‹ Les apologistes laïques au dix-neuvième siècleChapitre 54 sur 167 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Si la religion est nécessaire, si elle doit avoir le caractère surnaturel d'une révélation positive laite par Dieu aux hommes, une question se pose comme conséquence immédiate : Quelle est cette religion? A cette question, pour un homme de bon sens et de bonne loi , convaincu des vérités que nous avons précédemment exposées, une seule réponse est possible : « C'est la religion chrétienne, fondée par Jésus-Christ et vivant sous nos yeux au sein de l'Eglise catholique. »

Dès. rinstant où vous reconnaissez un Dieu, la religion chré

tienne arrive malgré vous avec tous ses dogmes, comme l'ont

remarqué Clarke et Pascal.

Chateaubriand (i).

Aussi n'est-ce pas un exposé complet des preuves du christianisme que nous voulons donner ici. Nous nous proposons seulement de les passer brièvement en revue. A l'heure actuelle, l'apologie de la religion chrétienne est laite ou à peu près, lorsqu'on a convaincu les esprits de l'existence de Dieu, de la spiritualité de l'àme, de la nécessité de rapports surnaturels entre la créature et le Créateur. C'est l'avis que nous allons recueillir sur les lèvres de deux phi- 1 )sophes rationalistes.

Si la philosophie spiritualiste n'est point aveuglée par le plus sot orgueil, dit Victor Cousin, elle doit savoir qu'en dehors de

(i) Génie du Christianisme, I, i,iv.

l'Ecole, dans le genre humain, le spiritualisme est représenté par le Cl)4'istianisme, que le Christianisme lui-même est excellemment représenté par l'Eglise catholirpie, et qu'ainsi le Saint- Père est le représentant de tout l'ordre intellectueLjet moral — Je tienss cette suite de propositions comme inattaquable, et je me chargerais de les établir victorieusement contre qni que ce fût, pourvu que l'adversaire admît Dieu, c'est-à-dire un Dieu véritable, doué d'intelligence, de liberté et d'amour.

Victor Cousin (t).

Sur la fin de sa vie, Augustin Thierry tenait un langage plus net encore au père Gratry, qui essayait de le convaincre^ par de longs arguments, de la divinité du christianisme :

Tenez, je ne puis suivre vos démonstrations de philosophie religieuse... Gela doit être bon pour d'autres, non pour moi... Je suis un rationaliste fatigué qui me soumets à l'autorité «le l'Eglise. J^vois les faits; je vois par Thistoire la nécessité nv. • nifeste d'une autorité divine et visible pour le développement de la vie du genre humain. Or... tout ce qui est en dehors du Christianisme ne compte pas; de plus, tout ce qui est en dehors de l'Eglise catholique est sans autorité... Donc, l'Eglise catholique est l'autorité que je cherche, et je m'y soumets. Je crois ce qu'elle m'enseigne : je reçois le Credo.

Augustin Thierry (2).

* * Ce chapitre sera divisé en quatre articles. Dans le premier nous parlerons de Jésus- Christ lui-même ; — nous passerons ensuite à l'examen de son œu^Tc, c'est-à-dire du christianisme, — puis nous jetterons un regard sur la société qui seule a conservé dans sa pureté et son intégrité le christianisme de Jésus-Christ : nous voulons dire V Eglise catho' liqiie. — Enfin, nous parlerons des sources où l'Eglise puise les enseignements qu'elle donne aux fidèles, et tout particulièrement de la Bible.

(i) Cité par .Mgr Dupanloup, la Souveraineté 'pontificale, x. (2) Cité par Gratry, la Connaissance de l'âme, préface.

l'église de JÉsus-cnnisT bo3

ARTICLE PREMIER

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