‹ Les Antonins: ans de J. C., 69-180Chapitre 139 sur 156 · SES SUCCESSEURS · texte numérisé non relu

SES SUCCESSEURS

{V, tome I*% pages 254 et suiy.)

J'ai raconté la découverte de l'inscription de Velleia, et j'ai analysé son contenu. Il serait trop long d'en rapporter le texte, qui ne remplit pas moins de vingt-sept pages d'impression, et ne contient que les désignations des propriétaires, de leurs biens et des sommes reçues par eux ; mais le titre qui la précède peut nous donner quelque lumière :

OBUGATIO. PRAEDIOBYM.

OB. H-S. DBGIBITS. OYADRAGINTA.

OVATYOR. KILUA. YT. BZ INDYLGBNTEA.

OPTIMI. MAXIMIQYE. PRINGIPIS.

IHP. CAES. lŒRYAB.

TRAIANI. AY6. 6BRHANICI. DAGICI. PYEftI.

PYELLAEQYB. ALIMENTA. AGGIPIANT. LE&ITEMI.

N. GGXLY IN. SniGYLOS. H-S. XYI. N. P. H-S.

XLYIl. XL. N. LEGITIMAE. N XXXIY. SING.

H-S. XU. N. F. H. lY. DGGGXGYI.

SFYRIYS. I.

H-S. GXLIY. SPYRU. H-S. GXX. SYMMA.

H-S. LHGG.

OVAE FIT VSYRA *c»^ SORTIS. SYPRA.

SGRIPTAB.

Il résulte de là que Tobligatioa qui suit est pour une somme empruntée de 1.044,000 sesterces (261.000 fr.) dont les débiteurs doiYent payer, pour Tentretien de 245 eofants mâles lé* gitimes, 16 sesterces (4 francs) par mois pour chaque enfont, en tout 47,040 sesterces par an ; pour 34 filles légitimes 12 sesterces (3 fr.) par mois, en tout 4,896 par an ; pour un bâtard, 144 sesterces par an ; pour une bâtarde, 120 sesterces par an ; ce qui fait, somme toute, un solde annuel de 52,200 sesterces, intérêt à 5 pour 100 de la somme prêtée.

Une seconde obligation, portée dans la même inscription, est contractée également par un certain nombre de propriétaires pour un capital de 72,000 sesterces, dont Tintérêt sera employé à Tentrelien de 18 garçons légitimes, 1 fille légitime, au même taux que ci-dessus ; la somme annuelle à payer sera de 3,600 sesterces, qui fait 5 pour 100 de la somme prêtée.

Ces chiffres, énoncés dans les deux obligations, sont d'accord les uns avec les autres. Les propriétés hypothéquées font partie des territoires de Velieia, Plaisance, Parme et Libarna. Les munidpes de Lucques et d'Antium (Gênes ?) sont égale-

ment cités, mais pour des fonds de terre qui leur appartiennent seulement à titre de propriété.

L'inscription de Bénévent, ou plutôt des Ligures Bœbiani^ (Yoyez Henzen, 6664), qui date de Tan 101, ne donne pas d'indication semblable ; seulement, par le détail des sommes empruntées et des intérêts à percevoir, on voit que l'emprunt n'est qu'à 2 1/2.

Il me parait évident, bien que quelques modernes aient soutenu le contraire, que la somme affectée à Tentretien des en- &nts (4 fr. par mois pour les garçoos, 3 pour les filles, 3 pour le bâtard, 2 fr. 50 pour la fille bâtarde) ne saurait représenter la dépense totale de leur entretien. Elle représente tout au plus leur dépense en blé (la consommation d'un bomme dans I9 force de l'âge était de 5 à 6 fr. par mois). C'était donc, ce qui d'ailleurs était bien plus sage, un simple secours assuré à leur famille ; et ce secours, équivalent à la consommation en blé, répondait à ce qu'était pour les enfants habitant Rome leur inscription sur le registre des frumentatUms mensuelles. Plusieurs inscriptions tumulaires d'enfants rappellent qu'ils ont reçu de tels secours : ingenvys ingisvsqvb âcgepitgonoiarivm XG. (Henzen, p. 22.) frvmentvm pvbligym âggepit mbnsibvs vm, etc.; (Marini, Fratres Arval., p. 17 ; Fabretti, 189, 234, 235.) C'étaient donc les Prumentations étendues hors de Rome mais seulement sur des enfants.

Quant au choix des enfants assistés, on voit que les garçons sont appelés en bien plus grand nombre que les filles. Les bâtards ne le sont que d'une manière très-exceptionnelle.

Quant à l'époque de la vie où cessaient les secours, les inscriptions de Trajan ne donnent aucune lumière ; nous voyons seulement qu'après lui, Hadrien fixa le terme de dix-huit ans pour les garçons, quatorze ans pour les filles. (TJlp., 14, § 1, Digest., De alimenU aut eib. legatis, XXXIV, 1.)

Au temps de Trajan, ces libéralités sont encore rappelées dans les monuments euivants :

Monnaie de Nerva (troisième consulat, 97). — TYTBLA ITAuae. L'empereur tendant la main à deux enfants, garçon et fille. (Nerva, en effet, avait donné le premier exemple des libéralités de ce genre. Âurel. Victor.)

Monnaies de Trajan : (cinqaième coDBulat, et le titre de Docique, ans 104-111). — alimenta italiab; — optimo prin- GiPi. Trajàn dans la même attitude. — Femme tenant des épis. ^ Femme portant un enfant et en tenant un autre auprès d^lie. Trajan étend la main vers elle. (EckheU t. IV, p. 424.)

AUMENTA ITAUAE (sixième COUSUlat, 112-117.) — RBST. 1TAUA..

s. p. Q. R. OPTIMO PRiNGiPi. Trajan relevant une femme qui est à ses pieds avec deux enfants. (Le titre de Dacique indique une date postérieure à 103.)

Inscriptions : d*Amérie, au nom des garçons et des filles Ulpiens^k Trajan, empereur, etc. (quatrième consulat, 101-103). Muratori, p. 230 ; Gruter, p. 1084 ; Orelli, 3363. — d'Osimo, SVBOLBM ITALIAE TRIB. VI COS. V. (an 103). — Aclions de grâces rendues par la ville de Ferentinum àPomponiusBassus, à qui a été confiée, par Trajan, Texécution de la mesure par laquelle « il a pourvu à rélernité de sa chère Italie. » A raison de « sa libéralité, à laquelle les citoyens de tout âge doivent rendre

grâce, » (QVA AETERNITATJ ITAUAE SYAB PROSPEXIT SBGVNDYM LIBERAUTATEM EJVS ITA ORDINARI (ordiuavit ?) VT OMNIS ABTAS GYRAB'EIVS MBRITO GBATIAS AGERB DEBEAT), la ville le choisU

pour son patron. {Inscription de Tan 99 à 101 ; Gruter, 456 ; Orelli, 784.) Ge même Pomponius est nommé comme délégué de l'empereur dans Tinscription de Velleia, laquelle doit être postérieure à Tan 101.

Bas-reliefs — de l'arc de triomphe de Trajan à Rome, (V. 1. 1, p. 261, à la note) ; — de l'arc de triomphe de Trajan à Bénévent: quatre femmes avec des couronnes murales (quatre villes) s'avancent suivies d'enfants dont quelques-uns sont portés par des hommes sur leurs épaules. La date du monument est du dix-huitième tribunal de Trajan (114-115).

Sous Hadrien. -^ Les libéralités de Trajan augmentées (Spartien). Hadrien régla les conditions de ces fondations, telles que les particuliers les pouvaient faire. {Digeste, loco citato.)

Sous Antonin. — Fondation de pueri Faustiniani en 140 (Car pitolin, 8). — Hommage des enfants alimentaires à Antonin. {Inscriptions, de Tan 150 ; Gruter, p. 1022 ; et de Tan 149, Mu-

ratori in ExpoHt. tabul, Trajan.) — Monnaies : pietati avgvs- Ti (160 ou 161). Une femme avec un enfant dans les bras, d'autres enfants près d'elle. — pvellae pavstinianae. L'empereur, à qui on remet un enfant dans les mains, ou encore l'impératrice dans la môme attitude. — Autre, de Pan 151 : Une femme tenant un enfant dans ses bras et couronnant l'empereur ; d'autres enfants à ses pieds. (V. Eckhel, VU, 22, 40.)

Sous Marc Auréle. — Beaucoup d'améliorations en ce qui touche les secours publics. (Capitolin^ 11.) —Nouvelles fondations en l'honneur du mariage de sa fille (Id,, 7). — Nouvelles puellse FausUniansBea l'honneur de la seconde Faustine {Id,, 26). — Hommage des enfants alimentaires à l'empereur. {Inscriptûm de 162 ; Orelli, 3364.) - Bas-relief de la villa Albani qui représente Faustine la jeune, vers laquelle s'avance une procession de jeunes filles. Faustine tient en main un vase duquel elle verse (des grains de blé?) dans le sein de la première de ces jeunes filles. — Inscription tumulaire de Sextia Saturoina, morte à six ans et demi, ingénue, et qui recevait du blé au nom de la déesse Faustine la jeune. (Gruter, 828; Orelli, 3365.) — Il est question de Variani alumni que Matidie^ par son testament, avait recommandés à Faustine, son héritière; mais, d'après Timportance de la somme que recevait chacun d'eux (50,000 sesterces par an pour un capital d'un million de sest.), il me parait bien que c'était un acte de libéralité envers des amis, plutôt que d'assistance envers des indigents. (Fronton, JEp. ad Victorinum de hœreditate Matidiœ.) — On trouve sous Marc Aurèle dus procuratores ad alimenta (Gruter, 411,458) et des consulaires prœfecH alimentorum. (Henzen, p. 46 ; Orelli, p. 761.)

Après Marc Aurèle. — Ces fondations semblent tomber en oubli. Commode néglige d'en faire payer la rente, ou plutôt se Taltribue. Pertinax, son successeur, trouve un arriéré de neuf ans, qu'il ne peut solder pendant son règne de quelques mois. (Jul. Capitolin in Periinace, 9; v. aussi Lamprid. in Cornmodo y 16.)

On trouve cependant, sous Sévère et Antonin (Caracalla) une

mentioQ de Macrin, praefectus alimentorum (Orelli, 12S7) ; — sous Elagabaie, celle de quelques fonciioooaires pour les aliments. (Borghesi, Mém. de Vlnstit. archéol.^ I, p. 290.)

Mais les inscriplions deviennent beaucoup plus nombreuses sous Alexandre Sévère. — Nous savons, en effet, qu'il établit des pueri et puellœ MammœangB (Lamprid.) — Ulpien, sous son règne, parle de ces fondations comme jadis négligées, mais récemment relevées par ce prince : • Si quelqu'un veut léguer des aliments à des enfants des deux sexes dans la forme qui se pratiquait autrefois, qu'il sache que le règlement de ces fondations aélé donné par Hadrien et confirmé par un rescrit de notre empereur. » (Ulpien, Digeste, loco citato.) Sous Alexandre Sévère, un procurator ad alimenta. (Inscript.. Revue archéologique, 1864, t. II.)

Une dernière mention relative aux fondations alimentaires se réfère à la chrétienne Otacilia, femme de l'empereur chrétien Philippe. Ses monnaies portent: fecvnditas temporym (Une femme assise à terre, un rameau et une corne d'abondance à la main, tendant le rameau à des enfants.) — pietas âvoystab (Une femme entre quatre jeunes fîiles, dont elle tient l'une par la main) — Les inscriptions et les emblèmes de ce genre, comme on a pu le voir tout à l'heure, se réfèrent constamment aux fondations alimentaires, et le savant Eckhel juge qu*ici également ils ont le môme sens.

Au siècle postérieur, les expressions qu'on trouve sur les monnaies, piet. avg. — abvndantia. — abvndantia avg., peuvent se rapporter aux frumentations ou à d'autres actes de bienfaisance ou de piété, tout aussi bien qu'aux largesses régulières envers les enfants.

Mais CCS dernières largesses, Constantin devenu chrétien voulut les rétablir, et dans des proportions bien plus grandes, on peut môme dire excessives Par deux rescrits {Cod. Theod., XI, 27) il s'engage à fournir à l'entretien de tous les enfants pauvres, à Rome d'abord, puis dans les provinces. La multitude des infanticides, suite de la misère, comme la misère elle-même était la suite du déplorable système d'administration de Oioclétien, ne motivait que trop ce généreux élan de charité d'un prince chrétien ; malheureusement, il n'est pas d'État

qui puisse supporter une telle charge. Le droit à Vassisiance, comme on disait eo 1848, sous quelque forme que ce soit, coQstituera toujours pour un État une charge croissante et sans limites, à laquelle ses ressources ne suffiront pas.

'Fondations 'privées. — J'ai cité celle de Pline et quelques autres. Le règlement d'Hadrien prouve qu'elles n'étaient point rares. Les inscriptions parlent d'une fondation de Cœlia Macrinaqui, en mémoire de son fils Macer, laisse un million de sesterces à la ville de Terracrne, sur le revenu desquels cent enfants doivent recevoir, les garçons cinq deniers, les lilles quatre deniers par mois, jusqu'à l'âge de seize ans pour ceux-là, de quatorze ans pour celles-ci, époques où ils seront remplacés par d'autres. (Henzen, p. 17, et dans son Supplément à Orelli, 6669.)— Don fait par un proconsul aux habitants d'Atina, d'un capital pour que chaque enfant pauvre reçoive du blé, et, à l'âge où ces distributions cesseront, 1000 sesterces une fois payés. (Orelli, 4365.) - Décision de (Septime) Sévère et d'Antonin (Garacalla), qui soumet les legs de ce genre à la quarte Falcidie. (Ligest., 89, ad legem Fak, XXXV, 2.)— Nous venons de parler des pupilli Variani, filles et garçons, à qui Matidie, petite fille de Trajan, avait légué un capital de 1,000,000 de sesterces, produisant 50,000 sest. d'intérêt. Mais on ne peut guère considérer cela comme un legs dépure bienfaisance.

FONCriONNAIRBS QUI PRÉSIDAIENT AUX DISTRIBUTIONS. —

GonsixldiiTes prœfecti alimentorum (Inscr. Muratori 169. Orelli, 3366.)— Procwra^ores alimentor, (Gruter, 411.) Pertinax, avant d'être empereur, avait étëprocurator alim, in via JEtnilia. (Gapitolin in Pert., 2, 4). — Curator alim. Didius Julianus, qui fut empereur, avait rempli cette fonction. (Spartian. in IHd. JuL, 1.) — Quœstores alim. (Gruter, 344, 1092, Orelli 3366, Henzen, 6666). — Rationalis (id, 6667), defensor, œdilis, actor, arkarius (caissier), vilicuSy etc.— Il y avait de ces fonctionnaires dans toutes les régions de l'Italie, per Transpaditm, — vias FUminix, — per (viam) Salariam, Tiburtinam, Valeriam^ Tmciam^ JEmiliam, — per Histriam^ Libumiam, — ad alimenta Bruttii, Calabrisd et Apuliœ. — Hommage rendu à un de ces

436 APPBHPICE.

fonctionnaires par les enfants alimentaires des deux sexes, à leurs frais, et du consentement de leurs parents. (Inscription d'Assise. Muralori, 169 ; Orelli, 3366.) Un Minucius Natalis, consul yers 127, avait été prœf. alim. viss Flaminix, P. Mummius Sisenna, consul en 133, l'avait été per JEtniliam, (Henzen, 6498. 6499.)

M. Desvergers croit pouvoir établir par les inscriptions que cette administration était composée principalement, sous Trajan et sous les princes suivants, d'un préfet des aliments (personnage consulaire) pour toute l'Italie, tel que fut Pomponios Bassus ; d^un procurateur (chevalier romain) dans chaque région ; d'un questeur dans chaque municipe. Marc Aurèle établit dans chaque région un personnage consulaire avec le titre de préfet. C'est là une des mesures prudentes auxquelles Gapitolin fait allusion. (Desvergers. Essai sur Marc Aurèle, p. 40 et s.)

Ces libéralités finirent même par s'étendre hors de Tltalie^ On mentionne un curator aliment, à Curubis, en Afrique. (MaL fei, Mus, Veron,y 464).

Voir, sur l'inscription de Velleia, Muratori, Exemplar tabulas TrajansSy Florence, 1849; Muratori, Sposizione délia tavola Traiana \ Francke, Histoire de Trajan^ p. 380 et suiv.

Sur Tinscription de Bénévent, trouvée en 1832, Henzen, Tabula alimentaria Bœbianorum, Rome, 1845.

Sur le tout, la thèse de M. Desjardins, De tabulis alimentariis (Paris, Durand, 1854), ouvrage d'une grande étude et parfaitement complet.

ACTES DE LIBÉRALITÉ MUNiaPALB.

F. tome I«r, p. 276 et suiv. ; tome II, p. 201 et 210 ; tom. III, p. 140.

Voici quelques-unes des inscriptions qui mentionnent des faits de ce genre :

Sens Vespasim. — Grâces obtenues du prince par la cilé Va^ nacmùrwn (en Corse) par rintermédiaire d'OUcilius Sagitta. (Muratori, 1091 ; Orelli, 4031).

Sous Tihis (au plus tard). — Dix statues élevées par le municipe d'Herculanum à Nonius Balbus, à son père, à sa mère, à Galatorius, à Mummius Maximus. (Monuments d'Herculanom.)

A Pompéii, crypte, tribunal ei théâtre élevés par les deux Holconius pour «l'honneur de la colonie. » (Inscriptions de Pompéii.) — Le temple d'Isis relevé par Popidius, qui, pour sa récompense a été admis gratis au nombre des décurioas. (Ibid,) — Un lieu de réunion {schola)Qi une horloge, par lesduumvirs Sepunius et Herennius. (Ibid.) — Obsèques et statue équestre décrétées à Scaurus. (Ibid.)

Sous Trajan, — A Gasinum, amphithéâtre et temple bâtis par Ummidia Quadrata. (Orelli^ 780.) C'est elle dont parle Pline, (Ep. VI, il, VII, 14.)

A Géré, un phretrium (lieu de réunion) pour les prêtres d' Auguste, par Ulpius Vesbinus, affranchi de Trajan. Il y ajoute encore un autel pour le Génie de la colonie. (An 114. Gruter, 214, 215,- Orelli, 3787, 3788.)

En plusieurs lieux, construction de riches édifices. (Ëpict. apiui Stobasum.) — Trajan interdit Fusage de réunir, pour les toges viriles, mariages, etc., le sénat et les citoyens au nombre de plus de mille en un repas suivi d'une distribution (dianome) d'un ou deux deniers par tête. (Pline, Ep, X, 117, 118.)

Puissance des rhéteurs et leurs bienfaits, Yoy, ci-dessus 1. 1, p. 273 et suiv.

Libéralités de Pline envers la ville de Côme : — Rente de 30,000 sest. pour élever des orphelins. — Don de 10,000 sest. pour une bibliothèque. —Repas au peuple. — - Reconnaissance d'un legs de 400,000 sest. qu'il pouvait, en droit, se refuser â payer. (Pline, Ep., IV. 1 ; V, 7 ; Vil, 8; IX, 39 ; X, 24). — Deux temples restaurés sur ses terres. (Ep )

— Voy. iDScriptioas de Milan. Gruter, 454 ; liuratori, 832 ; Orelli, 1172. Pline avait donné en tout U100,000 sest. USp., V, 7.)

Fabatus, aïeul de sa femme, établit un portique sous le nom de son fils, et promet une somme pour l'ornement des portes (de Côme ?). W., V, 12.

Sous Hadrien.— A Bénéyent (?), quadrige élevé en rhonneur d'Hadrien, et distribution d'argent faite au peuple par Octayios Modestus. (Gruter, 444.)

A Saldae^ en Afrique, deux frères, Gornelii Dextri, plaœnt dans un temple des statues de leur grand-oncle. (Renier 3516.)

A Tusculum, statue érigée à M. Pontius Félix ob irmocentiam et adsiduUatem cœterasque adminieirationes ejus (en 131). (Henzeo, 6696.)

A Gorfinium, bains construits par un citoyen. (Henzen, 6625.)

Bienfaits des rhéteurs grecs envers leurs villes natales ; honneurs qui leur sont rendus. V. ci-dessus, t. Il p. 34, 35.

Sous Antonin, — Voy. t. Il, p. 209-211, à la note, où je cite douze inscriptions de Bovilles, Géré, Fossombrone, Triesie, etc., en Italie; Lyon, Mopsueste, etc., dans les pro^ vinces, etc.

A Lyon, un fils admis audécurionat dès T&ge de quatre ans, probablement à titre de récompense pour son père. (Henzen, 7009.)

A , un citoyen honoré du biseUium, des privilèges du

duumvirat, du décurionat gratuit pour son fils, et d'une concession d*eau dans sa maison {ui aquas digitus in domo e;ttt ftueret). Orelli, 4047. A Trieste, inscription citée plus haut (t. II, p. 216). Orelli 4040. Henzen, 7168.

Sous Marc Avréle, (V. la note ci-dessus, p. 246.)

Don de 15,000 deniers fait par un citoyen au eoUége des Ccn- •tonarii pour célébrer, avec le revenu, la naissance d'Auguste;

plus 7,000 deniers, dont la reate doit payer des combats au pugilat, et 11Q doQ d'huile au peuple.

DécisioQ de Marc Aurèle et de Yerns au sujet des pro* messes de travaux publics (pollicitationes) faites par des citoyens. Elles sont exigées avec rigueur, môme en cas d'absence, d'exil, de diminution de fortune. Dig. S,iide pollieikU. (L, 12.)

Soti5 Septime Sévère. — A Diana, en Afrique, don de 10,000 sest. outre la légitima (somme qui était due légalement par le citoyen revêtu de certains honneurs) (an 197). Renier, 1726. — Une statue, outre la légitima (an 201). Renier, 1730. — De même, 6,000 sest. (1735.) — Promesse de 2,000 portée à 3,000. (1739).

—A Rusucurrium, un citoyen a démoli sa maison pour bâtir on temple (1070).

— A Cirta, G. Sitius a payé 20,000 sest de nanma honora" ria. Renier, 1032.

— A Lambssa, restauration d'un septizonium. (Ibid. 78.) Décision de Sévère au sujet des pollicitationes, i). 6, § 2 et 3;

7,9 depollicUat. (L. 12.)

Sous Alexandre Sévère, — A Auzia, en Afrique, un citoyen, appelé au duumvirat, reconnaissant de l'affection que le peuple lui a témoignée, donne, outre la légitima, une exèdre avec une statue et sa base. (Renier, 3569.)

Sous Mascimin, — A Tbamugas, en Afrique, un citoyen, outre la légitima^ donne une statue qui coûte 16,000 sest, et des jeux pour la dédicace de cette statue. (Renier, 1506.)

Époque incertaine, — Distribution de billets gagnant or, argent, étoffes précieuses, (Orelli, 3994), — de pain, — de vin,— d'huile. — Frais faits pour les spectacles, oh prœdpuam ejus in edendis spectaeulis liberalitatem, (Insc. de Die, en Dauphiné Gruler, 484.) — Réparation des thermes d'hiver. — (Olricolî, Marini Atti dei ft, Arv, 576.) — Une biga (char triomphal) érigée au duumvir Ancharius à cause de ses largesses sans exemple, parce qu'il a donné huit fois des speo-

430 kt9mmes.

tacles de gladiateurs, produit trente paires de gladiateurs, donné des chasses, élevé des statues, temples, autels an génie du muDicipe ou de la corporation^ etc.

Fondations annuelles de sacrifices funèbres (Orelli, 4076), de repas funèbres et distributions d'argent à raison de 600 sest. par an (4414), — de dépenses à faire pour le corps des Avgustaies ^ assurées par le don d'une Tigne et d'un capital de 10,000 sest. (Or., 3678), -^ de fêtes en Tbonoeur d'Auguste, moyennant la rente d'un capital de 15,000 deniers, ^ de combats du pugilat et de distributions d'huile au peuple, au capital de 7,000 deniers, etc. Un décurion (pour rendre grâce de sa nomination comme flamine) construit un marché avec 50 boutiques et des portiques à double étage. —(En Pannonie, Corpus Inscript, latinar. lit, 3288). — Un autre construit un marché avec des colonnes (Mommsen.Inscrtp*. i\Vapo/.4943).— Distribution de vin et de gâteaux, {Ibid. 4886). Un personnage lègue une somme à son municipe à la condition que ses affranchis seront dispensés du paiement des charges du sévirai. (En Espagne. Id. Il, 4514.) Un habitant d'Atina lègue à sa ville 40,000 sest. Inscript, Neapol 4546. — A Lyon, jeux du cirque donnés aux frais d'un magistrat (Orelli, 4020).— A Périgueux, un aqueduc {Id, 4019).

Ces libéralités avaient lieu quelquefois sur la demande du peuple (petente populo). {Corpus Inscript, latinar. II, 2100.)

Libéralités des femmes : Portiques, statues, temples. — (Mommsen. Inscript. Neapol, 2459). — Pudenlille donne à sa ville natale 50,000 sest. pour le mariage de son fils. (Apulée, De magia, 88.) —Inscription en l'honneur de « Gaesia Sabina qui, seule entre toutes les femmes, a donné un festin à toutes les mères, femmes et filles des centumvirs, ainsi qu'à toutes les femmes de tout ordre du municipe et de plus au jour du festin et des jeux céléhrés par son mari, leur a donné un bain avec l'huile gratuite. — Ses sœurs très* reconnaissantes. » Orelli

HONNEURS ACCORDÉS PAR LES VILLES : (en 242) Titre de patron offert, même à une femme que l'on supplie avec de grands

APFGNblÊR. 131

éloges de Tonloir bien «admettre la cité dans la clientèle de sa maison i» (Or., 4037).- Statue équeslre^Jorée (Orelli3744, 4040, 4041). — Statue et sckola à une femme, oh pudieitiam, 4042 (an 208).— Décurionat gratuit. 4037-4047.— Sévirat gratuit (on dit d'un des convives de Trimalciom gratis sévir foetus est, Pétron. 57). ^ Bisellium, siège d'honneur dans les spectacles ou festins publics. 4043, 4044-4046 (an de J.-G. 26). - Dignités d'édile, de duumvir, d'augustal, sans en avoir rempli les fonctions. 4049. — Lieu de sépulture et frais funéraires. 40344051. — Statues équestres ou pédestres, statues ou boucliers d'argent. Ibid, —Exemption de Timpôt municipal. 4046. — Statue équestre élevée à un homme qui s'est offert pour être quatuorvir. 4039.— Funérailles publiques. (Pompeii, 4050. Brescia, 4031). — A Pampelune, funérailles publiques, avec bouclier d'argent et deux statues, équestre et pédestre. (Or. 4052.)

Dans la seule colonie deKalama, en Afrique : A Rusticianus, mnocentias gravitatis et verecundiœ antistiti. Renier, 2756.) — A un autre, ob mérita et mtmificentiam, — (Ibid. 2755). — Statue de 7,340 sest., au lieu de 5,000 seulement qui avaient été promis (2757). ~ Statue léguée de 5,000 sest., acquittée pour 5,640. — Due femme donne 400,000 sest. pour un théâtre. On lui vote cinq statues et une à son père. 2764, 2765.

A Tipasa : M. Cocceio.... ob insignem erga remp. amorem et defensionem quam patrie et civibus exhibet. Renier,

A Icosium : P. Sittio pro fUio pientissimo honore recepto t'mpensam remisit. {Ibid., 4052.)

A-Gartenna, une statue par souscription à Fulcinus, qui a repoussé les Baquates, « honneur qui n'avait encore été fait à personne. » 3852.

A Diana, hommage rendu od^ocatoretp. fidelissimo. (Au temps de Septime Sévère. Renier, 1736.)

Un homme donne 50,000 sest. pour l'honneur du bisellium, à Pise. 4048.

Il y avait quelquefois émulation entre la cité et son bienfaiteur. Lanuyium vote une statue équestre à : on patron, et celuici, le jour de la dédicace de cette statue, fait dans la ville une distribution d'argent et donne à la curie des femmes un repas double, {eptUum duplum, Orelii^ 3740.)

DES SÉPULTURES JUDAÏQUES ET EN PARTICULIER DES CATACOMBES JUIVES RÉCEMMENT DÉCOUVERTES.

(F. tome II, page 85 )

Des sépultures judaïques datant de Tempire romain ont été trouvées en plusieurs contrées: —à Gapoue, avec le titre d'ARcosYNAGOGVs (Henzen. 6144), — àBrescia : brixianar. matri SYNAGOGARVM (Gruter, 323), — à Sétif, en Afrique : avilia

ASTK IVDAEA M. ANILIVS JANVARIVS PATER SYNAGOGAB FIL. DVL-

dSSiMAE. (Henzen, 6145), - à Girta (Coostantine) : pompbio RESTVTO IVDAEO POMPEIA GARA. (Renier, 2072). —Une inscription de Naples parle d'une captive de Jérusalem qui supplie qu'on n'ajoute à son tombeau aucun ornement contraire à la loi de Moïse :

(cl) avdia aster (ni) erosolymitana.

(ca) ptivacvram egit.

clavdivs avg. libertvs *.

cvsvs rogo vos fac

(prae) ter LEGEH NEQVIS (mi) ni titvlvm efficiat cv (ra)m agatis vixit annis

(Ilenzeo 5302.)

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