CONCLUSIONS
Il semble que dans le cadre des états inflammatoires
gastro-duodénaux, il faille identifier une affection autonome
intéressant l’antre, le pylore et le bulbe, déterminant un tableau clinique assez spécial, tenant à la fois de la gastrite et de l'ulcère. Il nes ‘agit d'ailleurs pas d’ états pré-ulcéreux, et on ne retrouve pas les diverses étiologies des gastrites.
Cliniquement, il s’agit d’un syndrome de dyspepsie hypersthénique, avec généralement brûlures épigastriques et pyrosis, intolérances alimentaires rappelant plutôt celles des biliaires, hyperacidité du suc gastrique, et affectant dans son évolution une périodicité pseudo-ulcéreuse. Il survient habituellement chez des adolescents ou des adultes } Jeunes, sur un terrain vagotonique qui joue sans doute un rôle dans son déterminisme.
Radiologiquement, on observe un estomac hypertonique et hyperkinétique, surtout dans sa région pré-p ylorique, de |’ antnite, une évacuation barytée rapide ou, au contraire, une certaine gêne du fonctionnement pylorique. Le bulbe est mal injecté, petit, spasmodique, toujours très suspect d’ulcère, mais sans niche certaine. D'ailleurs, après morphine sous-cutanée, il paraît normal.
L’anatomie pathologique montre des lésions inflammatoires de la muqueuse antro- bulbaire, indiscutables maïs sans spécificité ; #1l ya périgastrite postérieure et ganglions inflammatoires sous-pyloriques. Parfois, on y trouve associée une hypertrophie du sphincter pylorique.
Cet état a fait l’objet de diverses dénominations, depuis le « red stomach de Schoemaker » aux ( gastro-duodénites ». J.-J. Dusarry et G. DuBourG préfèrent la dénomination d’ « antro-pyloro-bulbite vagotonique pseudo-ulcéreuse », qui implique tous les caractères essentiels de cette affection.
__ Les traitements médicaux qui donnent les mei résultats sont les mêmes que pour les ulcères, mais moins actifs ici que dans l’ulcère authentique ; ce sont le: extraits parathyroïdiens et surtout les injections intra-
veineuses d'atropine-bromure de sodium, médication à prétention pathogénique, qui ont l’action la plus nette.
Dans les cas rebelles, la vagotomie double sous-diaphragmatique, préconisée par G. DuBourcet J.-J. Dusarry = en fonction de leur conception pathogénique de cette affection, a donné des résultats très supérieurs à ceux obtenus a par les interventions classiques, et paraît constituer le traitement chirurgical de choix des formes rebelles, ainsi qu'il ressort d'une statistique de 36 cas suivis par ces auteurs, et dont les plus anciens ont, à l'heure actuelle, un recul de es plus de trois ans. $