ET LES CONCILES
L*histoire de la luxure dans TÉglise catholique est un des travaux les plus vastes qu'on puisse entreprendre. Nous ne ferons ici qu'effleurer le sujet dans la mesure strictement nécessaire pour éclairer d'un jour plus vif le concubinage des Apôtres. Nous nous bornerons à une courte notice sur l'état des mœurs chrétiennes, de siècle en siècle jusqu'au XVI', époque où la dépravation de la Papauté et du Catholicisme fit éclater la Réforme. Toute brève qu'elle sera, cette notice n'en aura pas moins une irrécusable autorité , car les faits seront puisés dans les fastes officiels de l'Église qu'on appelle Canons des conciles. Au demeurant, c'est l'Église elle-même qui tracera de la corruption de l'Ëglise cette esquisse rapide, mais authentique et fidèle.
Jésus avait prêché la bonne nouvelle aux gens grossiers « et de mauvaise vie >>. Lorsque les Pharisiens lui reprochèrent de vivre avec cette canaille, il répondit : « Marc, II, 17. Ce ne sont pas les bien portants, mais les malades qui ont besoin de médecins. Ce ne sont pas les justes, mais les pécheurs.
que je suis venu appeler à la pénitence. » Oui, la réplique est admirable ; mais elle n*en prouve que mieux ceci : c'est que le premier noyau de la communauté chrétienne se composait de gens sans culture et sans mœurs ; or le vice dominant des » gens de mauvaise vie et des prostituées » est la dépravation charnelle. L'impudicité fut donc la plaie de rÉglise naissante ; elle alla toujours grandissant, si bien que la purulence envahit le corps entier. De là les cris d'effroi jetés par les prélats intelligents et honnêtes ; de là les décrets promulgués par les conciles.
Dans le chapitre YI, on a vu Torigine ainsi que la cause physiologique et religieuse de l'institution des Petites Chéries ou Agapètes. On sait aussi par Jérôme quels ravages dans les mœurs chétiennes avait faits cette peste, ainsi que l'appelle le saint Docteur. Déjà, dans le milieu du I" siècle, lorsque la ferveur des néophytes encore toute fraîche semblait devoir les préserver du péché , certains faits scandaleux avaient indigné saint Paul. A Gorinthe, un jeune homme converti au Christianisme s'était mis, aux yeux de tous , à vivre maritalement avec sa bellemère également chrétienne, I Corinth., V, 1. Un concubinage incestueux dès l'année 57, vingt-quatre ans après la mort de Jésus , cela promettait pour l'avenir I <( Mais les fruits ont passé la promesse des fleurs*. »
Notions sur la hiérarchie ecclésiastique. — Gomme les mots clerc, clergé, etc., reviendront souvent dans