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qui en couronne le faîte : « Il faut maintenant monter plus haut, arriver à cette hauteur qui domine et commande toutes
les hauteurs du catholicisme. Là est assis dans toute sa: ma-
jesté, majesté à la fois miséricordieuse et redoutable, terrible et douce, Celui qui devait venir et qui est venu et qui, en venant, a tout attiré, a tout enchaîné à lui par un lien plein
de force et d'amour. Il est la solution de tous les problèmes,
l’objet de toutes les prophéties, la réalité de toutes les figures, la fin de tous les dogmes, le confluent des trois ordres : l’or-
dre divin, l’ordre universel, l’ordre humain, la clef de tous
les mystères, le mot de toutes les énigmes, le promis de Dieu, le désiré des patriarches, l’attente des nations, le père de tous les affligés, Celui que vénèrent et le chœur des nations et le chœur des anges : l’alpha et l’oméga de la création! $.
Les deux derniers chapitres de l’Æssas constituent une christologie abrégée, en quelques pages qu’on peut ranger à côté des plus belles écrites par les apologistes modernes, telles que les Conférences de Lacordaire et les Réponses de Gratry aux sophismes de Renan et autres protagonistes de la libre-pensée. Donoso Cortès ne défend que les convenances de l’incarnation du Verbe et de la rédemption par l’effusion de son sang : ces convenances, il les chante en même temps qu'il les démontre par des considérations du plus haut vol. Musicien des choses, il cherche l'harmonie de l’ordre universel, et, après
l'avoir annotée dans une gamme immense, qui va de la
terre au. ciel, il la résume une dernière fois dans le dogme de l’incarnation.
Au premier rang des convenances qui postulaient ce grand événement, Donoso Cortès place l’amour. Etant donné que Dieu se manifeste, qu’il édite un à un tous ses attributs, parmi ces attributs il y avait celui qui domine tous les autres, que tous les autres traduisent partiellement, et qui devait les traduiïre tous à la fois en se révélant : vous savez son nom. Cet amour, qui s’accuse dès le premier instant de la création, évolue à travers les œuvres de Dieu et progresse de siècle en siècle, pour éclater dans toute sa plénitude au jour de l’in-
carmation du Verbe. Donoso Cortès a des accents sublimes, où
l’onction du chrétien se mêle aux nobles pensées du philosophe. « C’est l’amour qui, voyant la misère de l’homme déchu, demande à la miséricorde de lui donner l’espérance, par la