‹ Les apologistes laïques au dix-neuvième siècleChapitre 120 sur 167 · DIEU ET LE PAUVRE · texte numérisé non relu

DIEU ET LE PAUVRE

La connexité est telle, qu'on est certain, quand on vient d'entendre lun, d'entendre l'autre au bout d'un instant. C'est un peu l'effet que produit la rime quand on entend lire des vers. On pirait que ces deux mots : Dieu et le pauvre, l'iment enseuible

(i) Lacordaire, cité par Lacointa, Lacordaire à Sorrèze, p. 264. {2) Odes, II, X, m. Hetzel.

dans quelque langue inconnue, dont les vestiges surhumains, égarés parmi nous, nous donnent l'impression d'une poésie gigantesque et oubliée.

Ernest Hello (i).

Chez le pauvre, à côté des tristesses et des laideurs physiques, quelles beautés morales il est souvent donné de découvrir !

Au fond de la misère il est une beauté

Toute de modestie et d'idéalité,

Une douce blancheur, une vague auréole.

Que ne rendront jamais ni pinceau ni parole.

Je ne sais quel éclat propre aux traits amaigris,

Reflets de clair de lune au-dessus des débris.

Plus calmes, plus rêveurs, plus'veloutés par l'ombre,

Lumineuse atmosphère autour d'un astre sombre...

Ah ! cette beauté-là vient du ciel ! Je vous plains

Si vous n'avez gardé de ces rayons divins.

Qui, d'un vieux mendiant ou d'une pauvre femme.

Se glissent en vous-même et vous éclairent l'âme I

Si vous n'avez, l'hiver, dans les froides maisons,

Près de l'âtre où s'éteint un reste de tisons,

Vu le beau, révélé dans le faible sourire

D'une mère apaisant le cri qui la déchire,

Se masquant de bonheur, de chansons, de gaîlô,

Poui' endormir son fils sur son cœur attristé !

Si vous n'avez reçu des murs d'une chaumière

Une réflexion de céleste lumière,

Alors que, pénétrant, à la pointe du jour.

Avec le grand panier qu'a rempli votre amour,

Dans la chambre où languit l'indigente famille,

Vous vîtes et l'aïeul, et la mère, et la fille

Au pain quotidien sourire... et, confondus.

Les petits, blonds et bruns, à vos bras suspendus I

O du foyer du pauvre inexprimables charmes !

Splendeur du dénûment qui nous incline aux larmes

Doubles rayonnements qui sortez des déserts,

Et des lieux désolés, et des destins amers 1

(i) Le Jour du Sehjneur. Palmé.

DEVOIRS DE l'homme ENVERS SON PROCHAIN 4^1

Grâces, do la fleur pâle et de la lcvi*e ti'iste,

Que le vulgaire ignore et que poursuit l'artiste!

Vous êtes \ni aimant, vous êtes un moyen.

Dieu, par lamour du beau, veut nous conduire au bien!

Il met dans la détresse un reflet de lui-même,

Pour que l'homme y descende, et l'étudié, et l'aime.

Du PONTAVICE DE HeUSSEY (i).

Aussi Dieu attache-t-il un grand prix à l'aumône, et le Sauveur a-t-il promis de payer jusqu'à un verre d'eau donné à un malheureux.

Dans un mystère, Jésus raconte en ces termes l'aumône que lui ont faite deux pauvres jeunes filles :

Ce matin, je me suis déguisé en mendiant, je leur ai demandé l'aumône ; elles ont déposé dans ma main lépreuse, chacune à leur tour, une grosse pièce de cuivre toute glacée de vert-degris. Saint Eloi, prenez-les, et forgez-en un beau calice pour la

communion de mes chérubins.

Théophile Gautier (2)

La bénédiction de Dieu sur le riche bienfaisant, est sollicitée par le pauvre lui-même, dont la prière est toutepuissante sur le cœur de Dieu. C'est ainsi que la religion K fait de la prière du pauvre la richesse du riche (3)V »

ANNETTE

A pçopos, monsieur, mes pauvres vous remercient bien. Ils m'ont promis de prier pour que Dieu vous accorde tout ce que vous désirez.

HENRI

Mais ils ne savent pas ce que je désire.

ANNETTE

Dieu doit le savoir,

Alexandre Dumas fils (4).

(i) Œuvres, 1. 1, A Mademoiselle C. Romer. Lemerre.

(2) Une larme du diable, 11. Librairie nouvelle.

(3) V. Hugo, Cromwell, préface. Hetzel.

(4) Francillon, lll, n, C. Lévy.

Du reste, la première chose à désirer, c'est le salut éternel^ et c'est là surtout la récompense de l'aumône, chaque fois qu'on la donne, on fait un pas vers le ciel.

Le mendiant évangélise, il offre aux gens une occasion de commencer à se sanctifier.

L'homme qui lutte contre la Pauvreté se dit en passant devant cet infirme : « Je pourrais être comme cela ! » et il est plusjustc envers sou Créateur. L'homme dur s'attendrit parfois malgré lui ; il brave le froid, il fait un effort pour tirer deux sous de sîi poche, et c'est peut-être cet effort, ce sont peut-êti-e ces deux sous qui sauveront son âme.

Edouard Dhumont (i).

IL Voyons maintenant les divers motifs que l'on met en avant pour se dispenser du devoir de l'aumône.

Le premier est celui-ci : « Si je donne, je vais me ruiner; je dois penser à raies besoins et à ceux de mes enfants. »

Que Ton ne donne que selon ses ressources, cela est naturel, et trop généralement admis pour ({u'il soit utile d'insister. Mais que l'on ne donne rien, sous prétexte do ne pas s'appauvrir, c'est un excès condamnable et qui provient d'un grave défaut : l'avarice.

Ce vice est à la fois inepte et odieux.

Il est inepte. N'est-il pas ridicule, d'abord, d'estimer un homme au poids de ses richesses? C'est pourtant ce que fait le monde :

Autrefois l'on disait « nous sommes », On dit aujourd'hui « nous avons ».

Baronne d'OiTENFELS (a).

Mais ce n'^st pas ce que fait Dieu, à qui d'abord il faut plaire. Emile Augier dit d'un homme alïligé à la fois de sottise et de fortune :

(i) La Fin d'un monde, VIII, ii. Savine.

(a) Bouquet de pensées, les Verbes..auxiriairrs. Lfvnpmi.

DEVOIRS T>E L'nOM:\rE EXVERS SOX PROCHATÎI 4^3

C'est un lourdaud... qac Dieu semble avoir enrichi pour montrer le cas qu'il fait de la richesse (i).

Pour Dieu, il faut être, et non avoir. Et d'ailleurs, l'avare a-t-il véritablement ce qu'il possède? « Il y a, dit La Bruyère , dos gens qui sont mal logés , mal couchés , et plus mal nouiTis, qui<*ssuient les rigTieurs dos saisons, qui se privent eux-mêmes de la société des hommes, et passent leurs jours dans la solitude, qui soufîrent du présent, du passé, et de l'avenir, dont la vie est comme une pénitence continuelle, et qui ont ainsi trouvé le secret d'aller à leur perte par le chemin le plus pénible : ce sont les avares (2). »

L'avarice n'est pas seulement ridicule (3), elle est odieuse, à cause du mal qu'elle fait commettre. Uaiiri sacra famés, l'infernal appétit de la fortune est un bien mauvais conseiller.

Roméo vient d'acheter du poison chez un pauvre apothicaire, qu'il paie en lui disant : « Tiens, voilà ton or; poison plus funeste pour le cœur des mortels , et qui commet bien plus de meurtres dans ce monde abhorré, que ces chétives compositions que tu n'as pas la liberté de vendre.

(i) Jean de Thommeray, IV, vu. C. Lévy.

(21 Caractères, xr. Chamfort a dit : « Le plus riche des hommes, c'est l'économe; le plus pauvre, c'est l'avare; » — et La Rochefoucauld : « L'avarice est plus opposée à l'économie que la libéralité. » Réflexions morales, id-.

(5) Dans leur Journal, les Goncourt signalent deux exemples d'avarice aussi authentiques que ridicules. « Bar-sur-Seine. . . Il habite ici un millionnaire, d'une avarice telle, que lorsqu'il a rais ses flls au collège, il a défendu par économie qu'on leur cirât leurs souliers, disant que le cirage brûlait le cuir.. . et il a remis au proviseur une couenne de lard pour les frotter. » Ailleurs, ils parlent d'un entretien qu'ils ont eu avec une religieuse garde-malade : « Cette sœur donnait de féroces détails sur l'enseve'issement à Paris, où se montrent toas les cynismes et toutes les avarices de la richesse, racontant qu'elle avait vu, de ses yeux, ensevehr un fils de grande famille, dans un vieux costume de pierrot. » Journal, 4 septembre 18(12; 29 octobre iSfi/». Cli;irpeiitier. — Chateaubriand parle d'un homme pieuK, « mais d'une tcdle avarice, que s'il avait eu le malheur de perdre son âme, il ne l'aurait jamais rachetée » Mémoires d'outre -tombe, t. m, p. 24a.

4a4 APOLOGISTES LAÏQUES

C'est moi qui te vends du poison : toi, tu ne m en as pas vendu (i). »

Brizeux a stigmatisé en termes éloquents la maison de l'avare :

Dans certaine bourgade, à ce que Ton rapporte. Ces mots étaient gravés sur le seuil de la porte :

« Quand vous seriez de la race du chien, Entrez dans ma maison si vous avez du bien. » Ainsi parlait le seuil de ce logis infâme, Puis l'avare ajoutait, montrant toute son âme :

« Quand vous seriez de la race du roi, Si vous n'avez plus rien, passez ! chacun chez soi. » Tout près coulait un fleuve, et, mugissant, terrible, Il ne renversait pas cette maison horrible !

Brizeux (2). * »

On se sent parfois découragé de donner, en pensant à l'ingra titude de ceux qui reçoivent. Sans doute, la reconnaissance est une vertu rare :

En., rendant un service, vous contractez l'obligation d"'en rendre un autre, et le fond de la reconnaissance n'est pas le souvenir du premier, c'est l'espérance du second.

Victor Cherbuliez (3j.

Bien heureux encore quand le souvenir du bienfait ne fait pas naître la haine de l'obligé pour son bienfaiteur :

La reconnaissance est pareille à cette liqueur d'Orient, dont parlent les voyageurs, qui ne se conserve que dans des vases d'or ; elle parfume les grandes âmes et s'aigrit dans les petites.

Jules Sandeau (4j.

En voici un exemple, tiré de mémoires contemporains :

{i).J^oméo et Juliette, V, i.

[ifuistoires poétiques, Journal rustique, 2' partie. Lemerre.

15) La Bête, p. 2o5. Hachette.

i[i\ Mademoiselle de la Seiglière, acte I, se. ix. C. L'.v. ,

DEVOIRS DE LIIOMME ENVERS SON PROCHAIN ^a5

i^- juin iS^i. — Rentrée à Paris (i). Ma maison n'est pas brûlée ; mais, vis-à-vis, deux sont entièrement détruites, et tout ce quelles renfermaient est anéanti. M. Saint-G..., le pharmacien, un des hommes les plus charitables du quartier, est ruiné; c'est un de ceux qu'il secourait qui a mis le feu à sa maison.

FiDUS (^).

Mais qu'importe la gratitude de l'homme à celui qui fait le bien pour Dieu? C'est de là-haut, et non d'ici-bas, que doit venir la récompense : qui donne aux pauvres, prête à Dieu.

On dit encore : « Il y a tant de faux pauvres ! » Sans doute, mais il y en a encore plus de véritables :

On prétend que tous ceux qui font ce métier (de demander raumône) ont cinquante mille livres de rente et des maisons dans tous les quartiers de Paris. Je crois qu'il y a là quelque exagération et le fait qu'ils sont sous une porte cochère n'en est pas moins établi.

Edouard Drumont (3).

Que les mensonges dont nous nous plaignons ne nous détournent pas de faire le bien : après tout, s'il y a de faux pauvres , c'est leur affaire , et notre aumône n'en tombera pas moins dans la bourse de Dieu. Nos récriminations justifient le mot d'un moraliste : « Nous querellons les malheureux pour nous dispenser de les plaindre (4), » et font penser à ce riche qui disait en parlant des pauvres : « On a beau ne leur rien donner, ces gens-là demandent toujours ! (5) »

(i) Après l'insurrection de la Commune.

(2) Journal de dix ans. Fetscheria et Chuit. (5) La Fin d'un Monde, VIII, 11. Savine. (4) Vauveaargues, Maximes, i23.

(.'}) Rapporté par Chamfort.

III. Comment faut-il faire l'aumône? Il ne sufïît pas de donner,, il faut donner avec bonté, mêlant ainsi la charité spirituelle à la charité matérielle.

Il est humiliant de recevoir l'aumône : ne pouvons-nous pas diminuer cette humiliation par notre manière de donner ?

La plupart des gens, même ceux qui obligent réellement, font tomber les services de si haut qu'ils blessent presque toujoiu's leurs obligés. D'où tant de bienfaiteurs et si peu de bienfaits.

Alphonse Karr.

Un romancier dit, à son tour, de l'un de ses personnages :

... On lui savait peut-être moins ^é de ses services que de TinefTable bonté qui les assaisonnait. Les services ont besoin de se faire pardonner en ce bas monde.

Edmond About (i).

Les sacrifices d'argent, cela est affaire aux très riches, qnl se croient quittes, trop souvent, par la bienfaisance officielle ; qui se figurent payer la rançon de leur bonheur en se débarrassant, d'un coup, de toute préoccupation, par l'envoi d'une grosse somme au b\u*eau^de l'arronoLi^gement.

C'est déjà bien, je n'en disconviens pas. Mais la charité est autre, qui, pour le don de quelque monnaie, n'exempte pas du don de soi-même. Quand j'étais petite, grand'mère m'apprenait qu'on ne jette pas un sou à un pauvre comme un os à un chien, qu'on le lui donne d'égal à égal, de la main à la main : et cfuand, par la fenêtre, je lançais l'obole à quelque joueur d'orgue, il fallait que mon décijQie fût enroulé de papier. « Le malheureux, disait la chère femme, ne doit pas ramasser son pain dans la boue. »

Toujours je me suis rappelé cela, — et c'est bien vrai qu'il faut faire excuser l'aumône en l'enveloppant d'un peu de soi !

Séverine (2).

Ajoutons que notre charité, ainsi faîte, sera véritablement

(i) L'Infâme, vir. Hachette.

(2) Eclair, 28 octobre i8f)ii.

DEVOIRS DE LHGMIME EXVERS SON niOC'rl.VIX <'i 7

dig^ne de son nom, et donnera caupauvreplusde bonheur.

à Diea plus d'honneur, à nous plus de mérite :

"L"n morceau de pain qu'on donne tout soc, san« quelques

bonnes paroles pour l'aider à passer, ce n'est que la moitié de

la charité... et encore !...

Georges Duruy (i)

Souvenez-vous qu'ici La compassion sainte est une aumône aussi, Et que la charité qui nourrit et désarme Tombe des mains obole et tombe du cœur larme !

Victor Hugo (2).

« Un sou c'est du cuivre ; un bon sourire, c'est de l'or (3). »

Il est une manière de faire la charité contre laquelle il s rait temps de réagir : elle consiste à s'amuser entre riches au profit des pau^Tcs.

Fallait-il secourir quelque g-rande misère, Rendre des exilés à leur foyer natal, Vêtir des orphelins : « C'est bien, laissez-moi faire. Disait-elle, pour eux nous donnerons un bal. »

Joseph AUTR AN (4).

A défaut d'un bal, on ouvrira un de ces 'bazars où, sur quelques charités anonymes, s'étaleront pompeusement des toilettes tapageuses et des coquetteries déplacées : invention nouvelle , jugée sévèrement par les moralistes contemporains :

On vend de tout aux ventes de charité, — excepté l'esprit de charité.

Valtère (5),

(i) ISi Dieu ni maître, II, m. Ollendorff.

(2) La Pitié suprême, m. Hetzel.

(3) J^.Roux, Nouvelles. pensées, IX, in..Lemerre.

(41 La Lyre à sept rordes. Sainte Célimène. C. Lévy. (5) Heures grises, p . 42- Ollendorff.

4a8 APOLOGISTES LAÏQUES

La charité, c'est l'argent des autres.

P. Gerfaut (i).

Il est encore d'autres pratiques inspirées par le même

esprit de plaisir ou d'ostentation :

On voit de belles dames s'inscrire avec empressement sur des listes de charité, couvertes de noms pompeux ou brillants. D'autres, dans des toilettes miraculeuses, quêtent chaleureusement pour les pauvres! ou bien, elles jouent à leur profit, dans des comédies égrillardes, les rôles les plus risqués. . . On en a vu vendre, jusqu'à des baisers, pour vêlir les gens sans abri! Et s'il l'eût fallu, tant l'ardeur du sacrifice les pressait, elles se fussent improvisées écuyères, somnambules dans une foire, ou dompteuses de fauves !...

Mais combien, parmi ces affolées de bienfaisance, seraient- capables de se priver d'un chapeau neuf, d'un bijou souhaité, ou de leur loge à la Comédie, — un jour de grande première, — pour verser dans la main tendue dun véritable indigent, une silencieuse aumône?...

Darc (a).

Faisons la charité de la bonne manière : aimons le pauvre pour l'amour de Dieu, et non pour l'amour de nous-mêmes.

Nous venons de parler de la bonté due par l'homme à l'homme : sera-ce rabaisser ce sujet que de dire ici quelques mots de la bienveillance due par l'homme à l'animal ?

La chaîne à mille anneaux va de l'homme à l'insecte : Que ce soit le premier, le dernier, le milieu. N'en insultez aucun, car tous tiennent à Dieu.

Lamartine (3).

Ce titre de créature de Dieu nous impose, à l'égard de l'animal, le devoir de ne pas le faire souffrir sans nécessité. Sans doute, il est subordonné à l'homme et nous pouvons

(i) Pensées d'un sceptique, p. 278. OUendorff.

(2) Sdycsse de poche, p. 199. On connaît la réponse faite par un c daine, sortant d'un bal de charité, à un pauvre qui lui tendait la main « Je ne peux rien vous donner, je viens de danser pour vous. »

(.■>} La Chute d'un ange, 8« vision. Hachette, Jouvet.

DEVOIRS DE l'homme EXVERS SON PROCHAIX 4^9

le faire servir à notre bien-être. iNIais en dehors de là, être méchant pour les bêtes est un signe de méchanceté à l'égard des hommes.

Un jeune homme eut à choisir sa fiancée entre deux sœurs. Il prit celle qui se montrait la meilleure pour le chien de la maison.

P. Gerfaut (i).

On sait comme saint François d'Assise aimait les oiseaux, les appelant ses frères, les réunissant autour de lui et leur apprenant à chanter et à louer leur Créateur. Pour quiconque aime Dieu rien n'est indifférent, et jusque dans les animaux il trouvera à louer le Créateur. Leur vue lui rappellera la puissance divine, car

L'insecte vaut un monde : ils ont autant coûté ;

Lamartine (a).

Et tout en les faisant servir à ses besoins, il se souviendra que

L'homme est sur terre Pour tout aimer. Il est le frère. Il est l'ami, Il doit savoir pourquoi, s'il tue une fourmi.

Victor Hugo (3).

{i) Pensées d'un sceptique, p. 107. Ollendorff.

{2) M émtat.ons poétiques, l'Homme. Hachette, Jouvet,

(3) Toi qutmada, H, 11. Hetzel.

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