‹ Les apologistes grecs du IIe siècle de notre èreChapitre 33 sur 128 · JO LES APOLOGIS1 ES OR · texte numérisé non relu

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de Dieu, a pris une chair el on sang pour notre salut, ainsi nous avons appris que la nourriture bénie par l;i prière [formulée] en une parole <|ui vient de lui laquelle se nourrissent notre sang e1 notre chair xa.xa -y.-.-i. Soay',7, est la chair el le sang de Jésus incarné, o

La religion à laquelle Justin a adhéré de toute son Ame est une religion révélée; c'est parce qu'elle vient de Dieu, et non des hommes, qu'il y croit. Quels sonl donc les livres qui contiennent cette révélation? Ce sont d'abord, — sur ce point il n'y a aucune obscurité. — ceux de I ancien Testament. Ce qui en fait pour Justin le prix inestimable, c'est, nous le savons, qu'ils contiennent les prédictions relatives à Jésus-Christ, à sa mission divine, à la Nouvelle- Alliance. La Loi n'intéresse pas Justin; ce sont les Prophètes qui l'intéressent. Mais ces prédictions, qui furent d'abord exprimées en un style volontairement obscur, sous des formes symboliques, et dont le sens est si difficile à pénétrer que Justin insiste sans cesse, dans le Dialogue, sur la nécessité d'avoir une méthode exacte pour les comprendre, et L'impossibilité même de posséder cette méthode sans le secours d'une sorte de charisme, ces prédictions n'ont elles-mêmes de valeur que parce qu'elles se sont réalisées. C'est à la lumière de l'histoire que - éclaire l«' mystère des prophéties. La vie réelle de Jésus déroule tous les événements qu'annonçait allégoriquement l'Ecriture et rend celle-ci intelligible. Or. comment connaissons-nous cette vie:' comment la connaissaient les chrétiens de [5o? Non plus directement, pur des témoignages de contemporains; mais par des récits écrits. Ceux qui concentraient dans les prophéties toute la substance utile de I ancien Testament, et ne pouvaient justifier ces prophéties ellesi-

i. Justin cite aussitôt après la Formule : Toûto itoietn :'; ri\v iviuvr,7:v [tou, tout' èdxt tb ffwjwx txov, qui m' rapproche de Luc XXII, 19-ao): et la formule tout' :t-: -<> xln.ï |iou, premiers mots '!<■ celle oui est dans Mathieu (XXVI, 28). — Je ne traduis pas les mois *crrà |irra6oXvjv, mut a mit. par transformation, pour ne pas préjuger 'tu sentiment de Justin sur la nature île l'Eucharistie.

mêmes que par les faits de la vie de Jésus, avaient évidemment besoin de donner à ces faits une certitude audessus de toute discussion, et par conséquent ils ne pouvaient manquer d'en venir à canoniser les livres dans lesquels ces faits étaient contenus. Il ne faut donc pas trop ergoter sur les termes différents que Justin emploie, quand il parle d'une part de Y Ancien Testament, et de l'autre des Evangiles, ou quand il cite des paroles de Jésus, et des événements de sa vie. Ces différences existent; elles sont naturelles; il n'est pas surprenant que le terme al rpatpai, les Ecritures, créé pour l'Ancien Testament, y soit resté longtemps en quelque sorte attaché ; qu'on ne se soit pas habitué tout de suite à l'employer pour les Evangiles. Mais pour prouver que, pratiquement, le canon de Justin ne se borne pas exclusivement à l'Ancien Testament, il suffit d'un seul texte ; le texte de Y Apologie ' où nous apprenons qu'on lit le dimanche, au service divin, « les Mémoires des Apôtres ou les écrits des Prophètes. » Les églises que connaît Justin, — l'église romaine tout cTabord, puisque Y Apologie a été écrite à Rome, — ne font aucune différence entre les évangiles 2, et les prophètes ; elles choisissent également dans les uns et dans les autres la lecture édifiante qui précède l'homélie 3. En outre, dans le xxviii6 chapitre du même ouvrage, pour faire une allusion manifeste à Y Apocalypse ** , qu'il attribue ailleurs à Jean « un des apôtres du Christ », Justin se sert de l'expression, d'après nos écrits, sx tcôv Tipstéptov <7uyypatj.;j.àto>v, qui se rapproche déjà beaucoup de celle de ypowm. Enfin, s'il n'a pas employé le mot ypa'f?! en parlant des Evangiles, il a dit, sans hésiter : il est écrit, yéyponcTai, non pas seulement en parlant d'un dialogue entre Jésus et

2. I, 66, oi yàp àrcôaroXoi, èv toïç yevo|J.évoiç ôic'avrôv àirojx.Vï)jto*evii.atriv, a xaXettat sùayyé).ia..., — et 67, v.ai ta àïro{j.V7)(Jtovs'j[JiaTa tûv àno<rroXcàv r\ xà <7yyypaii|j.aTa xàiv TipocpYjToiv àvayiyvwax.eTcu.

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