‹ Les Antonins: ans de J. C., 69-180Chapitre 144 sur 156 · VIII. Troisième partie (v. 295-489) du livre III, œuvre d'un · texte numérisé non relu

VIII. Troisième partie (v. 295-489) du livre III, œuvre d'un

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Juif chrétiea d'Egypte, conleraporaia de Tauteur précédcDt, et d*un esprit très-analogue. Cité par Tertullien (De pallio, 2), et par Lact. (De ira Dei, Div. Instit.^ I, 16, VII, 15).

IX. Livres VI el VII, se faisant suite, écrits, vers Tannée 234, par un chrétien ébionite. Cités par Lactance, Ibid. IV, 15, VII, 16.

X. Livres I et II, écrits vers le temps de Dèce par un chrétien hostile aux Juifs et imbu des idées origénistos. — Nombreuses imitations d'Homère, d'Hésiode, de Tbéognis et de Phocviide. La sibvlle auteur de ces livres serait une des bellesfilles de No6. Elle raconte ses fautes et son repentir.

XL Première partie (v. 1-96) et épilogue du troisième livre — Même origine

Xn. Livres XI, XII, XHI et XIV, écrits par un Juif chrétien d'Alexandrie, vers Pan 268.

Sans doute, ces indications sont en partie conjecturales; cependant celles qui sont relatives à la doctrine de Fauteur rcssortent assez clairement du texte de son écrit. Quant au lieu de sa résidence, on peut le conclure, avec assez de probabilité, du plus ou moins d'importance qu'il donne aux événements qui touchent tel ou tel pays. Pour les dates, il est de la nature des écrits de ce genre de trahir d'une manière assez certaine l'époque où ils ont été faits. Tant qu'il s'agit de prédire le passé, l'auteur le fait à coup sûr, et ses indications se trouvent d'accord avec les données historiques. Mais, quand il s'agit.de l'avenir, l'auteur va au hasard cl, dans les livres sibyllins, il ne manque jamais de faire finir le monde immédiatement après lui. Il est donc aisé de trouver le point d'intersection entre le passé et l'avenir, et de reconnaître quel est le temps où l'auteur a écrit. La môme rèprle a pu s'appliquer de notre temps à la prétendue prophétie d'Orval et à d'autres d'une valeur bien moindre que ne le sont les œuvres des sibyllistes chrétiens.

Je suis ici les indications de M. Alexandre, comme étant les plus récentes et les plus complètes. On peut consulter, du reste:

Thorlacius. — Libri Sibyllistarum veteris Ecclesiœ crisi sub' jecH, Hafniœ ((Copenhague), 1815.

Conspeetus doctrirue ehristianw qualis in sihylHstanan librù eontinetur. Ibid., 1816. (Béimprimé dans MuDter., MUeelUmea Havn, théologie, et philos.^ t. I (1816).

• P. 5. — A ces ouvrages^ je dois ajouter -celui qn*a publié récemment M. Ferdluand Delaunay sous le titre : Moines et sibylles dans rantiquité judaico -grecque, (Paris. Didier 1874). Son labeur, en ce qui touche les fragments sibyllins porte exclusivement sur ceux qui appartiennent à des sources judaïques et ses conclusions diffèrent peu de celles que nous venons de rapporter du savant et regretté M. Alexandre. Seulement, il croit devoir attribuer à une main purement juive le Préambule^ où M. Alexandre voit une main purement chrétienne, et par suite il le place deux ou trois siècles plus tôt, sous les Ptolémées. De même, le 4* livre dont l'époque ne saurait être douteuse et qui avait paru à M. Alexandre empreint de christianime, parait à M. Delaunay purement juif. Cette dissidence n*a rien d'étonnant. Il est tout simple que les juifs du second ou du premier siècle avant Jésus-Christ, qui vivaient dans l'attente du Messie, qui se nourrissaient de la lecture des prophètes dont les prédictions étaient si près de s'accomplir, aient rencontré d'avance des idées et des expressions qui depuis se retrouvent dans l'Évangile ou dans les auteurs chrétiens. Quelque jugement qu'on porte des conclusions de M. Delaunay, il n'y aurait pas à s'étonner de cette identité entre le christianisme prophétisé et le christianisme accompli.

Dans l'ensemble de son travail, M. Delaunay peint d'une manière remarquable tout ce mouvement de la pensée juive en fuce de l'attente de plus en plus imminente du Messie. Ces docteurs juifs de Palestine et surtout d'Alexandrie, cesEsséniens et ces Thérapeutes, moines du judaïsme, étaient, pour ainsi dire, chrétiens d'avance, et on peut croire avec M. Delaunay qu'ils ont beaucoup contribué au développement du christianisme et du monacbisme chrétien, principalement en Egypte.

DU DIALOC^UE INTITULÉ PHILOPATAIS.

(F. tome II, p. 510.)

J*ai indiqué les difficultés qui existent au sujet de la date qu'il faut attribuer à cet ouvrage mis à tort sous le nom de Lucien. Sans discuter davantage sur son origine, il me parait à propos de faire connaître, par une courte analyse, ce dialogue, littérairement médiocre, mais qui indique chez son auteur un point de vue de transaction et de tolérance où rarement un païen s'est placé.

Dans ce dialogue, Grillas est sur la place publique, inquiet, agité, pâle, se promenant à grands pas. Son ami Triéphon Taborde et lui demande la cause de ce trouble. Gritias répond qu'il vient d'entendre des choses si étranges, qu'il en est encore étourdi et prêt à devenir pierre comme Niobé. — • Et quelles sont donc ces merveilles ? Ne ^serais-tu pas sous Tempire de quelque charme qui serait prêt à son tour à agir sur moi ? — Non, rien de paVeil ne t'arrivera; ainsi Jupiter me soit en aide f — Tu me fais peur en jurant par Jupiter. Ne sais-tu pas qui est ton Jupiter? • Puis unQ raillerie de Jupiler7 telle que pouvait la faire un chrétien, telle' aussi que les philosoplies païens ne se gênaient pas pour la faire. — Par qui veux-tu donc que je jure î par Apollon ? — Apollon n'est pus mieux traité.' — Tous les dieux du paganisme viennent à la suite, proposés c^inme garants du serment par Gritias, raillés et repoussés' par Trlëphon, sans que Gritias y trouve à redire. — Qui invoquerai -je donc à Tappui de mon serment ? — Triéphon lui répond : ^

Ld Dieu qui règne aux cieux, le Dieu grand, immortel.

« Fils du Père, esprit procédant du Père, trois d*un et un de trois. G^est là Zén, c'est le Dieu. »

Le païen Gritias se raille de ce serment arithmétique, dit-iï qu'on lui propose, et demande si cela a quelque rapport avec les nombres de Pytbagore.—aNe parle pas, ditTriéphon, des choses d'au-dessus de ce monde, ni des choses qui doivent être couvertes par le silence '. Nous ne sommes pas ici pour mesurer les pas des insectes. Je vais t'apprendre ce que c'est que le tout, ce qui a été avant toutes choses, et quelle est l'économie de ce monde. Il m'est arrivé, il y a peu de temps, la môme chose qu'à toi; lorsque j'ai rencontré ce Galiléen chauve, au long nez, qui s'est élevé dans les airs jusqu'au troisième ciel » (saint Paul|,a qui a appris là la plus belle de toutes les doctrines, qui nous a renouvelés par l'eau, qui nous a fait marcher sur les traces des bienheureux, et nous a rachetés de la région des impies. Et je ferai de toi, si tu m'écoutes, un homme véritablement homme. »

Et sur une réponse approbative de Gritias, Triéphon rappelle ces vers d'Aristophane :

D'abord fut le chaos, la nuit, l'abtme sombre, La terre n'était pas, ai les airs, ni les eieux.

« Mais il y avait, ajoute-t-il, la lumière incorruptible, invisible, incompréhensible, celle qui dissipa ces ténèbres et mit fin à ce désordre, par une seule parole qu'elle prononça. Ainsi que le Bègue • (Moïse) le disait autrefois, elle affermit la terre sur les eaux, elle déploya les cieux, elle forma les étoiles fixes, et régla le cours de ces astres que tu adores comme des dieux. Elle orna la terre de fleurs, et elle amena l'homme du néant à l'être *. Et ce Dieu est dans le ciel, contemplant les justes et les méchants, inscrivant sur des livres toutes leurs actions. Et il rétribuera chacun selon ses œuvres au jour qu'il a marqué...

— a Mais, dit grossièrement Gritias, il y a donc bien des scribes au ciel pour écrire tout ce qui se passe sur la terre ? —

1. Formule païenne. Ir/a rcc yt^Of xai va aiyHç âlix, Lehmann croit ce vers imité d*Euripide.

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