‹ les apotres essai d'histoire religieuseChapitre 27 sur 109 · C. Condition d'entrée. Pour entrer dans la So · texte numérisé non relu

C. Condition d'entrée. Pour entrer dans la So

ré8, prudents et de bonne renommée; je les établirai pour chefs. — XXVII, 1. Moïse et les Anciens commandaient le peuple. »

Anciens, en latin- Seniores, d'où Senatus. le Sénat. Tout Sénat a été à l'origine un Conseil d'Anciens.

ciété, il fallait vendre tout ce qu'on possédait, terres et biens, et en verser le prix intégral dans la caisse commune.

Actes, II, 45 ; IV, 34-37.

« Actes, IV, 34. Il n'y avait point de pauvres parmi eux, parce que tous ceux qui possédaient des fonds de terre ou des maisons, les vendaient et en apportaient le prix, — 35. Qu'ils mettaient aux pieds des Apôtres, et qu'on distribuait à chacun selon ses besoins. »

II Cérémonie mystique d'entrée. — La cérémonie d'entrée consistait en deux opérations, le Baptême de l'eau et le Baptême de l'esprit.

A. Baptême de l'eau. C'était le Baptême essénien ou de Jean, par immersion; les Apôtres le donnaient au nom du Seigneur Jésus.

Actes, II, 38 ; VIII, 12, 16; X, 48; XIX, 5.

B. Baptême de Fespint. Le Baptême de l'esprit consistait dans l'imposition des mains ; on posait les mains sur la tête de celui qu'on bénissait. Jésus l'avait employé fréquemment.

Matthieu, IX, 18; XIX, 13, 15 | Marc, V, 23; VI, 5; VII, 32; VIII, 23, 25; X, 16 | Luc, IV, 40; XIII, 13.

L'imposition des mains était une cérémonie essentiellement juive. Elle était l'acte sacramentel usité :

1° Pour appeler la bénédiction divine.

Genèse, XLVIII, 14, 15 | Nombres, XXVII, 18-23 1 .

1. Genèse, XLVIII, 14. Alors Israël (Jacob), étendant sa main droite, la mit sur la tête d'Ephraïm, et mit la main gauche sur la tête de Manassé, 15. Puis, il bénit les deux enfants de Joseph.

Nombres, XXVII, 18. Le Seigneur dit à Moïse : Prenez Josué,

2° Pour donner l'investiture d'une charge (entrée dans le Conseil des Anciens, dans la Magistrature, etc. 1 ).

Les Apôtres conservèrent cette cérémonie nationale avec son double emploi :

1° C'est par l'imposition des mains qu'ils appelèrent l'esprit divin sur la tête du Fidèle ;

2° C'est par elle qu'ils donnèrent l'investiture des charges et conférèrent des Missions.

Actes, VI, 6 ; XIII, 3, etc.

L'Église catholique a conservé cette cérémonie juive.

111° Mots de Passe. — Ainsi qu'il arrive dans toutes les Sociétés qui ont à redouter quelque persécution, la nécessité d'écarter les défiances et les profanes inquisitions fait instituer des mots de passe et des signes de reconnaissance à l'usage des seuls initiés. Ce phénomène est de tous les temps et de tous les pays.

A. Dans la Communauté chrétienne, les mots de passe semblent avoir été abba, anathema maranatha, qui offraient certaines particularités. Par exemple :

1° Abba, lu à l'envers, fait toujours abba. Ce mot syriaque signifie père; le mot français abbé en dérive.

2° Si l'on décompose mar-anatha, on a par transposition, anatha-mar, qui ressemble à anathema. Or,

fils de Nun, et imposez-lui les mains... 21. Moïse présenta Josué devant le Grand Prêtre Éléazar et devant toute l'Assemblée du peuple. — 23. Il lui imposa les mains et l'instruisit dans tout ce que le Seigneur avait ordonné.

1. Salvador, Institutions de Moïse, t. I, p. 162, 359 ; et Jésus- Christ, t. II, p. 264-266.

Maran Athâ sont deux mois syriaques qui signifient « Le Seigneur vient ».

Mar, seigneur, a pour féminin Martha, dame ou maîtresse.

Le mot anathema est grec ; il signifie : « Offrande consacrée à Dieu», et plus tard: «Malédiction, anathème ».

I Corinth., XII, 3 ; XVI, 22 | Romains, VIII, 15.

« I Corinth., XVI, 22. Si quelqu'un n'aime point le Seigneur Jésus, anathema, Maran athâ ».

« Romains, VIII, 16. Vous avez reçu l'esprit d'adoption des enfants par lequel nous crions aôôa (père) U

B. Parmi les signes de reconnaissance, le premier était la manière de rompre le pain, instituée par Jésus lui-môme. Plus tard, les Chrétiens adoptèrent le Poisson, en grec IX6ÏS, qu'ils gravèrent sur leurs bagues, sur les tombeaux, partout. Le mot grec ixëîS est composé en réunissant chaque lettre initiale des mots suivants : « iïjaoCç, Xpurrôç, BeoO ïtôç, 2<i)Tî5p. Jésus-Christ, fils de Dieu, sauveur ».

IV Le Local. — Vu la pauvreté des Disciples et des premiers Chrétiens, il n'y avait pas de maison bâtie ou louée exprès pour les Assemblées. On se réunissait chez un Frère ou une Sœur, c'est-à-dire chez un membre de la Société.

I Corinth., XVl,»19 | Romains, XVI, 5, etc.

La salle qu'on choisissait était la chambre haute. Dans l'Orient, cette chambre, correspondante à notre salon, est la plus large et la mieux aérée. Au temps des Apôtres, on y recevait ses amis, on y faisait les festins, on y priait, on y déposait les morts.

Actes, I, 13; IX, 37-39; XX, 8.

Les Fidèles se réunissaient, le soir, dans cette chambre, lorsque les travaux de la journée étaient achevés. C'est à la lueur des lampes que s'accomplissaient les cérémonies, repas communs, prédication, etc. Cette assemblée des Fidèles d'une ville dans la salle haute de la maison d'un Frère, s'appelait Y Église de cette ville (Assemblée se dit, en grec, ecclésia, d'où vient le mot église 1 ).

V° Le Repas commun. — A. Le Repas commun était pris sur une table demi-circulaire, en sigma, comme dans la schola des collèges païens. On mangeait assis ; manger couché eût été un signe de mollesse.

B. Avant de commencer le repas, on se donnait un baiser appelé le saint baiser;

I Thessaloniciens, V, 26 | I Corinth., XVI, 20 | II Corinth., XIII, 12 | Romains, XVI, 16.

Ou baiser d'amour, I Pierre, V, 1 4 ;

Et plus tard, par l'Église catholique, baiser de paix, afin de couper court aux interprétations fâcheuses.

1. Par exemple : Paul logea pendant plus d'un an à Corinth e chez un Juif helléniste, A qui la, marié à la Juive Priscilla, Actes, XVIII, 2. Aquila était fabricant de tapis ; saint Paul travaillait chez lui en qualité d'ouvrier. Saint Paul convertit Aquila, c'està-dire lui persuada que Jésus était le Messie et que la tin du monde était proche; puis il convertit d'autres Juifs de la ville. Le soir, après les travaux, nos Hellénistes se réunissaient chez Aquila; on y faisait le repas commun selon le rite; puis saint Paul prêchait. Cette petite assemblée de Juifs convertis chez Aquila est ce que le Nouveau Testament appelle Y Église de Corinthe. Et de même pour les autres Églises des villes païennes.

I. Corinth., XVI, 19. Aquila et Priscilla, et VÈglise qui est dans leur maison, vous saluent.

Romains, XVI, 5. Saluez l'Eglise qui est dans leur maison.

Primitivement, le baiser d'amour se donna sans distinction de sexe ; plus tard les hommes le donnèrent aux hommes, et les femmes entre elles ; mais la première coutume persista longtemps dans certaines Églises, ainsi que nous rapprend Tertul- Iien : « Ad Uxorem, II, 4. Que dira le mari païen quand il faudra que sa femme chrétienne donne à ses Frères le saint baiser 1 ? »

C. L'Ancien, Presbyteros, qui présidait à la table, rompait le pain d'après le mode franc-maçonnique institué par Jésus, et bénissait la coupe de vin ; puis il faisait circuler l'un et l'autre, pour que chacun entrât en communion mystique avec Jésus.

I Corintk., X, 16 | Actes, XXVII, 35, etc.

D. Le repas achevé, l'Ancien prononçait une courte prière en actions de grâces.

VI Surveillance mutuelle des Frères. — Les Fidèles devaient exercer, l'un à l'égard de l'autre, la fonction de mentor fraternel : « I Tkessaloniciem (année 53), Y, 14. Avertissez de leur devoir ceux qui s'en écartent ; consolez ceux qui se découragent ;

1. Les agapes, le saint baiser, le mystère dont s'enveloppaient les Chrétiens, excitaient les méfiances des Païens. Minutius Félix résume ainsi les accusations formulées contre les agapes chrétiennes : « Octavius, VUE. Les Chrétiens choisissent leurs prosélytes dans la lie du peuple et parmi les femmes crédules. — IX. Ils s'entre-connaissent à de certains signes cachés, et s'entr'aiment presque avant de se connaître. La luxure fait partie de leur religion; ils s'appellent communément Frères et Sœurs pour transformer une débauche ordinaire en inceste : on dirait que ces malheureux se plaisent aux crimes.... Une fois les flambeaux éteints, aprè3 le repas, ils se mêlent au hasard, et par ce moyen sont tous incestueux de volonté, s'ils ne le sont tous d'effet, puisque le péché de chacun est le souhait de toute la troupe. »

soutenez les faibles ; soyez patients envers tous. » Cette admonition mutuelle était un emprunt fait à là synagogue où elle était appelée neztfa 1 . Mesure excellente en elle-même ; mais chez des gens « recrutés dans la lie » , vils et méprisables selon le monde (I Corinth., I, 28), la coutume dégénéra proraptement en espionnage méchant, en dénigrement envieux. « Galates (année 56), V, 15. Si vous vous mordez et déchirez réciproquement, prenez garde que vous ne vous consumiez les uns les autres. — 26. Ne recherchons point la vaine gloire en nous piquant les uns les autres et nous portant envie les uns aux autres. »

VU Conseil d'Administration. — A. L'Administrateur-Président d'une Église s'appelait YAncien, en grec Presbytéros, d'où dérive le mot français Prêtre.

Lorsque les Églises se furent multipliées, on nomma Inspecteur, en grec Épiscopos, un diacre qui devint Chef-administrateur d'un groupe d'Églises ; les Anciens ou Prêtres des Églises furent subordonnés à son autorité. Le Diacre-Inspecteur est connu sous le nom de Évêque, mot dérivé du grec épiscopos ; le groupe d'Églises qu'il inspecte et dirige, sous celui de Diocèse, mot grec qui signifie administration, gouvernement. Les Romains avaient donné ce nom aux circonscriptions administratives de l'Asie.

B. Les Administrateurs pouvaient, comme dans les Associations païennes, être choisis dans les deux sexes; il y avait donc, dans l'Église, des Diacres et

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