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gent à sa table par des breuvages empoisonnés, et en ces jours il y aura de grandes dévastations. Il affranchira la Syrie et le territoire des Juifs, et tourmentera l'Orient et l'Egypte. Il établira des porteurs de lettres en Egypte. Deux et trois fois dans une seule année, l'Orient sera contre soi-même dans ce règne qui est le dix-neuvième. Il ne recherchera ni la justice, ni la vérité, mais il recherchera l'or en tout temps. Il établira des régisseurs dans : les régions de l'Afrique, et une grande quantité desoldats. La guerre éclatera entre lui et eux ; ils détruiront la multitude qui est avec lui ; il s’établira dans les contrées de l’Afrique, avec ce qui restera de sa troupe, pour plusieurs années, et il ne la vaincra pas (l'Afrique).
Puis se lèvera contre lui une nation étrangère ; on l’appelle Pitourgos (le Turc); il lui fera la guerre. Sarapidos dominera sur beaucoup de Romains, sur la Pentapole (1), sur lés Mèdes ; sur eux tous il prélèvera un tribut, commandera à leurs villes et piliera la ville qu’il a bâtie, et les contrées que son père avait réunies (2).
(1) La Pentapole de Libye : Cyrène, Bérénice, Arsinoé, Apollonie et Ptolémaïs.
(2) I! est inutile d'entrer dans beaucoup de détails pour montrer que ce dernier roi clôt aussi la liste des califes fatimites. Adhed monta très jeune sur le trône; il n’était pas le fils de son prédécesseur, mais le petit-fils du calife Hafed. Nous n'avons pas trouvé d'indication concernant la religion et la nation de sa mère. Sous son règne eurent lieu des guerres fréquentes en Egypte et en Syrie; il suffit de rappeler les noms de Nour-ed-din, d’Amauri I, etc. Les trois noms que lui donne l’auteur de notre Apocalypse sont imaginaires ; les valeurs de leurs lettres en copte font, en effet, le nombre 666,
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die Le Turc se préparera à la guerre, pour enlever le royaume des mains de Sarapidos ; jusqu'alors Sarapidos
ainsi que son nom Adhed : a 1 + d 300 + h 60 + e 5 + d 300 = 666 Il s’adonna à la débauche et à la mollesse, Vivant retiré dans son palais et laissant les rênes de l’État aux mains de ses visirs. — Nous pensons qu'il faut rendre Pitourgos par « le Turc», et que ce mot sert à désigner Saladin. En ce qui concerne la mort d’Adhed, les auteurs sont partagés: les uns disent qu'il mourut des suites d’une grave maladie; d’autres, comme Guillaume de Tyr, prétendent qu’il fut #8 à mort sur les ordres de Saladin. Quoi qu’il en soit, celui-ci sempara de ses richesses immenses, perles, pierres précieuses, or et argent. Ces événements se passaient en TEPT,
Deux villes portaient le nom d’Eschmoun ou Aschmoun : VPune, sur le canal du même nom, qui n’est qu’une des deux branches du Nil, qui se bifurque à Mansourah, et dont l’une passe à Damiette, tandis que l’autre (canal d’Aschmoun) va se perdre dans le lac Menzaleh. De sanglantes batailies se livrérent dans ces régions, à diverses reprises, lorsque les croisés occupaient Damiette. En 1219, « le dernier dimanche de carême, le fleuve et le rivage furent tout à coup couverts de bataillons et de vaisseaux ennemis qui, en même temps, attaquèrent les ponts, les galères et le camp des croisés : le combat dura jusqu’à la nuit; les Sarrazins perdirent cinq mille de leurs guerriers et trente de leurs navires ». (Michaud, Histoire des croisades, livre XII, p. 462.) En 1221, les chrétiens essuyèrent sur les bords du canal d’Aschmoun un désastre qui eut pour conséquence l'évacuation de Damiette. C’est également sur les bords du canal d’Aschmoun que se livra (1250) la bataille de Mansourah, où Louis IX fut fait prisonnier.
L'autre ville du même nom, Aschmouneïn, plus au sud, en remontant le Nil, a été aussi le théâtre d’une bataille entre les troupes de Nour-ed-din, commandées par Schircou et son neveu, le jeune Saladin, et l’armée des Francs auxquels
D tres était resté chez lui. Il avait devant lui du butin, car Sarapidos avait devant ses yeux de grandes richesses, de l'or, de l’argent, toutes sortes de pierres précieuses, et des ustensiles désirables de tout genre. Mais on lui annoncera que le Turc s'est rendu maître de toute la Syrie et de ses confins, et il sortira avec un grand trouble avec toute sa troupe ; il laissera toutes les dépouilles, n’en emportera rien avec lui; mais il aura une âme de bête, réfléchissant et ne sachant que faire. Puis, lorsqu'il se sera enfui, montant en Egypte, le Turc le devancera avec sa troupe. [ls s’aborderont réciproquement avec leurs troupes, ils lutteront entre eux jusqu’à ce que le sang coule à flots. Le Turc est de race romaine. Il y aura guerre à Eschmoun la ville, jusqu’à ce que l’eau du fleuve soit changée en sang à cause de la grande quantité des blessés à mort. On ne pourra plus en boire l’eau. Beaucoup d'hommes mourront par le glaive, on ne saurait les compter. Ceux qui resteront d’entre eux pilleront leur contrée d'où ils sont sortis. Le Turc fera périr Sarapidos, afin de lui enlever son royaume, de peur qu'il ne relève le royaume des Ismaélites ; mais c’est ici la fin de leur nombre.
24. Ensuite s'élèvera contre eux le roi des Romains, il les détruira par le tranchant de l'épée au milieu des
s'étaient unis les Egyptiens. Les chrétiens et les Egyptiens furent mis en pleine déroute. Peu s’en fallut que le roi Amauri ne fût fait prisonnier, 1167. (Bibliothèque des croisades, Michaud, 4° partie, chroniques arabes, p. 124, ss). C’est apparemment de cette dernière ville qu'il est question dans notre Apocalypse.
ENS L CE Ismaélites dans le territoire de leurs pères réduit en désert. Les Ismaélites seront asservis aux Romains pour toujours ; les Romains domineront sur l'Egypte quarante ans durant (1).
25. Ensuite deux nations se lèveront, du nom de Gog et de Magog, elles bouleverseront la terre pendant plusieurs jours; leur nombre est grand comme celui des grains de sable (2).
(1) La date de quarante années ne répond pas à l’histoire. Les croisés firent une première expédition en Egypte en 1164 sous le roi Amauri. Cette expédition fut suivie de plusieurs autres, 1167, 1168, 1174 et 1217, au cours de laquelle les chrétiens s’emparèrent de Damiette (1219), qu’ils durent évacuer en 1221, après les désastres qu’ils éprouvérent sur les bords du Nil et du canal d’Aschmoun. — En 1249, saint Louis débarqua en Egypte et s’empara de nouveau de Damiette; mais le désastre de Mansourah (1250) et la captivité du roi mirent fin à cette occupation. — Ces deux périodes d'occupation de l'Egypte par les croisés ne correspondent pas au nombre d’années indiqué par notre Apocalypse apocryphe.
(2) On peut ne voir dans cette invasion de Gog et Magog qu’une allusion à Ezéchiel XX XVIII et XXXIX, visé déjà par l’Apocalypse de Jean XX, 8. — Cependant il se pourrait que ce ne fût pas une simple réminiscence et qu'il soit ici question d’un fait historique contemporain. C'était l’époque du grand mouvement des hordes mongoles et de l’ébranlement immense causé dans le monde entier par la formidable invasion de Djenghis-Khan, 1164-1227, continuée par son fils Octaï, 1227, et son petit-fils Houlagou, 1251. Ce dernier envahit l’Asie occidentale, détruisant toutes les principautés seldjoucides, et se préparait à marcher sur l'Egypte, qui tremblait déjà à l’approche de l’invasion, lorsque Houlagou, changeant de plan, se tourna vers l’Inde. — Cette invasion mongole ou tartare, qui jeta la terreur, des mers de la Chine
Ha 26. Puis apparaîtra l’Antichrist qui en abusera plusieurs. Lorsqu'il se sera fortifié, il séduira même les élus. Il fera périr les deux prophètes Enoch et Elie, de sorte que pendant trois jours et demi ils seront morts dans les places publiques de la grande ville de Jérusalem (1). 27. Ensuite l'Ancien des jours les ressuscitera. C'est lui que je vis venant avec les nuées du ciel, semblable à un fils d'homme (2). Sa puissance est une puissance éternelle et son règne n'aura pas de fin. C’est lui qui mettra à mort l'Antichrist et toute la multitude qui est avec lui. Malheur alors en vérité à toute âme qui habitera en ce temps-là sur toute la terre, car il y aura de l'iniquité, une grande afliction et des géinissements; mais le salut de l’homme est entre les mains du Dieu du ciel. C’est ici la fin du discours. »