‹ Les apologistes laïques au dix-neuvième siècleChapitre 61 sur 167 · LE CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

LE CHRISTIANISME

La divinité de la religion chrétienne ressort de la divinité de son fondateur : si les fruits font juger de l'arbre, l'arbre permet de préjuger les fruits. Mais en dehors de cet argument, il en est d'autres que nous allons énumérer rapidement, et qui permettent d'affirmer que le christianisme est

une œuvre divine.

I. Le fait même que le christianisme, ce renversement de toutes les idées humaines, se soit emparé du monde, est tellement miraculeux, qu'on ne peut s'empêcher d'y reconnaître le doigt de Dieu. Voyez Pierre : il quitte Jérusalem pour s'en aller, lui pauvre, lui ignorant, où ? à la conquête de l'univers !

Aux flots de Césarée Il laissa les débris de sa barque égarée. Il marcha bien longtemps, solitaire piéton, La croix dans une main, et dans l'autre un bâtop - Làge et la pénitence avaient courbé sa taille Seul il défia Rome et lui livra bataille !

(i) La Fleur d'or, Talismans. Lemerre.

aiR APOLOGISTES LAÏQUES

Et cette Rome avait un empereur puissant - Qui, dans ses doux loisirs, jouait avec du sang, Et des soldats si forts que, dun seul coup de lance, A l'univers mutin ils imposaient silence. *Eh bien ! comme Tépi dans la main du faucheur, Tout Rome sécroula quand parut ce pécheur : Les dieux prirent la fuite ; un évèque sans glaive S'installa sur la place" où Saint-Pierre sélève; Et ce fut lui mystère à donner des frissons, A briser notre corps et notre àme... Pensons !

Barthélémy (i).

IL Aux obstacles que le christianisme rencontrait en lui-même à sa propagation dans le monde, un autre vint s'ajouter, plus redoutable encore. A peine a-t-il paru qu'il est attaqué à main ouverte ; l'ère des persécutions commence, et pendant plus de trois siècles on voit défiler des milliers et des milliers de chrétiens,

Qui, dépouillés darmures, Refusant aux bourreaux leurs chants ou leurs murmures, Vont souffrir sans orgueil et mourir sans combat.

Victor Hugo (2).

Et l'on sait quelle fut la violence de ces persécutions, quelles inventions la rage inspira aux hommes pour varier et raffiner les supplices. Un auteur contemporain en a tracé un tableau qu'il faut citer tout entier :

Les bourreaux exposent aux mouches les martyrs «nduits de miel ; les font marcher pieds nus sur du verre cassé et sur des charbons ardents ; les descendent dans des fosses avec des reptiles ; les flagellent à coups de fouets munis de boules de plomb ; les clouent vivants dans des cercueils, qu'ils jettent à la mer : les pendent par les cheveux, puis les allument; arroseut leurs

(i) Némésis. Garnier.

{2)0d€S, IV, XI. Hetzel.

LKGLISË DE JKSUS-CHRTST M9

plaies de chaux vive, de poix bouillante, de plomb fondu ; les assoient-^ur des sièges de bronze chaulïés à blanc; leureiiibncent autour du crâne des casques rouges ; leur brûlent les lianes avec des torches, rompent les cuisses sur des enclumes, arrachent les yeux, coupent la langue, cassent les doigts l'un après l'autre. Et la souilrance ne compte pas, les saints restent pleins de mépris, ont une hâte, une allégresse k soudrir davantage. Un continuel miracle d'ailleurs les protège, ils fatiguent les bourreaux. Jean boit du poison et n'en est pas incommodé. Sébastien sourit, hérissé de flèches. D'autres fois, les flèches restent suspendues en l'air, à droite et à gauche du martyr; ou, lancées par l'ai'cher, elles reviennent sur elles-mêmes et lui crèvent les yeux. Ils boivent le plomb fondu comme de l'eau glacée. Des lions se prosternent et lèchent leurs mains, ainsi que des agneaux Le gril de saint Laiirent lui est d'une fraîcheur agréable. Il crie : « Malheureux, tu as rosty une partie, retourne l'autre et puis mange, car elle est assez rostie. » Cécile, mise en un.bain tout bouir^nt « estoit là tout ainsi comme en un froit lieu et ne sentit onc ung peu de sueur ». Christine déconcerte les supplices : sou père la fait battre par douze hommes qui succombent ;i la fatigue ; un autre bourreau lui succède, l'attache sur une roue, alliune du feu dessous, et la flamme s'étend, dévore quinze cents personnes ; il la jette à la mer, une pierre au col, mais les aiiges la soutiennent, Jésus vient la baptiser en personne, puis la confie à saint Michel pour qu'il la ramène k terre ; un autre bourreau enfin l'enferme avec des vipères qui s'enroulent dans une caresse à sa gorge, la laisse cinq jours dans un four, où elle chante, sans éprouver aucun mal. Vincent, qui en subit plus encore, ne parvient pas k souffrir : on lui rompt les membres ; on lui déchire les côtes avec des peignes de fer jusqu'k ce que les entrailles sortent ; on le larde d'aiguilles ; on le jette sur un brasier que ses plaies inondent de sang. On le remet en prison, les pieds cloués contre un poteau; et, dépecé, rôti, le ventre ouvert, il vit toujours ; et ses tortures sont changées en suavité de fleurs, une grande lumière emplit le cachot, des anges chantent avec lui, sur une couche de roses. « Le doulx son du chant et la souefve odeur des fleurs se espandirent pardelmrs, ^t quand les gardes eurent veu, ils se convertirent à la foi, et (fuant Dacien ouyt ceste chose, il fut tout forcené et dist : Que luy

ferons nous plus, nous sommes vaincus. » Tel est le cri des totirmenteurs, cela ne peut finir que par leur conversion ou par leur mort. Lqwrs mains sont frappées de paralysie. Ils périssent vio lemment, des arêtes de poisson les étranglent, des coups de foudre les écrasent, leurs chars se brisent. Et les cachots des saints resplendissent tous, Marie et les apôtres y pénètrent à Taise, au travers des murs. Des secours continuels, des apparitions descendent du ciel ouvert, où Dieu se montre, tenant une couronne de pierreries. Aussi la mort est-elle joyeuse, ils la défient, les parents se réjouissent, iorsquun des leurs succombe. Sur le mont Ararat, dix mille crucifiés expirent. Près de Cologne, les onze mille vierges se font massacrer par les Huns. Dans les cirques, les os craquent sous la dent des bètes. A trois ans, Quirique, que le Saint-Esprit fait parler comme un homme, souffre le martyre. Des enfants à la mamelle injurient les bourreaux. Un dédain, un dégoût de la chair, de la loque humaine, aiguise la douleur d'une volupté céleste. Qu'on la déchire, qu'on la broie, qu'on la brûle, cela est bon ; encore et encore, jamais elle n'agonisera assez ; et ils appellent tous le fer, l'épée dans la gorge, qui seule les tue. Eulalie, sur son bûcher, au milieu d'une populace aveugle qui l'outrage, aspire la flamme pour mourir plus vite. Dieu l'exauce, une colombe blanche sort de sa bouche et monte au ciel.

Emile Zola (i).

Chose merveilleuse, dans ce sang où les empereurs pensaient la noyer, l'Eglise, comme en un bain salutaire, prenait développement et vigueur. « On dit avec effroi du sang répandu : c'est la mort ! ]Mais moi je dis avec allégresse du sang que répand l'Eglise ma mère : c'est la vie (2)! » N'est-ce pas le cas de redire : le doigt de Dieu est là?

III. A ces épreuves le christianisme a joint celle de la durée, et le miracle de sa fondation est aggravé par celui de

(i) Le Rêve, u Charpentier.

(2) R. P. M-HNsabré, Ccncilc et jabiU. i.

sa conservation. Car voilà dix-neuf cents ans que la raison humaine est renversée, que la sagesse de ce monde est traitée de folie, et les hommes le savent et y consentent:

Gomment se fait-il que ce monde, si avide de jouissances, si altéré de voluptés, comment se fait-il que l'âme humaine, évidemment créée pour le bonheur, adore depuis bientôt deux mille ans un instrument de supplice?

Explique cela qui pourra.

Joseph AUTRAN (i).

Cependant les philosophes se succèdent, apportant chacun leur système, dont un lambeau seulement subsiste parce qu'il est conforme au christianisme, tandis que tout le reste s'en va en fumée. Ft pendant ce temps la croix reste debout : stat crux, dam volvitiw orbis.

Tandis que le paganisme n'a pu supporter un instant l'examen de la raison humaine, le Christianisme diu'e après que Descartes a posé le fondement de la certitude, après que Galilée a découvert le fondement de la terre, après que Newton a découvert l'attraction, après que Voltaire et Rousseau ont renversé les trônes. Et tous les politiques sages, sans juger ses dogmes, qui noul qu'un juge, la foi, souhaitent qu'il dure.

A. Thiers (2).

Les systèmes de Spinosa n'ont pas survécu à leur maître. Le système de Hegel est mort et ruiné comme toutes les œuvres humaines. Une seule philosophie est debout ; dix-huit siècles l'ont si peu usée, que c'est à peine si l'humanité commence à la comprendre. C'est la doctrine de Celui qui seul a pu dire aux honuues : v Si vous tenez à ma parole, vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. »

Ed. Laboulaye (3).

Et ce miracle, car c'en est un, s'accomplit malgré la durée des persécutions qui, à leur tour, subsistent aussi longtemps que l'Eglise.

(i) Œuvres, t. vu, p. 5oi : Notes de voyage. C. Lévy.

(2) De la propriété, conclusion . Jouvet.

(5) FAudes morales et polUi<jucs, p. 56. Charpentier.

Notre génération n'en a-t-elle pas va de sanglantes ?

J'ai va, il y à vingt ans, des prêtres qui tombaient criblés de

balles au pied d'un mur et qui se redressaient pour bénir les

gredins qui les fusillaient : parole d'honneur, cela ma donné de

la considération pour les soutanes, d'en voir d'aussi trouées,

d'aussi rouges que les capotes de nos petits pioupious ! Et cela

m'a inspiré aussi des doutes sur l'utilité de l'œuvre qu'on avait

accomplie, en travaillant à détruire des croyances qui ont à tout

le moins un mérite qui n'est pas médiocre : celui de faciliter

lacté peu aisé de bien mourir.

Georges Duruy (i).

Cela durera d'ailleurs autant que l'Eglise. Les chrétiens savent que « les seules causes qui meurent sont les causes pour lesquelles on ne meurt pas (2). »

IV. Les persécutions qui parfois lui manquent parmi nous, le christianisme les trouve dans ces régions lointaines oîi le zèle et la charité le poussent à se répandre. Ce prosélytisme, qui ne cherche pas à s'imposer par la force, et n'a d'autre arme que la persuasion et s'il le faut le martyre, est encore une marque delà vérité.

Voici, dit Chateaubriand, une de ces grandes et nouvelles idées qui n'appartiennent qu'à la religion chrétienne. Les cultes idolâtres ont ignoré l'enthousiasme divin qui anime l'apôtre de l'Evangile (3). Les anciens philosophes eux-mêmes

(r) ZVt Dieu ni maître, préface, a^tentretien. Ollendorflf. ta) Louis Veuillot.

(5) « Si l'on nous assurait que le motif secret de l'ambassade des Siamois a été d'exciler le roi très chrétien à renoncer au christianisme, î; permettre l'entrée de sou rojaume aux talapoins, qui eussent pénétré dans nos .Jnaisons pour persuader leur reUgion à nos femmes, -à no? enfants et à nous-mêmes, par leurs livres et par leurs entretienV*; qui -eussent élevé des pagodes au milieu des villes, où ils eussent placé--ties figures de métal pour être adorées, avec quelles risées et quel étrange mépris n'eutendrions-uous pas des choses si extravagantes ! .Nous faisons

l'église de JÉSUS-CHRIST 223

n'ont jamais (jiiitté les aA^emies d' Académus et les délices d"Avhèues, pour aller, au gvé d'une impulsion sublime, humaniser \e sauvage. ^instruire l'ignorant, guérir le malade, vêtir le pauvre et semeV la concorde et la paix parmi des nations ennemies: .-î'est ce que les religieux chrétiens ont l'ait et font encore tous. les jours.

Chateaubriand (i).

Y. A l'exemple de son fondateur, le christianisme a semé le bien partout où il a passé. Pour mieux s'en rendre compte, il faut comparer l'état actuel de la société à celui où elle se trouvait il y a dix-neuf siècles. C'est ce qu'ont fait des historiens, des philosophes, des poètes, des aj^ologistes : au tableau qu'ils ont tracé nous emprunterons seulement quelques traits.

Avant Jésus-Christ, que savait-onde la vérité? Laissant décote quelques rares philosophes, que savait la foule de ce qu'il fallait connaître pour la direction de l'àme '?

Le monde n'était que ténèbres.

Les doctrines sans foi luttaient comme des flots, Et trompé, détrompé de leurs clartés funèbres, L'esprit humain flottait noyé dans ce chaos ; L'espérance ou la peur, au gré de leurs caprices, Ravageaient tour à tour et repeuplaient les cieux, La fourbe s'engraissait du sang des sacrifices, Mille dieux attestaient l'ignorance des dieux I

Fouillez les cendres de Palmyre,

Fouillez les limons d'Osiris

Et ces panthéons où respire

cependant six mille lieues de mer pour la conversion des Indes, des royaumes de Siam, delà Cliine et du Japon, c'est-à-dire pour faire très sérieusement à tous ces peuples des propositions qui doivent leur ])araître très folles et très ridicules. Ils supportent néanmoins nos religieux et nos prêtres ; ois les écoutent quelquefois, leur laissent bâtir leurs églises et faire leurs missions : qui fait cela en eux et en nous ? ne serait-ce point la force de la vérité ? » La Bruyère, Caractères, xvi.

(i) Gcniedu christianisme, IV, iv, i. Voir aussi Brizeux, Histoires poétiques, le Missionnaire. Lemerre.

L'ombre fétide eucor de tous ces dieux proscrits !

Tirez de la fange ou de l'herbe, Tirez ces dieux moulés, fondus, taillés, pétris, Ces monstres mutilés, ces symboles flétris, Et dites ce qu'était cette raison superbe

Quand elle adorait ces débris !

Lamartine (i).

Le bien ne peut être où le vrai n'habite pas, et, comme la vérité, la vertu n'avait point de place dans l'ancien monde. Nous savons bien que l'on cite certains mots, certains faits qui pourraient faire croire à la vertu de Rome,

Mais les vertus les plus sublimes N'étaient que des vices dorés.

Lamartine (a).

Quand Rome eut des vertus, ce furent des vertus contre nature. Le premier Brutus égorge ses fils, et le second assassine son père... Elle était d'ailleurs féroce, injuste, avare ; elle n'eut de beau que son génie ; son caractère fut odieux.

Chateaubriand (3).

Prenons les vertus que nous estimons le plus, et voyons ce qu'elles -étaient dans la société païenne. hs. pitié ? elle était inconnue, dans

Ce monde où l'homme naissait et vivait sans entrailles pour l'homme, sans respect pour sa vie ni pour sa mort, sans compassion pour sa soufli'ance, sans attendrissement pour son malheur, sans larmes pour ses larmes, un monde de fer qui faisait une faiblesse et une lâcheté de la pitié.

De Goxcourt (4).

La douceur ? Pour ces païens perdu de vices

(i) Harmonies poétiqueSj III, v. Hachette, Jouvet.

(2) Ibid.

(5) Génie du christianisme, IV, vi, xiii.

14) Madame Gervaisais, xxxvii. Charpentier

l'église i>e JKsrs-ciiuisT aa5

Pour lem*5 g^oùts dépi*avés |)ar l'excès monotone, Il n'est plus de plaisir ([u'iiu crime n'assaisonne. Tantôt ils font lutter, dans des combats affreux, L'hounnc contre la brute et les hommes entre eux ; Aux longs ruisseaux de sang qui coulent de la veine. Aux palpitations des membres sur l'arène, Tendant leur coupe vide aux mains des échansons, Leur front du vent des nuits savoure les frissons, Et, dans les jeux sanglants de ces bêtes de proie, L'accent du désespoir contraste avec leur joie !

Lamartine (i).

U humilité ? C'est à qui s'élèvera au-dessus des autres, c est à qui arrivera au pouvoir souverain, fût-ce au prix de crimes, fût-ce en supprimant un frère, un père ou une mère. Lisez l'histoire des empereurs : vous les verrez

Sans fin l'un contre l'autre ourdir et conspirer,

S'embrasser un moment pour s'entre- décliirer.

Des sentiments humains ne nourrir que l'envie,

Tuer, tuer toujours pour défendre leur vie,

Se rompre et se nouer en sourdes factions.

Se rouler dans les flots de leurs séditions.

Cacher sous leurs manteaux des armes toujours prêtes,

Se verser le poison dans la coupe des fêtes.

Et, pour goûter le fruit de crimes imparfaits.

Puiser dans leurs remords la soif d'autres forfaits !

Tant l'homme qui s'est fait son seul dieu de lui-même

Peut descendre à jamais sous un poids d'anathème !

Lamartine (2)

La chasteté ? C'est à ne pouvoir lire les livres où les satiriques latins ont tracé le tableau des mœurs de Rome pa'ienne, descendue jusqu'à Epicure et aux conséquences de son matérialisme ;

« Oui, se sont écriés les homme», Le cœur et le cerveau lassés ;

(i) La Chute d'un ange, 7» vision. Hachette, Jouvet^ (2j Ibid.

APOLOGISTES LAÏQUES l5

Du jour qui fuit plus économes Sachons vivre licureux où nous sommes ; On y peut sentir, cest assez !

Allons tous, allons nous suspendre

Aux lèvres de la Volupté,

Et que la Mort venant nous prendre

Ne trouve qu'un amas de cendre

Par sou léger souffle emporté ! »

Et tous s'étaient rués dans les lâches délices : Ils s'étaient attablés au grand banquet des vices...

Les maigres jeunes gens, pris de gaîtés profanes Et fous d'ivresse, offraient la fumante boisson Aux lèvres sans couleur des Marcellus de pierre, Et sur les piédestaux dansaient, chargeant de lierre Des fronts qu'avaient ornés le chêne et le gazon.

Sullv-Prudhomme (i)

* * Soudain, continue le poète,

Soudain, quand la joyeuse et misérable troupe

Ne se soutenait plus pour se passer la coupe.

Une perle y tomba, plus rouge que du vin..

Ils levèrent les yeux : cette sanglante larme

D'un flanc ouvert coulait, et, par un tendre cliarme,

Allait rouvrir le cœur au sentiment divin.

La coupe de nectar devient l'amer calice,

Le lit voluptueux se transforme en bûcher,

La tiuiique de fête en un rude cilice :

Le corps souffre, et l'esprit recommence à chercher.

Sully-Prudhomme (2).

Impossible de mieux exprimer la révolution apportée dans le monde par Jésus, sa croix et son Eglise. Désormais tout va changer. Le vrai va enfin régner par le christianisme :

(i) Le Bonheur, II, v. Lemerre.

fa) Ibid.

Toutes les vérités soat en lui, et nous ne faisons que balbutier, sous d'autres formes, en les lui empruntant, les notions parfaites de Dieu et de morale que son divin auteur a enseignées à rhumanité.

Lamartine (i).

Une partie de ces vérités avait peut être été soupçonnée par certains sages de l'antiquité, mais c'est de l'Evangile que date leur pleine, lumineuse et large révélation. Les écoles païennes marchaient à tâtons dans la nuit, s'attacliant aux mensonges comme aux vérités dans leur route de hasard. Quelques-uns de leurs philosophes jetaient parfois sur les objets de faibles lumières, qui n'en éclairaient qu'un côté et rendaient plus grande l'ombre de l'autre. De là tous ces fantômes créés par la philosophie ancienne. Il n'y avait que la sagesse divine qui pût STibstituer une vaste et égale clarté à toutes ces illuminations vacillantes de la sagesse humaine. Pylhagore, Epicure, Socrate, Plate n, sont des flambeaux ; le Christ, c'est le jour.

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