V. Hugo
Dans une page d'un lyrisme élevé, Jean Rameau a chanté cette Incarnation du Fils de Dieu, s'abaissaiiL jusqu'à l'hu-
(1) Génie du Christianisme, I, i, v.
(2) Dieu, II, VI. Hetzel.
manité ou plutôt l'élevaut jusqu'à lui. Ainsi le Psalmiste avait célébré la venue du Rédempteur, s'avançant pareil à un géant prodigieux : exultavit ut gigas, ad currendam viam.
Alors Dieu se fit homme...
Il pétrit de l'aurore et s'en fit un front vaste; Il tordit de la nuit et s'en fit des cheveux ; Du vent il fit sa voix ; de la neige des pôles Il composa son torse, éblouissant et droit; Et les nuages d'or parèrent ses épaules ; Et l'anneau de Saturne éclata sur son doigt.
Gloria! Dieu paraît! Son souffle est de verveines ; Son cœur est l'urne rouge où bout l'amour des cieux; Les arbres vont puiser leur sève dans ses veines Et les étoiles vont s'allumer à ses yeux !
Jean Rameau [I).
La vie terrestre de l'Homme-Dieu est universellement connue (2). Consignée par quatre témoins dans autant de petits livres appelés Evangiles, elle a fait l'admiration de tous les âges. Mais le Christ ne veut pas seulement être admiré, c'est l'adoration qu'il réclame, car il est Dieu. Or, c'est précisément dans les Evangiles, dans la vie de Jésus, que se trouvent les preuves les plus évidentes de sa divinité. On a attaqué l'authenticité de ces livres, leur véracité même : après bien des années et bien des batailles, ils sont debout, s'imposant à tous avec des marques de temps, de lieu, de sincérité et de bonne foi que les incrédules sont forcés de reconnaître. Citons quelques-uns de leurs aveux :
Les choses sont aujourd'hui à ce point, qu'aucun homme, à moins qu'il ne veuille sciemment choisir l'erreur et rejeter la
(i) La Chanson des étoiles : la Mort de Dieu. OUendorff. (2) On trouvera, dans Victor Eugo apologiste, p. 71-89, un abrégé de la Tie de Jésus-Christ extrait de l'reuvi'e du poète.
Térîté, n'osera dire que le quatrième Evangile ne soit pas de lapôtre saint Jean.