C. Frais pour les récompenses décernées
D. Frais pour la sépulture des membres décédés. Cette charge n'était pas assumée par toutes les Associations.
11 paraît qu'au demeurant , ces sociétés étaient le plus souvent embarrassées ; elles ne faisaient face aux dépenses que grâce à la générosité des bienfaiteurs.
IIÏ. Pénalités. — Les peines portées contre les membres qui violaient les statuts étaient :
A. L'amende prononcée par les dignitaires ;
B. L'exclusion, qui ne pouvait être prononcée que par l'Assemblée générale.
Thiases et Éranes. — On distinguait en Grèce deux genres d'Associations religieuses , les Thiases et les Éranes. Le terme d'Orgéons semble avoir servi d'expression générale pour désigner à la fois les Thiases et les Éranes.
A côté des Éranes religieux existaient les Éranes civils. Ceux-ci étaient des sociétés de crédit à bon marché, des espèces de Banques populaires, qui faisaient des prêts à long terme et à intérêts modiques. Les Éranes civils prêtaient sur hypothèque ou sur caution : l'emprunteur devait trouver des répondants. Les Banques populaires rendaient les plus grands services 1 .*
§ II. — Associations chez les Romains.
Dès l'antiquité la plus reculée, en Italie, on trouve des Associations religieuses appelées Sodalùés. Instituées pour le culte d'un Dieu , elles se réunissaient dans un Temple ; le prêtre ou Flamen immolait la victime, et les associés ou confrères la mangeaient. Gomme on l'a dit plus haut, le repas a toujours été V acte pieux par excellence.
Sous la République romaine, les Associations civiles, qu'on appela Collèges, se formèrent en nombre considérable. Ces collèges se composaient d'ouvriers du même métier, de marchands vendant les mêmes denrées , etc. ; ils ressemblaient donc beaucoup aux sociétés des corps et métiers qu'on voit aujourd'hui.
De même qu'aujourd'hui un grand nombre de sociétés , surtout chez les travailleurs agricoles , prennent pour étiquette un Saint et s'appellent Société de Saint-François , Société de Saint-Martin , etc., sans que pour cela les membres soient des
1. Voir Poucart, les Associations religieuses chez les Grecs.
moines de Saint-François ou de Saint- Martin ; de même, dans le monde romain , la plupart des Collèges se plaçaient sous l'invocation d'une Divinité, sans que pour cela il soit permis de voir en eux des Associations religieuses.
a Les funérailles étaient dans l'antiquité, encore plus que chez nous , un acte religieux. On croyait fermement que ceux-là seuls jouiraient du repos et du bonheur dans l'autre vie qui avaient été ensevelis selon les rites; aussi prenait-on autant de peine pour se préparer un tombeau qu'un Chrétien met de soin à se munir, avant sa mort, des derniers sacrements. C'était le souci de tout le monde ; on y songeait d'avance pour n'être pas pris au dépourvu.
« Dans la plupart des Collèges, il était d'usage que les associés se fissent enterrer ensemble. Mais indépendamment des Collèges qui, fondés pour d'autres intérêts, se construisaient des tombeaux communs, il y en avait dont la sépulture était l'unique affaire et qui n'étaient institués que dans le dessein spécial de fournir à peu de frais une tombe à leurs membres : c'étaient les Collèges funéraires 1 . »
1° Organisation. — Ces trois sortes de Collèges, Sodalités, Associations ouvrifaes, Collèges funéraires, eurent , au demeurant , une organisation à peu près identique ; ils s'étaient formés dans le même milieu, mœurs, coutumes, législation; ils subissaient les variations qu'apporte le cours des ans ; mais le fond, un fond commun , subsistait permanent.
1° Chaque Collège avait ses statuts qu'on affichait à l'intérieur du local des réunions ; on ne pouvait