‹ Les apotres: Essai d'histoire religieuse d'après la méthode des sciencesChapitre 10 sur 113 · Dieu est mon Rocher, je me retirerai vers lui · texte numérisé non relu

Dieu est mon Rocher, je me retirerai vers lui

XXIII-3. Le Dieu d'Israël a dit ; Le Rocher d* Israël a parlé de moi...

signe matériel par l'idée qu'il représente. Les Bibles protestantes ont conservé Timage minéralogique.

Le Grand Sacrificateur ou Grand Pontife qui présida le Sanhédrin lorsque Jésus fut traduit en jugement, s'appelait Joseph. Gomme Simon bar Jone, Joseph avait le surnom de Képhas ou Kaîaphn, le Rocher ou la Pierre. Joseph-Kaïapha (Joseph-Pierre) est populairement connu sous le nom de Gaïphe. Or on sait par l'historien Flavius Josèphe que, nommé Grand Sacrificateur par le Procurateur romain Gratus, en l'an 25, Joseph-Kaïapha occupa onze ans la suprême dignité. C'est Vitellius, père de l'empereur romain, qui lui donna un remplaçant en l'année 36^ Gomme il est invraisemblable que les Romains aient laissé la direction du gouvernement intérieur de la Judée pendant onze ans à un crétin, il s'ensuit que le surnom de Kcuapha ou Képhas, « le Rocher, la Pierre », donné à Joseph par ses concitoyens, ne servait pas à caractériser la stupidité, mais bien l'ardeur de la Foi. Simon bar Jone devait donc son surnom de « pierre » à son étroite piété. Ce pêcheur inculte et grossier était ce que le public appelle un bigot,

2» André^ frère de Simon, pêcheur comme lui.

André est un nom grec : on ignore le nom hébreu.

3<» Jacques, fils aîné du pêcheur Zabdia ou Zébédée : il exerçait le même métier. C'est lui que l'Église appelle saint Jacques le Majeur.

4"* Jean, second fils de Zébédée. Jacques et Jean furent surnommés par Jésus Bene-regès, fils du ton-

1. Fl. Josèphe. Hist, ancienne des Juifs, livre XVIII, chapitres ni et VI.

nerre (ben, fils de), Marc, III, 17; à cause de la violence de leur caractère (Luc, IX, 54, 56). Le mot boanergh qu*on trouve dans les Bibles est le nom Bene-reges défiguré par les copistes qui ne savaient pasrhébreu(Ëd. Reuss, ^i.sto?re évangéltque, p. 272).

5" Philippe, nom grec ; le nom hébreu de ce disciple est aussi inconnu que le disciple même. Le Philippe dont il est parlé Actes des Apôtf'es, VI, VIII, XXI, est Tun des sept diacres : il fut Tami du martyr Etienne. Saint Clément d'Alexandrie, StromateSy livre III, C, a confondu le diacre avec TApôtre; Terreur de Clément est passée dans plusieurs ouvrages modernes.

6^ Barthélemi est la déformation française de bar Tolmaî ou bar Tolomaï (en italien, bar Tolomeo ) ; Tolomaï est le mot grec Ptolémaios, Ptolémée ; de sorte que Barthélemi signifie Fils de Ptolémée, De ce sixième disciple on ne sait qu'une chose, c'est qu'il était fils d'un Juif qui avait grécisé son nom.

7* Matthieu, le publicain. « Les publicains, en Judée, étaient de simples douaniers. Cette profession n'est jamais populaire ; mais, chez les Juifs, elle passait pour tout à fait criminelle. L'impôt, nouveau pour eux, était un signe de vassalité*. Une école, celle de Judas le Gaulonite, soutenait que le payer était un acte de paganisme. Aussi les douaniers étaient- ils abhorrés des zélateurs de la Loi. On ne les nommait qu'en compagnie des assassins, des voleurs de grand chemin, des gens de vie infâme. Les

1. Les Juifs payaient au Temple de Jérusalem, pour les frais du culte, deux drachmes par tête =: 1 fr. 80. Payer l'impôt à une Puissance païenne, c'était à la fois trahir son Dieu et sa patrie. Voir les deux épisodes, Matthieu, XVII, le Poisson; et XXII, Rendez à César, etc.

LES DOUZE APÔTRES. *i\

Juifs qui acceptaient de telles fonctions étaient excommuniés et devenaient inhabiles à tester; leur caisse était maudite, et les casuistes défendaient d'y aller changer de l'argent. Ces pauvres gens, mis au ban de la société, se voyaient entre eux*. »

Au sujet de Matthieu, il existe une assez grave difficulté. Les trois Évangiles synoptiques sont d'accord pour le mettre au rang des disciples (Matthieu, X, 3 I Marc, 111, 18 | Luc, VI, 15 | Actes des Apôtres j I, 13). Mais Jésus a dîné chez un publicain que le premier Évangile appelle Matthieu l'apôtre (Matthieu IX, 9), tandis que Marc et Luc l'appellent Lévi, filsd'Alphée (Marc, U, 14 ; Luc, V, 27). M. Reuss pense, avec Origène, que ce sont deux personnages différents, quoique le premier Évangile affirme nettement que le publicain donnant le repas est l'Apôtre de Jésus.

Le premier Évangile, qu'on attribue à l'Apôtre Matthieu, n'a jamais été rédigé par lui : l'auteur ou plutôt les auteurs en sont inconnus.

8" Thomas, mot hébreu, ou Didyme, mot grec, signifient tous deux le Jumeau, Du huitième disciple on ne sait que cette qualification; son nom, son origine, son métier, tout est inconnu.

Q"" Le neuvième disciple est appelé Lebbée par l'Évangile selon saint Matthieu, X, 3 ; Thaddée, par l'Évangile selon saint Marc, 111, 18; et Jude de Jacques, par saint Luc, VI, 16 ; c'est-à-dire que personne n'a su qui était le neuvième disciple. Pour remplir la place vacante, chaque Évangéliste a choisi un nom à sa fantaisie. « Quant à l'assertion des Gommenta-

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