Dion, LXXI, 35 (in excerptis Peiresc.J
coûtait pas de laisser, à l'exemple d'Auguste et des derniers princes, une certaine vie municipale aux nations et aux cités, aux viiles'grecques leur tribunes, leurs fêtes, leurs amphictyons, leur petite part de liberté comme avait fait Trajan *. Plus libéral que beaucx)up de législateurs modernes, il respecta le droit de propriété des villes déjà reconnu par Nerva ; toute ville, toute corporation régulièrement établie put posséder, donner, recevoir, acheter, émanciper ses esclaves ^. Par suite aussi Marc Aurèle ne s'offensait pas de ces grandes existences municipales, si étrangères aux mœurs modernes, si suspectes à la politique de Tibère, et qui faisaient la vie des cités grecques. À Rome même, où le pouvoir était plus jaloux qu'ailleurs, Marc Aurèle savait n'envier ni la gloire ni la gloriole de personne : il ne trouvait pas mauvais qu'un particulier donnât des festins au peuple avec autant de solennité, autant de pompe, autant d'esclaves que le prince eût pu le faire. Sous Tibère, une telle munificence eût été mortelle pour son auteur '.
Dion Chrysoslome, sous Trajan, nous a fourni un type de ces existences municipales. Hérode A tticus, sous Marc Aurèle, nous en fournira un autre. L'un a plus d'aventures, l'autre plus de millions. Hérode doit tout à la justice du nouvel empire. Sous Domilien, Hipparque, son aïeul, a été dénoncé et dépouillé de ses biens Naissons
1. • Aux plus illuntres des peuples grecs, dit le rhéteur Aristide aux Romains, vous avez laissé leur liberté et leurs droits ; les autres, tous les gouvernerez avec une modération extrême » De urhe Homa,
2. n. 1. de mannmisi, qux nervis (XL, 2). 20, de rébus dvbiis (XXXIV, 5). Généalogie d'Uérode d'après les inscriptions. Revue ûrchéol.j mai 1864, Atticus, p. 37A et s.