‹ Les apothicaires parisiens au seizième siècleChapitre 9 sur 10 · EN I · texte numérisé non relu

EN I

La plupart des termes par lesquels sont désignés les drogues ou médicaments qui figurent dans l’Inventaire de la boutique de Laurent Simon, apothicaire parisien du seizième siècle, que nous avons reproduit in extenso au commencement de cette Notice, diffèrent tellement parfois des noms qui servent à les désigner actuellement, soit en raison du français usité à l’époque même où ledit inventaire fut dressé, soit en raison aussi de l’orthographe plus ou moins fantaisiste employée par le scribe, quelque peu ignorant, du tabellion, chargé de rédiger l’acte en question, ils diffèrent tellement, disons-nous, qu’il nous a paru nécessaire de faire suivre ici ce document d’une sorte d Index explicatif.

Nous nous sommes efforcé même de donner cet Index aussi détaillé que possible. Dans ce but, non seulement nous indiquons, pour chacune de ces drogues, ses différentes synonymies françaises et latines, par lesquelles les auteurs les ont désignées, chaque fois que nous avons pu les identifier, mais encore, nous faisons connaître, autant qu’il nous est possible, et les principales propriétés thérapeutiques de chacune d’elles et les préparations pharmaceutiques dans lesquelles les apothicaires d’autrefois les faisaient entrer et celles aussi dans lesquelles elles sont encore incorporées de nos jours.

Enfin, pour cet essai de Pharmacopée parisienne du seizième siècle, nous avons eu recours au très érudit Bibliothécaire en chef de l’École supérieure de Pharmacie de Paris, le docteur Dorveaux, que nous remercions vivement ici de ses précieux conseils. Nous avons consulté aussi nombre d’ouvrages de médecine et de matière médicale,, notamment le Dictionnaire de Médecine de É. Littré et Ch. Robin, le Dictionnaire universel de Matière médicale et de Thérapeutique générale de V. Mérat et J. de Lens (Édition de 1829), le Nouveau Formulaire magistral de A. et J. Bouchardat, etc., ainsi que, pour les végétaux, dont certains médicaments sont extraits (graines, feuilles, racines, résines, etc.,), le Dictionnaire universel d’Histoire naturelle de Ch. d Orbigny.

I Adragant (grant). — Grand adragant ou gomme adragant, adragante ou | tragant. Cette gomme provient de plusieurs Aslragalus Lin., Astragales, notam-

ment de 1 'Astragalus verus, de Y Astragalus creticus et de V Astragalus gummifer, plantes de la famille des Légumineuses-Papilionacées, tribu des Astragalées. La gomme adragant est considérée comme un émollient et un analeptique. Elle entre dans la composition de certains mucilages de gomme et dans les tablettes de guimauve.

Allabastrum. — Alabastrum (avec un seul l), albâtre ou chaux carbonatée compacte. Il était employé autrefois en médecine comme absorbant ; il entrait aussi dans l’onguent d’albâtre, unguentum alabastrinum, usité pour ramollir, disait-on, certaines tumeurs

Allun de plume. — Alun déplumé (par un seul l) ou simplement alun, sulfate acide d’alumine. On donnait ce nom à une substance saline à fibres blanches soyeuses provenant de l’île de Milo (Grèce); à base de magnésie et de protoxyde de fer, elle constitue l’alun le plus pur.

Alun. — Alun ou sulfate double d’alumine et de potasse, dont chacun connaît l’astringence comme étant une de ses principales propriétés (voir ci-dessus Allun de plume).

Amomy (Semen). — - Semences ou graines d ’Amome, Amomum, de la famille des Amomées ou Amomacées, graines parmi lesquelles nous devons citer celles de Cardamome (Amomum cardamomum Lin.), ce les du Gingembre ( Amomum zingibe Lin.), la graine du Paradis ou Maniguette ou bien encore Poivre de Guinée (Amomum granum paradisi Lin.), celles enfin du Zérumbet ou Zédoaire (Amomum zedoaria W.ou Curcuma zerumbet Roxburg).Employées généralement comme stimulantes et antispasmodiques, elles entrent dans la préparation de plusieurs poudres et confections aromatiques.

Amydon. — Amidon, dont la poudre et ses propriétés sont trop connues pour nous arrêter à en parler.

Anacarde. — L’Anacarde dit l 'Anacarde des boutiques est le nom vulgaire du fruit de l’Anacardier, Semicarpus anacardium Lin. ou Anacardium orientale ou bien encore Anacardium longifolium, de la famille des Anacardiacées ou Anacardiées, subdivision des Térébinthacées. — L’anacarde oriental, qu’il ne faut pas confondre avec l’anacarde occidental ou fruit de l’acajou, Anacardium occidentale, entre dans certaines préparations pharmaceutiques, notamment dans celles qubsont connues sous le nom de confections : la Confection d'anacarde de Mèsué ou d'Hoffmann, par exemple, préparation dite irritante, qui renferme aussi du giroflei' et du laurier.

Ansy (Semences d’). —Semences ou graines d'Anis, Anisum ou mieux Pimpinella anisum Lin., de la famille des Ombellifères, tribu des Amminées, vulgairement appelée aussi — autrefois surtout — Boucage. Il s’agit de T Anis vert ' et non de Y Anis étoilé ou Badiane. Il était et il est toujours employé pour ses propriétés stimulantes, carminatives.

Aspalitum. — Aspalthe, Aspalate, Aspalath ou Aspalathe. L 'Aspalathus Lin, est une sorte de genêt de la famille des Légumineuses, sous-ordre des Papilionacées, tribu des Lotées, dont les fleurs, usitées en pharmacie, entraient dans les trochisques qui faisaient partie de la thériaque, iheriaca, (fig. 5). Le bois d’aspalath, dit à tort bois d’aloès, lignum aspalathi, servait autrefois à faire des fumigations qu’on regardait comme toniques.

Asse fetida. — Assa fœtida ou mieux Asa fœtida. Gomme-résine qu’on extrait de la' racine du Verula asa fœtida Lin., de la famille des Ombellifères- Peucédanées. Elle portait aussi autrefois le nom de Stercus diaboli. Elle se

prescrit surtout en pilules ou perles et en teinture alcoolique, comme antispasmodique. . m •*.

Balostres. — Balauste ou Balaustia officinarum dans les vieux Traites de Matière médicale, Balaustium chez les Anciens, sont les différents noms donnés

Fig. 5. — Pot de thériaque ( Theriaca) (')•

aux fleurs du Grenadier sauvage ou Balaustier, Punica granatum dont l’action est astringente. On sait que l’écorce, fraîche surtout, du Grenadier sauvage a été très employée et est encore recommandée comme témfuge.

Benedicta: — Benoîte. Nom vulgaire du Geum urlanum Lin., de la famille

(i) Ce pot de pharmacie, remarquable par son décor et sa conservation, est en faïence de^oucn, ses dimensions sont : hauteur o-,6o; diamètre le .

Il appartient à M. A. de Montcourt (de Boulogne-sur-Seme). La photographie . été faite par M. Auguste Boucher (de Billancourt).

des Rosacées, dont la racine, appelée radix caryophyllata à cause de son odeür quelque peu analogue à celle du girofle, est employée comme un astringent d’une certaine énergie, à l’égal des racines de bistorte', de tormentillé, etc. Le Geum rivale Lin., dont les racines aussi ont les mêmes propriétés astringentes,, voire même toniques et fébrifuges, porte le nom de Benoite aquatique.

Besongnes abesongner de cire. — Sous ce nom on désigne les instruments et appareils servant à la préparation de la cire.

Bistrotier. — Bistotier ou Bistortier. Ce nom a deux significations :

i° Le mot bistortier servait à désigner les pilons de bois à long manche, que les apothicaires employaient pour mêler les substances molles et préparer les électuaires ;

2° Le Bistortier est le nom vulgaire d’une espèce végétale du genre Polygonum, de la famille des Polygonëes, le Polygonum historié Lin. Sa racine connue sous le nom de bistorte est, comme celle de la Benoîte, un astringent actif, qui, d’après Bouchardat, n’est pas aussi, employé qu’il le mériterait, en raison même de la quantité de tannin que la racine, deux fois tordue sur elle-même en forme d’S majuscule, d’où son nom, que la racine, dis-je, renferme.

Bourrache ( Fleurs de). — Borrago officinalis Lin. Cette plante est trop universellement connue et d’un emploi trop journalier, comme diaphorétique et diurétique, pour que nous insistions.

Boutelle de-verre. — Pour bouteille.

Calpo balsami. — Pour carpo balsami, c’est-à-dire le fruit ou drupe, riche en huile essentielle, du Baumiér ou Balsamier, VAmyris opobalsamum Lin. ou le Balsamodendron Kunth, de la famille des Térébinthacées. Le tronc et les branches du Balsamier de la- Mecque fournissent, par incision, une quantité plus ou moins grande d’une résine connue sous le nom de Baume de Judée ou de la Mecque, laquelle résine est considérée comme jouissant des mêmes propriétés médicinales que les diverses espèces de térébenthines.

Casse de sapin. •—■ Caisse, boite ou tiroir.

Cassia lignea. — La Casse-en-Bois de d’Orbigny à moins que ce ne soit le Laurus cassia.lÀn., dont l’écorce serait une sorte de cannelle, la Cannelle de Cochinchine. ou grosse cannelle, ainsi appelée en raison de la grosseur de la susdite écorce, Bien qu’ayant les propriétés stimulantes de toutes les cannelles, le Cassia lignea est d’un usage très restreint dans la thérapeutique de nos jours.

Castorean. — Castorean pour Castoreum, substance animale ou matière résinoïde sécrétée, ainsi qu’on le sait, par les glandes situées sous la peau, de l’abdomen du Castor. Il est encore employé de nos jours, sous différentes formes (poudre, teinture, etc.), comme antispasmodique et sédatif du système nerveux.

Castre - (?)..

Castro — (?).

Catholicum. — Gatholicum ou Caiholicon. Vieil électuaire du Codex, composé de séné, de rhubarbe, de casse, etc , électuaire minoratif, comme .on disait aussi, fréquemment employé jadis comme purgatif doux, mais aujourd’hui très peu usité.

Cera ruffini. — Il faut lire Hiera Ruffini ou de Ruffinus-, un vieil antidote, sacré à l’époque ( voir plus loin Hera pigea ou Iiiera picra). C»

Cezingue a clistaire ou clister. - Ghappelle de terre a distiller. -

Chausse a ypocras.— Chausse ou Manche [

d’Hippocrate .

Chausse a clistaire.

Chausse pour eau-de?-vye

- Seringue pour clystère ou. lavement.

- Sorte à’alambic.

[ Les chausses sont des carrés de i laine auxquels on donnait la 1 forme d’un cône plus ou moins I profond pour la filtration de

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