‹ les apotres essai d'histoire religieuseChapitre 55 sur 109 · JÉSUS ET L'ES'SÉNISME · texte numérisé non relu

JÉSUS ET L'ES'SÉNISME

peuple, mes enfants. Les Israélites sont donc tous Frères 1 . Dans le Pentateuque, l'Éternel n'a pas d'autre terme pour désigner un Hébreu.

A. Deutéronome , XV, 7. Lorsqu'il se trouvera quelque pauvre parmi vos frères... — 11. Ouvrez libéralement votre main aux besoins de votre frère... »

B. Lévitique, XXV, 46. Vous vous servirez des esclaves étrangers pour toujours; mais pour ce qui est de vos frères, les enfants d'Israël, nul ne dominera rigoureusement sur son frère. »

Est-il possible de trouver un texte plus explicite? C'est précisément en parlant des esclaves que l'Éternel se sert de l'expression de Frères. Il y a deux catégories d'esclaves : 1° Les esclaves étrangers ; 2° les esclaves frères, c'est-à-dire les esclaves hébreux. Puisque, au point de vue religieux, les Hébreux sont tous enfants de l'Éternel, il est évident qu'à ce même point de vue ils sont tous frères : ce qui n'empêche nullement les uns de prendre les autres comme esclaves. Ces esclaves-frères sont traités avec plus de douceur; on leur donne des garanties : voilà tout. Conclusion : L'expression de Frères dans la bouche de Jésus en parlant des Hébreux désigne une frateimité religieuse; fondée sur la communauté de foi, elle s'arrête là où cesse de régner la même foi : elle se concilie très-bien avec l'esclavage.

La frateumité humaine est celle qu'enseigne la raison; fondée sur l'égalité de nature, elle embrasse

1. Exode , IV, 22. Vous parlerez à Pharaon de cette sorte : Voici ce que dit le Seigneur : Israël est mon fils, mon premierné. — 23. Je vous ai déjà dit : Laissez aller mon fils, afin qu'il me rende le culte qui m'est dû.

tous les hommes, sans restriction de croyances ou de nationalité; elle est inconciliable avec l'esclavage.

III. Essénisme. — L'admiration que les Esséniens ont inspiré par leurs austères vertus dispense de recommencer les énumérations précédemment données. « La plus sainte et la plus austère des sectes est celle des Esséniens, dit Josèphe. Ce qui les élève au-dessus de tous ceux qui suivent le chemin de la vertu, c'est leur admirable justice : on n'en trouve aucun ni chez les Grecs ni chez les barbares qui en aient approché le moins du monde. C'est de toute antiquité qu'ils l'ont embrassée, et jamais rien ne les a détournés de la pratiquer. »

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