‹ Les apologistes grecs du IIe siècle de notre èreChapitre 58 sur 128 · Dial. XLV · texte numérisé non relu

Dial. XLV

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humiliée, et que dans la Beconde venue «lu Christ, elle cesse entièrement pour ceux qui croienl en lui; <|u elle ne soit plus désormais, quand les uns auront été envoyé* au jugement, au Bupplice du feu < 1 1 1 1 les châtiera Bans fin; quand les autres survivront impassibles, à I abri de la corruption el de la douleur, immortels. >> Victoire sur les démons el victoire sur la mort, c'esl la double victoire du Christ.

La signification de Ba mort, et particulièrement du Bupplice de la croix, n'a pas laissé Justin indifférent. Il s'en csi expliqué dans les chapitres «lu Dialogue* "ù il réplique à Tryphon et à ses anus, qui lui oui objecté la malédiction portée par la Loi contre les crucifiés, o II j a une malédiction contre les crucifiés; mais cette malédiction n'esl pas prononcée contre le Christ de Dieu, par lequel Dieu sauve tous ceux qui ont commis des a. h- dignes de malédiction. » En effet, — ainsi raisonne Justin, tous les hommes sont soumis à la malédiction de la l"i mosaïque, <pii maudit quiconque n'observe pas toute* set prescriptions "-'. c'estr-à-dire tous les hommes, mil n'étant capable de remplir intégralement lis obligations de la Loi parmi ceux qui la connaissent, et ceux qui m- rivent pas sous la Loi étant, par définition, en «'-lai de péché. * U Dieu a voulu que << son Christ, au pr<>lii de tous les hommes de toute race, se chargeât des malédictions de tous Ces idées proviennent surtout chei .lu-lin du fameux morceau d'Isaïe sur l'homme de douleur, dont I'- trait 1«" plus caractéristique' est cité aussitôt après, .lu-lin a lait peu d'effort pour en tirer tout ce qu'elles contenaient el les mettre en harmonie avec l'ensemble de -a doctrine; les considérations de Saint-Paul sur la mort du Christ ne paraissent pas avoir exercé une influence notable but -a pensée.

On ne peut pas dire nmi plu- que .lu-tin ait pressenti

i. XCIV-XCV.

■. Deutéronome, XXVII,

'A. haïe, 1.1 II. 5.

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les difficultés qui devaient naître un jour du problème de la Grâce. Il s'est prononcé, sans les prévoir, dans le sens de la liberté. Toutefois, il lui est arrivé de faire un appel direct à l'assistance divine. Sans parler de nouveau des charismes, des dons spirituels qu'il s enorgueillit de voir en possession des chrétiens, alors que la prophétie a pris fin chez les Juifs, le passage suivant suffit à montrer que, dans l'existence de tous les jours, pour la pratique des plus simples vertus, il compte sur le secours d'en haut : « Nous qui vivions dans la débauche, dans toutes les actions infâmes, par la grâce venue de notre Jésus selon la volonté de son Père, nous nous sommes dépouillés de toutes les impuretés dont nous étions couverts; le diable, éternel adversaire, nous menace et veut nous attirer tous à lui; mais l'ange de Dieu, c'est-à-dire la Puissance de Dieu qui nous fut envoyée par Jésus-Christ, lui tient tète, et il s'écarte de nous1. »

Toutes ces idées sont d'ailleurs de celles que Justin émet en passant, et sans insister, dans les ouvrages que nous avons conservés de lui. Le premier rang est tenu dans sa pensée par le Fils. Verbe et Didascale, raison qui se communique aux hommes, d'abord partiellemmcnt, puis totalement, et leur est un principe de vertu. Pour savoir cependant si cette œuvre d'instruction, qui est son œuvre par excellence, n'est pas complétée par une œuvre de salut, en un sens plus proprement religieux, ce n'est pas assez de rassembler les textes assez sommaires de l'Apologie et du Dialogue sur l'efficacité de la mort du Christ. Il faut rechercher encore quelle est l'efficacité des deux grands sacrements chrétiens, le Baptême et l'Eucharistie.

i. Il faut aussi signaler les paroles significatives du vieillard à Justin (Dial. VII) : « E\Syov 8è rcpb nbcvrcov ;<oto; àvor/Ôïjvou rc-JXaç- où y*P œuvotïtoc, oySè (T-jvvoriTà 7ia<T:v ïttiv, e! jjlyJ -i,> 6îb; ofo trjvtsvoct vo: ô Xp'.aio; z-JtoO ». La conversion s'opère ici encore par Y intelligence, mais le secours divin est nécessaire pour cette parfaite intelligence de la vérité.

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XII. — La doctrine de Justin sur le Baptême et l'Eucharistie.

« Le Clinsi ». est-il dii vers la fin du Dialogue, << premier-né de toute création, est devenu, une seconde l"i-. le principe (l'une r;tee nouvelle, de celle qui ;i été régénérée par lui au moyen de l'eau, de la foi el du bois qui contenait le mystère de la en>i\. de la même manière que \oé, porté sur les eaux, a élé Bauvé, avec les Biens, dans le

bois*. » Ici encore le christianisme es! présenté co le

quelque chose d'unique, c'esi une création nouvelle; avec lui commence une nouvelle humanité, el cette humanités été régénérée par la foi. — principe de la conversion, — par le bois. — c'est-à-dire par la inorl du Christ, enfin par l'eau. — c'est-à-dire par le baptême. Qu'est-ce poux Justin (pie le BaptêmeP

Le chapitre qu'il lui consacre es! à la lin de la Première Apologie2. La condition pour recevoir le baptême, c'esl d ('ire persuadé de la vérité de Ion! ce qui est enseigné par l'Eglise, et de promettre d'v conformer -a vie. La cérémonie esi précédée de prières el déjeunes, en \ ne d'obtenir la rémission des péchés commis, avant la conversion, par les néophytes3; le- fidèles \ prennent part comme ceuxci. Les néophytes sont conduits ensuite a là où Be trouve 1 eau ». cl ils sont ci régénérés en prenant dans l'eau le bain, au nom du Dieu Mère et créateur de toutes chos s, de Jésus-Ghrisl notre Sauveur et du Saint-Esprit4 o. L -

i. Dial. CXXXVIII.

•-. Première Apol., l.\ l.

'•'<■ l emploie ce mot, qui «■>! commode, mais je préviens qu'il n\ -i pas dans I ustin.

i. La Formule esl celle de Mathieu, XVIII, ::. avec hei . t le génitif, •m lieu <!<• : ri 1 accusatif. La régénération rient manifestement -le Jr,m Ml. :;. entretien de Jésus .>\>', Nicodème . Justin ne «site i ment Le texte 'I» IV Evangile, mais il Berail très invraisemblable, -il no s <'ii Bouvenail pas, qu'il Boulevfll de lui même, pour La prévenir L'espril 'le -.s Lecteurs, L'enfantine • >t>i*'<t î<>n di N ce point absolument de l'avis de Rauschen S. Justin* apologim du». p. 6a .

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trois éléments de la cérémonie sont donc d'abord la foi du candidat, avec les dispositions morales qu'elle implique; en second lieu le bain ; enfin la formule composée du nom des trois personnes divines. Nous connaissons déjà, par l'exemple de l'exorcisme, la croyance de Justin au pouvoir de la formule qui contient les noms divins. Quelle est la signification du second élément, de celui qui caractérise proprement le baptême? Ce bain semble être surtout un symbole de la pénitence, à juger par la citation du texte d'haïe (I, 16-20). où Justin le trouve prédit, et ne recevoir une véritable efficacité que grâce à la formule qui l'accompagne. Voici en effet comment il est expliqué : « Puisque, lors de notre première naissance, nous sommes nés, dans l'ignorance et selon la nécessité, d'une semence liquide, par l'union de nos parents, et puisque nous avons grandi dans des mœurs mauvaises et des habitudes perverses ; pour que nous ne demeurions pas les fils de la nécessité et de l'ignorance, et que nous devenions les fils de la liberté et de la science, et que nous obtenions la rémission des péchés que nous avons commis antérieurement, on prononce sur celui qui a demandé la régénération et s'est repenti de ses fautes, le nom de Dieu, père et maître de toutes choses1. » Le baptême efface donc les

1. Cette phrase risque d'être mal comprise et appelle plusieurs observations. Il y a une correspondance étroite entre tous les termes de la première partie, et tous ceux de la seconde. Nous naissons dans l'ignorance, qui est le lot commun de l'humanité quand elle n'est pas guidée par le Christ; et le baptême, en nous faisant chrétiens, nous donne la science. La nécessité est ici tout simplement le fait même de notre naissance, en ce sens que nous n'avons pas eu à demander la vie, tandis que la liberté (mot à mot : le choix, rcpoatpsfftç), c'est l'acte volontaire qui décide notre conversion. A la semence liquide, correspond symboliquement Veau du baptême. — Justin présente tout ceci, dans la phrase qui précède, comme une tradition apostolique. Qu'est-ce exactement que cette tradition? On a pensé à Gai., £, 'Si, Ephes. 5, 8, Rom. 8, o (Rauschen, p. 62); la chose reste incertaine. — Le texte de P porte, vers la lin de la phrase. à<péaei6ç t: ôrcàp âtxapTtûv. Les éditeurs suppriment d'ordinaire ûrcép, que l'on peut conserver sans difficulté. — Je d ai pas cité la dernière partie du développement, et il semble ainsi que la formule ne comprend que le nom du Père; c'est que Justin intercale

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péchés commis avant la conversion; |>as plus qu'ailleurs, il n'est ici question du péché originel. Le mol f "•• illumination, que Justin emploie el explique dans la phrase suivante, est eu relation avec ce qu'il vienl «le duc de la science, qui désorma is remplace notre ignorance primitive; I expression peu! provenir de la langue de- mystères, mais clic n'est pas de l'invention de notre auteur, qui la cite expressément comme déjà reçue'. Les texte- du Dialogue* relatifs au baptême n'ajoutent rien d'essentiel ;i ce que nous apprend ce chapitre de L Apologie. Justin \ commente de nouveau la citation d'Isaïe, el appelle le baptême « le bain de la pénitence et de la connaissance «le Dieu. » L'élément essentiel est donc toujours la foi. l'acte délibéré et conscient qui nous convertit .

Dans le môme développement (mal de la Première Apologie. Justin a exposé avec précision la célébration de l'eucharistie4; il s'y est même repris à deux fois; d'abord, en achevant la description du baptême, - car le néophyte, aussitôt après, reçoit le pain et la coupe . — ensuit propos du service hebdomadaire qui a lieu ton- les dimanches. Les explications données incidemment dans trois chapitres du Dialogue6 confirment, el. au moins sur

une parenthèse qui rompt la suite des idées; il complète ensuite la formule, eu terminant le chapitre. — Il est évidenl que Justin pense au baptême de l'homme d'âge unir, qui se convertit par un acte volontaire.

i- Ka'/ eïtoci o£ tovto rb ).outpbv EpuTia^d;-

-. XIII-XIY.

3. Quant au baptême 'le lésus. il marque pour Justin le moment "ii Dieu proclame publiquement la m i-~>i< >e de son envoy< . i

n'avait pas besoin d'être baptisé et de recevoir l'Esprit-Saint sous la

ternie «l'une Colombe t >• . . I.XXXVHI ,

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