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Les apothicaires parisiens au seizième siècle

Directeur à l’École des Hautes-Études au Collège de France, Président-fondateur de la Société préhistorique de France, Vice-Président honoraire de la Société historique d’Auteuil et de Passy.

5 Août.

Depuis ma dernière Communication sur L’histoire de la Médecine à Pans, au seizième siècle, j’ai trouvé nombre de nouveaux documents tant sur des Médecins, des Chirurgiens et des Barbiers-Chirurgiens parisiens que sur des Apothicaires U), pour la plupart apothicaires-épiciers, comme ils s’intitulaient eux-mêmes, en exerçant la double profession, et des Apprentis-apoîcaires ( 2 ), de Paris aussi et de ses « faulx bourgs », qui vivaient au seizième siecle également.

Mais, dans cette nouvelle Notice, je ne parlerai que des susdits apothi-

k ( *) L f m0t âpothicaire s’écrivait alors indifféremment : appothicair mapothiquere avec q, u, e, au lieu de c, a, i.

■f a À ; ;On dirait aujourd’hui : élèves en pharmacie.

caires (maîtres, compagnon et élèves) et d’un herboriste, tous praticiens en leur « estât », dont je donnerai, en terminant, la liste avec la rue et l’enseigne de la maison qu’ils habitaient en la grand’ville ou dans ses environs, comme je l’ai fait, dans mes précédentes publications, pour les praticiens du temps en l’art de guérir.

Ces documents, qu’il me paraît intéressant de présenter aujourd’hui au Congrès de Nîmes, l’Association française pour l’Avancement des Sciences comprenant maintenant une section de Pharmacologie, ces documents, dis-je, proviennent tous, un seul excepté, de Minutiers de notaires parisiens, notaires « ou Chastellet de Paris », comme on les appelait alors, vivant au seizième siècle et ayant noms :

i° De 1498 à i545, Jean Crozon et Pierre Crozon, puis Yves Bourgeoys et Catherin ou Kathrain Fardeau, dont l’étude était située sur la rive gauche de la Seine, dans la région dite V Université;

2 0 Vassart et Yver, en i56g, et Fanyn, en 1571, habitant tous trois sur la rive droite de la Seine, non loin de Saint-Germain-l’Auxerrois.

Ces documents sont ;

a. Des inventaires de boutiques de marchands apothicaires (médicaments, appareils, livres, etc.);

b. Une vente d’ofïicine après décès;

c. Des certificats de maladies et de décès délivrés par des apothicaires;

d. Des contrats de mariages et des testaments;

e. Un règlement de compte de tutelle;

/. Une réclamation de, sommes dues pour prêt au « Roy », pour honoraires de «l’estât » d’apothicaire, pour vente de « drogues et médicaments »;

g. Des poursuites judiciaires contre un apothicaire parisien pour coups et blessures;

h. Des contrats d’apprentissage passés entre apothicaires et étudiants ou

Ces -minutiers ont été très soigneusement dépouillés et publiés : les uns, \ en igo5, par M. Ernest Coyecque dans son important ouvrage — le premier volume seul encore a paru —- intitulé : Recueil d’actes notariés relatifs à l’histoire de Paris et de ses environs au seizième siècle, qui fait partie de la collection des documents concernant l’Histoire générale de Paris, éditée par la Ville; les autres, en 1900, par M. Émile Caron dans son intéressant livre qui a pour titre : A travers les minutes de notaires parisiens, de i559 à iü r J'J.

Quant au document qui, seul, ne figure pas dans les minutiers susdits, je l’ai trouvé dans les Registres des Insinuations du Châtelet de Paris pour, l’année i553, par MM. Émile Campardon et Alexandre Tuetey. C’est un inventaire des plus curieux, celui de la bouticle ou bouticque, comme on l’écrivait à l’époque, d’un apothicaire de Paris. Il est, de toutes les pièces que je reproduis ou que j’analyse ici, la plus importante par la nomenclature qu’elle donne des nombreux médicaments employés en apothicairerie au milieu du seizième siècle. Aussi m’a-t-elle permis de dresser, à la fin de ce travail, un essai de la pharmacopée du temps.

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