‹ Les apothicaires parisiens au seizième siècleChapitre 10 sur 10 · E DE CUYVRE. 1 , . ,T · texte numérisé non relu

E DE CUYVRE. 1 , . ,T

\ certains liquides.

Chevrettes d’episses. — Les chevrettes étaient des récipients, en grés de Beauvais vu l’époque, pourvus d’une anse et d’un goplot.

Cire jaulne. — Cire jaune. Son mode d’emploi est assez connu pour nous dispenser de toutes explications ou remarques.

Confectio hanet. —r Confection Hamech. Sous le vieux nom de confections, on désignait autrefois et l’on désigne aujourd’hui encore des préparations pharmaceutiques" ayant la consistance de pâtes molles et composées de poudres diverses presque toujours de nature végétale, divisées dans une certaine quantité de miel ou de sirop composé. La Confection Hamech, dont il est question ici, était un purgatif extracto-résineux énergique.

Cornaline. —Variété d’agate calcédoine. Entrait-elle dans la composition de quelque dentifrice ou dans quelque autre préparation ?

Courail. — Corail. S’agit-il du polypier ou Corail rouge (Voir ci-dessous)? Nous ne le pensons pas, nous croyons bien plutôt qu’il est question ici de la plante connue sous le nom de Corail des jardins, dit encore Poivre de Guinée, Poivre d’Inde, et vulgairement appelée aussi Maniguette et Graine de Paradis, Ce serait alors la semence de VAmomum granum paradisi ou Grana paradisi, de la famille des Amomées, originaire de Ceylan et de Madagascar et dont les graines ont une saveur chaude, analogue à celle du poivre. La Maniguette a les mêmes propriétés stimulantes que la cannelle ; mais elle est à peine employée, aujourd’hui du moins.

Coural rouge. — Corail rouge. Autrefois préconisé pour ses qualités astringentes et toniques, disait-on, le Corail rouge n’entre plus aujourd’hui que dans la composition de certaines poudres dentifrices, de même que le Corail porphyrisé dans certains opiats, dentifrices également, dans l’opiat de Desforges notamment.

Curalles A SUCRE. — (?).

■;'Cuyller a besongner a CIRE. —■ Cuiller servant à la manipulation de la cire.

Cyperum. — Cyperus Lin., vulgairement appelé Souchet, de la famille des Cypéracées, tribu des Cypérées. Deux variétés de souchet étaient employées autrefois en médecine : le Cyperus longus Lin. ou Souchet long, Souchet odorant, et le Cyperus rotondus Lin. ou Souchet rond. Les racines de ces . végétaux jouissent des mêmes propriétés stimulantes, astringentes et aromatiques. Le souchet ne figure plus dans la Pharmacopée moderne.

Cytis amaris. — Cytise ainer ou Cytisus amaris Lin., de la famille des Papilionacées-Lotées, dont les feuilles étaient employéès jadis pour leurs propriétés vomitives.

Diafinicum. — Diaphénic ou Diaphœnix-, c’est le nom d’un électuaire drastique, l’électuaire diaphœnix, dont la pulpe des dattes fait la base et dont les principales substances actives sont le gingembre, le poivre noir, la scammonée, etc. Cet électuaire n’est plus guère prescrit que dans le traitement de la colique des peintres, colique ou intoxication dite saturnine.

Eau de Damas. — Il ne s’agit pas ici d’une synonymie de nom avec YEau africaine, YEau de Chine et YEau d'Egypte, toutes trois synonymes aussi de Y Eau de Perse, c’est-à-dire d’une solution d’azotate d’argent.L'Eau, de Damas de la houticle de notre apothicaire n’est autre, en réalité, que YEau de roses de Damas, Rosa Damascena Mill., de la famille des Rosacées. Originaire de Syrie, cette rose est dite aussi Rose des quatre Saisons et Rose de Puteaux parce qu’on la cultive en grand, dit É. Littré, dans cette localité de la banlieue parisienne. C’est en raison du parfum de ses fleurs qu’on s’en sert communément, depuis nombre de siècles, dans la préparation de YEau distillée de roses, employée en pharmacie comme excipient dans certains collyres résolutifs, dans l’onguent rosat, dans le cérat de Galien, etc.

Emplastres. — Pour emplâtres : « médicaments externes d’une consistance ferme », selon la définition du Formulaire magistral de Bouchardat.

Emplastrier. — Récipient à conserver les emplâtres.

Ençans gros el menu. — Encens mâle et Encens femelle. Gomme-résine connue aussi, en matière médicale, sous le nom d’Oliban et fournie par le Boswellia serrata, Roxburgh, du Bengale, de la famille des Burséracées. Elle entre dans la composition de certaines préparations telles que la thériaque, la teinture balsamique connue sous le nom de Baume du Commandeur de Permes, dans certaines pilules contre la bronchorrhée, dans les pilules de cynoglosse, etcf

Entrevastier. — Peut-être un appareil servant à transvaser certaines substances.

Episse ( Potz d’). — Épices. On sait que les pharmaciens parisiens du seizième siècle étaient à la fois apothicaires et épiciers.

Escussons. — Écussons, morceaux de peau recouverts d’un mélange médicamenteux à appliquer sur les téguments.

Espastulles. — Pour Spatule, instrument de pharmacie bien connu, usité aussi en chirurgie dans les pansements.

Espic ' [Semences et paille d’). — Graines et chaume de S pic ou <Y Aspic, c’est-à-dire de la Lavande spic, Lavandula spica Lin., de la famille des Labiées, dont l’huile essentielle, dite huile de spic ou d'aspic, est employée en médecine vétérinaire. L’essence obtenue par la distillation des fleurs de la lavande spic entre dans la composition de certaines teintures stimulantes et de quelques alcoolats dentifrices.

Esponges. —■ Pour éponges.

Esticades ou Esticardes. —■ Spicanard, Spica nardus ou nardi, ou-simplement Nard, nom donné à plusieurs substances végétales, mais plus particulièrement :

i° à la racine de la Valeriana celtica, c’est le Nard celtique qui entre dans la composition de la thériaque;

2° à la racine de YAndropogon Nardus Lin., le Nard indien■ ou indique. Celui-ci n’est autre, en réalité, que le Spicanard proprement dit des pharmacies, lequel est réputé comme un antispasmodique par excellence.

Extencilles. — Pour ustensiles (de pharmacie).

Eybyne ( Boys d'). — Bois d'ébène. Il s’agit probablement,-non pas de l’ébène proprement dit, c’est-à-dire d’unDiospyros Lin., de la famille des Ébénacées, mais plutôt d’une Swiétinie, le Suietenia Mahogoni Lin., (Acajou de la famille des Cédrélacées), originaire de l’Amérique du Sud, dont l’écorce, possér

dant des propriétés fébrifuges, est employée depuis longtemps aux Antilles contre les fièvres intermittentes peu intenses.

Flambes (Racynes de). — Racines de l’Iris flamba ou flamme, dit aussi Iris d’Allemagne, Iris germanica Lin., qu’il ne faut pas confondre avec l’Iris florentina Lin. ou Iris de Florence. Si, chez ces deux Iris, les racines ont les mêmes propriétés excitantes, cependant celles-ci sont plus accentuées dans l'Iris d’Allemagne qui passe pour être purgatif et diurétique, tandis que la racine de l’Iris de Florence ne sert guère qu’à faire les pois à cautère.

Fumaigre. — Il s’agit du Fenugrec, Fœnum grœcum Lin. ou Trigonella Fœnum grœcum Lin., Trigonelle Fenugrec, dont les semences donnent uno farine émolliente et résolutive {Voir plus loin Grecy {Farine semy).

Genesvre (Graines de). — Graines de Genièvre, baies du Genévrier, le Juniperus Lin., de la famille des Cupressinées. Trois espèces sont utilisées par la thérapeutique : i 0 le Juniperus commuais Lin., dont le fruit sert à la fabrication du gin-, a° le Juniperus oxycedrus Lin , qui fournit, par la distillation de son bois, une huile connue sous le nom d’huile de cade, employée soit comme odontalgique et comme vermifuge, soit en frictions contre la gale et certaines affections cutanées: 3° le Juniperus. Sabina Lin., dont on extrait aussi une huile, l’huile de sabine, laquelle est un puissant emménagogue. Le genièvre concassé est encore employé en fumigations.

Gomme lacque. - — Gomme laque (sans c) ou simplement Laque, Elle est comme on le sait, une exsudation résineuse du Croton lacciferum des Indes ainsi que de quelques autres arbres. Elle était employée autrefois, en médecine, sous la forme de teinture alcoolique, comme tonique et astringente. Elle n’entre plus aujourd’hui que dans quelques opiats dentifrices.

Gkecy ( Farine semy). — Farine qu’on obtient par l’écrasement des graines ou semences du Fœnum grœcum Lin. ou mieux du Trigonella Fœnum grœcum Lin., Trigonelle Fenugrec, de la famille des Légumineuses-Papilionacées ; elle est plus connue sous le nom vulgaire de Fenugrec, dit aussi Fé négré. Ses graines sont comestibles et leur farine, mucilagineuse, est employée en cataplasmes émollients et résolutifs.

Gresses. — Graisse ou axonge.

Hera pigea. — Hiera picra ou Hierapicra (en un seul mot), vieil électuaire à base d’aloès, ainsi appelé à cause des vertus miraculeuses qu’on lui attribuait ('ispoç, saint ou sacré); il était réputé jadis comme purgatif emménagogue.

Huillez. — Huiles médicinales.

Hypocras et Ypocras. — Hippocras ou Vinum hippocraticum (Vin d’Hippocrate), c’est-à-dire une infusion de cannelle ( Laurus cinnemomum Lin.), d’amandes douces, d’un peu de musc et d’ambre dans du vin additionné d’une petite quantité d’eau-de-vie et édulcoré avec du miel et du sucre.

Jusquani. — Jusquiame, un Hyoscyamus, de la famille des Solanées. Deux espèces de Jusquiame sont seules employées en médecine pour les propriétés calmantes, narcotiques de leurs feuilles et de leurs graines, soit en infusions, en extrait et en huile. Ces deux espèces sont Y Hyoscyamus niger Lin. ou Jusquiame noire et Y Hyoscyamus albus Lin. ou Jusquiame blanche.

Lacta vizensia. — Blatta Bizantia, c’est la Blatte de Bizance, Strombus lentiginosus.

Lapis liusis. — C’est-à-dire Lapis linsis ou Pierre de lynx, nom sous lequel

on désignait, dans les siècles passés, la résine fossile, d’origine organique, végétale, connue aujourd’hui sous le nom de Succin, appelée encore Kurabé et Ambre jaune. Le Lapis linsis, très employé autrefois en thérapeutique, n’entre plus maintenant que dans la composition de quelques teintures éthérées médicinales. Le nom de Lapis linsis, de Pierre de Lynx, était aussi donné, d’après Ch. d’Orbigny, par les savants du seizième siècle aux Céphalopodes fossiles connus sous le nom de Bélemnites, suivant un préjugé plus ancien qui prétendait y voir une pétrification de l’urine du Lynx et, par suite, les appelait encore Lyncurion.

Lapts sanguinis. — Pierre sanguine, c’est à dire YHcematit'e rouge ou simplement Hématite, oxyde rouge de fer ou peroxyde de fer, préparation très peu active, aujourd’hui à peu près abandonnée, si ce n’est comme contrepoison de l’arsenic ou mieux de l’acide arsénieux.

Laude cassia. —jj Y aurait-il dans l’écriture de ces deux mots un lapsus calami et s’agirait il, en réalité, de l’Eau de casse ou tisane de casse faite en délayant dans de l’eau chaude la pulpe des gousses dite casse en bâtons et casse des boutiques, conformément au Formulaire magistral de Bouchardat. On sait que VEau de casse est employée,.comme purgatif, dans le traitement de la colique des peintres, dit Traitement des frères de la Charité. La casse est le fruit du Canéficier, Cassia fistula Lin., de la famille des Légumineuses

Layettes a sucre. — Petits coffrés ou tiroirs en bois fort léger, destinés à contenir du sucre.

Layne. — Laine (Tissu de).

Loire. —■ (?)

Lorier [Graines de). ■—■ Graines de Laurier, probablement le Laurier d’Apollon, Laurus nobilis Lin., vulgairement appelé Laurier commun, dont les fruits ou baies donnent une huile qu’on utilise en frictions dans les affections rhumatismales.

Màchepins ( d’Auvergne ou de Lyon). — Aujourd’hui des Massepains, une sorte de biscuits ronds faits avec des amandes et du sucre.

Madragore (Noticys). — Racines de Mandragore : soit la Mandragora officinarum Lin., la Mandragore des pharmacies, dite encore Atropa Mandragora Lin., tribu des Atropées de la famille des Solariées ou Solanacées; soit la Mandragora vernalis Bertol. ou Mandragore printanière. Ces Mandragores jouissent toutes deux de propriétés narcotiques, stupéfiantes. Les Anciens attribuaient à leur racine, en raison de leur forme bifurquée, des vertus aphrodisiaques. On sait aussi que, au Moyen-âge, cette même racine jouait un rôle important en sorcellerie.

Manne. — Manne. Cette matière concrète et sucrée, qui exsude principalement du Frêne à fleurs, Fraxinus ornus Lin., et du Frêne à feuilles rondes ou Fraxinus rotundifolia, est trop connue, pour que nous nous étendions au sujet de ses propriétés.

Menespic (Pouldre). —■ Poudre Menespic. Y aurait-il encore là quelque lapsus calami du scribe qui rédigea l’inventaire de la boutique de notre apothicaire, et le Menespic ne serait-il autre que l’Espic, Spic ou Lavandula spica Lin., dont nous parlons plus haut, et le mot Menespic aurait-t il été-' écrit pour les deux mots Semences d’espic? (Voir page 48). S’agirait-t-il, au contraire, du Menispermum Tourn., de la famille des Ménispermacées ?

— ol —

plantes connues par les propriétés stimulantes de certain principe qu’on extrait de leurs racines, tandis que dans les fruits de quelques-unes d’entre elles se trouve une substance narcotique âcre, analogue à la strychnine.

Merillet. — (?).

Mestredal. — Mithridate, soit qu’il s’agisse d’un de ces arbres de Madagascar dénommé Mithridatea ou Ambora Juss., de la famille des Monimiacées, tribu des Monimiées, ce que nous ne croyons pas; soit, ce qui nous paraît plus vraisemblable, qu’il soit question ici d’un vieil électuaire composé d’un grand nombre de substances aromatiques, d’opium et autres, électuaire qui a les mêmes propriétés que la thériaque. Son nom de Mithridate lui viendrait, d’après Littré et Robin, du roi de Bithynie qui l’aurait inventé (?).

Metridal. — Synonyme de Mestredal ou Mithridrate (Voir ci-dessus).

Meu (Rassans de). — Racines de Meu, c’est-à-dire de Meutn, Meurn athamanticum ou Æthasa meum, Lin., de la famille des Ombellifères, tribu des Sesé.linées. La propriété excitante de ses raeines, qui lui est commune avec les autres Ombellifères aromatiques, la faisait passer autrefois comme stomachique, diurétique et emménagogue et la faisait employer comme telle dans la thérapeutique de l’époque.

Mirabolans Judei. — Myrabolans indiens ou indiques, fruits du Mirobalanus indicus Cand. ou Terminalia chebula Lin., de la famille des Combrétacées, tribu des Myrobalandes. Ces fruits sont astringents et un peu laxatifs, mais ils n’entrent plus aujourd’hui que dans quelques préparations officinales anciennes, .tandis qu’ils étaient autrefois fréquemment employés en médecine.

Mirabolant embles. — Myrabolans emblics, fruits ou drupes du Phyllanthus emblica Lin. ou Emblica officinalis Gærtner, originaires de l’Inde, de la famille des Euphorbiacées. Ils ont les mêmes propriétés médicinales que les Myrabolans indiques.

Mirtille. — Myrtille ou Airelle myrtille et simplement Airelle ou Myrtille selon les auteurs. Il n’est autre que le Vaccinier Myrtille, Vaecinium Myrtillus Lin., de la famille des Vacciniées, dont les fruits ou baies, agréables à manger bien que doués d’une certaine astringence, sont préconisés en médecine, sous la forme de teinture, d’extrait et de sirop, contre la dysenterie, la diarrhée, l’hémoptysie, les affections catarrhales et le scorbut.

Moulles a gectier cire et sucre. — Moules ou récipients servant à préparer les mélanges de cire blanche et de sucre. On sait que la potion à la cire de Noël Thiaville, préconisée dans la dysenterie et l’entérite aiguë ou chronique, renferme un de ces mélanges.

Muy (Demy). — Pour demi-muid; ancienne mesure de capacité pour les grains et les liquides, laquelle variait plus ou moins selon les pays où elle était usitée.

Nascontii (Semen). — Graines de Nasturce, Nasturtium officinale Lin. ou Sisymbrium nasturtium Lin., vulgairement appelé Cresson ou Cresson .de fontaine, de la famille des Crucifères, tribu ou sous-ordre des Pleurorhizées. Ses feuilles jouissent de propriétés stimulantes assez énergiques, qui les ont fait recommander dans les affections scrofuleuses et scorbutiques et contre ceraines maladies de la peau. Elles entrent ainsi dans la composition du vin antiscorbutique et du sirop de raifort composé, dans les sucs antiscorbutiques, etc. Il y a aussi le Cresson alénois ou de terre, Cresson cultivé, Nasitors,

comme on l’appelle encore, c’est-à-dire le Lepidium sativum Lin. ou Lepia, de la famille également des Crucifères, mais de la tribu des Lépidinées, dont les feuilles sont aussi préconisées contre le scorbut.

Nigele (Semen). — Semences ou graines de Nigelle, la Nigelle cultivée, Nigella sativa Lin., de la famille des Renonculacées, tribu des Helléborées. La Nigelle cultivée est vulgairement connue sous les noms de Quatre-Épices et de Toute-Épice, et ses graines sont employées soit comme stimulantes de la muqueuse nasale et des glandes salivaires, soit comme emménagogues.

Opin (Semen). — Semen Apii, semences ou graines d’Apium, Tourn., synonyme latin du genre Ache, Apium graveolens Lin., de la famille des Ombellifères, tribu des Amminées. Vache porte encore le nom de persil ou céleri des marais. La graine d’ache est une des quatre semences chaudes majeures, comme on les appelait, et sa racine une des cinq racines apéritives majeures des Anciens. Elle entre dans la composition des espèces dites diurétiques du Formulaire de Bouchardat. L’ache entre aussi dans la préparation du'sirop des cinq racines, du sirop de chicorée composé, etc. Vache des marais doit être distinguée de Vache d’eau ou herle et de Vache liviche ou le livèche.

Orcanette (Pouldre d’). — Poudre d’Orcanette ou dé Gremil, le Gremil officinal, Lithospermum officinale Lin., de la famille des Borraginées-Anchusées, Tourn. Le Gremil officinal est appelé vulgairement Herbe aux perles; il ne doit pas être confondu avec le Gremil tinctorial, Lithospermum tinctorium Lin., dit encore Anchusa tinctoria Lin., connu aussi sous le nom d’Orcanette et de Buglosse teinturière. En effet, tandis que la première était réputée autrefois comme apéritive et diurétique, voire même, disait-on, lithontritique, la seconde a l’écorce de ses racines employée comme colorant dans certaines préparations pharmaceutiques en raison de la belle couleur rouge qu’elle fournit. L’orcanette entre dans la composition du Baume de Chiron, dont on se sert pour modifier les ulcères dits de mauvaise nature.

Palma Cristi. — Palma-Christi (avec un h) ou Ricin commun, Ricinus commuais Lin., de la famille des Euphorbiacées. Les vertus purgatives de ses graines sont trop connues pour que nous y insistions ici.

Pilleures. — Synonyme de Pilules.

Pinte. — Pinte, mesure de capacité pour les liquides. Sa grandeur variait selon les lieux où elle était usitée. La pinte de Paris, celle-là seule dont il peut être question ici, équivaut à 98 centilitres environ.

Pirxn (Semen). — Probablement pour semen Piperin, c’est-à-dire les graines du Poivrier, dont le principe actif est un stimulant énergique. Peut-être s agit-il ici du Poivre long, Piper longum-Vn. ou Chavica officinarum Miquel, de la famille des Pipéracées, tribu des Pipérées, usité surtout comme fébrifuge (fièvres intermittentes), sous la forme de pilules.

Pocio (Radicis). — Racines de (?).

Pouldres corbialles. — Poudres cordiales, soit « des stimulants et des excitants diffusibles ».

Psilly (Semen). — Semences ou graines de Psilly ou Psyllium, le Plantago Psyllium Lin., le Plantain pucier, vulgairement appelé aussi T Herbe aux puces ou simplement Plantain, de la famille des Plantaginées, tribu des Vraies, par opposition à celle des Anomales. Ses graines renferment un mucilage abondant qui a les mêmes propriétés émollientes et calmantes que celui des graines de lin. Un autre Plantain, le Plantain majeur ou Grand Plantain, Plantago major

Lin., était très réputé dans la médecine d’autrefois comme vulnéraire, comme hémostatique et contre les vomissements. Aujourd’hui son eau distillée est employée dans les collyres dits résolutifs.

Rompontie ( Racynes de). — Racines de Rhapontic. Il y a plusieurs espèces de Rhapontics : i°le Rhapontic nostras ou Grande Centaurée, Centaurea centaurium Lin., dont la racine est préconisée comme tonique et sudorifique; 2° le Rhapontic de montagne ou Patience dite aussi la Patience des jardins, Rumex alpinus, Rumex patientia Lin., dont la.racine est employée comme succédanée de la Rhubarbe dite des moines; 3° le Rhapontic de France ou Rhubarbe de France, Rheum rhaponticum Lin., de la famille des Polygonées. C’est celui dont il est ici question, celui qui ligure dans l’Inventaire de la boutique de l’apothicaire Simon, en i553, sous le nom de Rompontif, celui, enfin, dont la racine, bien connue sous la dénomination magistrale de racine de rhapontic, est douée de propriétés astringentes et mucilagineuses.

Roze ( Conserve de vielle ). —- Conserve de vieille Rose, c est-à-dire de feuilles de Roses, la Rose pâle ou Rose à cent feuilles, Rosa centifolia Lin., de la famille des Rosacées. La Rose pâle est employée en conserve et en sirop, comme astringent et comme laxatif léger, enfin, parfois aussi, comme eau de rose en collyre et dans le cérat de Galien, de même que la Rose de Damas, Rosa Damascena (Voir plus haut).

Rozes de Prouvins. — Roses de Provins dites aussi Roses de France ou Roses rouges, Rosa gallica Lin., de la famille des Rosacées, comme la précédente. C’est la Rose officinale des pharmacies, employée notamment dans l’apozème astringent, le miel rosat, la confection japonaise, et aussi en conserve comme la Rose pâle.

Sac a passer pouldre. — Sorte de toile-tamis.

Sang de dragon. — Sang-Dragon, suc résineux rouge à propriétés astringentes qu’on extrait d’un arbre de la Guadeloupe, la Moutouchie Sang-Dragon, Moütouchia draco Lin. ou Pterocarpus draco Lin., de la famille des Légumineuses-Papilionacées. Un Sang-Dragon se retire aussi du Calamus draco Lin., de la famille des Palmiers. Le Sang-dragon, peu usité aujourd’hui, était employé en poudre depuis un temps immémorial comme astringent pour combattre les hémorrhagies et « les flux muqueux ». Il entre encore actuellement dans la préparation de l’eau hémostatique balsamique.

Sarrum (?). — Serait-ce le terme employé à l’époque pour désigner VAsarum europœum Lin. ou Asarat, de la famille des Aristolochiées et de la tribu des Asariés? Vulgairement appelé aussi Cabaret, Rondelle, Oreilette, Nard sauvage, etc., il était jadis en vogue comme sudorifique, emménagogue, fébrifuge, etc.

Sede bald ant. — Peut être une sorte d ’Orpin ou Sédon (en latin Sedum ), de la famille des Crassulacées. Trois espèces d’Orpins figurent dans les Traités de matière médicale et c’est probablement à l’une d’elles que se rapporte le Sede baldant. Ce sont : i° Sedum telephium Lin., Orpin reprise, Joubarbe des vignes ou Herbe-à-la-coupure, ou bien encore Herbe des charpentiers, dont les feuilles, appliquées comme émollientes et toniques, étaient considérées comme facilitant la cicatrisation des plaies récentes; 2° Sedum album Lin., Orpin blanc, Sédon blanc, petite joubarbe, et, vulgairement, Triquemadame, dont les feuilles entrent dans la préparation de l’onguent populeum préconisé contre les hémorrhoïdes; 3° Sedum acre Lin., Orpin dont le suc extrait des fleurs

est fortement émétique et purgatif; le Sedum acre dit encore Sédon brûlant, a été utilisé aussi pour obtenir la rubéfaction- de la peau.

Sedic psiely. — Voir plus haut Psilly Semen.

Segumen (Du).

Semen doulce. — Graine douce ou Amande douce, fruit de l’Amygdalus commuais Lin , var dulcis, Amandier, de la famille des Rosacées. Elle entre dans la composition de certains sirops, émulsions et loochs, en raison de ses propriétés adoucissantes.

Seropin. — Séropin est le nom donné par les auteurs anciens à la gomme arabique, gummi arabicum. Celle-ci, dont on distingue deux sortes, la rousse et la blanche, est fournie, comme on le sait, par plusieurs espèces' d ’Acacia, toutes de la famille des Légumineuses-Mimosées, Acacia vera Wildenow, Acacia arabica Wildenow, Acacia Adansonii Guillemin, etc.

Seruse de Venise. Céruse (par un c) de Venise ou Carbonate de plomb. Le seul carbonate de plomb usité en pharmacie est celui qui est connu sous le nom de blanc de plomb. Les principales préparations médicinales dans lesquelles il entre sont l’emplâtre dit de céruse et l’onguent" blanc de Rhazès ou pommade antinévralgique.

Sirot aseteux. — Sirop acétique, mélange de sirop de vinaigre, d’acétate d ammoniaque et de sirop diacode.

Sperasi (Semen). — Semences ou graines de Sperazi c’est-à-dire d’asperge, Aspargus officmahs Lin., de la famille des Asparaginées, dont les propriétés diurétiques sont bien connues et de tous temps (Sirop de pointes d’asperges et sirop des cinq racines, espèces diurétiques ou apéritives.)

Speruit. —- (?).

Surdean. - Il y a encore ici, sans aucun doute, un lapsus calami du scribe de 1 inventaire, le mot surdean ayant été écrit pour le mot scordium. Il s agit donc très probablement du Teucrium scordium Lin., Germandrée aquatique ou sauvage de la famille des Labiées-Ajugoidées Le Teucrium scordium, qui doit.son nom de scordium (en grec (axopoSov) à l’odeur d’ail très prononcée de ses feuilles froissées entre les doigts, contient une certaine quantité de tannin et entre dans la composition du vieil électuaire bien connu sous le nom de diascordium. Cet électuaire est encore employé de nos jours comme astringent sédatif surtout contre la diarrhée.

Taillouer a semences. - Sorte de hache-paille ou de pilon à broyer les graines.

Tamarisy (Noticys). — Noticys pour Radicis. Il s’agit des racines de 1 amans ou Tamarisc (en latin Tamarix Lin.), de la famille des Tamariscrnées, et non du Tamarinier, Tamarindus, de la famille des Légumineuses- Cœsalpiniées. Il y a trois espèces de Tamaris employées en médecine : i° le Tamaris de France, Tamarix gallica Lin,, arbre dont l’écorce de la racine et des branches était utilisée comme sudorifique, diurétique et apéritive- 2» le Tamarix mannifera Ehren. ou mieux gallica variété manniferd la Tarfa ou VAllé des Arabes, variété du précédent qui, piqué par le Coccus manniparus, exsude une sorte de manne muqueuse et sucrée ; 3° le Tamarix germanica Lin.; l’écorce de ce dernier est employée comme astringente.

Tartiere de cuyvre a besongnerde cire. — Récipient ou moule. ' destiné à faire fondre la cire et la faire prendre en gâteau.

Thucie. Pour Tuthie. Il s’agit d’un oxyde ds zinc impur, qui figurait et

figure encore aujourd’hui, sous le nom de tuthie, dans un certain nombre de préparations médicinales à usage externe. La tuthie entre dans quelques collyres résolutifs, dans le collyre sec, ainsi que dans nombre de pommades antiophtalmiques, d’onguents et de mélanges pulvérulents destinés à combattre certaines affections de la peau; tels sont notamment l’onguent et la pommade de tuthie, la poudre de Hardy contre l’intertrigo et le mélange pulvérulent de Gazenave.

Torax rouge. — C’est-à-dire Te Storax rouge brun, Storax calamite ou Styrax, substance balsamique et résineuse produite par le Styrax officinal, Styrax officinale Lin., de la famille des Styraeinées, vulgairement appelé Aliboufier. Sous le nom de Storax, il était très usité dans la médecine d’autrefois et préconisé comme excitant des muqueuses; il fait encore partie actuellement de la poudre fumigatoire employée contre les douleurs rhumatismales. Il entre aujourd’hui dans la composition des emplâtres de Vigo et de styrax, dans l’onguent de styrax proprement dit ai:, si que dans les pilules et le sirop de styrax.

Troces dictico. — Serait-ce Troces pour Trochisques? vieux nom sous lequel on désignait autrefois des médicaments composés d’une ou de plusieurs substances sèches réduites en poudre et auxquels on donnait la forme d’une tablette ronde, à l’aide d’un intermède convenable non sucré. Aujourd’hui on n’a plus guère recours qu’à deux trochisques escharotiques : l’un au sublimé corrosif, l’autre au minium, et aux trochisques d’Alhandal, préparés avec la poudre de coloquinte (Cucumis colocynthis Lin.),' plante de la famille des Cucurbitacées, de la tribu des Cucumérinées.

Trouentille (Radicis). — Racines de Tormentille, Tormentïlla erecta Lin. ou Potentilla Tormentilla, Nestler, Potentille-Tormentille, de la famille des Rosacées ou mieux des Dryadées, tribu des Fragariées. Les racines de la Tormentilla erecta sont bien connues pour leurs propriétés astringentes et fébrifuges, qu’elles doivent à la forte proportion de tannin qu’elles renferment. Elles étaient et sont encore, par suite, employées en extrait et en teinture dans les mêmes cas que les racines de la Bistorte. La tormentille entre aussi dans la composition de l’apozème astringent.

Ungans et Unguans. — Onguents, « médicaments externes mous, composés dé corps gras et résineux », selon la définition du Formulaire magistral de Bouchardat et par opposition à celle du mot emplâtres ( Voir plus haut).

Verjus ou Verjux (Bouetie de). —Boité de Verjus, boîte de raisins destinés à faire le sirop rafraîchissant de verjus, lequel est avantageusement remplacé aujourd’hui par le sirop d’acide tartrique.

Vermillon. — Cinabre ou sulfure rouge de mercure Hg S réduit en poudre; il est employé en fumigations dans le traitement des exostoses et des ulcères syphilitiques. Il entre aussi dans la poudre tempérante de Stahl et dans quelques autres préparations officinales.

Vif-argent. — Nom donné autrefois au mercure.

Vinaigre surat. —- Vinaigre de sureau. Il est fabriqué, de même que le rob du même nom, le Rob de Sureau, avec les baies ou fruits du Sambucus nigra Lin., Sureau noir, de la famille des Lonicérées ou Caprifoliacées-Samba- - cées, fruits autrefois dénommés, dans les apothicaireries, grana actes. Les i propriétés sudorifiques du Sureau noir sont bien connues. Quant aux fleurs.

elles sont employées soit en infusion à l’intérieur, soit en fomentations à l’extérieur comme agent résolutif.

Viollb (Fleurs de). — Fleurs de Violette, Viola odorata Lin., de la famille des Violacées ou Violariées, tribu des Violées. Elles font partie des espèces dites pectorales et sont prescrites soit en infusion (tisane des Quatre-fleurs), soit comme sirop, le sirop de violettes.

Ymere en morceaulx. —-A moins qu’il ne s’agisse de morceaux d’ambre, Vambre gris ou Ambre proprement dit, substance résineuse à laquelle on attribuait jadis des propriétés excitantes très prononcées, aussi entrait-il dans une foule de poudres, d’électuaires, etc., réputés aphrodisiaques l 1 ), VYmère nous paraît être, selon toutes probabilités, le suc ou matière jaune liquide, d’une odeur agréable, ultérieurement solidifiée, qui s’écoule des entailles pratiquées sur le tronc de VHumirium floribundum Martius, de la famille des Humiriacées. Connue sous le nom de Baume d’Humiri ou A'Umiri (sans H), cette matière est douée de propriétés médicinales analogues à celles du Baume de copahu et à celles du Baume du Pérou. Une autre Humiriacée, F Humirium balsamiferum Aublet, laisse également écouler, par les entailles faites à son tronc, une substance résineuse qui se solidifie et qu’on emploie' dans le traitement de diverses affections, notamment contre le taenia.

Ypocras. — Hippocras (voir plus haut Hypocras).

En terminant cette Etude sur Les Apothicaires parisiens au seizième siècle, je tiens vivement à remercier ici MM. Eugène Foucault (de Flers-de-l’Orne), Georges Hartmann (de Paris) et A. de Montcourt (de Boulogne-sur-Seine) des précieux documents de leurs collections (Mortier en bronze, Estampes anciennes et Vase en faïence de Rouen), qu’ils ont bien voulu mettre à ma disposition pour les faire reproduire, dans ce travail, par la photogravure.

(') L 'ambre gris entre encore dans la composition de la potion antispasmodique de Wendt.

5oi5o Paris. — lmp. Gauthier-Villars et C", quai des Grunds-Augustins, 55.

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