‹ Les antiquitez [sic] et chroniques de la ville de Dieppe [microforme]Chapitre 41 sur 61 · AIS · texte numérisé non relu

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tenir dans son Vaisseau, Mais, parce que les Dieppois avoient l'avantage de découvrir tous ceux qui estoient sur le tillac de ln frégate et que les Zélandois se achèrent dessous, pour n'estre plus ainsi exposez aux coups des Dieppois, ceux-cy y descendirent et, à l'exemple du sieur Casse, lequel repassoit dans ce vaisseau comme directeur du négoce des intéressez et avoit sauté Île premier dans celuy des ennemis, ils les assaillirent avee tant de fureur, qu'ils les obligèrent à demander quartier, et enfin à se rendre. Entre les braves qui se signalèrent en ce combat, le sieur du Fay, second pilote, se fit distinguer tant par son habit rouge que par son courage, qui ne put souffrir, après s'estre fait arrêter le sang par un appareil que l’on mit promptement sur la playe qu'il avoit reçuë à la cuisse, que le combat fut terminé sans s'y engager tout de nouveau. Un autre enfant de Dieppe, noinmé Estancelin, se fitadmirer en cette occasion, en ce qu'à l'âge de treize ans, il sauta aussi dans le vaisseau ennemy, tenant le pistolet d’une main et le sabre de l'autre. Ce qu'ils entreprirent sans doute avec d'autant plus d'animosité, que le sieur du Port, leur capitaine, avoit esté malheureusement tué du dernier coup d'armes qui fut tiré du bord de cette frégate, et ve fut presque toute la perte que firent les Dieppois, au lieu que les Zélandois perdirent onze de leurs hommes, qui furent jettez dans la mer, eten eurent 23 de blessez, qui furent trouvez au fond de calle et amenez à Dieppe, avec le reste de l'équipage de k prise, et détenus dans les tours de la porte du Ouest, où ils furent gardez en attendant les ordres du Roy, qui eut la bonté de leur permettre de retourner en leur pays.

\près tout, vetle victoire fut d'autant plus glorieuse

aux Dieppois, que leur équipage, qui consistoit à environ 40 hommes, tant matelots que passagers, esloit fntiguée par la longueur et les incommoditez qu'elle avoit souf: fertes depuis l’isle de Saint-Domingue, et qu'au temps du combat la moitié de leurs hommes estoit nulide et même qu'il y avoit quinze jours que le pain leur avoit manqué.

Le vendredy 21 jour de ce mois, le corps du capitaine de l'Europe, qui estoit Religionnaire, fut porté en terre par ceux de sa créance. Le convoi fut pompeux et extraordinaire, car il v ut porté par quatre hommes véstus en dueil, quatro autres tenans les coings du drap noir qui couvroit le vofre et sur ce drap noir on posa un pavillon blanc chargé de l’espée et du fourreau du défunt, qui furent mis en forme de croix de Saint-André, Comme le fossoyeur marchoït devant en habit de dueil, le pilote du vaisseau venoit après, portant un 'ong manteau de dueïl et le pavillon du vaisseau Zélandois, dont une partie estoit Wrainante et l’autre pliée et rétenue sous son bras, Los 4 ministres le suivoient et, après eux, environ cinquante Religionnaires marechoient deux à deux, couverts d’habits et de longs manteaux de dueil, Mais cette marche, qui se fit avec tant de cérémonies tout le long de la Grande-Ruë, sur les 8 à 9 heures du matin, ayans esté faite au préiudice des Edits du Roy, en l’absence de Mons’ de Radiole, lieutenant-général, Mons’ Le Pellé, avocat du Roy en la jurisdiction d'Arques, présenta requeste à Monsieur le lieutenant criminel, lequel les condumna à quatre cents livres d'amende. :

Le gouvernement de Dieppe ayant esté jusqu'alors vacant, le Roy le donna à Messire Quentin de Mahault, chevalier, seigneur de Tiereeville, le Mesnil-sous-Verdine,

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