‹ Les apologistes laïques au dix-neuvième siècleChapitre 113 sur 167 · DEVOIRS DE CHARITÉ · texte numérisé non relu

DEVOIRS DE CHARITÉ

Nous avons déjà rencontré sur notre chemin le mot de charité; c'est en effet le principal devoir de l'homme envers Dieu. Jésus-Christ, après avoir rappelé ce précepte aux foules, l'a complété en ajoutant : « Vous aimerez, votre prochain comme vous-mêmes pour l'amour de Dieu. » La charité envers le prochain, c'est donc

L'amour de l'humanité s'abîmant dans l'amour de Dieu, mais

y demeurant distinct.

Victor Hugo (i).

Ce qui fait le caractère propre de la charité, ce qui la distingue essentiellement de l'humanité, de la philanthropie et autres vertus philosophiques, c'est que le prochain doit être 2iunépour Dieu, et que par suite. Dieu aimant tous les hommes, nous devons aussi les aimer sans aucune exception : ce qui ne serait pas si nous les aimions pour euxmêmes.

Il est toujours facile d'aimer les bêles pour l'amour d'ellesmêmes : il est parfois difficile d'aimer l'humanité autrement que pour l'amour de Dieu.

Marquise de Blocqueville (2),

(1) Les^Misérables, II, viir, ix. Hetzel. (2} Roses de Noèl, p. 3 >.. OUendorff,

DEVOIRS DE l/nOMME ENVERS SON PROCHAIN 4^9

• Mais quelle belle tâche, si nous savons la comprendre ! Ainier les hommes, avoir un motif de les aimer même quand.il ne sont pas aimables, leur vouloir du bien, leur en procurer selon notre pouvoir : tout cela nous est toujours possible, et

Même après tous nos bonheurs perdus, il nous en reste toujours un dernier, celui des autres.

Edmond Pailleron (i).

Les œu\Tes de la charité sont spirituelles ou temporelles, selon qu'elles s'adressent à l'àme ou au corps du prochain. Nous allons énumérer les unes et les autres.

ARTICLE I

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