‹ Les aphasies de guerreChapitre 8 sur 15 · PLANCHE DE L’APHASIE PROPREMENT DITE · texte numérisé non relu

PLANCHE DE L’APHASIE PROPREMENT DITE

Schéma 1. — Ju..., troubles aphasiques marqués prédominant sur la dénomination des objets. — Compréhension de la parole, lecture, écriture, calcul également touchés. — l’as de troubles anarthriques (parole répétée bonne). — Pas de phénomènes hémiplégiques. — Hémianopsie en quadrant inférieur. — Intelligence diminuée.

Schéma 2. — B..., troubles aphasiques très marqués prédominant sur la dénomination des objets. — Paraphasie marquée. — Compréhension de la parole, lecture, écriture, calcul également touchés. — Pas de troubles anarthriques nets (parole répétée ordinairement bonne, mais erreurs paraphasiques de temps en temps). — Pas de phénomènes hémiplégiques. — Pas d’hémianopsie. — Intelligence diminuée.

Schéma 3. — Pi..., troubles aphasiques très marqués portant à la fois sur la dénomination des ob ets, la lecture, la compréhension de la parole, l’écriture et le calcul. — Pas de troubles anarthriques nets, bien que le malade s’embrouille en répétant. — Pas de phénomènes hémiplégiques. — Hémianopsie. — Intelligence très diminuée.

Schéma 4. — Ro..., alexie sensiblement complète.

Troubles aphasiques modérés de l’ensemble du

reste de la fonction du langage. — Écriture relativement respectée. — Pas de troubles anarthriques (parole répétée bonne). — Hémianopsie en quadrant inférieur avec hémiachromatopsie dans le quadrant supérieur.

tiles intracrâniens), une même topographie a toujours correspondu à un même syndrome.

Tout d’abord les syndromes aphasiques proprement dits se sont toujours montrés localisés dans une zone principale délimitée de la façon suivante .

En haut, par le sillon pariétal.

En avant, au-dessus de la scissure de Sylvius, par les circonvolutions cen-

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traies, au-dessous de la scissure de Sylvius, par l’union du tiers anterieur et du tiers moyen des circonvolutions temporales ;

En bas par le bord inférieur du cerveau;

En arrière par la limite antérieure du cuneus ;

Les lésions marginales empiétant sur cette zone, ou même parfois simplement PLANCHE DE L’APHASIE PROPREMENT DITE (Suite).

Schéma 5. — Vu..,, alexie sensiblement complète. — Troubles aphasiques modérés de l’ensemble du reste de la fonction du langage avec prédominance sur la dénomination des objets. — Ecriture relativement respectée. — Pas de troubles anarthriques (parole répétée bonne). — Hémianopsie.

Schéma 7. — Ro..., aphasie du type du gyrus. — Troubles modérés de l’ensemble du langage. — Reliquats légers d’anarthrie (parole répétée gênée dans les mots difficiles). — Monoplégie brachiale transitoire guérie complètement. — Troubles sensitifs légers du membre supérieur droit. — Astéréognosie. — Pas d'apraxie.

Schéma 6. — Sy..., aphasie du type du gyrus. — Troubles modérés portant surtout l’ensemble de la parole : dénomination des objets, compréhension de la parole, lecture, écriture, calcul. — Reliquats légers d’anarthrie (parole répétée gênée dans les mots difficiles.) — Reliquats légers de monoplégie brachiale. — Troubles sensitifs modérés du côté droit, prédominant sur le membre supérieur. — Astéréognosie. — Apraxie idéo-motrice nette à droite, légère à gauche.

Troubles modérés de l’ensemble du langage. — Reliquat léger d’anarthrie (parole répétée gênée dans les mots un peu difficiles). — Reliquat de monoplégie brachiale droite. — Troubles sensitifs de tout le côté droit prédominant sur le membre supérieur. — Astéréognosie, pas d’apraxie. — Voix chuchotée d’origine névropathique associée.

voisines, ont pu accessoirement déterminer des symptômes d’ordre aphasique légers et transitoires.

Dans la zone principale nous avons pu délimiter trois zones accessoires déterminant les syndromes que nous venons d’étudier.

Une zone inférieure correspondant au lobe temporal, mise à part sa partie toute postérieure. Sa lésion donne lieu au syndrome temporal.

Une zone supérieure correspondant au gyrus sapramarginalis et le dépassant quelque peu dans tous les sens. Elle donne lieu au syndrome de la région du gyrus.

Une zone postérieure correspondant à la région du pli courbe et empiétant sur la partie toute postérieure des deux premières circonvolutions temporales. Elle donne lieu au syndrome de la région du pli courbe.

Nous ne reviendrons pas sur ces différents syndromes, nous contentant de rappeler qu’aux lésions temporales correspondent des troubles d’ordre aphasique à peu près pur, prédominant sur la dénomination des objets, la compréhension de la parole et la lecture.

Que vers le pli courbe l’ensemble des troubles aphasiques va diminuant tandis que l’alexie s’accentue et devient presque complète, constituant ainsi une variété d’alexie presque pure.

Que dans la région du gyrus, à un élément aphasique moins marqué que dans la région temporale, vient s’associer un élément anarthrique important, constituant ainsi un type d’aphasie globale à rapprocher du syndrome mixte que nous allons étudier dans un instant.

Nous avons dit que toujours à des lésions données avaient correspondu des symptômes donnés. Il nous faut cependant signaler ici deux exceptions, purement apparentes il est vrai.

Dans un cas une trépanation occipitale très large se rapportait à un syndrome du type postérieur. Or les lésions du lobe occipital, tout au moins en ce qui regarde la face externe et le bord postérieur ne sont pas susceptibles de reproduire ce syndrome. Celui-ci ne relève pas en effet de la suppression du fonctionnement du centre visuel gauche, comme nous en avons eu la preuve chez deux blessés chez lesquels existait l’hémianopsie droite complète par lésion de ce centre (il n’y avait aucun degré d’alexie). Mais dans le cas de trépanation dont nous parlons, le chirurgien avait été entraîné, par des encéphalocèles à récidive, à réséquer une partie considérable du cerveau qu’il estimait au tiers postérieur, ce qui est peut-être beaucoup, mais on peut ainsi expliquer certainement l’atteinte de la région du pli courbe.

Dans un deuxième cas une lésion temporale un peu antérieure avait déterminé un syndrome mixte du type que nous allons étudier dans un instant. Mais dans ce cas il y avait eu des lésions profondes à distance, peut-être même une lésion directe de l’artère sylvienne, comme l’établissait l’existence d une très grosse hémiplégie frappant le membre supérieur, la face et le membre inférieur.

En dehors de ces deux cas, tous les autres se sont localisés avec une concordance absolue et remarquable dans les zones que nous avons déterminées.

(Nous avons fait représenter ci-contre quelques cas typiques.)

Si maintenant nous rapprochons ce que nous venons de dire sur la localisation des syndromes aphasiques de ce que nous avons dit précédemment sur la localisation des syndromes anartrhiques, nous voyons qu entre les deux zones .1 antérieure : anarthrique, et la postérieure : aphasique, se trouve une espace inteimédiaire d’ailleurs étroit. Ce sont les lésions suffisamment profondes frappant cet espace, en empiétant le plus souvent sur les deux zones précitées, qui détermineront les syndromes mixtes auxquels nous arrivons maintenant.

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Syndrome mixte (aphasie anarthrie)

Nous avons envisagé jusqu’ici les syndromes anarthriques et aphasiques causés par l’atteinte limitée des centres de la parole, et nous avons montré que ces syndromes, bien qu’assez analogues, en apparence, à leur début, s’opposaient en réalité par leurs modalités, par leurs caractères stables et aussi par leur pronostic. Nous avons ainsi laissé volontairement de côté les cas où l’association des deux ordres de troubles entraînaient des syndromes mixtes, d’analyse complexe, et rappelant de plus près ceux que nous avons l’habitude d’observer en clinique civile.

En réalité, d’ailleurs, ces syndromes mixtes ne sont pas d’une fréquence considérable. Ils nécessitent en effet des lésions d’une étendue et d’une profondeur qui ne sont pas habituelles dans les blessures de guerre non mortelles.

Nous avons eu cependant l’occasion d’en observer quatre cas qui reproduisent assez étroitement le tableau d’une aphasie globale tendant plus ou moins vers le type Broca.

Le début, dans ces cas, se fait comme dans les précédents, par une impossibilité absolue de la parole, mais au contraire de ce que l’on observe dans les cas que nous avons étudiés jusqu’ici, cette impossibilité ne s’amende guère avec le temps, si bien que, au bout d’une année, le vocabulaire du malade demeure toujours aussi réduit.

L’examen montre d’ailleurs que ces troubles de la parole spontanée sont associés à des troubles aussi importants des autres parties de la fonction du langage. C’est ainsi qu’au bout d’une année, chez tous nos malades, on observait l’état suivant :

Compréhension de la parole très altérée, le malade n’exécutant que les ordres simples.

Parole réduite à quelques mots, cette réduction variant depuis l’impossibilité presque absolue jusqu’à la possibilité de prononcer quelques mots usuels ou quelques fragments de phrases. La parole répétée est très altérée également, et dans les efforts du malade, on voit apparaître une dysarthrie marquée.

La lecture est impossible, sauf parfois pour les lettres séparées et pour les mots très simples écrits en grosses lettres.

L’écriture est impossible, le calcul également.

Les fonctions intellectuelles sont profondément altérées. Cependant, nous n’avons observé, dans ces cas, ni apraxie idéatoire ni apraxie idéo-motrice.

Ces syndromes aphasiques si marqués s’associent de façon constante à une hémiplégie droite intense, atteignant également la face avec une intensité qui n’est pas habituelle dans ces blessures par projectiles et s’accompagnant de troubles sensitifs. Par contre, il n’existe pas d’hémianopsie dans les cas répondant à ce type.

Siège des lésions ayant déterminé ce syndrome. — Comme nous l’avons dit plus haut, ce syndrome répond à des lésions à cheval sur les deux zones de l’anarthrie et de l’aphasie, c’est-à-dire que, le plus souvent, répondant à la zone intermédiaire, la brèche crânienne empiète en général à la fois sur les deux zones.

Telle était du moins la localisation dans trois de nos cas, le quatrième étant constitué par ce cas de brèche temporale avec aphasie mixte que nous avons longuement relaté à propos de la localisation des syndromes aphasiques.

Faut-il voir là une localisation précise au même sens que pour les syndromes que nous avons décrits jusqu’ici? — Oui et non. — Oui, parce que les lésions légères de la zone intermédiaire sont susceptibles de produire des syndromes mixtes plus ou moins durables dont nous avons eu l’occasion d’observer quelques cas. — Non, parce que les grandes aphasies mixtes avec grosse hémiplégie que nous venons de décrire répondent évidemment à des traumatismes intenses profonds, susceptibles de produire des répercussions à distance, ou même peut-être parfois des lésions associées de l’artère sylvienne.

Pour cette raison nous ne serons pas ici, malgré la concordance des faits, aussi affirmatifs que pour les deux premiers groupes (anarthrie, aphasie) étudiés auparavant. Nous avons terminé ici l’étude des troubles aphasiques dus à la blessure directe du cerveau par les projectiles de guerre. Avant de résumer

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