‹ Les apologistes grecs du IIe siècle de notre èreChapitre 65 sur 128 · XV · texte numérisé non relu

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païen, car on comprendrait mal. en ce cas. qu'il y renvoyai, comme il le fait, pour éclaircir et compléter un développement qu'il abrège ; nous apprenons aussi qu'il en préparait un1, où il se proposait sans doute, à l'exemple des Juifs alexandrins, de corroborer le témoignage de Y Écriture par celui de certains écrivains profanes. Cela ne fait point penser qu'il fût alors un débutant, et confirme, au contraire, l'impression, suggérée par tout le Discours, qu'il avait eu tout le temps de mûrir ses idées, et pouvait se considérer à son tour comme un maître. Ajoutons que les termes dans lesquels il parle de Justin nous inclinent à croire que celui-ci était déjà mort, et notons aussi que, bien que le Discours ne soit pas à proprement parler hérétique2, on y trouve mainte idée qui surprend et peut paraître suspecte. Il est donc infiniment probable que la composition n'en a pas suivi presque immédiatement la conversion de l'auteur, mais a. au contraire, précédé de peu de temps sa rupture avec l'Eglise. Or c'est en 172 que Tatien parait avoir fondé son BiSas-xa^eiov, son école schismatique. en Orient: c'est dans les deux ou trois années antérieures qu'on peut placer avec quelque vraisemblance cette composition.

Ce Discours est-il une véritable barangue. ou, plus exactement, une conférence, prononcée réellement en un lieu déterminé, ou même à plusieurs reprises devant un public varié, dans des villes différentes, au cours d'une de ces tournées que les sopbistes entreprenaient si volontiers? Tatien était assurément homme à souhaiter de renouveler, après être passé au christianisme, ce qu'il avait fait si souvent alors qu'il était encore païen. Mais est-il facile d'imaginer que. à l'époque antonine. l'autorité ait supporté, ou qu'un public païen. — si Ion veut, un public mixte. — ait toléré l'audition d'une diatribe si haute en couleur et si

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