‹ Les apologistes espagnols au XIXe siècleChapitre 38 sur 86 · Ibidem, page · texte numérisé non relu

Ibidem, page

A 100 — rage à la récidive. L’abolition de la peine de mort est écrite dans le programme des politiciens maîtres du pouvoir; la suppression des ‘conseils de guerre projetée vient au secours de l’antimilitarisme qui sévit un peu partout; des acquittements scandaleux, des amnisties accordées chaque trimestre aux coupables les moins méritants blessent et attristent la conscience de ce qui reste d’honnêtes gens parmi nous : autant de signes de l’obscurcissement des esprits brouillés avec le .dogme de l’expiation. Parallèlement à ce travail de dissolution dans les idées et dans les mœurs, il n}y a qu’à tracer le tableau des guerres qui ont désolé l’Europe dans la seconde moitié du XIXe siècle, le siècle de l’humanisme : la guerre d'Orient en 1854, la guerre d'Italie en 1859, la guerre francoallemande en 1870 couronnée par la Commune de Paris; et plus près de nous cette guerre de géants, qui a mis aux prises le Japon et la Russie, et a fait de la mer de Chine et de la Mandchourie le tombeau d’un demi-million d'hommes. « Ainsi s’accomplit sans cesse, depuis le ciron jusqu’à l’homme, la grande loi de la destruction violente des êtres vivants. La terre entière, continuellement imbibée de sang, n’est qu'un autel immense où tout ce qui vit doit être immolé sans fin, sans mesure, sans relâche, jusqu’à la consommation des choses, jusqu’à l'extinction du mal, jusqu’à la mort de la mort ». Terrible témoignage du dogme catholique sur la chute originelle et sur l’expiation nécessaire, que les libéraux rationalistes repoussent, que les socialistes maudissent, et qui par la volonté de Dieu s’accomplit quand même.

Donoso Cortès récapitule son œuvre dont il serre l’économie en un faisceau infrangible. « L'unité dans la variété » est la formule dans laquelle tout rentre et de laquelle tout sort. Sur ce point, il établit sa grande thèse de l’ordre dans l'univers et dans l'humanité, avec les perturbations que la liberté de l’homme y cause et les restaurations que Dieu y oppose. Le dogme catholique fournit la solution du terrible problème : les solutions libérales et socialistes n’expliquent rien, et ne réparent rien. En face du dogme de la chute originelle, il place le dogme de l’incarnation et de la rédemption du Verbe. Ces dogmes sont reliés par la promesse faite par Dieu à l’homme coupable : c’est un-fait; lui plaide, non pas la nécessité absolue, mais la convenance de cette intervention

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