Porphyre., de abstin
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(Occident), Âan-toun ou Gan-toun (Ântonin^ c'est-à-dire Harc-Aurèle), qui vint, en l'aDnée correspondante à l'an 1 66 de notre ère, déposer aux pieds du Fils du ciel, Han- Hiouan-Tiy a titre de tribut, des cornes de rhinocéros, des dents d'éléphants, des écailles de tortue. Les savants actuels supposent avec assez de vraisemblance que Marc Aurèle n'eut pas soupçon de cette ambassade, et que ces prétendus envoyés impériaux étaient de simples commis voyageurs d'un HoesiusTitianus qui faisait avec les Sères le commerce de la soie ^ Quoi qu'il en soit, partis au temps de la guerre de Rome contre les Parthes, ambassadeurs ou marchands ne purent arriver en Chiue, comme les annales chinoises le remarquent, que par la frontière du Midi et non par celle de l'Occident ^ C'est par là que pour la première fois Rome et Pékin^ ou pour mieux dire, Rome et Lo-Yang se connurent.
Et cependant — que l'unité du monde s*opère, que Rome devienne la cité universelle, qu'il se forme un
1. Y. le p. Gaubil, Histoire abrégée de V astronomie chinoise , dans les Observations mathématiques , etc., du P. 8ouciet, t. II, p. 118; Elaproth, Tabteau historique de l'Asie, p. 69; Pauthier, Histoire des relations politiques de la Chine, p. 17-20; .Mémoires de C Académie des Inscriptions j t. XL VI, p. 550 et s., nouvelle série, t. X, p. 227 (M. Lelronne). Sur Tiiianus, ï^ioièmèt, G éogr.y I, 11. An-toun ou Gan-toun est encore aujourd'hui la forme que les chrétiens chinois donnent au nom d'Antoine.
2. tt Les A-si (Parlbes), disent les Chinois, voulant que le commerce de la soie se fit exclusivement par leurs mains, cachaient la route aux habitants du Grand Tsin (empire romain) et empêchaient les communications entre les deux empires. Aussi ce fut par l'Inde et par la mer que les envoyés romains arrivèrent en Chine. »
M. Reinaud (Relations politiques et commerciales de l'empire romnin,, remarque que, par suite de ces communications, les Romains, au temps de Marc Aurèle, ont mieux connu que par le passé la nature de la soie. Pausanias (VII, 3) en décrit exactement l'origine, tandis que Virgile {Georgiq., II, 120), et Pline {H, N. VI, 20) parlent de la soie comme d'un produit végétal.
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peuple de cent vingt millions d'hommes; est-ce un bien? Je dirai non, si celle unilé doit ôlre sanguinaire et dégradée, si cette Rome doit être la Rome de Néron, si ce peuple doit toujours èire le peuple des Césars, applaudissant aux infamies du théâtre et aux boucheries de Tarène. Il y avait donc et il y avait surtout une tftche morale à accomplir. Marc Aurèle Ta comprise plus hardiment que ses devanciers.
J'ai déjà dit quelle atmosphère plus pure avait respirée sa jeunesse. Son âge mûr s'en ressentit. Non-seule* ment il fit disparaître le scandale des bains publics ; nonseulement il travailla à défendre (car il le fallait) contre ia prosiitution la race romaine et même la race noble ; mais il alla plus loin, il essaya de réformer même le théâtre.
Le théâtre, ou, pour employer un terme alors plus général, les spectacles étaient la grande école de la vie romaine. C'était le Forum depuis qu'il n'y avait plus de Forum. C'était la dernière liberté de Rome, celle que les Césars lui avaient donnée â l'excès en dédommagement de toutes les autres, celle qu'elle défendit jusqu'à la mort, c Une raison d*État très-profonde, disait Fronton, enseigne â un prince de ne négliger ni les hbtrions, ni tout ce qui touche au théâtre, au cirque, â l'arène. Il sait que le peuple romain demande surtout deux choses, du blé et des spectacles ; que le pouvoir se fait aimer nonseulement par les services sérieux qu'il rend, mais aussi par les amusements qu'il donne ; quil y a plus de dangers à craindre si Ton néglige les affaires sérieuses du peuple, plus de mécontentement â redouter si Ton néglige les plaisirs. 11 demande moins vivement les largesses que les spectacles : avec du pain on satisftit homme
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par bomme la partie affamée de la population ; avec des spectacles on satisfait toute la population et d'un seul coup «. »
Cette politique de son précepteur était cependant peu du goût de Marc Aurèle. 11 eût aimé, lui, à donner plus de pain et moins de spectacles. Il veillait avec soin sur les approvisionnements publics ; en temps de disette, il étendait â toute ritalie les distributions de blé qui ne se fai* saient d'ordinaire que dans Rome. Il multipliait les fondations alimentaires dont Trajan avait donné Texemple *. Il avait des secours pour les pestiférés, des secours pour lesincendiés, pour les inondés, etc.; il remercie les dieux de ce que Targent ne lui a jamais manqué pour secourir une infortune'.
Hais il eût voulu être un peu moins prodigue de gladiateurs. Il accordait volontiers au peuple ce qui n'était que puéril : il donnait des jeux ; absent de Rome, il chargeait les riches sénateurs d'en donner à sa place ; il fut magnanime, dit un historien, jusqu'au point de produire en na seul jour cent lions dans l'amphithéâtre. Mais il avait