‹ Les apologistes laïques au dix-neuvième siècleChapitre 27 sur 167 · L. SiMox · texte numérisé non relu

L. SiMox

Voici, en définitive, les constatations officielles de la science :

Toutes les tentatives de croisement conduisent aux résultats suivants qui sont admis sans conteste : ou bien l'accouplement est impossible pai' suite de la répugnance des individus qu'on voudi'ait conj oindre malgré eux; ou bien l'accouplement a lieu sans produit; ou bien les produits sont absolument stériles, comme les mulets (c'est le cas le plus fréquent) : ou bien encore les produits deviennent stériles après xin petit nombre de gêné rations; ou bien enfin les produits sont indéfiniment fertiles entre eux, mais alors les descendants se rapprochent de plus en

(i) La Variabilité des espèces et ses limites, p. 181. Alcan.

(2) Charles Darwin, p. i>54. Alcau.

(5) De l'Origine des espèces, p. 40' -^can.

LA CRÉATION ET LA CRÉATiURE 9I

plus des parents, de sorte qu'il y a inévitablement et promptoment retour à l'un des types originels.

Conte JE AN (i).

Ainsi rhybridation , dont on a voulu faire un argument en faveur du darwinisme,

L'hybridation est le moyen qui met le plus complètement

dans son jour la fixité des espèces.

P. Flourens(2).

II. Ces transformations supposées n'ont pu s'effectuer que très lentement, et Darwin reconnaît lui-même que chaque espèce nouvelle n'a été constituée qu'après mille, dix mille, un million de générations. Et il existe des milliers et des milliers d'espèces ; ce qui nous conduit à des millions et des millions de siècles. Mais,

Avant de s'accorder si libéralement ces inimaginables périodes de siècles, les darwinistes auraient dû se demander si la terre et le soleil, ce rouage indispensable au déploiement de la vie sur notre planète, sont capables de fournir une si longue carrière. Or, les astronomes et les physiciens, seuls compétents ici, ne semblent point disposés à leur faire cette concession.

Reçue scientifique (3).

III. Le -passage d'une espèce à l'autre se serait fait au moyen d'une suite de transformations partielles, qui auraient constitué des espèces intermédiaires. Ces formes de

(i) Revue scieniifique, 3o avril 1881.

(2) Examen du livre de M. Darwin sur l'origine des espèces, p. gr»

(5) 6 mars 1875.

passage auraient été beaucoup plus nombreuses qii<^ les formes représentant les espèces connues.

Or, chose étrange, si ces formes intermédiaires ont existé, on n'en retrouve aucune trace dans les fossiles, tandis qu'on retrouve, et en grand nombre, les espèces vivantes encore ou bien connues et classées déjà par la science. Citons quelques attestations de ceux-là mêmes qui ont cherche :

Voilà vingt-cinq ans que je poursuis les horizons fossilifères dn bassin belge, en les isolant avec soin les uns des autres... Je n'ai encore trouvé, ni dans le temps, ni dans la forme, le passage de deux types bien déterminés.

GOSSELET (i).

Une chose est certaine, c'est que l'ensemble du témoignage des flores fossiles est opposé à la doctrine du développement dû à l'évolution par filiation. Carruthers (2).

On a découvert, près de Hohenhausen, dans le canton de Zurich, au sein de marais tourbeux, toute iine population végétale des anciens âges. Ces débris sont encaissés dans des lignites dont la formation a dû avoir lieu, au dire de certains géologues, entre deux périodes glaciaires. L'if, le pin silvestre, le mélèze, le bouleau, le chêne, l'érable, le noisetier même, avec ses deux variétés, ont été reconnus dans ces formes végétales d'un âge géologique certainement antérieur au nôtre ; on les a comparées avec les formes végétales de la même espèce qui croissent encore aujourd'hui, et l'on n'a point trouvé de diflerence.

Pozzi (3).

Les transformistes eux-mêmes sont très embarrassés devant ce silence du passé, ce démenti donné par les faits an système :

(1) Cité par D. de Saint-Projet, Apologie scientifique, p. 3o3. Palmé.

(2) Cité ibid. ■ ■ ,5) La Tore et le récit bibU'jnr, d: h crCulio".,^'. "o-j.

Les preuves positives, seul témoignage certain et indiscutable sur ^equel nous puissions compter, sont insuffisantes à établir une modification progressive quelconque des animaux.

Ch. Huxley (1).

L'édifice de la phylogénie, bâti avec des hypothèses, doit toujours demeurer, conformément à la nature des choses, incomplet, plein de vides, en partie incertain et chancelant.

H^CKEL.

Le problème (de la filiation des espèces dans les souches fossilifères) reste, quand à présent, inexpliqué, insoluble, et l'on peut continuer à s'en servir comme dun argument sérieux contre les opinions émises ici.

Ch. Darwin (3).

Lamartine avait donc bien raison de dire, et l'on pourrait répéter après lui, en étendant à tout le règne animal ce qu'il ne disait que de l'homme :

Où sont donc dans ces squelettes de l'homme primitif les preuves ou les indices des moindres progrès dans la construction physique de l'humanité ? Quels sens manquaient aux hommes des premiers âges ? Quels sens ont été ajoutés aux hommes d'aujourd'hui ? Y a-t-il un nerf, une fibre, un ongle, un muscle, une articulation de différence entre l'homme d'hier et l'homme de quatre mille ans en arrière? Montrez-moi seulement que votre nature éternellement progressive ait donné , par le travail de ce prodigieux écoulement de siècles, un organe, un doigt, une dent, un cheveu de plus à sa créature favorite, une ligne à sa stature, un jour à la durée de sa vie!... Non, rien, pas même un atome de matière organisée de plus à son usage. Tel

(1) Les Sciences naturelles, éd. française, p. 31L Alcan.

(2) Histoire naturelle de la création, p. xxiv. {3j Origine des espèces, p. 385.

û4 APOLOGISTES LAÏQUES

il est, tel il fut, tel, il sera jeté coiunie une argile pesée par la même niain dans le luènie moule.

LAaiAKTlNE (i).

Pourtant quelques clarwinistes ne sont pas embarrassés pour si peu !

On les a souvent combattus au nom de la paléontologie, en leur demandant de montrer une seule de ces séries qui doivent, selon eux, relier l'espèce parente à ses dérivés. Ils reconnaissent ne pouvoir le faire ; mais ils répondent que les faunes et les flores éteintes ont laissé fort peu de restes ; que nous connaissons seulei^MMit la moindre partie de ces antiques archives; que les faits témoignant en faveur de leur doctrine sont sans doute ensevelis sous les flots avec les continents submergés, etc. « Cette manière de voir, conclut Darwin, atténue beaucoup, si elle ne les fait pas disparaître, les difficultés. » — Mais, je le demande encore, dans quelle branche des connaissances humaines, autres cpie ces questions obscures, regarderait-on les problèmes comme résolus, précisément parce qu'on ne sait rien de ce qu'il faudrait savoir pour les résoudre?

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