Affranchi de Tibère, de Claude ou de Néron
Mais ces sépultures se trouvent principaiement à Rome, où était plus grand le concours d'étrangers de tous pays.
En 1602, Bosio découvrit sous la voie Portese des sépultures réparties dans deux chambres souterraines très-analogues à celles des catacombes chrétiennes. Il y avait un grand nombre d'inscriptions.
Dès le premier abord, ces sépultures ont pu être distinguées des sépultures païennes, et reconnues comme juives par les formules constamment répétées: enqaae kkïtai (ci-gît), et en EiPHNH H KOiMHZls AYTOY (que son sommeil soit en paix. In pace in id ipsum dormiam et requiescam^ dit le Psalmiste) ; par le titre fréquemment employé de père ou mère de la synagogue (nATHP ztNArûrûN *),d'archisynagogue, et d'autres qui rappellent les synagogues * ; par les titres de rabbin (hashthz zo^oN), d'ami des commandements («lÂENTOAoz; le Psalmiste (CXVIII, 48, 127, 166) dit : Mandata tua dileœi) ; par les emblèmes de la palme, de la corne de cerf (ou vase à boire, rhyton) et surtout du chandelier à sept branches.
La plupart des épitaphes sont en grec. Une seule fois, après un nom écrit en grec, figure le mot paix, en hébreu. Parmi les épitaphes latines, il en est une qui mérite d'être citée, parce qu'elle atteste la liberté du prosélytisme judaïque:
BETURiA paulla F. {Felix ? OU peut-étre PaullsB filia ?) domi
ABTBRNAB QUOSTITVTA QUAE BIXIT AN. LXXXVI MBSES VI PRQ- SBLITA AN. XVi NOMINAE SARA MATER STNAG06ARVM GAMPI ET BOLUMNi (Volumni) b. en IRBNAE AT GYMESIS AYTIS (h dp-kni i wiyoKfKi aÔTT&ç) Fabretti, 465 ; Orelli, 2522.
Voilà donc une Romaine convertie depuis seize ans, ayant reçu à son Initiation le nom de Sara, devenue mère de la synagogue et qualiflée sans crainte de prosélyte.
2. Ce titre se retrouve dans d*aulreB inscriptions. (Voy. ci-dessus, et de plus Muralori, 1044-1713), et dans le Code Théodosien, XVI, 8.
2. Entre autres un Zozime, de son vivant, membre de la synagogue d'Âgrippa, AlA BlOY SrNirOTHZ ArPinnHZIÛN ; un Julianos, prêtre en chef (fEPRTZ APXûN) ; des.,.., fils de l'archisyoagogue.
Ailleurs, à Pola, en Istrie, (Gruter, 721 ; Orelli, 2523), on lit REUQiONi IVDAIGAE MBTVBNTI ; les expresstODS metuens, tùnens Deum, 9c;3op<yoç, dans le langage de l'Ancien et du NouTeau Testament, désignent les prosélytes, surtout les prosélytes de la porte qui n^avaient pas reçu l'initiation complète. V. les citations Rome et la Judée^ ch. IV, note.
A Capoue, arce synagogi, (Henzen 6144); — à Sétif, pater synagogx |id., 6145},— à Rome, Asaphat, juif de Tarse, cbassé de son pays ob grandem nummum (à cause de sa grande fortune?) demande que personne n'entre dans son sépulcre jusqu'à ce qu'il ressuscite (Orelli, 4724, qui doute, il faut le dire, de Tauttienlicité de Tinscription); — à Narbonne, on trouve aussi des inscriptions hébraïques, mais d'époque postérieure (Leblant). Enfin, une découverte récente est venue compléter ces résultats, et fournira, on peut l'espérer, des lumières de plus en plus abondantes à la science.
Dans la yigne Randonini, située à gauche de la route actuelle et de l'ancienne voie Appia, un peu avant d'arriver à Saint-Sébastien qui est à droite en venant de Rome, on a trouvé une vaste catacombe, analogue, sous tous les rapports, aux catacombes chrétiennes, mais témoignant, chez ceux qui l'ont creusée, de beaucoup plus de richesse et de liberté. Les corridors sont plus larges et plus élevés ; l'ornementation des eubicula est plus riche; il y a même des restes de dorure en plusieurs endroits; l'ornementation des eubicula est, sinon d'un goût parfait ou trôs-sévère, du moins très-recherchée et analogue aux peintures païennes les plus riches. Les sépultures sont moins pressées que dans les catacombes chrétiennes. Dans le plus grand nombre des tombeaux, le tuf a été excavé pour placer le corps parallèlement au corridor, et le corps était séparé du couloir par une paroi en briques revêtue d'un ciment très^ur (à peu près comme dans les tombeaux chrétiens). Mais, dans quelques tombes, l'excavation a été pratiquée perpendiculairement par rapport au corridor. Cette disposition obligeait à faire l'excavation plus grande, afin de pouvoir introduire le corps et placer la pierre sépulcrale, ce qui indique que l'espace et le temps ne manquaient pas.
Il est impossible de méconnaître le caractère judaïque de ces
sépultures. Ainsi, le candélabre presque partout; quelquefois le bœuf, la poule et ses petits, le paon (ou le phénix en signe dUmmortalité, comme chez les chrétiens) ; les formules embaAe KBrrAi..., EN EiPHNH KOiunziz . zoY saus cesse répétées, le titre d'archisynagoguc, etc. L'ornementation des cubictda a bien une certaine saveur semi-palenne, beaucoup plus poétique que biblique; on n'en a pas écarté, comme Teussent fait des juifs sévères, toute figure d*hommes ou d'animaux : mais on sait assez que le sadducéisme, dominant dans beaucoup de synagogues hors de la Terre Sainte, tendait à se rapprocher du paganisme. On voit par Josèphe combien, môme en Palestine, les Hérodes avaient peu craint d'accepter les habitudes, et en particulier les habitudes d'ornementation païennes.
Les épitaphes sont en grec plus souvent qu'en latin, quelquefois en lettres grecques et en langue latine, ou réciproquement, ainsi qu'il se voit dans les tombes chrétiennes. Mais le grec est plus dominant dans les sépultures judaïques.
Enfin, à l'entrée de ce souterrain, était construit un vaste bâtiment qui, sauf le toit, est debout presque en entier. Ce bâtiment était une synagogue qui donnait d'un côté sur la voie publique, et qui, de l'autre, ouvrait un passage vers les souterrains. Il contient lui-même des restes de sépulture, et il parait probable que, l'hypogée se trouvant rempli, on aura commencé à enterrer dans la synagogue. On voit, en effet, des murs qui paraissent avoir été surajoutés en avant des murs latéraux, et entre deux des traces de sépulture. Un mur qui coupait en deux la synagogue dans sa longueur (pour séparer les hommes et les femmes ?) a été creusé dans son épaisseur, et présente lui-même plusieurs étages de sépultures.
On ne peut s'empêcher de rapprocher ces traces du culte judaïque des indications si curieuses données par Juvénal dans sa troisième satire, où il parle de la fontaine d'Égérie et du temple des Camènes qui en est voisin, lesquels, dit-il, sont loués à des juifs :
Nunc sacri fontis nemus et delubra locantur.
JudsBÎB, quorum copbinuB fœnumque supellez.
Ergo omnis populo mercedem pendere juBsa est. Arbor, et ejectis mendicat Btiva Gamaenis.
Il est curieux que cette synagogue juive nouyellement découverte se trouve à deux pas des lieux que Topinion généralement reçue jusqu'à présent appelait vallée d'Ëgérie, temple ou source d'Ëgérie, temple des Gaménes.
Je dois avouer, il est vrai, que l'opinion d'archéologues plos modernes place la vallée et la source d'Ëgérie en dedans de l'enceinte actuelle de Rome, vers le lieu où est aujourd'hui Saint-Sixte. V. Nibby, t. II, p. 650 et s. Cette opinion s'appuie sur les régionnaires, sur plusieurs passages des anciens qui rapprochent la vallée d'Ëgérie de la porte Capénc, et principalement sur le passage ci-dessous de Juvénal, où il indique le même voisinage.
Substitit ad yeteres arcus madidamqae Capenam Hic ubi DOcturnaB Numa constituebat amicœ.
Et plus loin, indiquant le voisinage de la voie Appia,
Sed jumenta vacant : et sol inclinai; eumdum esr, Nam mihi coDamôta jamdudum mulio virga Innuit.
La scène se passe donc tout prés de la porte Gapène et en vue de la voie Appia.
Je n'en indique pas moins, pour valoir ce que de raUùn, ce voisinage entre une synagogue juive et une nymphe Ëgérie quelconque.
Mais ce qui me parait plus important, c'est le rapprochemeot entre ces catacombes juives et les catacombes chrétiennes. Non-seulement la comparaison des unes aux autres atteste quelles étaient, au ii« et au iiP siècle, la richesse et la liberté de la nation et du culte juif en face du christianisme pauvreet persécuté ; mais, de plus elles indiquent que le mode d'inhumation souterraine pratiqué par les chrétiens n'était pas pratiqué par eux seuls. Les juifs d'abord ; peut être aussi des hommes d'autres races (œmmc les Égyptiens) qui ne brûlaient pas les morts*; beaucoup de familles romaines qui (comme les Scipions et toute la gens Comelia) inhumaient aussi leurs morts ; beaucoup de personnes qui (comme Abascantius dans Stace, Sylv. y, 1) ne pouvaient se décider à détruire par le feu des restes bien-aimés, ont dû adopter le même usage. Le tom-
beau des ScipîODS est un bypogée creasé dans le tuf. Des couloirs souterrains creusés dans le tuf, sans grands frais et sans qu'il fût besoiu de maçonnerie; des excavations, également pratiquées dans le tuf, à droite et à gauche de ces couloirs, pour y placer les morts, constituaient un mode de sépulture à la fois décent, économique et moins exposé aux injures des passants. Cet usage une fois publiquement admis^ on conçoit davantage qu'il a été facile aux chrétiens de creuser ces immenses galeries où ils ont déposé des milliers de morts. Il suffisait que le terrain appartint à l'un d'eux ; ils n'avaient besoin ni de dissimuler toujours leur travail, ni de dissimuler habituellement l'entrée de leurs catacombes, qui pouvaient passer pour des carrières, si l'on veut, mais souvent aussi pour des lieux de sépulture, juifs, ou même païens, en tout cas protégés par la loi morale et la loi civile. Il suffisait que les païens n'eu sussent pas la nature ni l'étendue. Je me borne à cette réflexion, et je ne doute pas que la nouvelle découverte, quand elle aura été étudiée, n'ait des résultats féconds pour la science. Le savant commandeur Visconti, à l'obligeance duquel je dois de l'avoir connue, comme je dois à ses lumières de l'avoIf mieux comprise, ne manquera pas de rendre à la science ce nouveau service.
DU DROIT d'ASSOCUTIOR DANS L'EMPIHE ROMAIN.
(F. tome II, page 200 et suiv.)
On peut voir, sur ce sujet, dans le Digest., les titres: Otiod cujuscumque imiversitatis, (III, 4); De collegiis et corporibus (XVII, 22), loi 5, § 12 ; De jure immunitatis (XL, 6) ; la dissertation du savant Mommsen, Le collegiis et sodalitiis (Kiliae
Quant aux inscriptions, voy. Orelli, 4054 et s. Cette série d'inscriptions indique soixante-treize professions formées en corporations dans vingt-trois villes difl'éretites
Inscriptions qui portent une date : collège d*EscQ]ape et d'Hygie (insc. de Tan 153, Rome, Orelli, 2417). — Édification sur le forum romaia d'une schola (lieu de réunion) pour les scribes, copistes et crieurs publics, par trois personnages successivement curateurs du même collège. Un d'eux est affranchi d'un empereur appelé Drusus (peut-être Claude). C'est cet édifice que les régionnaires appellent Schola Xantha. V. Nibby Roma antica, t. II, p. 121. — Don fait au eolUge de Silvain de fonds de terre sur le revenu desquels il sera fait des sacrifices aux jours de naissance de l'empereur Domitien et de sa femme Domitia, avec un repas pour les membres du collège, par L. Domitius Pbaon (affranchi de Néron, je suppose), ((ruarini. Fort monument., Naples, 1835, et Mommsen, p. 116). — Le sacré synode (cipa ffuyo3oç) d'Hercule (athlètes) privilégié par Hadrien et par Antonin (Falconieri, Notse ad mscripi, atMetic). — Hommage des corporations des pistores, fabri^ lignarii^ scabillarii^ etc., à l'empereur Antonin et à Faustine sa femme. ( Années 139, 140). (Gruter, 255, 261 ; Henzen, 7421) — Leur part à la reconstruction d'un temple avec l'énumération de leurs quinquennaux, de l'an 140 à l'an 172 (Gruter, 126, 127). — Plainte des magùtri du collège de Jupiter Cernenius qui, de cinquante-trois membres, s'est réduit à dix-sept : a Personne ne paye plus; ils ont rendu leurs comptes et n'ont plus de fonds. Ils avertissent ceux qui mourront de ne plus compter sur les obsèques antérieurement usitées. • (An 167, tablettes de bois recouvertes de cire, trouvées en Hongrie, Henzen, 6087). — Hommage du collège des orfèvres à Marc Aurèle (an 163) ; — des scabillarii au même (an 161) id. 7421. — Collège de Silvain Aurelianus (gladiateurs) en 177 (Orelli 1566).
Longue et curieuse inscription d'un collège composé en grande partie d'esclaves, érigé en l'honneur de Diane et d'Antinous (an 133), et pour la sépulture des morts: Cotisation de 100 sest. et d'une amphore de bon vin, comme entrée, plus 5 as par mois. — Pour chaque membre qui meurt ayant payé sa cotisation, funérailles de 300 sest., sur lesquels 50 seront distribués aux assistants. — Pour ceux qui meurent à plus de vingt milles, on envoie trois délégués avec 20 sest. pour frais de route. — Si le corps de l'esclave mort est refusé par son maître,
00 lui fait des obsèques eu effigie. ~ On n'en fait pas aux suicidés. — L'esclave qui est affranchi doit au collège une amphore de bon vin. — Le magister élu doit donner un souper à son ayènement. — Six repas solennels dans Tannée en l'honneur de Diane, d'Antinous et du patron du collège. — Pour ces repas, les magisiri cœnarum doivent fournir une amphore de vin et des pains de deux as pour quatre hommes. — Les chefs et officiers du collège ont une part double ou une part et demie. — Celui qui a une plainte à faire doit la faire dans les réunions ordinaires, pour « qu'aux jours de festins nous soyons gais et contents. » ~ Amendes pour contraventions ou injures : 4, 12 et 20 sest. — Ofirandes faites aux dieux dans tous les jours solennels. — Il est impossible de ne pas reconnaître plus d'un rapport entre cette hètairie païenne et les Agapes chrétiennes. En léte on Jit cet avis : tv qvi novos in hoc collegio intrare
VOLES PRIYS LEGBM PERLEGB ET SIC INTRA NE POST MODVM QVERARI8 AVT HEREDE TVO CONTROVERSIAM REUNQVAS. (Inscription trouvée dans les bains de Lanuvium en 1816. Henzen, 6086.)
Inscriptions d'époque incertaine. — Collège de Silvain, à Rome ; don qui lui est fait par Julia Monime, d'une schola (lieu de réunion) et d'un portique dans un terrain sur la voie Appia. (OrelU, 4974.)
Collège des dendrophoriy fabri centonarii^ du municipe de Sassino. — Legs fait par Getrania Severina, de 6,000 sest. pour le revenu en être employé en distribution d'huile aux membres du collège. (Gruter, 322.)
Collège des pécheur» et plongeurs^ à Rome. ~ Don fait par le patron du collège, de 12,000 sest., pour le revenu en être employé en spectacles annuels; plus, don d'une petite statue d'argent du poids de trois livres; et, à l'occasion de la dédicace de cette statue, distribution de 35 sest. par tête aux quinquennaux, de 25 aux curateurs des eaux, de 70àla plebs (du collège), (Gruter, 254.)
Collège des Mensores machinarii, — Turius Lollianus ordonne que, sur une somme léguée, ce qui excédera les frais de ses
funérailles appartienne à la res publica (du collége\ et que les intérêts en soient employés à lui faire, au jour de sa Daissanœ, un sacriGce annuel de 25 deniers, une parentation (cérémonie funèbre) de 12 (deniers ou sesterces ?} et une dépense de roses de 5 deniers. (Orelli, 4107, 4420.)
Grand nombre d'inscriptions tumulaires dédiées à un eo/lègue par les membres de son collège^ — par les fabricenses de la Tingl-cinquième légion (Orelli, 4079), — par le collège de Foligno (W., 2409), — par celui des jtanentarii de la porte Vecellio, à.... (Marini, Atti dei Frai. Arv,, p. 772), — • des prapgustatùres (Muralori, 528), — des fumatores (Orelli, 5044), — des lanarii pectinarii (Orelli, 4207), — de la maison de Sergia Pauiina (collegium majorum coUegiumque minorum quae sunt in domo SergUe L. F. Paulinse) ; — quatre inscriptions (Orelli, 4938} des adorateurs des divers Hercules (Orelli, 2399, 2400, 2405), — des adorateurs de Saturne (Muratori, 111), — des jtanentarii de la porte Gallica (fondant un lieu de sépulture commun pour eux, leurs descendants, femmes et concubinœ, (Orelli, 4093.)
Les villes dans lesquelles on trouve des vestiges de ces corporations sont, entre autres, en Italie : Rome, Ostie, Modéoe, Pisaurum, Paieries, Ilicum (Lerico, près de Sarzane), Forum Sempronii (Fossombrone) , Reale (Rieti) , Milan, Anagni. Ameri», Brixellum, Foligno, Lanuvium, Ferrare, Côme, Vérone, etc. ;
En Gaule : Lyon, Cavaillon, Arles, Dijon, Cologne, Mayence, Paris ;
En Pannonie ou Dacie : Karlsbourg ou Alba Julia : Alburnum majus (Temesvar). (Murat^ 531. — Toy. Henzen, 6087.)
En Istrie, Pola, etc.
Les professions auxquelles elles s'appliquent sont très-nombreuses. Professions relatives à la navigation : — nautœ, navicularii. On connaît la célèbre inscription des nautœ Parisiaei (Orelli, 1993); à Lyon aussi, nautœ Rhodanid (Orelli, 4110) ; et Àrarici (de la Saône); de même à Ferrare, à Côme, à Arles, à Vérone et sur le Rhin, etc.; — caudicarii, canotiers (Orelli, 4072); — bateliers, scapharii (Id., 4109) ou lenimcularii (W., 1300, 154; Henzen, 6029) ; — ratiarii, fabricants de radeaux ; — sabur-
rarii, qui chargent les narires de sable pour les lester (à Rome* sous Marc Aurôle, Orelli,4116); — pécheurs, pfccaforcr,— plongeurs, urinatores; — plongeurs avec des outres, utricularii; — constructeurs de navires, fabri navales ou naupagix.
Au bâtiment : — fabri, — fabri tignarii, charpentiers, — faJm lignarii, menuisiers, — pavimentarii, paveurs (Orelli, 4114), — dendropJiori. (Orelli, 4109 et alibi passim. C'était une corporation spéciale de charpentiers placés sous le patronage d'Hercule), — marmorarii ?
Aux subsistances : — pécheurs (Orelli, 4109, 4115) ; — chasseurs (Murât., 531);— marchands de sel, salarii (Marini, p. 294);
— ouvriers des salines, salinatores (Orelli, 749) ; — boulangers (Gruter, 81);— siliginarii, (pâtissiers?)— cuisiniers (Gardinali, Dtptom., 410) ; — vendeurs d'huile (Orelli, 4109) ; — pâtres ou bouviers, pecuanï (Orelli, 414); — négociants en vin {Id., 4109) ; commerçants en blé, frumentarii (leH.), — en huile (olearii).
Au vêtement : — foulons, — cardeurs de laine, lanarii carminatores, sive pectinarii (Orelli, 4103, 4207), — baxiarii, fabricants d'une certaine chaussure appelée baxeœ ; — bapki pwrpuratures (teinturiers en pourpre) ; — sutores, cordonniers ; — sagarii^ fabricants de vêtements appelés sagum; — ouvriers en Hn; — marchands d'étoffes, negotiatores linteariat et vestiarim.
Aux parfums: —pastillarii (Murât, 527); --aromatarii (Orelli,
Mobilier : — fabricants de bancs ou d'escabeaux, seabellarii^
— d'échelles ou d'escaliers, scalarii (Orelli, 4071), — de coussins, soliarii, — de vases, vasicularii.
Métaux: — ouvriers en cuivre et bronze, œneatores, œrarii;
— doreurs, aurarii ; — batteurs d'or, bractearii inaurati^ — forgerons ou serruriers, ferrarii ; — orfèvres, aurifices annu" larii.
Soin des animaux : — muletiers, — ^niers (Mommsen, biseript. 1391) ; — jumentarii, conducteurs (de bétes de somme- (Marini, p. 775) ; — marchands de fourrage, fœnarii (Fabretti, Col. Traj.^ p. 251) ; — marchands de bestiaux pecuarii, pabur larii.
Guerre : — Armuriers, fabricenses; — fabricants de machines de guerre, balUtarii (Douati, 511).
Industries diverses : — aquarii^ porteurs d'eau? (MommseD, bise. R. N,, 744); — sacomarii, chargeurs?; — arenarti^ marchands de sable (Murât., 511) ; — argentarii^ banquiers ou changeurs; — mesureurs pour le blé, pour les machines, mensores fhimentarii, machinarii (Orelli, 4109, Henzen, 7194) ; — copistes, librarii; — ciriers, cerarii; —- chiffonniers, centcnarii (Orelli, 4071, et <Uibi passim).^c(marii,^rnagnarii,-^sal(mi.{Id. 4074).
Commerce en général : — corporation des citoyens romains qui font le commerce à Mitylône (Orelli, 4111). — Ailleurs mercatores paedagogi ?
Professions libérales : — médecins (Fabretti, p. 232, 610).
Service des jeux : — lusus juvenum^ juvenes, collegium juventu- <t5, sodales juvenum, par suite des jeux juvénaux institués par Néron (Orelli, 498 et ailleurs) ; — mimes (Id. 2625). — Athlètes réunis au nom d'Hercule (Falconieri cité plus haut). — sealnllarii, accompagnateurs (Muratori 529. Dom. VIII, 39, 42). — scœniei (acteurs, Orelli 4196). — aurigatores, (cochers du cirque, Gruter, 337 et s.). — gladiateurs (Orelli, 1566).
En dehors de l'industrie : collèges ou décuries de scribes, viateurs (huissiers), afif^anchis, esclaves publics, chevaliers, gardiens du Trésor? (œrarii sodales); — crieurs publics, (pr»cônes) ; crieurs au Forum? rogatores a Foro ;— copistes, {librarii,) (V. ci-dessus); - vétérans, etc. (Orelli, 4109); - joueurs de cor, d'instruments à cordes, trompettes, (liticines, comicines^ fidicineSy etc., etc.)
A ces collèges, il faut ajouter les collèges purement religieux, comme celui d'Esculape et d'Hygie, celui de Diane et d'Anli* nous dont il vient d'être question, et les tpa^i ou Oiaoroi, si fré quents dans les villes grecques, qui étaient des conflréries religieuses et en même temps des sociétés de secours mutuel. Elles portaient le nom du dieu qu'elles vénéraient particulièrement. Voyez les recherches de M. Wescher qui a recueilli ^rand nombre d'inscriptions de ce genre à Lindos, Rhodes (il
trouve la meotioa de 19 de ces sociétés dans Ille de Rhodes et les lies voisiaes), Symé, Ghalcé, Théra, Soaodos, Chypre, etc. ( V. la Revue Archéologique 1864, t. Il, p. 460, - 1865, t. II, p. 214, — 1866, t. I, p. 437. ) — Chacune de ces sociétés avait un grand nombre de dignitaires dont Tensemble formait le xX^poç (clergé). Les femmes en faisaient partie, et étaient sous la direction spéciale d'une 7c/9o<j»ayc9Ta. Ces associations, très-anciennes dans la Grèce, duraient encore à l'époque romaine.
Dans l'occident de l'empire romain, la constitution intérieure des collèges est en général calquée sur celle des municipes, qui elle-même reproduit, à beaucoup d'égards, l'ancienne constitution de la république romaine. — A la place des consuls ou, dans les municipes, des duumvirs, il y a dans les collèges deux magistri élus tous les ans, — d'autres fois, des quinquennales élus tous les cinq ans comme les censeurs (selon cette différence d'organisation, les inscriptions datent ou par année ou par lustre) ; — en outre, des curateurs (nommés comme ceux des villes par le pouvoir public?), — des questeurs. Tous ces dignitaires forment l'ordre supérieur ( ordo)^ comme la curie dans le municipe, ou le sénat à Rome. Le reste s'appelle plebs, et tout l'ensemble de la corporation populus ou respublica. Il y a enfin des officiers inférieurs, scribae, viatores^ etc. (V. Gruter, 126; Orelli, 2417, 1625, 1115).
Quant à la situation légale des collèges, nous la trouvons trèsbien expliquée par M. Mommsen, dont la thèse est spécialement juridique :
D'abord, du principe posé qu'il n'y a pas de collège sans autorisation légale , il ne faut pas conclure que toute réunion était de droit illicite dans Tempire romain. Jamais, je crois, avant la législation française de 1810, on n'a posé en règle que le simple fait de la présence corporelle d'un certain nombre de personnes en un même lieu est un délit contre la sûreté publique. Dans le droit romain, la simple réunion, quand elle n'a pas le caractère d'attroupement tumultueux ou nocturne, n'est atteinte par aucune loi. Il y a plus, l'association constante et habituelle est elle-même licite; mais elle ne peut pas, sans unç
444 APPRN0ICE ,
concession de ]a loi, du sénat ou du prince, acquérir le jus sonsB^ devenir imiversitas, corpus^ c'est-à-dire avoir une propriété ou une caisse commune, un syndic qui la représente en justice ^ Encore moins peut-elle sans une reconnaissance légale devenir eollegium. Ce qui distingue le collège, c'est la perpétuité ( causa perpétua ) . Il existe par lui-même et indépendamment d'aucun de ses membres. Tandis que la société civile (soeieias) est, sauf stipulation contraire, bornée à la vie de ses membres, le collège est constitué pour durer toujours, quel que soit le nombre de ses membres, et peut être complet entre les membres nouveaux venus comme il Tétait entre les fondateurs. Societas,jiollegium, civitas, sont trois termes différents, et trois degrés de l'association humaine. La societas est res privata. Le collège a déjà un caractère public, il est res publica ; c'est un État dans l'État ; il a juridiction sur ceux qui se sont associés à lui. Enfîn \^ civitas (le municipe, la commune), est res pubUea au plus haut degré; elle a, comme telle, juridiction et sur tous ceux qui lui appartiennent par la naissance, et sur ceux même qui sont accidentellement au milieu d'elle.
Il y a, du reste, à remarquer ceci, que, tandis qu'on peut êtrecitoyen de plusieurs villes (nous en avons cité des exemples), on ne peut être, au moins depuis Afarc Âuréle, membre de plusieurs collèges, (1, Dig., De collegiis^ etc. XL Vif, 22). Le collège s'approprie tellement Tbomme qui en fait partie, il a une telle influence sur sa vie, quil est impossible de se partager entre deux collèges, pas plus que, dans l'Église catholique, on ne peut appartenir à la fois à deux ordres monastiques. Ge n'est pas là une restriction à la liberté des collèges, c'est plutôt un témoignage de leur puissance.
C'est le collège ainsi conçu qui a élé à Rome l'objet de mesures restrictives. Libre pendant plusieurs siècles sous la république, il est devenu, dans le dernier siècle avant l'empire, un sujet d'inquiétude. Les démagogues ont fondé un grand nombre de collèges nouveaux qui étaient de véritables clubs. Le sénat est intervenu, a supprimé ces corporations nouvelles, a défendu d'en constituer d'autres, a 'maintenu et