Les deux suivants en tirent la conclusion pratique
2. Justin vient de parler au chap. xn du temps où il se réjouissait des dogmes de Platon.
'S. ff-jYypaçswv, écrivains en prose, pour s'opposer à uot^xàiv.
4- Je commente et j'éclaircis la phrase en y ajoutant ce qui m'y parait impliqué. Je n'ai pas de doute qu'il ne faille rattacher (comme le fait Harnack, Dogmen^eschichte, Is, p. 467, note 1) les mots to-j <77tsp|j.a-iy.o0 Oetou Aôyov à iiih [AÉpouç; la traduction de M. Pautigny, p. 177, qui les rattache à zh a-jjyz^iz n'est pas possible.
5. Je suis porté à lire avec Paul [Jahrbûcher fur Klassiscke Philologie, 1891) et Pfsettisch, p. i3 : £7î;<7T7||j.-/|V ty^ a^Tfoxov.
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en apporte la guérison. » C'est-à-dire nous pouvons réclamer les vérités éparses chez les païens, parce qu'elles proviennenl du Verbe. Commenl en proviennent-elles ? Justin n avait donné, dans sa Première Apologie, aucune indication, si vague fût-elle, sur le mode de participation de l;i raison individuelle à la Raison divine. On a ici une preuve de la sincérité avec laquelle cel esprit honnête, dès que, un peu leiitemeiil peut-être, il avail aperçu les lacunes de ses théories, cherchail u n>-i i<M ;i \ suppléer; <t aussi de ht trop grande Facilité .i\ ••• laquelle il se contentail d'explications don! Crescens n ;i sans doute pas eu 'I'- peine à lui démontrer l'insuffisance. Voici en effel la répons l'objection qu'il pressent; il n'a jamais rien écrit de plus précis sur ce poinl essentiel, ni qui serre davantage la difficulté : « Car tous les auteurs, grâce ;'i La semence "lu verbe qui étail naturellement en eux, pouvaient voir confusément la vérité. En effet autre chose esl le germe et la ressemblance d'une chose donnée [à un homme] selon la mesure [où il esl capable de les recevoir], autre chose esl cette chose même qui esl donnée en participation et reproduite en image selon nue grâce qui vient d'elle, o Deui conceptions sont ici associées, sans que .lu-lin paraiss demander s'il est possible de le- accorder : l'une esl stoïcienne, celle du ■y-î'.-j.r ou de la TKOOÔ.', elle suppose, BOUS
s;i forme originaire, l'immanence du Xôyo^ dans le monde, cl [ensemencement de la matière épaisse, passive, par les germes de ce principe, matériel également, mais plu- ténu el actif, que les stoïciens considèrent -ou- le double asp de l'eu (l'eu artiste, reOp Tevvucév) et de raison (> Mais
qu on remarque, avec quelle netteté Justin exclut pré< ment toute idée <l immanence : il I exclut en mettant toute son insistance à distinguer la semence de l'être «pu la produit; d marque, de telle façon que personne ne peut - j tromper, que s'il se sert d'une expressien stoïcienne, il entend l'interpréter autrement que ne I interprète le stoïcisme
i. Tout au moins 1< Btoîcisme de Btricte orthodoxie, matérialial panthéiste.
L'autre théorie, qui vient ici s'entrecroiser avec la première, c'est celle de Platon, qui suppose au contraire la transcendance de l'idée du bien, dont un reflet seulement, une image pénètre jusqu'au monde sensible, jusque dans 1 intelligence humaine. Justin a nommé, dès le début de ce morceau, Platon et les Stoïciens à la fois. Ensuite il a pris pour point de départ l'idée du Xovo; o-TtâpjJLaTixsç. Mais toujours il garde présente à l'esprit la théorie platonicienne, et c'est elle qui domine de plus en plus sa pensée, à mesure qu'il la développe1. Une preuve en est qu'il qualifie la science des philosophes par l'adverbe àjxuSpwç, qui indique quelque chose de vague, d'indistinct; c'est une expression platonicienne, en parfaite relation avec la théorie des idées. Ailleurs Justin parait plutôt indiquer au contraire que la connaissance de la vérité, quand on n'y parvient que par le moyen de la raison, est incomplète, partielle. On connaît Dieu, et on ne connaît pas les personnes divines; on ne connaît pas l'incarnation du A'erbe. On a conscience du bien et du mal, et on ne connaît pas en détail la destinée de l'homme, les conditions du jugement final et ses suites. Mais quoi qu'il en soit de ce détail, il est sûr que Justin présente ici côte à côte deux explications qu'il n'approfondit pas, s'en remettant à ses lecteurs de choisir l'une ou l'autre, ou peut-être même de les concilier tant bien que mal toutes deux, selon l'esprit éclectique du temps. Le seul point qui lui importe, c'est la distinction radicale du Verbe et de la raison séminale, l'un parfait, l'autre imparfaite, l'un principe, l'autre dérivée, tous deux cependant apparentés. Ainsi, dans ce texte essentiel, comme dans presque tout ce qu'a écrit Justin, la théorie reste confuse; la tendance est tout ce qu'il y a de plus manifeste et ne laisse place à aucun doute.
1. Ainsi se confirme encore ce que nous remarquions plus haut; Justin paraît s'être intéressé peu à peu au stoïcisme par l'effet des circonstances, plutôt qu'il ne s'est senti attiré vers lui spontanément, comme vers le platonisme. Malgré son admiration pour Musonius, il est resté platonicien.
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Si le privilège du peuple juif, raison d'être sa nature, ne sonl |>;is matière à discussion dans les ipologies, L'inspiraticin des prophètes \ est définie, el il est évident qu'elle est toul autre chose que La méthode de recherche philoao phique, que la méditation et la dialectique. La première mention qui est faite d'eux au chapitre \\i <le la Première Apologie leur donne une place spéciale <•! leur attribue nn caractère unique : «< Il \ eul chez les Juifs des hommes qui oui été les prophètes de Dieu : par leur organe, Yesprit prophétique a prédil l'avenir; leurs prophéties, rédigées par eux-mêmes, en leur langue nationale, en hébreu, furent conservées avec soin, telles qu'elles avaient été pronom à l'origine, par les rois qui se sonl Buccédé en Judée \ propos d une prophétie particulièremenl délicate, cell< la naissance virginale de Jésus, Justin définil au chapitre \wiii ce qu'esl cet esprit prophétique, el il ilif que c est le A6- oç. premier-né de Dieu. Je reviendrai sui texte qui paraît identifier deux des personnes divines M ii est clair, — et c'est ce qui nous intéresse i<i. qu'il \ .1 une différence entre ce Verbe, — 0 Aôyoçavec L'article, — qui inspira les prophètes, e1 la raison, /.o-o; sans article, qui éclaira Heraclite et Socrate. Il esi si vrai qu'ici le Verbe est considéré comme personne, que, dans la 1 1 1 • r 1 1 < phras Justin définit à la fois L'inspiration prophétique e1 la naissance \ irginale : « Par l'esprit et la vertu de Dieu, il n\ -1 pas permis <l entendre autre chose que !'• Verbe qui est Le premier-né de Dieu, comme le prophète Moïse, déjà nommé, nous l'a dit, et c'est Lui <pii descendit but la \ ie *'l la couvrit de son ombre, c'est Lui <pii La rendit mère, non pas par commerce charnel, mais miraculeusement Pour plus de précision, avant de donner certaines règl pour expliquer les Ecritures, au début du chapitre ixxvi, Justin s'exprime ainsi : << Quand Les paroles des proph sont prononcées comme en leur propre nom, ne crovei pas (pi elles proviennent de ces hommes inspirés eux-mêmes,