformée.
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sion de la Reine de visiter les ports de mer de France, arriva à Dieppe, et qu’il y proposa de faire une jettée de pierre à l'entrée du port, au lieu de celle qui estoit de bois, et qu'après avoir fait espérer que la Reine donneroit dix mille escus pour la construction de cet ouvrage, il partit de cette ville le samedy ensuivant. M. le maior de Dieppe, ensuite d’une assemblée de ville, alla bientost après luy en cour pour tascher d'obtenir cette somme; mais il en retourna sans en avoir eu la satisfaction. De sorte que l’on se contenta à la jettée que la ville avoit faite de grosses pièces de bois, laquelle estoit large de seize pieds par le bas et longue de plus de 350, afin d’arrêter les galets qui venoient de l'aval, et tenir par ce moyen l’entrée du port nette et libre.
Cette jettée fut appellée Grande, à la différence des trois autres, dont une qui fut construite l’an 1605 et estoit vis-à-vis d’elle, en sorte que, luy estant parallèle et un peu plus avancée vers le port, elle rendoit son entrée plus profonde et plus facile. Une autre, que M' Dablon a appelée Epi ou simple jettée, estoit placée au delà et estoit presque parallèle à la précédente ; elle servoit à rompre les vagues qui venoient du costé du Nord. Une troisième, qui avoit esté bâtie l’an 1609, du ccsté du Pollet, au vent d'Ouest Sud-Est, servoit à faire pesser le courant de la rivière vers l'Ouest, et maintenir l’entrée du port en cette disposition, ainsi que l’on avoit toujours souhoitté. Mais cette jetiée ayant esté imparfaite et trop foible, une forte marée la faussa lorsque l’on y pensoit le moins, et le flux et reflux de la mer, aussi bien que les eaux de Ja rivière, prirent leur cours du costé du fort du Pollet, selon que nous dirons sur l’an 1616.
En ce temps-là, que l’on prenoit tant de soin pour
rendre l'entrée du port aussi commode et seure qu'il estoit possible, les Dieppois firent tant d’heureuses expéditions de mer, que M° Dablon n’a pas fait difficulté d'avancer que pendant deux ou trois années les prises furent rendues familières et communes au grand dommage des Portugois. Et même que, par une hardiesse tout à fait surprenante, un capitaine, nommé Terrier, qui s’estoit mis en mer avec une petite barque, attaqua et prit une caravelle de Portugal chargée de sucre, encore qu’elle fut très bien munitionnée et qu’il n’eut que six ou sept hommes dans son bord.
Les habitans de Dieppe y faisans continuellement des embarquemens, pensèrent plus sérieusement que jamais à faire donner commodément à leurs vaisseaux des provisions de lard et de chairs salées. Pour cet effet, ils s'avisérent de présenter une requeste au Roy, et Sa Maiesté eut la bonté, en considération de leurs fidèles services, de leur accorder au mois d’aoust l'établissement d’un franc-marché dans cette ville, et toutes les autres grâces dont la patente suivante fait le dénombrement.
Louys, par ‘a grace de Dieu Roy de France et de Navarre, à tous présents et à v'nir, salut. Sçavoir faisons que, désirans gratifier et favorablement traitter nos chers et bien aimez habitans de nostre ville de Dieppe, en considération de leurs fidèles services et de la bonne affection que nous avons seu que le feu Roy Henry-le-Grand, de très heureuse mémoire, nostre très honoré seigneur et père, que Dieu absolve, leur portoit, et leur donner contentement sur la très humble prière et supplication qui nous a esté faite par nostre cher et bien aimé cousin, le cardinal de Joyeuse, archevesque de Rouen et comte dudit Dienpe, de leur vouloir accorder un franc-marché, tous les premiers jeudys de chaque mois, en ladite ville. Nous, pour ces ce :<2s, après avoir fait venir en
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nostre conseil la Reine Régente, nostre très honorée dame et mère, présenté l'information faite de l'avis à nous sur ce donné par nos amez et féaux conseillers, les trésoriers généraux de France establis à Rouen, suivans le renvoy à eux fait de la requeste à nous pour ce présentée par lesdits habitans de Dieppe, le tout icy attaché sous le contre scel de nostre chancellerie. De l'avis de nostre dite dame et mère, la Reine régente, et celuy de nostre dit conseil, avons de nostre grâce spéciale, pleine puissance et autliorité royale, créé ordonné et establi, créons et establissons par ces présentes (signées de nostre main), en nostre ville de Dieppe, un marché franc, tous les premiers jeudys de chaque mois, ausquels jours nous voulons dorénavant, perpétuellement et à touiours, qu’il soit tenu, et qu’en icelle, tous les marchands et autres puissent amener, vendre, acheter, troquer eteschanger, ou autrement débiter, toutes sortes de marchandises licites et permises, et jouissant de telles et semblables exemptions, priviléges, droits, franchises et hibertez dont ils jouissent, ès francs-marchez de nostre ville d'Abbeville et Bourgs de Blangy, Gammaches et autres lieux circonvoisins et qui y ontestéattribuez lors de la création et établissement d'iceux, à la charge que la séance et police, jurisdiction, droits et pleine connoissance dudit franc-marché demeurera à nostre dit cousin et à ses officiers, ainsi que des autres jours des marchez ordinaires, pourvu toutesfois qu’à quatre lieues à la ronde de ladite ville de Dieppe, il n'y ait à pareil jour autre franc-marché auquel le présent puisse préjudicier. Si nous donnons et mandons à nos amez et féaux conseillers et gens tenans nostre Cour de Parlement à Rouen, Bailly de Caux ou son lieutenant, et à tous autres nos justiciers et officiers qu’il appartiendra, que ces présentes ils ayent à entériner, faire lire et enregistrer, etc.
Suivant qu’il est plus amplement porté dans cette patente qui fut donnée à Paris au mois d’aoust, et vérifiée et enregistrée à la Cour de Parlement de Rouen, le 14 de juin de l’année 1614, sur la requeste que les habitans
de Dieppe représentèrent pour avoir la jouissance de ce privilége. En sorte que le franc-marché (selon M° Dablon) fut tenu le premier jeudy du mois de juillet ensuivant, ou au plus tard (selon le sieur Policien) le jeudy second jour d'octobre. Le même M" Dablon adiouste que :‘ablissement en fut fait par M' le Bailly de Dieppe +4 à grande place du port d'Ouest, où se tenoit (dit-il) la ioire de Saint-Denis, dont les priviléges sont rapportez dans le Chartrier.
Monsieur de Villers-Houdan, voyans que la mer estoit avantageuse et la fortune favorable aux Dieppois, fit équiper un navire dont il donna la conduite au capitaine La Chesnaye, lequel, après un voyage de neuf à dix mois, retourna à Dieppe, accompagné d’une prise qu'il avoit faite sur les Espagnols, estimée à plus de cent mille livres. Ce même capitaine s’estans mis de rechef en mer, courut le bon bord, et il fut si heureux qu’il prit, peu de temps après son départ, une caravelle portugaise entièrement chargée de sucre, laquelle il amena au port de Dieppe au bout de six à sept semaines. M' Dablon a encore remarqué que le sieur La Chesnaye fit plusieurs autres prises, desquelles M' lAmiral accorda main levée après avoir examiné les rapports que les capitaines luy firent de leurs voyages.
M' le Gouverneur de Dieppe, ayant encore fait mettre en mer un vaisseau, apprit quelque temps après qu’il avoit rencontré et pris un navire espagnol. S'il eut de la joye d’une si bonne nouvelle, il eut du déplaisir de la mauvaise qui luy fut apportée bientost après de la part des Dieppois, lesquels se plaignirent qu’ayans esté contraints de relasther en Angleterre, les Anglois avoient fait arrêter le vaisseau, dont ils s'estoient rendus les
maistres. Mais Mons' de Villers-Houdan, voulans réparer le tort et l’injustice que ceux de ce pays là lui faisoient, arrêta au mois d’aoust une grande quantité de marchandises que les Anglois avoient à Dieppe. L’ambassadeur d'Angleterre en eut avis, et il se plaignit au Conseil du procédé de M' le Gouverneur de cette ville : mais il fut trouvé si équitable, que l’on ordonna que les Anglois rendroient sa prise et ses marchandises.
Lorsqu'une partie des Dieppois cherchoient ainsi sur la mer les occasions de s’enrichir et de se signaler, d’autres, qui estoient animez de zèle envers la religion catholique, s’efforcèrent de la maintenir et de l’augmenter dans Dieppe, y appelans les Pères Capucins, et parlans en leur faveur d’autans plus volontiers que ces religieux estoient bien aises de pouvoir s’y establir. Dez l’année 1612 et 1613, on avoit proposé de les recevoir ; mais ceux qui avoient plus d’authorité dans la ville n’ayans pas voulu leur accorder ce bien, ces bons Pères ne purent l'obtenir qu’en celle-cy, que leurs adversaires changèrent de résolution, et que M' de Gueutteville les fit venir à Dieppe, après avoir fait le marché d’une place de jardin qu’une bonne et pieuse femme, nommée Marguerite Gosse, veuve de Michel Canu, leur acheta au Pollet, par le prix de douze cents livres. De sorte que, le cinquième jour de juin de la présente année, les Pères Capucins en prirent possession d’une manière bien solennelle et bien dévote.
Un mémoire porte (a) que l’on fit une procession générale par la ville, ‘et qu’une grande multitude de peuple y assista avec M" les Curez des deux paroisses, accom-
fa MS du sieur Policien Relgionnaire
pagnés de leur clergé et de quelques-uns des villages voisins. Le sieur Dartenay, qui pouvoit estre de la parlie, nous assure que les maistres et les frères des quatre Charitez de Dieppe marchèrent devant le clergé des paroisses, et qu’ils conduisirent tous de compagnie les RR. PP. Capucins jusque sur le grand pont, où le sieur curé du Pollet vint les recevoir pour les accompagner jusqu’à leur nouvelle aquisition, de laquelle ils prirent possession, y posant le pied d’une grande croix de bois, au bruit des boettes et du canon, tant du château que de la tour de la porte du Pont et de la Tour aux Pigeons. Le fort du Pollet, estans dez lors assez bien clos et remparé de terrasses, et muni (selon que j'estime) de quelque artillerie, ne manqua pas de tenir sa partie en ce concert.
Quelqu'un a écrit (a) que les Pères Capucins firent bientost après dresser une chapelle avec d’autant plus de diligence et moins de frais, que ce fut seulement avec des planches de sap, en sorte que, non-seulement elle en fut close, mais même couverte. Néantmoins, M' Dablon a remarqué que cette chapelle fut faite dans un petit bâtiment que ces religieux trouvèrent sur le lieu, et que, dez le mercredy onzième de juin, ou (selon le sieur Dartenay) le 12, auquel tomboit le jour de l’octave du Saint-Sacrement, le Père Ange de Raconis y célébra la messe. Ces Pères, qui estoient bien moins gens d’édification par la construction de leur nouvelle église que par l'innocence de leurs mœurs et par l’austérité de leur vie, gagnèrent tellement les affections des habitans de Dieppe, que, non-seulement les sieurs Sore, Terrien, du
(a) Le sieur Policien
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Buc et du Pont (alors conseillers en charge) donnèrent à ces religieux la cloche qui servoit à la porte du pont pour avertir le monde au temps que le portier estoit prest de la fermer ; mais aussi que plusieurs leur firent tant d’aumônes, qu’ils eurent au mois de décembre, le moyen d'augmenter leur possession jusqu’à la valeur de six mille livres. Mais qu'est-ce que cela en comparaison de ce dont ils jouissent présentement, soit que l’on ait égard à leur grande église, soit que l’on considère la vaste estendue de leur jardin et la beauté de leur couvent, dont la plus grande partie fut construite, environ l’an 1630, des pierres que ces religieux firent tirer des ruines du chàteau de Hautot, après en avoir eu la permission de M le duc de Longueville.
Ce qu’il y eut encore de nouveau en la même année 1614, fut (a) que l’on commença à paver une partie du fauxbourg de la porte de la Barre, depuis la cohuë où se tient la jurisdiction d’Arques jusqu'aux degrez de la porte du presche. Les mémoires qui en parlent disent que ce fut aux dépens du Roy et que l’espace du pavé estoit de la largeur de six pieds, mais que l’édit ayant estimé que cette distance estoit trop estroitte, les Religionnaires le firent élargir de trois pieds. M' Dablon adiouste que le sieur Morand, trésorier de l’Epargne, envoya une commission à M"° Estienne Chauvin, avocat, pour faire bailler cet ouvrage par justice, et qu’il ne fut commencé qu’au mois d’aoust.
Le même M' Pablon a encore remarqué que, le 22 du mois de juillet, cinquante Suisses vinrent à Dieppe, tambour battant, à dessein de renforcer la garnison du
Le sieur Policien Relig
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château, et qu'ils furent logez dans les cabarets et chez quelques bourgeois ; mais ce ne fut pas pendant un long temps, car un mémoire porte (a) qu'ils furent logez dans la grosse tour de l’ancienne église de Saint-Remy, que M° de Villers-Houdan avoit, dez le mois d'avril, fait réparer couvrir d’ardoises et diviser en plusieurs estages en forme de chambres, où il avoit fait construire des cheminées et mettre les meubles nécessaires. Sans parler des réparations que M' le Gouverneur fit en quelques autres endroits du château ni de la construction de quelques autres ouvrages, entre lesquels un certain a compté la porte de pierre qui est au haut de la montée de cette forteresse, je diray avec M' Dablon que ces Suisses n’en sortirent qu’au mois de juillet de l’année 1620, par l’ordre du Roy, qui estoit alors à Caen.
À peine les Pères Capucins furent establis au Pollet, que les Pères de l’Oratoire prirent possession de la plus belle maison de Dieppe, Mons’ le cardina! de Joyeuse, archevesque de Rouen et comte de Dieppe, lequel avoit bâti et doté plusieurs églises, ainsi qu’a escrit le sieur Dadré (b), avant laquisition de cette maison, leur avoit acheté, au mois de septembre, par le prix de sept mille livres (selon un mémoire) et (selon un autre) par le prix de dix mille, qui furent payées à M' de Gueutteville, qui l'avoit eue de M" le commandeur de Chaste, qui l’avoit eue de Messire Nicolas de Brebant, qui l’avoit eue du sieur Gabrielle de Bures, qui l’avoit eue du sieur Jean Ango, qui l’avoit fait bâtir avec la magnificence dont nous avons fait mention dez l’an 1535.
Les Pères de l’Oratoire ayant fait une chapelle de la
(a) Le MS. du sicur Policien Reéligionnar bo Le sieur leau Dadr! théotogai et pénitent eu sa Chronologu des Archev d: Rouen
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haute salle qui regarde le quay, le Père Hiérome de Bauquemare, parent du sieur Jean Ango, son bisayëul, et supérieur de cette nouvelle maison, eut l’honneur et la satisfaction d’y célébrer la première messe, le 31 jour d'octobre. Le Révérend Père de Berulle, général des Prestres de l’Oratoire de France, et depuis cardinal du Saint-Siége de Rome, estoit venu ce même mois à Dieppe, et parce que, pendant qu’il y séjournoit, il avoit proposé à M' le Gouverneur et aux principaux habitans de cette ville que, si elle vouloit fonder trois classes pour y enseigner les humanitez, le Père Estienne Brice, parisien, et prestre de sa congrégation (qui avoit esté auparavant auditeur des comptes à Paris), donneroït une somme suffisante pour la fondation de trois autres, à sçavoir pour celle de théologie, pour celle de philosophie et pour celle qui seroit destinée pour apprendre aux enfans à lire et à escrire, messieurs les eschevins firent estat d’un si louable dessein ; et, pour y correspondre, tinrent une assemblée de ville, et, après avoir délibéré sur un avis de cette importance, ils prirent la résolution, au commencement de novembre, de faire le raquit des rentes que la Maison de Ville devoit au denier dix, et d’en prendre au denier quatorze, suivant l’Edit du Roy, afin que la somme de six cents livres de rente qui devoit estre gagnée par ce moyen fut appliquée au payement des Régents des trois classes que l’on souhoittoit pour la perfection d’un collége. Quoyqu’un certain ait voulu dire (a), un registre de la Maison de Ville (b) fait mention, conformément à ce que je viens de remarquer, d’un acte de l’assemblée de ville, du 2? de rovembre de la
Ka} Le Pohce, Relhig b) Le Reg en forine d'invent. des Escrits de la M de V