STAGE
Saint-Eloy, Epinay, Brianson, Boisdurant et autres lieux, escuyer de la grande escurie de Sa Maicsté, laquelle auroit eu agréable la supplication que Mons’ le duc de Montauzier luy en avoit faite, en considération des services qu’il avoit rendus, pendant plusieurs années, en qualité de capitaine d'infanterie, dans le régiment du Havre, de lieutenant-colonel dans le régiment de Roncheroles, de lieutenant de maistre de camp du régiment de cavalerie d’Armagnac, et de capitaine dans ce régiment, où il servit jusqu’à l’an 1653, et en outre au siége de Xaintes et Taillebourg, et au combat de Perdilac, et en plusieurs autres rencontres. Bien que Mons’ de Tierceville eut obtenu ses lettres de provision dez le 28 de décembre de l’année précédente, il ne fit pourtant, que le septième jour de février de celle-cy, son entrée à Dieppe, sur les deux heures après-midy, estant précédé de ses gardes et suivi d’un grand nombre de bourgeois à cheval et accompagné üe plusieurs gentilshommes du pays. Dez lors qu’il fut arrivé dans cette ville, il fut salué de sept coups de canon du château et reçeu par six compagnies de bourgeois, qui s’estoient rangez dans les rues par où il devoit passer, pour aller mettre pied à terre au logis où Monsieur Le Pelé, avocat du Roy et premier eschevin demeuroit. Les corps de justice y vinrent bientost après et luy firent leurs harangues. Messieurs les curez des deux parroisses s’y estant rendus s’aquittèrent aussi de ces devoirs, ensuite desquels Monsieur le Gouverneur, accompagné de Messieurs les Eschevins, alla en l’Hôtel-de-Ville, passans au milieu de deux hayes des habitans, qui s’estoient mis sous les armes. Après la lecture et l'enregistrement de ses lettres, Messieurs de Ville luy témoignèrent leur agré-
ment et leurs respects. Monsieur le Gouverneur, afin de répondre à leur bienveillance et à leurs civilitez, les assûra qu’il donneroit à la ville des marques de sa reconnoissance autant qu’il luy seroit possible. Les six compagnies, qui avoient défilé et qui s’estoient assemblées dans la place du Marché, en ayans eu avis, en témoignèrent leur joye presqu’aussitost par trois descharges de leurs mousquets. Mons’ le Gouverneur estant retourné en la belle maison de Monsieur Le Pelé, laquelle il luy avoit offerte pour y demeurer jusqu’au lendemain, Messieurs de Ville, qui l’avoient accompagné, voulurent le régaler d’un soupé magnifique pendant lequel les santez du Roy et de la Reine et de Monseigneur le Dauphin furent saluées, au bruit des descharges de plusieurs boëttes qui en portèrent des nouvelles bien avant dans la vallée d’Arques et le pays voisin. La santé de Mons’ de Montauzier n’y fut pas oubliée, non pas même celles de Monsieur de Tierceville, de Madame sa femme et de son illustre famille.
Le lendemain, Mons’ le Gouverneur se disposa pour monter au château ; mais, pour obtenir de Dieu un heureux establissement, il voulut auparavant entendre la messe dans Saint-Remy et faire voir en effet à Mons’ son curé qu’il estoit son parroissien, selon qu'il luy avoit témoigné de bouche. Après avoir entendu la messe, qui fut célébrée par Mons’ le curé fort solemnellement et chantée par une excellente musique, Mons’ de Tierceville alla au château, où d’abord il fut salué de treize coups de canon. Messieurs de Ville, qui l’avoient accompagné, y furent retenus et ensuite régalez avec beaucoup de somptuosité et de politesse, aussi bien que plusieurs gentilshommes qui furent conviez. Cependant, l’artillerie du
château tonnoit de temps en temps et rendoit cette feste et plus célèbre et plus esclatante. Ce qu’il y avoit de plus satisfaisant, c’estoient (sans doute) les entretiens de M' le Gouverneur, lesquels ont touiours esté si agréables, qu’on ne s’ennuye jamais en sa compagnie, surtout lorsqu'il fait sur le champ des discours avec la grâce, la force, le feu et la délicatesse d’esprit, qui l’ont rendu si recommandable et connu partout. Quoyqu’il suffit d’entendre Mons’ de Tierceville pour estre persuadé de ce que je dis, je ne Jaisseray pas d’y adiouter qu’une infinité de sonnets, de madrigaux ét d’autres pièces galantes qu’on a vû de luy, font juger aisément qu’il est un gentilhomme de grand mérite et un des premiers de l’empire des Belles-Lettrés. Je me contente de produire, comme un eschantillon de ses pièces de poésie, ce quatrain, que Mons! le duc de Mentauzier a fait voir l’année précédente à Monseigneur le Daufin, au suiet du château de Saint- Germain que ce jeune prince avoit gravé.
Celuy, dont la main m'a gravé, Bientost par mille exploits, tous rayohnans de gloire,
Se barinant luy même au temple de Mémoire, S'en va dans ce grand art éstre un maistre achevé.
Il est vray que l’âge de ce savant homme luy a depuis fait perdre l’envie de prendre davantage les divertissemens du Parnasse et qu’il s’est enfin appliqué aux fonctions de sa charge, avec toute la pradence, le succès et la louange que l’on pourra voir dans h suite.
Aux mois de mars et d'avril, ée brave Gouverneur fit travailler aux ésplanades du pied des murailles du château ét élargir le chemin des Rondes.
Peu de temps après, comme des corvéttes rodoïient lés m Dieppe, il offrit de contribuer à l'équipement
d’un vaisseau, qu’il voulut faire sortir du port pour leur donner la chasse et assurer la coste.
Le 7 de may, une de ces corvettes estans venuë jusqu’à l'entrée du port, à dessein de prendre et enlever une barque chargée de grains, il en fut si fort indigné, qu'il fit sortir promptement trois doubles chaloupes, munies de provisions de bouche et de guerre et d’un grand nombre de bons hommes, lesquels s’embarquèrent avec d'autant plus de joye, que nostre sage Gouverneur leur fit espérer la libre jouissance du butin qu’ils prendroient, ou du moins, qu’il tascheroit de faire modérer les droits de l’Amirauté. Mais, parce que les ennemis, qui s’estoient apperçus de cet armement, avoient donné à toutes voiles vers la haute mer, les Dieppois eurent seulement l'espérance de les prendre et la gloire de les avoir fait fuir devant eux.
Jusgr”alors les Religieuses Bénédictines n’avoient: eu qu’une très petite chapelle ; mais, par la faveur et le crédit de Mons’ de Tierceville, elles l’augmentèrent, ayans obtenu une portion de la grande place du port du ouest et même elles luy firent changer de face, après qu’elles eurent fait bâtir le nouvel édifice que nous pouvons appeller la nef de leur église. Les fondemens en ayans esté creusez, Monsieur de Tierceville et Madame sa femme y posèrent, le second jour de juin, la première pierre, sur laquelle on avoit gravé :
IN HONOREM SANCTISSIMI PATRIS NOSTRI BENEDICTI,. PRIMÆ HUIUS ÉCCLESIÆ LAPIDEM EREXERUNT NOBILISSIMUS, ILLUSTRISSIMUS, D. D. Quincrinus pe MauauLr, MarCHi0 DE TIERCEVILLE, ETC., CIVITATIS ET ARÇIUM DaPP# PRAFECTUS,
Ces
serrée 790
KT CLARISSIMA, CHARISSIMAQUE EIUS CONIUX, D: De ManGarira DE GUERIBOULT DE FAVERY.
IN CUsUS RE1 MEMORIAM, TITULUM HUNU IN SCULPENDUM CURAVIT Domina Mania Le Quesne, PRionissa, Die 2 Junut, aNNO Domi 4678.
Cet édifice, n’estant pas d’une grandeur considérable, fut achevé en très peu de temps. De sorte que ces religieuses eurent la joye de voir cette même année la perfection de leur église, aussi bien que celle de leur couvent, dont quelques filles dévotes avoient commencé l’establissement l’an 1649, à dessein d’y vivre ensemble de leur travail, sous la conduite et la direction du R. P. Bargon, Jésuite, et d’y enseigner leurs ouvrages aux filles qui vouloient les apprendre et les exercer. D’où elles prirent le nom de Filles laborieuses de Jésus, ou (selon qu’on les appeloit ordinairement) de Filles de Sainte-Marthe. I] me souvient qu’une femme de la campagne, nommée Mademoiselle de Beauvais, vint demeurer avec ces filles et que, leur ayant apporté ce qu’elle avoit de bien, elles achetèrent cette maison qu’elles avoient jusqu'alors tenuë à louage de Mons’ l’eslu Susanne. Ensuite de ceite acquisition, elles disposèrent à leur gré de cette maison et y firent dresser une chapelle, où elles entendirent la messe et la prédication, après en avoir eu la permission de Mons’ l’archevesque de Rouen. Si bien que, sans estre obligées à la cloture, elles se conformèrent en plusieurs choses aux communautez des religieuses, vivans (selon la conduite et le zèle de leur directeur) sous la Demoiselle de Beauvais. Mais environ l’an 1665, Messire François de Harlay, neveu et successeur de son oncle en l’Archevesché, ayans trouvé bon de rendre ces filles régulières et de les associer pour cet effet à un
ordre approuvé de l’église, eut recours à l’abbaye de Saint-Amand de Rouen. Après que ce grand prélat y eut fait choix deDame Marie Le Quesne, religieuse fort recommandable à cause de ses mérites, il ordonna aux filles de Sainte-Marthe de la recevoir en qualité de prieure et de se conformer à la règle de l’ordre de Saint-Benoist. D'où elles ont eu depuis ce temps-là, pour récompense de leur obéissance et de leur soumission, le nom de Bénédictines, aussi bien que la qualité de véritables religieuses.
La guerre avec les Espagnols, les Holandois et leurs alliez avoit continué cependant d’alarmer les frontières de nostre province. Mais la paix ayant esté conclue avec les Holandois en particulier et enfin signée et ratifiée, ce pays fut en repos de ce costé là. Les habitans de Dieppe en eurent bien de la joye, et pour en donner des marques esclatantes, ils fermèrent leurs boutiques et ils allumèrent des feux devant leurs maisons et des chandelles à leurs fenestres, le soir du 19 jour d’octobre, suivant l’ordre qu’ils en avoient eu le jour précédent. Quant à Mons’ le Gouverneur, Mess" les Eschevins et les corps de justice, ils furent le même jour en l’église de Saint-Remy pour assister à la cérémonie du Te Deum, qui fut chanté par de bons musiciens, ausquels les bourgeois, qui s’estoient mis sous les armes, taschèrent de répondre par la bouche et les descharges de leurs mousquets. Un si beau feu fut accompagné de celuy qui fut mis aux trois bûchers que l’on avoit dressez devant l’Hôtel-de-Ville, pendant qu’une statue de Pallas, qui estoit proche de là, versoit du vin par'ses mamelles à ceux qui assistèrent à ses resiouissances. Mais la ville régala d’un magnifique soupé M" de Tierceville, Madame sa femme et son illustre famille, qui
y fut accompagnée de plusieurs personnes de considération, lesquelles prirent une bonne part au divertissement d’un balet et d’un grand nombre de fusées, dont l'effet produisit dans les airs de très belles figures.
Presqu’aussitost que les bourgeois de Dieppe furent retournez en leurs maisons, cinq cents Suisses arrivèrent en cette ville. Ils faisoient trois compagnies qui estoient venuës de Flandres. Ils furent logez chez les hosteliers jusqu’au vingt et deuxième de ce mois qu’ils partirent pour aller au Havre-de-Grâce, à la réserve de cent cinquante catholiques et huit ou dix æuingliens (1) secrets, lesquels furent mis en garnison au château en la place des soldats François, qui en sortirent pour aller vers Soissons. Ces Suisses toutesfois n’y restèrent que jusqu’au vendredy 24 de février de l’année suivante qu’une compagnie de François y retourna.
Bientost après la paix particulière dont nous vénons de parler, la France en fit une générale avec les Espagnols et leurs Alliez. Et parce qu’elle estoit avantageuse à l’Estat, on donna partout ordre d’en rendre à Dieu des solennelles actions de grâces. Les habitans de Dieppe voulans bien s’aquitter de ces devoirs et en faire une triple feste, fermèrent leurs boutiques pendant trois jours, suivant le commandement qui leur en avoit esté fait au son du tambour, le matin du samedy 14 de janvier 1679.
Les cloches de Saint-Jaques, ayans esté sonnées ce jour-là sur les onze heures à double carillon, annoneèrent partout la solemnité que l’on devoit célébrer, et après midy Mess” les Conseillers et Eschevins, en habits de
ft) Sectateurs de Zwingli, premier autéur de la réformation ei Suisse.
cérémonie, sortirent de l’Hôtel-de-Ville, montez sur de bons chevaux. Mess'* les Prieurs et Consuls furent de la partie, et quoyque Monsieur le Gouverneur n’y fut pas ce jour-là, ses gardes ne laissèrent pas de s’y trouver au nombre de 16, armez, et vestus de leurs casaques, et de marcher à cheval, à la teste de ces officiers, par les ruës et les places de Dieppe, par où les deux clercs de la ville et les deux trompettes qui les précédoient et estoient aussi à cheval les conduisirent, au son des tambours des douze compagnies des bourgeois. Ce qui rendit cette cavalcade et plus agréable et plus magnifique, fut l’escorte que luy firent les 36 sergeans de ces compagnies, portant des livrées attachées à leurs hallebardes, et les largesses que Mess" de Ville firent, après leur descente du château, des dragées qu’ils jettèrent à pleines mains sur le peuple pendant leur marche et spécialement aux carrefours, ensuite de la lecture qu'ils y avoient fait faire de la déclaration de la paix et de la deffence d’exercer aucun acte d’hostilité, après quoy on ne manquoit point à faire retentir les acclamatiors de : Vive le Roy.
Le lendemain après midy, les bourgeois se rangèrent sous leurs capitaines et, sur les 4 heures, ils défilèrent vers l'église de Saint-Jaques, où Monsieur de Tierceville se rendit, estant richement vestu et escorté de tous ses gardes. Les corps de justice y vinrent aussi et s’estans placez, suivant l’ordre qui leur avoit estémarqué au temps que nous avons dit ailleurs, assistèrent à la cerémonie du Te Deum, que Monsieur le Curé entonna et que les orgues et la musique de cette parroisse continuèrent d’une manière très mélodieuse et très dévote. La prière pour le Roy n’y fut pas oubliée. Ces actions de piété estans achevées, Monsieur le Gouverneur sortit de Saint-
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Jaques, précédé de ses gardes et accompagné de M" les Conseillers et Eschevins, et alla mettre le feu au plus grand des trois bûchers que l’on avoit dressez devant l’Hôtel-de-Ville ; et les deux autres ayans esté presqu’aussitost allumez, le château fit un grand feu de son canon, auquel la mousqueterie des bourgeois, qui s’estoient postez dans la grande place du Marché, répondit par plusieurs descharges. Cependant une statue, qui estoit posée sur un pilier devant la porte de l’Hôtel-de-Ville, jouoit du luth et donnoit du vin qu’elle laissoit tomber de ses mamelles, de manière que les plus altérez d’entre le peuple eurent moyen de se rassasier d’une si précieuse liqueur. Pendant la nuit, ce ne furent que feux de joye, qui furent allumez devant les maisons et aux fenestres des bourgeois.
Tant de feux, qui avoient si bien eschauffé l’air de Dieppe, n’empeschèrent pas qu’il ne fut bientost après extrêmement refroidy par une très aspre gelée, laquelle survint le sixième jour de février et glaça l’eau du port, depuis le bout du Quay jusqu’au pont, quoyque la lune fut au 4 jour de son dernier quartier et qu’il fut pleine mer. Ce qui fit que la marée, qui avoit commencé à trois heures du matin, coula et descendit sous la glace dont une partie servit de planche à plus de vingt garçons pour passer du Pollet à Dieppe et de Dieppe au Pollet. Mais une violence si extrême, ne pouvant continuer longtemps, modéra sa rigueur dez le lendemain.
Ce qu’il y eut de facheux du costé de la mer, fut qu'après avoir esté furieusement agitée, le 24 jour d’aoust de l’année 1680, elle emporta les terres de la chaussée et les pallissades qui estoient dessus, depuis la porte de Sailly jusqu’au bout du Quay, ce qui se fit d'autant plus
aisément, que les perrays ne garnissoient plus ces endroits là, à cause (sans doute) que l’on n’avoit pas prolongé la grande jettée, qui est vis-à-vis du pied du Moulin-à-Vent, dont la nécessité avoit toujours esté estimée de très grande importance par nos pères, lesquels, pour ce suiet, l’avoient fait construire et conserver avec tout le soin et la dépense que nous avons pu remarquer dans les siècles précédents. Néantmoins, après que M' l’Intendant de la marine fut venu à Dieppe, au mois de novembre de la même année, pour visiter les fortifications et les ouvrages qu’il y falloit faire, on travailla aux réparations, non-seulement des ruines que la tempeste avoit causées, mais aussi à celles du quay et du grand pont.
Le 18 ou 19° de l’année 1681, messire Jacques-Nicolas Colbert, archevesque de Cartage et coadiuteur de Rouen, vint aussi à Dieppe, mais ce fut à dessein d'v exercer les fonctions de sa charge et d’y faire son entrée. M"° de Ville en ayans eu avis, les bourgeois eurent ordre de se mettre sous les armes, et le clergé des deux parroisses de se revestir de leurs chapes et de marcher vers la porte de la Barre. Quant aux corps de la ville et de la justice d’Arques, ils passèrent au-delà, et ils y firent leur harangue chacun à leur tour, lorsque Mons’ le coadiuteur arrivoit aux lieux où ils s’estoient mis pour l’attendre. Monsieur le curé de Saint-Remy en fit autant entre les portes de la ville, car il s’y estoit arrêté avec Mons’ le curé de Saint-faques et le clergé, qui présenta le daiz et le conduisit jusqu’à la belle maison de Mons’ Le Pelé, avocat du Roy en la jurisdiction d’Arques.
Pendant que cet illustre prélat séjourna à Dieppe, il y célébra pontificalement la sainte messe, il y donna de beaux règlemens pour les ecclésiastiques et de bons T. Il. 26
ordres partout. Mais, au commencement de février de l'année 1682, il fit establir en cette ville un séminaire, auquel il accorda des sommes très considérables, tant pour le fonder que pour y entretenir plus de vingt séminaristes.
Au printemps de cette même année, au lieu de la vieille jettée de 45 toises dont nous avons fait mention sur lan 1667, on entreprit d’en construire une neuve de l’eschantillon et de la force de celles qui avoient esté, quelques années auparavant, adioutées à ses deux extrémitez, ainsi que nous avons dit sur cette année là. On entreprit aussi d’en faire une nouvelle du costé de Dieppe, au bout et au niveau de la bordure du quay, et à l’opposite de celles dont nous venons de parler et qui sont du costé du Pollet, afin que les marées estant resserrées entre ces grands ouvrages, leur cours soit plus rapide et le canal plus net et plus profond qu’il n’a jamais esté. En sorte (que cela estant ainsi) il ne reste plus à avouër que, comme la ville de Dieppe a eu ses commencemens du Roy Charlemagne, elle a eu de nostre Invincible Monarque Louys-le-Grand, ses embellissemens et sa perfection.