‹ les apotres essai d'histoire religieuseChapitre 25 sur 109 · C. Frais pour les sépultures · texte numérisé non relu

C. Frais pour les sépultures

. En général, les ressources normales des collèges étaient insuffisantes. Afin d'établir l'équilibre, il fallait avoir recours à la libéralité de quelque riche bienfaiteur : ce qui explique l'importance qu'avait pour chaque collège le choix d'un patron.

L'heureuse influence qu'exercèrent les collèges romains profita en premier lieu et surtout aux esclaves. « L'égalité régnait chez les membres du collège, dit excellemment M. Gaston Boissier; c'était un heureux avantage; et même il ne faudrait pas prétendre, comme on l'a fait, qu'elle s'arrêtait brusquement à la porte de la Schola x ; l'effet devait s'en faire sentir encore plus loin. Ces pauvres esclaves, accoutumés aux mépris et aux insultes, étaient traités là avec égard. Quand ils avaient revêtu pendant quelques heures la robe des magistrats et qu'on les avait salués respectueusement au passage, ils revenaient sans doute chez eux avec une idée plus nette de leur dignité ; ils devaient être tentés de se dire au retour qu'après tout ils étaient des hommes comme les autres ; et ce sentiment était bon. Le dernier degré

1. Terrasse couverte où le Collège prenait ses repas communs.

dans la servitude, c'est de n'en plus être choqué, de la croire légitime, d'accepter sans répugnance les outrages qu'on reçoit 1 . »

§ III. — La Bienfaisance chez les Juifs.

Par suite de la haine qu'on leur portait et des persécutions qu'on leur faisait subir, les Juifs sentaient le besoin de s'appuyer les uns sur les autres. « Tous les jours ils avaient besoin l'un de l'autre, dit M. Ernest Havet ; tous les jours ils se portaient assistance l'un à l'autre. L'affiliation juive n'a pas inventé la charité, mais elle l'a fortement organisée; elle était, par la nature des choses, une grande association de secours mutuels . Les distributions d'argent établies parmi eux, qui mettaient le bien des riches au service des pauvres, étaient, dit Josèphe, un exemple que les peuples admiraient et qu'ils s'efforçaient d'imiter... Telle fut en Judée la contagion des idées esséniennes, que le Sanhédrin assemblé à Ouscha, après la révolte de Bar Kokéba, dut prendre une décision par laquelle il était défendu de donner aux pauvres plus du cinquième de son revenu*. »

L'admirable et célèbre page de saint Paul sur la charité, amour du prochain, I Coinnth., xni, est due à son éducation juive, et non à l'inspiration chrétienne. De Jésus, en effet, Paul n'a retenu que la résurrection d'entre les morts et la croyance à la fin

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